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Avant propos

Qui suis je ?

Éric George, né en 1970, pasteur de l’Église Réformée de France depuis 1995, arrivé sur la paroisse d’Évreux en août 2005, je suis marié, père de 3 enfants. J’aime la lecture, le cinéma, les jeux de sociétés, les débats sans fin… Le reste ? Gageons que vous le découvrirez à travers ses pages…

 

Pourquoi un blog ?

Les plus mauvais esprits (et peut-être aussi ceux qui me connaissent le mieux )répondront : « simple réflexe de m’as-tu-vu » ou bien « nouvelle tentative d’un ecclésiastique pour faire du prosélytisme et pour imposer sa foi au plus grand nombre possible ». Aucune des deux réponses ne sera tout à fait fausse d’ailleurs. C’est vrai qu’un blog public relève toujours d’un certain exhibitionnisme. Et il est vrai aussi que si je tiens à parler de ma foi, de ma théologie, c’est bien dans un but de témoignage, non pas pour faire des adeptes ou des disciples, certainement pas pour convertir les foules mais juste pour montrer que la foi peut-être autre chose que les images édifiantes ou au contraire insultantes que l’on en donne la plupart du temps. La foi, c’est aussi une relation, une recherche, une réflexion qui se poursuit au jour le jour…

Mais un blog c’est aussi et surtout un exercice. Pas évident d’ailleurs : celui de coucher par écrit les diverses pensées qui nous traversent la tête au cours d’une journée. Celui de structurer une idée récurrente, de m’obliger à un peu de rigueur… Un autre aspect de l’exercice, c’est celui de l’ouverture : non seulement l’idée est écrite mais elle est accessible à tous et chacun peut réagir. Ici on est bien loin du contexte favorable de la prédication ou de l’étude biblique devant des paroissiens un peu trop respectueux de la pensée du pasteur…

Donc se montrer, témoigner, structurer des pensées fugaces et s’ouvrir aux réactions des autres… Tout un programme en fait…

 

Ce que vous devriez trouver ici…

Dans Petite théologie pas très sérieuse : des petites réflexions personnelles sur la théologie, al foi, la spiritualité…

Dans Bible : des méditations sur certains textes bibliques et  prédications

Dans Théo en culture : une relecture théologique complètement subjective de livres, films et autres…

Dans Humeurs : comme le titre l’indique, mes joies et mes coups de gueule…

Dans Les mots de la théologie : à partir d’un mot de notre jargon, une méditation

Dans Actualité paroissiale : les différentes manifestations de la paroisse réformée d’Évreux

Dans Citation : des extraits d'auteurs exprimant des choses bien mieux que je ne saurai le faire

Dans Réponses : des réponses à des questions esquissées au fil des commentaires

Dans Prières : ben euh, à votre avis ?

Ce que vous ne trouverez pas ici…

La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en protestant que je réagis la plupart du temps…

Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…

Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 13:35

statue-argile1.jpgPrédication du 27 novembre 2011-11-27

Esaïe LXIII-16 à LXIV, 7

II Corinthiens V, 14-21

 

Pour une bonne manière de se plaindre à Dieu. le titre de ma prédication. En ce premier dimanche de l’Avent, apprenons à nous plaindre..

En effet, je crois que nous ne nous plaignons pas assez. Ou peut-être que nous nous plaignons trop mais au bon endroit, pas à la bonne personne.

Notre vie est peuplée de récriminations. Nous nous plaignons de notre conjoint, de nos enfants, de nos parents, de nos voisins, de nos dirigeants, de nos employés, de nos patrons, de nos collègues, de notre pasteur, de nos paroissiens, de notre Eglise, de nos robinets qui fuient, de nos voitures qui nous lâchent, de notre corps qui flanche, de temps qu’il fait, du temps qui passe… Et la liste pourrait être encore longue.

Oui, nous nous plaignons beaucoup, nous nous plaignons chaque jour. Et le dimanche matin, à 10h30, quand nous arrivons au temple, quand l’orgue joue ses première mesure, youkaïdi, la vie est belle et tout n’est plus que louange, action de grâce et confession de foi. C’est sans doute très bien, mais il devient difficile de croire que notre culte s’inscrit au cœur de notre vie.

