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Tomber la veste

29 Janvier 2016 , Rédigé par Eric George

Tomber la veste

Prédication du dimanche 24 janvier 2016

Marc 10, 46 à 52

Je suis Bartimée, ce manteau, c’est mon manteau d’aveugle, c’est celui dans lequel on m’enveloppe avant de me laisser là, au bord de la ville. Pas trop loin du chemin, pour que les gens puisse me voir et me faire l’aumône…Pas trop près non plus, pour que je ne dérange pas…

Ce manteau, c’est mon manteau d’aveugle, celui dans lequel on m’a enfermé, parce que, puisque je suis aveugle, c’est forcément que je suis suspect, c’est forcément que j’ai offensé Dieu ou bien que ce sont mes parents qui sont fautifs.

Je suis Bartimée, ce manteau, c’est le mien…Mais finalement, ça pourrait être de tout ceux qu’on met à l’écart. Ça pourrait être le manteau de celui qu’on choisit en dernier dans une équipe et qu’on laisse le plus possible sur le banc de touche parce qu’il est nul en sport.

Ce pourrait être le manteau du dernier de la classe, qu’on n’écoute pas parce que de toute façon, il n’écoute rien, qu’il est bête et qu’il ne pense qu’à se faire remarquer.

Ce pourrait être le manteau de celui ou celle qui est trop vieux ou trop étranger ou trop différent pour être accepté par la foule. Ce manteau, c’est celui qu’on jette sur les épaules d’une femme ou d’un homme pour l’enfermer dans un rôle, pour le tenir à l’écart…

Et ceux qui portent ce manteau n’ont pas toujours la chance, comme Bartimée, de savoir vers qui crier…

On a enfermé Bartimée mais finalement, la foule qui le rejette n’est-elle pas aussi drapée dans un manteau, un manteau de certitudes, un manteau de peur, un manteau d’ignorance, un manteau d’intolérance… Un manteau que je porte aussi, parfois quand je tiens à l’écart ceux qui me font peur ceux qui sont trop différents, ceux que je juge inintéressants ou inférieurs à moi.

Et ce manteau de préjugé, ne l’a-t-on pas également jeté sur nos épaules ? On a enseigné à la foule que sûrement la cécité était un châtiment de Dieu, on nous enseigne à faire le tri entre les productifs et les assistés, on nous apprend à avoir peur de ceux qui sont différents…

La foule, tout comme Bartimée, est couverte d’un manteau de cécité et de surdité…

Or, Jésus va entendre Bartimée, et en l’appelant, il va lui permettre de se libérer de son manteau. Mais ce n’est pas le premier miracle de ce récit.

En effet, avant de parler à Bartimee, Jésus va parler à la foule… Et il ne va lui faire de reproche sur son comportement, il ne va pas lui faire la leçon, lui dire « laissez le parler »… Non, il va juste leur dire « appelez-le ».

Et la foule ne va pas contester, elle va immédiatement changer d’attitude. Ainsi, cet « Appelez-le » est, dans la bouche de Jésus, une parole de guérison au même titre que « Lève-toi et marche » ou « Sois pur ». Par cette parole, Jésus révèle à la foule de quels gestes d’amour et de soutien, elle est capable. Par cette parole, Jésus libère la foule de son manteau de préjugés et de rejets.

Bartimée avait crié vers Jésus, et par une parole, il a pu bondir vers lui en rejetant le manteau dont on l’avait recouvert. La foule n’avait rien demandé, mais elle a aussi reçu une parole libératrice… Et juste après l’épisode de Bartimée, c’est l’entrée de Jésus dans Jérusalem. Rappelez-vous du geste d’accueil de la foule : ils jetaient leurs manteaux sur le chemin…

Et nous, frères et sœurs, de quels manteaux avons-nous besoin d’être libérés ? De quels gestes d’amour avons-nous besoin d’être rendus capables ?

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