Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

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Avant propos

  Jette ton pain à la surface de l'eau
  Le blog d'un pasteur de l'Eglise Réformée...

 

 Ce que vous devriez trouver ici : 

Petite théologie pas très sérieuse : des petites réflexions personnelles sur la théologie, la foi, la spiritualité… 

Bible : des méditations sur certains textes bibliques et des prédications 

Théo en culture : Une relecture théologique et complètement subjective de films, livres ou autres... 

 Humeur : Mes joies, mes espérances et mes coups de gueules (mais l'intitulé est clair, je crois)

  Les mots de la théo : Quelques méditations à partir de ces mots que nous autres, chrétiens, utilisons si souvent,

 

  Théolivres : quelques note de lectures

 

  Du caté et des jeux : Certains des jeux que j'utilise au cours de rassemblement de jeunes et de temps de catéchisme

 

  Actualité écclésiale :  l'actualité de l'Eglise (qu'elle se vive au niveau local, national ou international, protetsante ou oecuménique)

 

  Réponses : Pas les réponses de la foi chrétienne à vos questions existentielles, juste mes réponses à certains commentaires posés ici... En attendant (et espérant) une rubrique disputatio

 

  Présentation : Des éléments plus autobiographiques...

Citations : Parce qu'ils sont si nombreux à dire els choses mieux que je ne saurais les dire.

 

 

Ce que vous ne trouverez pas ici…

 La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en tant que protestant que je réagis la plupart du temps… Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…

Mercredi 14 mai 2008
Et la liberté de l’Esprit, du souffle est si grande que parfois, dans ma foi, je reçois un message de Dieu à travers les mots d’un non-croyant… affirmai-je dans ma prédicaitond e Pentecôte. C'est une vérité générale, mais là, je faisais référence à un point précis.
En écoutant, il y a quelques mois, La ballade d'Eole et la description de ce vent si multiple, si imprévisible qu'il en devient incompréhensible, m'avais donné l'idée d'aller voir un peu les différentes interprétations du vent, en vue d'un article sur la Pentecôte; Finalement cela a aboûti à une prédication...

Lorsque je me sens las de jouer avec les vagues,
Les roseaux de Camargue ou les fumées de Prague,
Il m'arrive parfois, du haut de mon royaume,
De compter tous les noms que m'ont donnés les hommes:
Sirocco par ici, Tramontane à côté,
Zéphyr un peu plus loin et ailleurs Alizés,
Simoun ou bien Mistral, Aquilon ou Blizzard,
Autant de patronymes exotiques et bizarres,
Étranges inventions d'esprits à ras de terre,
Comme s'il y avait des frontières dans l'air.
Non, je n'ai pas de frères et c'est moi et moi seul,
Des Rocheuses à l'Oural, qui souffle à fendre gueule.
On me dit bise ou vent d'Autan.
On me divise en vingt en cent
Mais c'est en vain qu'on jase autant.
Je suis le même Ouest ou le vent,
Vent de l'instant ou vent d'avant,
Vandale ici, là, vivifiant.
Je suis unique et de tout temps.
Je ne suis qu'un, je suis le vent.

Je suis né bien avant que vos savants n'inventent
Les voiles que je gonfle et, même, je me vante
D'être ici-bas ce qu'on eût pu voir de plus vieux,
S'il avait existé en ce temps là des yeux.
Je survolais déjà les Andes et l'Aventin,
Dévalais les avens, les vals et les ravins
Bien avant que la pluie ne les ait fait verdir,
Bien avant que la vie ne les ait fait fleurir
Et c'est moi, je l'avoue sans offenser le Diable
Et sa peau de serpent, qui me rendit coupable,
D'une haleine fiévreuse, d'avoir soufflé à Eve
L'idée qui l'évinça de son jardin de rêve.