Pourtant, la Bible est pleine de plaintes, de lamentations, de cris de détresse. Alors, ce matin, avec Esaïe apprenons à nous plaindre à Dieu, et peut-être même à nous plaindre de Dieu.

 

C’est une époque dure qu’évoque le prophète, les villes saintes ne sont plus que désert, Jérusalem est dévastée, le Temple a été incendié. Et, dans ce temps de désolation, on se rappelle des jours anciens, des jours où Dieu était forcément présent, où le ciel était forcément plus bleu, où tout allait forcément mieux. Oui, à première lecture, nous avons l’impression qu’au milieu de ces ruines, Esaïe fait comme nous au milieu de nos malheurs, il regarde en arrière, il évoque le bon vieux temps.

Puisque nous décelons une ressemblance dans nos plaintes, puisque nous nous reconnaissons alors dans Esaïe, profitons-en pour mieux voir nos différences…

Que demandons-nous à Dieu au milieu des ruines de nos échecs ou de nos malheurs ? Quels cris poussons nous vers lui lorsque tout s’effondre autour de nous ? Lorsque les choses vont mal dans nos vies, dans notre société, dans notre Eglise, nous nous tournons vers Dieu et nous le supplions : « Viens remettre de l’ordre, viens réparer, viens guérir ! » Esaïe, lui, gémit : « Nous sommes ceux sur qui tu n’exerces plus ta souveraineté, ceux sur qui ton nom n’est plus appelé ». Sa supplication serait plutôt « sois à nouveau notre Dieu ». Il y a une différence énorme entre « Seigneur, ma vie part à vau-l’eau, viens passer un coup de balais et réparer ce qui est brisé » et « Seigneur, ma vie part à vau-l’eau, vient me conduire et me diriger ».

En effet, la cible de notre plainte, c’est l’autre : celui qui me fait du mal, mon voisin ou l’étranger, le sort, la société le monde. Nous nous plaignons de quelqu’un ou de quelque chose .

Mais dans Esaïe, la cible de la plainte d’Israël, c’est Israël lui-même. Esaïe n’accuse pas l’autre de son malheur, mais lui-même.

 

Deux mises en garde : D’une part, il ne s’agit certainement pas d’aller asséner à celui qui se plaint qu’il ferait mieux de se plaindre de lui-même. Ca c’est l’attitude des amis de Job et elle est condamnée par Dieu. L’enseignement de la Bible est à appliquer à nous-même et non pas aux autres. Une vieille histoire de paille et de poutre…

Attention également à ne pas conclure que si il nous arrive des malheurs, c’est parce que nous nous sommes détournés de Dieu. Esaïe rappelle les délivrances de jadis, l’action de Dieu pour son peuple. Or si Dieu pouvait délivrer son peuple à l’époque où celui-ci était fidèle, c’est bien que cette fidélité n’empêchait pas le malheur de frapper. La différence c’est qu’à cette époque, la délivrance arrivait.

Nous ne devons donc pas entendre dans ce texte que si nous sommes frappés par le malheur, c’est parce que nous nous sommes détournés de Dieu. Mais plutôt que c’est parce que nous nous sommes détournés de Dieu que le malheur qui nous frappe nous abat, nous pétrifie, nous anéantit…

En effet, Esaïe se plaint moins du malheur d’Israël que de sa révolte qui l’empêche de dépasser son malheur : « Pourquoi nous fais-tu errer loin de tes chemins et endurcis-tu nos cœurs ? »

 

« Pourquoi nous fais-tu errer loin de tes chemins et endurcis-tu nos cœurs ? » Et là nous bondissons. Parce que là, nous n’entendons qu’une chose : Esaïe reproche à Dieu la révolte de son peuple. Esaïe accuse Dieu d’être un pervers. En effet, conduire le peuple à la révolte pour ensuite le punir de s’être révolté, c’est quand même particulièrement retors. Quel horrible Dieu que celui-ci !

