Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Objets trouvés (1) La jarre

20 Septembre 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible, #Samaritaine

Objets trouvés (1) La jarre

Prédication du dimanche 20 septembre 2015

Jean 4, 1 à 30

Dans la Bible, des hommes et des femmes oublient, ou abandonnent volontairement, des objets derrière eux. Nous avons ramassés quelques un de ces objets et cette année d’école biblique et de catéchisme, nous vous invitons dans cette salle des objets trouvés de la Bible

La femme laissa là sa cruche d’eau et retourna à la ville, où elle dit aux gens : « Venez voir… »

L’histoire de la samaritaine, finalement, c’est l’histoire d’une femme qui est venue chercher de l’eau et qui a fait une rencontre qui l’a tellement bouleversée qu’elle en a oublié sa cruche d’eau.

Mais est ce que la samaritaine n’a laissé que sa cruche au bord de ce puit ?

(De la jarre, on tire trois rouleaux)

« Tu es Juif ! Comment oses-tu donc me demander à boire, à moi, une Samaritaine ? »

« Nos ancêtres samaritains ont adoré Dieu sur cette montagne »

« Je n’ai pas de mari. »

« Tu es Juif ! Comment oses-tu donc me demander à boire, à moi, une Samaritaine ? »

Avant sa rencontre avec Jésus, la Samaritaine sait qui peut parler à qui. Elle sait bien que les juifs et les samaritains ne veulent pas avoir de relation. Elle sait bien à quel point les juifs méprisent les samaritains et les considèrent comme des moins que rien. Alors, rencontrer un juif qui lui parle et même qui s’abaisse à lui demander un service…

Et moi, de qui crois-je être le samaritain ? Selon moi, qui me méprise ? Selon moi, qui me déteste ? Selon moi, qui ne s’abaisserait jamais à m’adresser la parole ? Selon moi, qui ne pourrai jamais avoir recevoir quelque chose de moi ? Qui ai-je enfermé dans cette prison d’arrogance ?

Et puis, qui sont mes samaritains ? Qui sont ceux avec qui je ne veux surtout pas avoir de relation ? Qui sont ceux qui à mes yeux sont des moins que rien ? Qui sont ceux à qui je ne m’abaisserai même pas à demander à boire. De toute façon méchants comme ils sont, ils me la refuseraient ou bien ce serait pour m’empoisonner…

Parce que Jésus lui a parlé, la Samaritaine a laissé derrière elle cette frontière, ce mur entre les samaritains et les juifs, entre nous et les autres. Elle s’est rendu compte que tous, les samaritains et les juifs, les humbles et les arrogants, les anciens et les modernes, les sportifs et les intellos, nous et eux étaient unis finalement par la même soif, par le même besoin d’eau vive et qu’il y avait pour tous, un seul sauveur.

Et nous, quelle parole de Jésus faudra-t-il encore pour que tombent nos barrières ?

« Nos ancêtres samaritains ont adoré Dieu sur cette montagne »

Avant sa rencontre avec Jésus, la samaritaine savait qu’il fallait adorer Dieu dans un lieu précis, d’une certaine manière et que ceux qui le priaient autrement étaient des gens bizarres, qui n’avaient pas très bien compris.

Où peut-être était-elle un peu perdue. Qui fallait-il écouter ? Où était Dieu ? Comment fallait-il le prier

Et moi, dans quelle case ai-je rangé Dieu, dans quelle boîte l’ai-je enfermé. Quel Dieu ai-je fabriqué avec mes mots, mes rituels ?

Ou bien, est ce que je ne suis pas un peu perdu au milieu de toutes ces religions, toutes ces Eglises, toutes ces tendances et tous ces mouvements ?

Parce que Jésus lui a parlé, la Samaritaine a laissé derrière elle, ces questions de lieux et de méthode pour monter vers Dieu. Elle a compris que l’important dans l’adoration, dans la prière, c’était d’être en esprit et en vérité et non pas dans un espace géographique bien défini, avec des rites bien précis. Elle a surtout découvert un Dieu vivant, un Dieu qui se fait proche des humains.

Et nous, quelle parole de Jésus faudra-t-il encore pour que nous laissions derrière nous nos labyrinthes religieux et que nous vivions, en esprit et en vérité, la venue de Dieu vers nous ?

« Je n’ai pas de mari. »

Avant sa rencontre avec Jésus, la samaritaine vivait dans la honte. Elle avait eu 5 maris… étaient-ils morts, avait-elle été répudiée ? On ne le sait pas mais c’était déjà assez pour la faire regarder bizarrement… Et puis, chose scandaleuse pour son époque, elle vivait finalement avec un homme qui n’était pas son mari. Et cela faisait d’elle quelqu’un de non fréquentable. Quelqu’un qui vient seule au puit alors que c’est généralement le lieu où les amies vont ensemble pour discuter, pour rire…

Et, quand au puits, un inconnu lui parle de son mari, elle n’ose pas mentir, elle répond évasivement « je n’ai pas de mari »

Et moi, quel passé m’enchaîne ? De quoi ai-je honte ? Qu’est-ce que j’essaye de cacher à ceux qui m’entourent, à ceux que je rencontre ? Qu’est ce qui me tient à l’écart des autres ?

Parce que Jésus lui a parlé, parce qu’il a évoqué tout son passé, déroulé tout son carnet de famille sans un mot de jugement, sans un mot de condamnation, avec comme seul commentaire : « tu dis bien », la samaritaine a pu sortir de sa honte. Elle était venue seule, à l’heure où elle était sûre de n’affronter aucun regard, elle peut à présent courir vers les autres et partager cette extraordinaire rencontre.

Et nous, quelle parole de Jésus faudra-il encore pour que libérés de notre passé, de nos erreurs et de nos échecs, nous osions courir vers les autres et partager avec eux cette incroyable nouvelle : nous avons trouvé le messie, Dieu nous aime !

Frères et sœurs, comme la samaritaine nous pouvons laisser notre cruche derrière nous. Nous pouvons abandonner les eaux usées des préjugés, des rigidités et de la honte. Ces eaux-là ne désaltèrent pas. Nous pouvons puiser à présent dans l’eau vive : la foi dans le Dieu qu’on adore en esprit et en vérité, dans l’espérance que Dieu ne cessera jamais de nous aimer, dans l’amour qui nous pousse à annoncer à tous une bonne nouvelle !

Amen

Partager cet article

Commenter cet article