Vent de l'instant ou vent d'avant,
Vandale ici, là, vivifiant,
Je suis unique et de tout temps.
Je ne suis qu'un, je suis le vent

Et si j'oublie parfois les parfums enivrants
Dont je me suis gavé, j'en ramène souvent
Si loin de leur berceau qu'ils s'en viennent changer
L'humeur et les pensées des quidams étonnés.
Lorsque, dans les nuits chaudes de Bahia,
Sans mobile apparent et malgré la samba,
Un coeur soudain se glace, un sourire se brise,
C'est que je traîne encore un soupçon de banquise
Et quand, dans l'aube blême d'un hiver berlinois,
En dépit des murs gris des flocons qui tournoient,
Un émoi se réveille, une bouche fredonne,
C'est que je m'en reviens des Indes ou de Vérone.

Vent de l'instant ou vent d'avant,
Vandale ici, là, vivifiant,
Je suis unique et de tout temps.
Je ne suis qu'un, je suis le vent.

Mon empire est immense et recouvre le monde
Mais, parfois, je me lasse de l'éternelle ronde.
Alors, fou de tourner tout autour de ma boule,
Je dévaste et je hurle, j'arrache et je chamboule
Ou, plus vicieux, j'insuffle aux hommes ma démence
Et, de leurs ouragans, je ricane en silence.
J'attise un peu leurs feux et puis, calmé, je file
À l'autre bout du globe en des lieux plus tranquilles.
Là, j'oublie mes bravades, leurs braises et me fais brise.
Je soulève la robe des belles que je grise,
Ravivant en passant chez les passants ravis
L'envie d'être le vent à qui tout est permis.

On me dit bise ou vent d'Autan.

Paroles : Frank Giroud. Musique Juliette Nourredine. Interpretée par Juliette
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Mardi 13 mai 2008
Je ne résiste pas à citer ce petit encart de Réforme.

"Fallait-il traverser toute la France pour débattre aussi peu ?"  La remarque d’un des délégués du synode est un tantinet rude mais résume certains des propos qui s’échangeaient au moment des pauses ou des repas à Toulouse. Il faut dire que l’emploi du temps du synode – par ailleurs particulièrement bien organisé – était tellement serré et les interventions tellement nombreuses que les temps déchanges en groupes furent très limité, sur la question des région, de l’évangélisation, sur l’avenir de Théovie et le rôle du DEFAP. C’est d’autant plus dommage que des propos passionnants sur l’évangélisation, le rôle spécifique de l’ERF par rapport à d’autres Eglises, la façon d’incarner la Parole se sont échangés dans les groupes mais n’ont pas trouvé d’échos en plénière. En revanche, il y eut beaucoup d’exposés divers et variés sur toutes les institutions en lien avec l’ERF, avec un côté légèrement catalogue… Ce constat sévère était partagé par nombres de délégués. Mais sans oser le dire haut et fort. A la question : « puis-je vous citer dans réforme ? «  Les réponses ont fusé, unanimes : non, surtout pas. Pourquoi cette volonté de garder l’anonymat ? Pourquoi cette crainte ? C’est cela qui interroge.
Nathalie Leenhardt

Et encore moins à réagir. Alors que la peur étouffe mes co-synodaux, je le redis : Je vais aussi grommeler un peu sur certaines conditions de débats. Une fois de plus deux sujets (sur les trois principaux) ne sont abordés en travail de groupe que par la moitié des délégués synodaux, l'autre moitié devra donc voter après un débat en plénière d'une vingtaine de minutes. Or, cette fois la lourdeur de l'emploi du temps est une excuse difficile à invoquer (deux soirées libres, c'est du jamais vu). Bref, une fois de plus, un vrai débat n'est pas vraiment facilité... Et je vais même plus loin : Non le trop plein de l'emploi du temps n'est pas une excuse valable ! Et je signe : Eric George, pasteur de l’Eglise Réformée à Evreux.
Oui, j’ose ainsi braver les foudres de l’autorité nationale et, contre vents et marées, je crie à la face du monde ce que tous pensent tout bas… Tant pis si le bras vengeur de l’institution m’écrase, nul ne fera taire la vérité que tel le héros romantique je proclame…