Sauf que dans la bouche d’Esaïe, il n’y a aucune accusation, aucune révolte, aucun procès, aucun jugement contre Dieu, juste une supplique. Je crois qu’il ne nous faut rien entendre d’autre dans ce « Pourquoi endurcis tu nos cœurs » qu’une formidable humilité.

En effet, lorsque nous nous révoltons contre Dieu, nous voyons notre « non » à Dieu comme l’expression de notre liberté, de notre identité même. Après tout, nous savons bien que les enfants se construisent en disant « non », que le premier pas vers l’autonomie, c’est toujours un « non ». Dire « non » à Dieu c’est affirmer notre choix, notre contrôle sur notre vie. Lorsque nous disons « non » à Dieu, nous affirmons avec le Satan de Milton qu’il vaut mieux régner en enfer que servir au Paradis. Ma révolte contre Dieu c’est la seule chose qui soit à moi, alors j’y tiens, je m’y accroche.

Eh bien Esaïe, lui, affirme « même ma révolte contre Dieu ne m’appartient pas, même mon cœur qui se raidit contre Dieu de toutes ses forces ne m’appartient pas »

Je ne crois pas qu’il faille chercher dans cette affirmation d’Esaïe une réponse à l’énigme du mal. En revanche, nous devons l’entendre pour ce qu’elle est, une affirmation de la totale souveraineté de Dieu, une abdication de tout orgueil humain.

Bien sûr cela nous paraît dur à entendre, et pourtant c’est bien ce qui introduit la conclusion de la supplique, « c’est nous l’argile, c’est toi qui nous façonne »

Le texte est un ensemble compris entre deux affirmations « Notre père, c’est toi ». Au début, nous étions pétrifié, endurcis, figé et, sur cette dureté, sur cette pétrification, tout semblait condamné à s’arrêter. Et à la fin de cette supplique nous revoilà devenu argile, souple, une argile dont Dieu peut faire une créature nouvelle.

 

Frères et sœur, en cette période de l’Avent, qu’éclate tout ce qui nous sclérose et nous pétrifie et que le Dieu qui vient fasse de nous une argile souple, une argile dont il pourra faire une nouvelle créature

 

Amen

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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 13:17

DSC01434.JPG2 Novembre 2011

6h40 : Nous voilà installés dans l’avion.

La fin de la journée d’hier était plus tranquille : restaurant de poisson au dessus du restaurant de poulet de la veille. Je ne sais pas si l’énorme et délicieux poisson que nous trouvons dans notre assiette est un barracuda, mais en tout cas, c’est délicieux même si nous n’avons plus d’appétit (promis, je vous épargne les papillons de ma jeunesse (ou pas)).

La bibliothèque d’Alexandrie était bien en grève, nous nous en contenterons donc d’en admirer l’architecture générale. Je regrette beaucoup mais d’un autre côté, c’est pas plus mal vu que le lendemain c’est à 3 heures qu’il faudra se lever…

En tout cas, Aischa a beau nous dire que les révolutionnaires ont été très gentils, elle trouve quand même que depuis la Révolution, c’est le bazar et que les gens ont un peu trop tendance à croire que la liberté c’est faire tout ce qu’on veut.

Ca roupille sec dans l’autocar, faut dire que nous avons mis une heure à sortir d’Alexandrie, une heure ou plus pour rentrer dans Le Caire. Petit arrêt au bord de la route du désert pour acheter des dattes. Les enfants sont très mignons mais Jean Paul nous dissuade de leur offrirDSC01437.JPG le paquet de gâteaux français qui traîne dans notre valise depuis le départ : « écoutez-les. Quelqu’un vient de leur offrir des stylos et maintenant, ils réclament de l’argent. Tant pis pour eux. De toute façon, ils ne sont vraiment pas dans le besoin. »

Retour à l’hôtel Santana à 21h, nos adieux à Aischa à qui je laisse mon bouquin «Ce que la Bible doit à l’Egypte. Un repas auquel nous ne touchons pas beaucoup. Malgré la sieste dans le car, nous sommes tous fatigués et la nuit sera courte. Comme plaisante mon père, j’espère que nous n’avons payé que 2 nuits au Santana : la première nous sommes arrivés à 3h et la dernière, nous partons à 3h…

