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Danaïdes contre Daesh ?

18 Novembre 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs, #joie de vivre, #13 novembre, #Charlie-Hebdo

Danaïdes contre Daesh ?

Pour changer un peu de la polémique sur la manière dont les uns et les autres expriment leur deuil, pour prendre ma respiration avant de déplorer l’attitude lamentable de nos politiciens, je regarde un peu la couverture de Charlie Hebdo…

Je n’achèterai pas le Charlie Hebdo de cette semaine mais j’aime vraiment beaucoup leur dessin de « une ». Il ne m’a pas fait rire, ni même sourire, ce dessin, mais je l’aime beaucoup comme j’avais aimé « Tout est pardonné» (alors même que le contenu de ce numéro m’avait re-convaincu que lire Charlie était pour moi une perte de temps)

En fait, je n’ai pas le même sens de l’humour que Charlie Hebdo et je préfère les dessins qui font réfléchir aux dessins qui condamnent et cette « une » entre bien dans catégorie « qui fait rélféchir ».

On peut bien sûr la lire au premier degré « Ils ont les balles on a les bulles ». Ils ne toucheront pas à notre « french touch », vive la bière et les jambes des footballeurs et des filles ! Et c’est vrai qu’il y a une nécessité à ne pas nous laisser imposer un esprit de terreur et de mort.

Mais si je laisse de côté la légende, si j’oublie un peu les attentats que nous venons de subir, si je regarde seulement l’image, elle m’interroge : est – ce bien cela que je veux défendre ? Est-ce bien cela l’esprit français ? Est-ce bien cela la joie de vivre ? Est-ce que ce que nous opposons aux amoureux de la mort, c’est ce tonneau des Danaïdes ? Est-ce que c’est ça, vivre ?

Je n’aime pas le foot et encore moins les stades, mais j’aime les cafés, j’aime boire une bière avec des amis (pas en terrasse parce que c’est le lieu des fumeurs et que, de toute façon, je n’aime pas trop boire ou manger dans la rue), j'aime refaire le monde et débattre entre bien-pensants, j’aime la légèreté joyeuse de certaines soirées parisiennes.

J’aime cette légèreté française et je suis prêt à la défendre (en continuant de la vivre), mais je n’oublie pas les revers de cette médaille, je n’oublie pas ses aspects sombres qui s’appellent alcoolisme et toxicomanie, machisme et harcèlement, consumérisme et artifice, égoïsme et arrogance.

J’aime cette légèreté française et je suis prêt à la défendre, mais certainement pas si elle devient une fin en soi. Je l’aime parce qu’elle nous a donné Verlaine, Prévert et Brassens. Je l’aime quand elle est une manière de vivre la fraternité et la liberté (je n’oublie pas l’égalité, c’est juste que précisément, je ne suis pas sûr que la vie nocturne parisienne soit le meilleur vecteur d’égalité).

Oui, j’aime la légèreté quand elle me donne l’humour nécessaire pour me décentrer, quand elle me donne la liberté requise pour m’ouvrir à l’autre, quand elle me fait aimer toute vie et pas seulement la mienne. J’aime la légèreté française quand je peux y inscrire la joie vraie de cette bonne nouvelle : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé »

J’ai besoin de rire et de vivre, j’ai besoin de continuer à réfléchir aussi. Et, pour cette réflexion, je remercie Coco.

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