Oui, bon, j’arrête de faire le mariole. Franchement je n’ai pas l’impression de courir un grand risque en l’écrivant : c’est vrai qu’il y a un problème avec les débats au cours de nos synodes. Pourtant, je suis persuadé que le problème est dû plus à une maladresse (et peut-être à une timidité des délégués synodaux) qu’à une volonté d’occulter ces débats. En effet, si je déplore que la décision concernant Théovie n’aie pas été plus amplement débattue par l’ensemble des synodaux, je maintiens que la décision finale prend compte de ce qui a été dit par le synode (je précise que ce n’est pas forcément la solution pas forcément l’orientation que je préconisai)


Flûte ! c’est malin ! J’avais une occasion de me poser en rebelle héroïque et me revoilà consensuel… N’empêche que moi j’aurai accepté d’être cité dans Réforme et que cette question du manque de débat me turlupine quand même un peu… A force de chercher comment participer aux débats de notre société,s ommes nous en train d'oublier comment débattre au sein même de notre Eglise ?
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Dimanche 11 mai 2008
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

G. Brassens


Prédication du dimanche 11 mai 2008
I Rois XIX, 3 à 13
Jean III 1 à 12
Actes II 1 à 12

Merci à Amos qui a bien voulu nous interpréter ce « vertige » de Ophèle-Gaubert qui nous introduit directement dans la réflexion de ce matin. En effet, si la Pentecôte évoque souvent une histoire de langues de feu qui tombent sur la tête des apôtres, ou encore une foule de pèlerins d’origines diverses qui reçoivent chacun un message dans leur langue maternelle mais on oublie souvent ce grand bruit, cette explosion de vent violent qui envahit toute la maison. Pourtant, ce bruit comme celui d’un grand vent est une marque importante de la pentecôte : fête de l’esprit, fête du souffle (en grec, le mot est le même). Fête de Dieu présent et agissant dans notre vie.

Or, je trouve que le vent, le souffle est une très belle image de Dieu. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il faut voir la main de Dieu derrière tempêtes, typhons et ouragan. Ici, nous sommes bien dans l’image. Et dans une image que je trouve très éloquente. D’abord parce que le souffle, c’est la respiration, c’est le mouvement et donc, c’est la vie.
Ensuite parce que c’est une image… qui n’est pas une image : le vent, le souffle, c’est ce qu’on ne voit pas. On en ressent les effets, on l’entend mais on ne le voit pas. Or, Dieu, même présent et agissant dans le monde reste le grand invisible. A tel point qu’il est normal de douter de sa présence et pourtant on l’entend…
Mais même quand on entend le vent, ce n’est pas lui qu’on entend mais c’est ce sur quoi il souffle. Entends-tu le vent dans les arbres ? Non mais j’entends le chant des arbres mus par le vent. Entends-tu le vent dans les voiles ? Non mais j’entends la voile qui claque au vent. Et pourtant sans le vent, les arbres, la voile resteraient silencieux. C’est bien ainsi que Dieu se fait entendre, il passe à travers des témoins et c’est bien la voix de ces témoins que l’on entend,  avec leur histoire, leur culture, leur personnalité propres. Ils sont « porte parole » mais ils restent eux-mêmes, leurs mots sont les leurs et c’est pourtant bien Dieu qu’on entend à travers leur voix. C’est comme pour la plupart des instruments à vent : un souffle qui vient de l’extérieur les fait chanter mais chaque instrument à son timbre propre.
Mais si le timbre, les mots, la voix sont ceux de Paul, d’Esaïe, de Marc ou de Jean, comment puis-je savoir que c’est Dieu qui parle ? Eh bien, je sais que Dieu parle à travers un témoin quand Dieu me fait reconnaître sa voix à travers ce témoin. En effet, aussi surprenant cela soit-il, même quand il parle, même quand il agit, Dieu reste le grand invisible. Et c’est bien pour cela qu’il y en aura toujours pour dire « Ils sont pleins de vin doux ». Oui, la foi qui me vient de Dieu me permet seule de recevoir le message qui me vient de Dieu. Et la liberté de l’Esprit, du souffle est si grande que parfois, dans ma foi, je reçois un message de Dieu à travers les mots d’un non-croyant…