Ce matin, les enfants étaient prêts avant nous. Bien joué ! Un thé et dans l’énorme boîte petit dèj’, nous piochons de quoi manger un morceau en route. Mais les tomates, concombre, pain et confitures restent derrière nous…

Dans le bus, nos adieux à Jean Paul, cette fois. Puis embarquement, passage des douanes. Pour finir en beauté avec leurs petits embêtements (je vous aurais bien raconté mais ça aurait pris trop de temps), Fabienne et Sophie sont rappelées dans le bus. Mais cette fois, c’est juste pour leur dire que leurs sièges ont été changés. Ca me permet juste d’être sarcastique et de demander à Fabienne quel est son lien de parenté avec Pierre Richard…

Trop fatigué pour vraiment stresser. Juste content de ce voyage, content aussi qu’il touche à sa fin. Un rendez vous, plus tard, avec une Egypte moins monumentale et plus quotidienne. Qui sait ?

 

9h45

J’aimerais bien qu’ils arrêtent de nous passer des sketch de caméra cachée pour nous remettre les informations de vol…

Du coup j’en profite pour vous livrer deux ou trois divers que j’ai oublié d’inclure dans les notes DSC00187.JPGprécédentes

1)      L’utilité du nilomètre qu’on retrouve dans tous les temples et qui sert à mesurer la crue du Nil. Pas par soucis d’archivage mais pour savoir comment fixer les impôts. Si les crues sont hautes, les récoltes ont dû être bonnes et on peut prélever beaucoup… Je proposerai à notre trésorière d’investir dans un pluviomètre…

2)      Le babouin dans l’iconographie égyptienne qui est soit figure du dieu Thot (pour changer un peu de l’ibis, sans doute), soit figure solaire (parce que les babouins crient et dansent quand le soleil se lève), soit figure de la clepsydre (l’horloge de nuit). Pourquoi de la clepsydre ?  Parce que les anciens avaient observé que le babouin urinait toutes les heures.

3)      Si l’on peignait le visage du défunt sur les sarcophages, c’est pour que le bâ, l’âme immortelle, puisse retrouver la bonne momie lors de la résurrection. De là à conclure que le bâ des pharaons était analphabète (y avait leur cartouche partout dans leurs tombeaux), il n’y a qu’un pas…

4)      J’ai oublié de vous raconter les vendeurs en felouques à l’écluse d’Esna. Alors que le bateau ralentit pour approcher de l’écluse, nous voyons des felouques s’approcher dans la nuit. Et elles commencent à nous balancer des projectiles ! En fait ce ne sont pas des pirates mais des marchands. Les projectiles sont des sacs en plastique contenant des foulards, nappes ou djellaba. Si une marchandise intéresse un passager, la négociation commence par dessus bord. Si l’affaire se fait, un nouveau sac est envoyé ou mettre l’argent, sinon, on renvoie les marchandises. Jean Paul nous raconte une anecdote propre à dissuader toute tentation de malhonnêteté : le bateau est bloqué à l’écluse et les marchands n’ont aucune hésitation à prévenir la police en cas de mauvais payeurs… En tout cas pour être marchand en felouque, il faut avoir le bras musclé et bien viser : ai-jeDSC01243 précis é que le pont supérieur était au quatrième étage du bateau ?

5)      Je terminerai en évoquant Mykerinos dont les anglais trouvèrent la momie sous sa pyramide et qu’ils voulurent ramener à Londres. Le bateau a coulé, offrant aux poissons de la nourriture lyophilisée depuis  trois mille ans…C’est utile d’aller en Egypte, je sais enfin le pourquoi du titre d’un de mes jeux…

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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 12:42

DSC01420.JPG1er/11/2011

9h : J’ai mal dormi cette nuit. Et ce n’est pas seulement à cause du muezzin du port d’Alexandrie qui avait braqué ses haut-parleur vers notre chambre pour être bien sûr qu’on entendrait bien sa mélodie (encore la même que depuis le début du voyage, mais plus fort). Peut-être le luxe de l’hôtel, en principe plutôt destiné au pontes de la pétro-industrie qu’aux touristes. Ou, plus probablement, le retour des préoccupations du quotidien. Notre parenthèse égyptienne est en train de se refermer doucement…

11h20

Petite halte derrière l’amphithéâtre que l’hôtel nous annoncé être fermé. Ce serait une aubaine pour le petit cireur de chaussures (le premier que je vois) si nous ne portions pas tous des sandales… En tout cas, c’est une riche idée de quand même faire un détour pour le voir de l’extérieur, cela nous permet de constater qu’il est ouvert. Jamais faire confiance aux hôtels (ou plutôt : toujours vérifier l’information). En fait d’amphithéâtre, c’est un odéon. Et bien sûr, le seul moyen que trouvent mes parpaillots pour tester l’acoustique, c’est d’entonner « A toi la gloire »…

Traversée du marché qui commence à s’installer (c'est-à-dire que les commerçants commencent à s’installer sur la  route) pour aller aux catacombes afin d’y découvrir un curieux mélange de styles égyptien et greco-romain puis un petit tour de la colonne Pompée pour vérifier que le soleil et le marbre sont une association pas toujours heureuse. Il fait plus frais à Alexandrie mais à cause de la réverbération, je n’ai jamais autant souffert de la chaleur pendant notre voyage que durant ce petit tour… Et nouvelle traversée du marché, cette fois bien installé. Nous découvrons un commerce nouveau : les marchands de moitié de voiture (moitié arrière pour le bas de la rue, moitié avant pour le haut de la rue). Eh bien sûr comme toujours, les commerçants s’installent sur la route, ne reculant que lorsque le tramway arrive, les boutiques en dur râlent parce que du coup, ces boutiques mobiles leurs piquent la clientèle (on se croirait dans une discussion sur les boutiques en ligne et les boutiques en dur…)

Bref, un nombre incalculable de scènes de rue, que j’oublie au fur et à mesure. Déjà que j’ai du mal à retenir toutes les explications d’Aischa….

13h25

Aischa profite du musée d’Alexandrie pour nous expliquer le pourquoi de la posture si particulière des personnages des bas reliefs. (Cette posture à laquelle vous devez ma référence à un fleuron de la décadence pop des années 80) Il s’agit de représenter en deux dimensions la meilleure perspective (celle qui permettra de donner le plus de détails) de chaque partie du corps : le visage de profil, l’œil de face, le torse de face, la poitrine des femmes de profil. De plus, elle nous fait remarquer que dans la représentation des couples, c’est toujours la femme qui enlace l’homme. Ce qui est amusant c’est qu’on retrouve la mêmeDSC01408.JPG position quand le dieu enlace le roi…

Tout en admirant de jolies pièces, nous enjambons les étudiant(e)s assis(e)s par terre pour dessiner, MP3 à l’oreille.

Petite note, les égyptiens sont de plus en plus nombreux à fréquenter leurs musées (qui sont quasiment gratuits pour eux) et c’est une très bonne chose, se réjouit Jean Paul. Il y a encore 20 ans, les livres d’école ne faisaient commencer l’histoire de l’Egypte que lors de l’arrivée de l’Islam…

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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 13:36

La-source-des-femmes.jpgPrédication du 13 novembre 2011

Genèse II, 18 à 24

Proverbes XXXI, 10-31

 

Une femme de valeur, qui la trouvera ?

J’avoue que j’ai rarement commencé une prédication en me sentant si peu autorisé à parler (même si j’ai trouvé une perle, ce texte reste dur à commenter pour un homme), que rarement, un texte m’a paru plus dangereux à prêcher que ce poème qui vient conclure le livre des proverbes…

Dangereux parce que je ne peux m’empêcher d’anticiper (ou peut-être simplement d’imaginer) vos réactions, mes sœurs quand vous entendez ce texte.