Mais si j’aime cette image du vent c’est surtout parce que c’est une image pas très raisonnable. En effet, dans la plupart des mythologies polythéistes, le vent pose un problème : soit il est représenté par un dieu capricieux, soit il est représenté par plusieurs dieux : Dans une vaste caverne, Éole tient enchaînés et emprisonnés les vents, qui s'efforcent de fuir, ainsi que les tempêtes bruyantes nous raconte l’Enéide… En effet, je parle du vent mais peut-être devrai-je parler des vents car qu’y a-t-il de commun entre la brise légère d’un soir d’été (…), le vent qui vient gonfler les voiles (…), la longue plainte qui parcourt une plaine déserte (…) ou le hurlement de la tempête ? Alors, la tentation est grande de faire le tri : de séparer entre les vents agréables et utiles et les vents destructeurs et effrayants.
Il faut d’ailleurs bien dire que même les vents utiles et agréables sont capricieux : n’avez-vous jamais espéré la fraîcheur d’un léger souffle par une chaude journée d’été ? Interrogez le marin, paralysé par un calme plat, une absence complète de vent…
Or, si le nouveau Testament distingue entre pneumatos et anemos, c'est-à-dire entre le souffle (l’action de Dieu) et le vent au sens propre, l’Ancien Testament lui est moins précis, oui il y a une distinction entre vent fort et brise légère, entre rouah et hevel. Mais l’action de Dieu, quant à elle peut être aussi bien rouah que hevel. Elie reconnaît la présence de Dieu dans la fugacité d’une brise légère, d’« à peine un souffle ». Mais l’action de Dieu peut aussi être ce vent assez puissant pour ouvrir la mer lors de la sortie d’Egypte, pour assécher la terre après le déluge et même pour retenir la masse des eaux, l’empêchant de recouvrir la terre. Si Elie apprend, et il en avait besoin, que Dieu n’est pas forcément dans la puissance, dans le coup d’éclat, nous ne devons pas à notre tour emprisonner Dieu dans la brise légère. Le vent souffle où il veut. Dieu est libre.
Dieu est libre et, au regard de notre sagesse humaine, comme le vent, il est un peu fou. Jamais là où nous nous attendons à le trouver, pas toujours là où, selon nous, il faudrait qu’il soit. Cette liberté absolue de Dieu qui se rit de toutes nos conventions humaines, nous la retrouvons dans toute la Bible, à travers l’Ancien Testament et plus encore à travers l’incroyable liberté que manifesta cet homme Jésus Christ vis-à-vis des conventions de son époque. Et nous la retrouvons encore au moment de la Pentecôte : le témoignage même des apôtres devient tellement libre que chacun peut le recevoir dans sa langue, dans sa culture, dans son histoire. Le témoignage des apôtres n’est plus prisonnier des conventions et des formes, il est libre maintenant d’atteindre chacun. Mais avant cela, avant même ce feu bien domestiqué qui vient se répartir gentiment sur la tête de chaque apôtre, il y a ce grand bruit qui envahit toute la maison, ce vacarme assourdissant, cette explosion qu’aucun mur n’arrête. Et c’est cela la Pentecôte, Dieu fait irruption dans nos vies, il se rit de nos murs, de nos verrous. Dans le murmure de la brise, dans le hurlement de la tempête, de manière souvent inattendue, surprenante, Dieu se fait entendre. Cet aspect inattendu, incontrôlable de Dieu a sans doute de quoi nous effrayer ou au moins nous inquiéter. C’est vrai que le vent sème souvent le trouble, enlevant les chapeaux, retournant les parapluies, soulevant les robes, faisant claquer volets et portes. C’est vrai que ce n’est pas toujours agréable de ne pas savoir à quoi s’attendre, c’est vrai que nous préfèrerions souvent un Dieu plus apprivoisé, un Dieu qui serait un peu moins tramontane… Mais si Dieu nous paraît souvent folie, rappelons-nous qu’il est une folie aimante.

Frères et sœurs, qu’en ce jour de Pentecôte nous acceptions l’extraordinaire liberté de Dieu qui surgit dans notre vie et nous pousse à sortir sur des chemins nouveaux, vers de nouvelles rencontres. Qu’en ce jour de Pentecôte, nous fassions place à l’imprévu, à l’inattendu, à l’incontrôlable de Dieu et que sans peur nous nous laissions porter par ce vent maraud, ce vent un peu brigand qui vient gonfler nos voiles.

Amen
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Mercredi 7 mai 2008

Y a rien à faire, un journal de synode c'est moins intéressant qu'un carnet de voyage (moins drôle à écrire en tout cas).
Contrairement à l'année dernière ce synode n'était pas vraiment historique (on peut pas non plus l'être tous les ans) : pas de grands projets comme celui de la fondation d'une Eglise luthéro-réformée, pas de grands thèmes de société. Seulement un état des lieux des expérimentations en cours dans nos huit régions, quelques discussions sur le DEFAP et Théovie, mais franchement rien de palpitant. Du coup, je n'ai pas tenu un journal de synode et je vous livre juste quelques flash (je devrais écrire flashes, non ?)
Tout d'abord la fin d'un mythe. L'identité du généreux donateur qui finançait des projets selon des critères précis est enfin révélée. J'imaginais un milliardaire huguenot, appelant Marcel Manoel (président du Conseil National de l'ERF) sur une ligne privée. Mais non. Notre généreux donateur n'est ni Robbin Masters, ni Charlie mais une fondation aidant différentes Eglises.

Ici, même les mémés aiment la castagne

Je vais aussi grommeler un peu sur certaines conditions de débats. Une fois de plus deux sujets (sur les trois principaux) ne sont abordés en travail de groupe que par la moitié des délégués synodaux, l'autre moitié devra donc voter après un débat en plénière d'une vingtaine de minutes. Or, cette fois la lourdeur de l'emploi du temps est une excuse difficile à invoquer (deux soirées libres, c'est du jamais vu). Bref, une fois de plus, un vrai débat n'est pas vraiment facilité... Je dois néanmoins admettre que la proposition finale des rapporteurs me paraît reprendre assez fidèlement les différentes opinions exprimées par le synode. Il me reste donc à redevenir consensuel et à saluer la volonté d'écoute et de synthèse de nos rapporteurs mais aussi à lire avec plus de vigilance les prochaines propositions d'emplois du temps. Un jour il faudra que je développe ma réflexion sur cette tension permanente entre le conseil national et le synode, tension que je perçois de plus en plus comme féconde...

Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes

Quoiqu'il en soit, c'est quand l'Eglise cesse de se regarder le nombril que ce synode national devient réellement intéressant.
  • C'est ce voeu "Cimade" qui pose, encore, inlassablement, la question de nos politiques d'immigration. Lors de la présentation de voeu, on apprend que la Cimade agace et que les autorités civiles lui demandent  "une communication plus discrète et moins critique". Ben voyons... En fait la ligne de communication de la Cimade n'a pas changé mais elle est de plus en plus relayée; L'Etat osera-t-il aller chercher des interlocuteurs plus dociles ?
  • C'est ce message du synode aux Eglises chrétiennes en Algérie, dont  la situation est de plus en plus difficile : lieux de culte fermés, personnes expulsées.
  • Ce sont aussi les invités du synode :
  • Deux envoyés du Rwanda nous racontent cette Eglise qui doit se reconstruire  après un génocide dont ses membres ont été qui victimes, qui bourreaux. Quand la nécessité et l'impossibilité du pardon prennent un tour terriblement concret...