 

Et c’est vrai que chat échaudé craint l’eau froide et qu’on pourrait voir ce texte comme un texte piégé, à commencer par le piège de l’idéalisation.

Donner une si haute image de la femme de valeur, ça peut-être un bon moyen d’interdire à la femme de parvenir à cet idéal et donc de la rabaisser : si tu ne peux pas égaler ce portrait, tu n’es pas une femme de valeur et donc il n’existe pas de femme de valeur… Le poème serait ainsi l’équivalent hébraïque de ces films et de ces affiches retouchés qui projettent une telle image de la beauté que nulle ne peut espérer l’atteindre. D’ailleurs à l’appuis de cette lecture, il y a la question : « qui la trouvera ? »

On peut aussi y voir un autre piège, celui de la paresseuse flatterie. En lisant ce texte, on peut penser au film La source des femmes, ou tandis que les femmes vont chercher de l’eau, tissent leur tapis, font tourner la maison, les maris siègent tranquillement au caf é ou, dans le texte, à la porte de la ville. Et le poème résonne comme « Qui trouvera une femme de valeur, qui fait tout pendant qu’il ne fait rien ? »

Peut-être même certaines d’entre vous se demandent-elle ce que l’auteur de ce poème avait à se faire pardonner par son épouse

 

Alors, sans doute vaudrait-il mieux que je m’abstienne d’aller plus avant sur ce terrain miné et que je m’empresse de spiritualiser ce texte, de reconnaître dans cette femme de valeur, plus précieuse que les perles, une nouvel image de la sagesse. Une image qui me permettrait de contester l’accusation de misogynie que l’on fait sans cesse à la Bible : regardez, le portrait de la sagesse est un portrait féminin.

Cela vaudrait sans doute mieux. Mais je vais prendre le risque de ne pas le faire. Je vais prendre le risque de dire que ce texte n’est pas une allégorie, mais plutôt une justification de l’allégorie. Si l’on peut représenter la sagesse sous les traits d’une femme de valeur, c’est parce que la femme de valeur est tout cela.

 

Bien sûr, je commencerai par signaler que toute les qualités très pratique que le poème reconnaît chez la femme de valeur sont d’abord un don de Dieu : la femme qui craint le Seigneur, voila celle qu’on doit louer… (la femme est bien un être humain).

J’attirerai votre attention sur le fait que, parmi toutes les vertus dont le poème pare la femme, on ne trouve pas la soumission ou l’obéissance mais bien plutôt un esprit d’initiative et d’efficacité et un esprit qui ne se cantonne pas à la bonne marche de la maison mais également aux affaires de la famille « elle jette son dévolu sur un champ et l’achète » ainsi qu’au tissus social « elle ouvre sa main au misérable et la tend au pauvre ». On ne trouve pas non plus le silence, bien au contraire, elle parle et elle enseigne « elle ouvre sa bouche avec sagesse et sa langue fait gentiment la leçon ». Bref, au foyer comme au travail comme en société, la femme de valeur prend pleinement sa place au cœur de l’humanité, une place active et reconnue.

Je voudrai également m’inscrire en faux contre le fait de traduire par « qui trouvera » comme « c’est impossible ou très difficile ». Dans le livre des proverbes, on trouve le bonheur, on trouve la félicité et on les trouve en trouvant la sagesse, la loi de Dieu. Or la sagesse vient d’elle-même à la rencontre des hommes. Le livre des proverbes nous dit que le bonheur n’est pas difficile à trouver.

 

Mais surtout, après avoir prétendu savoir comment, mesdames, vous risquiez d’entendre ce texte, je vais vous dire comment un homme entend ce texte. Peut-être pas tous les hommes. Mais au moins un, et je ne suis pas certain que son cas, mon cas soit si isolé. Quand il entend ce poème, l’homme ne se dit pas « Ah si seulement j’en trouvais une comme ça », et même s’il aura sans doute la tentation de se tourner vers sa voisine pour lui dire « T’entends ? Prends-en de la graine », cet humour aura surtout pour but de masquer sa pudeur. Parce que, quand l’homme entend ce poème, il pense aux femmes qui l’entourent. A son épouse ou sa compagne, puisque c’est souvent celle qui lui est le plus proche. Mais dans ce texte, femme a un sens plus large qu’épouse. Il pense donc aux femmes qui l’entourent et il pense à ce qu’elles font. Pas aux points qui les séparent de cette femme de valeur, mais à tout ce qu’elles ont en commun avec elle.