  • Enfin le représentant de l'Eglise canadienne qui vient nous dire cette démarche amorcée pour la défense des autochtones qui est devenu un véritable chemin de repentance pour l'Eglise. "Nous nous posions en défenseurs, et nous avons découverts que nous étions les perpétrateurs de l'injustice" Et de nous raconter comment l'Etat canadien arracha des enfants indiens à leurs familles, allant parfois jusqu'au kidnapping, pour les placer dans des instituts chrétiens dont le rôle était de leur faire, à force de mauvais traitements, rejeter leur culture. Et la question se pose, avec une acuité nouvelle, de l'acculturation ou de l'inculturation. Peut-on témoigner de l'Evangile au mépris de la culture qui le reçoit ?

C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

Enfin, ce petit tour d'horizon ne serait pas complet si je taisais le principal plaisir : les coulisses. Je ne m'éterniserai pas sur les retrouvailles de collègues ni sur les discussions de couloir (même si ça m'a fait plaisir de retrouver certains canaques et de pouvoir faire bisquer Laurence parce que moi j'ai revu son vieux copain de groupe de jeunes-euh ! (et qu'en plus on a pu parler boulot sans que nos épouses respectives ne nous séparent manu-militari) et je m'étendrai un peu sur les familles d'accueil.
Ben oui, l'Eglise n'a pas forcément les moyens de loger ses délégués à l'hôtel et le synodal est un individu délicat qui aime trop son confort pour qu'on réquisitionne la première pension du coin. Alors la solution, c'est la famille d'accueil. Comme il est de notoriété publique que je suis un ours, vous vous doutez bien que ce n’est pas une solution qui me séduise tant que ça sur le papier : envahir de parfaits inconnus pendant 4 jours (et envahir au sens fort du terme puisqu’en plus de nous loger,  nos hôtes doivent aussi nous véhiculer matin et soir. Et pourtant, je dois dire que c’est toujours intéressant. Mais cette année, c’était mieux que intéressant. D’abord j’ai été mis à l’aise par une chambre qui aurait pu être ma chambre ado : quelques jeux de société (dont un Space hulk et un tantrix), une bibliothèque où la science fiction et l’héroïc-fantasy côtoient la poésie, il n’en faut pas beaucoup plus pour que je me sente chez moi. Mais surtout, les discussions avec nos hôtes ont été de véritables plaisirs et notre soirée libre n’a pas été le moment le moins enrichissant du synode.  Bref, une rencontre dont on aurait aimé qu’elle se prolonge au-delà du synode… Surtout que mon côté « anxieux sur l’horaire » m’a poussé à quitter le culte comme un voleur pour être certain de ne pas rater mon train et donc à ne pas leur dire au-revoir. Un grand, grand merci à Marie et Alain pour l’accueil, pour les échanges et pour la visite de la ville rose donc.

Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles ?

Au terme de ce synode, il est de plus en plus évident qu’ « humour et débat » viennent remplacer « rigueur et austérité » comme mamelles du protestantisme. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai…


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Lundi 5 mai 2008
En remerciant Karl Barth de m'avoir aimablement remplacé pendant que j'étais en synode (et avant des échos du-dit synode), je reprends la main pour une théologie beaucoup moins sérieuse et approfondie
Durant ma dernière prédication sur le songe de Jacob, alors que je signalais que, pour moi, Dieu se tient au bas de l'échelle, un paroissien réagit : "Mais alors, l'échelle ne sert à rien". Ce n'etait pas vraiment le thème de la prédication aussi n'aï-je pas approfondi. Mais je suis d'accord, quand nous savons que le Dieu très-haut se tient à nos côtés, l'escalier céleste et son armée d'anges deviennent inutiles. Ainsi, le rôle de l'Eglise n'est pas de cartographier l'invisible, d'établir un traité militaire de l'armée céleste, de disserter sur la nature des keroubim  ou sur le sexe des anges. Le rôle de l'Eglise est d'annoncer une nouvelle bien plus incroyable : Dieu le très haut s'est fait très bas, le Dieu tout-autre s'est fait tout proche. Ainsi, le visage de Dieu n'est plus à chercher voilé derrière les ailes des serafim mais dans celui de nos frères et de nos soeurs...
L'annonce de la grâce n'est pas une spéculation sur la nature de Dieu mais un changement de regard sur nos vies humaines
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Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



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