Il n'entend pas "voilà ce qu'elle doit faire" là ou le texte nous dit "voilà ce qu'elle fait".

Bien sûr, peut-être à certains versets, pensera-t-il , « ah ça, j’aimerais bien. Mais, plus que le manque ou le regret, c’est la reconnaissance qu’il éprouvera, reconnaissance pour cette bénédiction qui lui est accordée à travers la femme ». En effet, pour une oreille masculine, ce texte résonne comme une piqûre de rappel, un appel à prendre conscience de tout ce que font les femmes autour de lui (néanmoins, je m’empresse de rappeler que psychologie masculine oblige, cette piqûre de rappel ne fonctionne que parce qu’elle est administrée par un homme, navré mesdames, mais vous empresser d’aller lire ce texte à vos maris, fils, collaborateurs, ne suscitera pas forcément la reconnaissance escomptée).

 

Je ne crois pas non plus que ce soit là, une idéalisation. Je ne crois pas idéaliser la femme à laquelle je pense d’abord et pour laquelle je rends grâce quand j’entend ce texte. Elle confirmera que je suis, hélas, très capable de faire une liste de ses défauts et de ses imperfections. Et si je sais que j’ai épousé une perle, je ne pense pas avoir épousé la perle unique ou la perle rare (et je n’en demande pas tant). Mais je sais aussi que la liste est bien plus longue de tous les dons que je reçois au travers elle…

 

En lisant ce texte, je me demandais pourquoi on ne trouvait pas de pareil portrait de l’homme de valeur dans la Bible. J’ai même anticipé une réponse sarcastique « c’est parce que la Bible ne parle que de ce qui existe ». Mais en fait, je crois que c’est parce que les textes bibliques sont écrits par des hommes. J’ose espérer qu’un texte écrit par une femme pourrait dire la reconnaissance pour les dons que Dieu accorde à travers l’homme, peut être même un texte qui ne donnerait pas l'impression que pendant que la femme fait tout, l'homme se contente de siéger avec les anciens. Mais c'est peut être une espérance assez folle…

 

Mes sœurs, que vous soyez épouses, mères, filles, collaboratrices, femmes tout simplement, que ce portrait vous dise votre valeur et notre reconnaissance pour ce cadeau que vous êtes.

Mes frères, peut-être vous me reprocherez vous un féminisme abusif. Mais ne vous sentez pas lésés. De ce texte nous avons la meilleure part : ce cadeau de Dieu, c’est nous qui le recevons. Et puisse ce poème de louange nous aider à une reconnaissance active.

 

Amen

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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 11:28

DSC01297.JPG31 Octobre

9h10 ; Entre Le Caire et Alexandrie, nous prenons la route dite « du désert », mais les condominion dont nous parlait Jean Paul le premier jour et qu’Aischa nous présente à présent de façon plus positive, rendent cette route très peu désertique…

11h25

Nous quittons le monastère de Wadi Natroun. Quelques informations sur la vie quotidienne des moines (qui meurent à eux-mêmes et au monde extérieur, la prière des morts est dites sur le moine qui entre dans les ordres, brrr). Nous troublons la messe copte (orthodoxe) qui se déroule dans l’Eglise à l’atmosphère saturée d’encens et je me demande ce que le corps de Jean le Baptiste est venu faire en Egypte… En revanche tellement peu de données sur l’ancienneté du monachisme que je suis bon pour faire un exposé ce soir (je pensais que la visite guidée par un moine m’en dispenserai)

Mais ce qui m’amuse le plus, c’est la tête d’Aischa quand le moine nous dit que les musulmans ont persécuté les chrétiens, les obligeant à porter du noir (et les juifs à porter du jaune). Des musulmans persécutant des chrétiens ? Pas possible ! Ah quoique si c’était pendant la période des fatimides chiites, alors peut-être… Ben voyons (décidément, même l’Islam le plus modéré a encore des progrès à faire dans la capacité à l’auto-critique)

13h15 Nous arrivons à Alexandrie, retour dans les bouchons. J’ai oublié de raconter qu’hier, au Caire, nous avons longé, non loin de notre hôtel, un bâtiment très fortement gardé. Il s’agissait de l’ambassade saoudienne. Or, le bruit court que l’Arabie Saoudite paye les casseurs et provocateurs qu’on a beaucoup vus à l’oeuvre ces derniers temps (un petit rappel de l’actualité au milieu de laquelle nous jouons les touristes…)

22h50Je ne sais pas si je vais réussir à aller jusqu’au bout de notre journée d’aujourd’hui. A midi brochette de poulet dans un restaurant de poisson (en fait, non, l’enseigne m’a induit en erreur, le restaurant de poisson est à l’étage  au-dessus), joli panorama sur la Méditerranée (ça nous change un peu du Nil, pourtant on n’était pas lassés). « N’attendez pas le dessert, il n’y en a pas » informe Jean paul avant d’aller s’en griller une. Il est à peine parti que nous voyons arriver un chariot à desserts. Je fais passer l’information que le dessert n’est sans doute pas compris, mais Aischa me rassure, elle a négocié le dessert… Du coup, je coursDSC01329.JPG prévenir Jean Paul (on n’est pas ségrégationniste au point de priver les fumeurs de dessert) que je trouve avec le dessert qu’il vient d’aller acheter dans la pâtisserie voisine. Nos guides ne sont pas toujours très bien coordonnés mais ils sont aux petits soins pour nous.

Ensuite, visite de la citadelle de Qaitbay, que le sultan éponyme fit construire à l’emplacement du phare d’Alexandrie, dont la destruction, entamée par une ruse des byzantins et la cupidité d’un sultan (« Alexandre a planqué son trésor dans le phare »), fut achevée par un tremblement de terre. La citadelle est sympa et les enfants s’amusent dans le dédale de salles.

Beaucoup moins sympas sont ces policiers qui nous suivent partout pour nous rendre de menu services : indiquer une marche, prendre une photo (quitte à nous arracher  de force l’appareil des mains) pour glaner quelques euros. Je sais que j’en parle à chaque page, mais c’est parce que ça se passe à chaque moment…

Mauvaise nouvelle : la bibliothèque est fermée pour cause de grève. Aïe, c’est quand même pour ça qu’on a tenu à ce que notre itinéraire passe par Alexandrie.

Mais le plus extraordinaire de cette journée, c’est ce trajet vers l’hôtel. C’est à deux pas de la citadelle, mais le chauffeur ne sait pas où exactement et surtout, il tient à nous déposer au pied de l’hôtel : fierté professionnelle. Or, un bus ce n’st pas facile à manier dans les bouchons d’Alexandrie… Par deux fois, au moins, il faut pousser des voitures stationnées sur la route. Résultat, nous mettons deux heures (au sens propre) à faire les deux pas (au sens figuré) Jean Paul fulmine, à juste titre, contre l’organisation d’Hermès (le tour operator local) mais le groupe prend le parti d’enDSC01382.JPG rire.

Il me faudrait raconter cela, aussi : les fous-rires, les plaisanteries idiotes (je vous jure que je ne suis pas le seul), les petites attentions des uns pour les autres, à chaque moment. Je n’ai pas découvert de nouvelles facettes chez ceux qui nous accompagnent, mais pendant ces dix jours, j’ai vraiment l’impression que chacun(e) donne le meilleur de lui-même. Et ce n’ets pas la moindre des bénédictions de ce voyage.

C’est sur cette note et cette reconnaissance que je vais me coucher, le luxe de l’hôtel, on verra demain.

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26 novembre
20h au Franklin
A Evreux
Café Biblique
"La prière"
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