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Vivre ensemble / Vivre en Christ

25 Janvier 2017 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible, #corinthiens, #conflits, #pardon, #Eglise

Je vous en supplie, soyez tous d’accord et qu’il n’y ait pas de division parmi vous

Ce n’est pas le moment où l’on a envie d’entendre ça…. C’est sûr qu’en regardant les textes du jour j’aurais préféré des sujets plus faciles comme la trinité, la divinité de Jésus ou la prédestination…

C’est sans doute un des moments où tous, nous avons le plus besoin de l’entendre

Jamais Corinthe n’a été aussi proche d’Evreux ! Jamais Paul ne s’est adressé à nous de manière aussi directe. Parce qu’il faut bien se l’avouer, je ne suis pas sûr que nous ayons jamais vécu les grandes divisions des Confessions chrétiennes avec autant de souffrance que le conflit qui traverse aujourd'hui notre petite communauté…

Oui, ce matin, ce passage de la Bible nous accuse tous, et je suis bien certain que personne n’aura la puérilité de dire « c’est pas moi qui me dispute, c’est lui »

Que chacun entende plutôt ce que Paul nous dit à tous sur nos divisions avec d’autres chrétiens.

D’abord, il ne cherche pas à dénoncer le ou les corinthiens qui sont à l’origine de la dispute, quel groupe, quelle action a provoqué quoi. Ah ! c’est la corruption de l’Eglise catholique d’il y a 500 ans ! Ah c’est l’intransigeance de Luther ! Paul reproche les divisions à tous les corinthiens !  Je suis même persuadé par la suite de sa lettre, que ses reproches les plus âpres sont adressés à ceux qui se réclament de lui bien plus qu’aux autres courants de pensée.

Il explique aux corinthiens : le problème c’est que vous dites « je suis de untel » Je suis de untel, Paul va le développer ensuite, ce n’est pas seulement se réclamer de tel ou tel maître à penser ou de tel ou tel gourou, c’est aussi des questions d’être d’origine juive ou païenne, et cela peut s’étendre à notre sensibilité, à notre tradition, à nos pratiques

Attention, Paul ne dit pas le problème c’est que vous soyez de Paul, de Cephas ou d’Appolos, de telle ou telle culture, de telle ou telle pratique, sensibilité ou tradition. Nous avons tous nos appartenance, Paul ne dit pas « : « je ne veux voir qu’une seule tête » Ce qu’il dit c’est : « le problème c’est que vous vous en réclamez, le problème c’est que c’est ça que vous mettez en avant : votre appartenance, votre tradition, votre sensibilité, vos préoccupations. »  Le problème, c’est que dans notre relation avec nos frères et sœurs en Christ, c’est que nous regardons nos racines, pas seulement là d’où nous venons mais là où nous nous tenons.

Paul ne nous dit pas non plus d’apprendre à comprendre ce que sont les racines de l’autre. Il ne nous invite pas à nous montrer plus compréhensif, plus à l’écoute, ou au moins plus tolérant. Bien sûr, Paul ne nous dit pas qu’il ne faut pas le faire, simplement ce n’est pas cette solution très humaine qu’il nous invite à suivre. Pourquoi Paul n’invite-t-il pas les corinthiens aux règles primaires du vivre ensemble ?

J’y vois trois raisons :

  • d’abord, il n’a pas besoin de nous inviter, nous, ébroïciens, à nous montrer plus compréhensif ou plus tolérant, pas plus qu’il n’avait besoin d’y inviter les corinthiens. Quand des humains vivent ensemble, ils essayent de se supporter mutuellement... Quand il y a des conflits dans une communauté qui voudrait vivre en paix, la première chose que l’on fait, c’est de faire un effort, même dans mon calvinisme le plus sceptique sur l’humanité, j’en reste persuadé. Bref, si Paul écrivait aux corinthiens ou à nous, essayez de vivre ensemble, ils auraient répondu, on lui répondrait : « merci, c’est sûr qu’on y avait pas pensé ! »
  • Ensuite, ces règles du vivre ensemble ont leurs limites. Bien sûr que sur le papier, on doit toujours essayer de comprendre le point de vue de l’autre, la place où il se tient et pourquoi il s’y tient. Mais bon, il arrive quand même que cela soit parfois tout simplement trop difficile pour nous, que la distance soit trop grande. Que le lieu de l’autre nous soit trop étranger ou que notre propre lieu nous emprisonne trop.
  • Enfin, ces règles du vivre ensemble ont leurs propres dangers et principalement celui d’enfermer l’autre dans son origine dans ses racines, d’en décider pour lui. Parce que c’est un homme, parce que c’est une femme, Parce qu’il/elle a tel âge, parce qu’il/elle a tel parcours, il/elle pense forcément comme cela, il/elle a forcément telle ou telle revendication…

 

Paul donc ne nous invite pas à suivre les règles élémentaires du « vivre-ensemble », il préfère nous ouvrir un chemin nouveau, un chemin qui nous est particulier, à nous, chrétiens. Dans nos relations aux autres, dans nos relations à nos prochains, au lieu de commencer par les racines, les sensibilités, les préoccupations, celles de l’autre et les nôtres propres, et si on regardait d’abord à celui qui nous appelle tous, à celui qui fait de nous des frères et des sœurs.

Je vous en supplie, soyez tous d’accord et qu’il n’y ait pas de division parmi vous !

Ce n’est pas facile. Ce n’est jamais facile mais en ce moment nous sommes plusieurs à mesurer douloureusement combien c’est difficile. Eh bien, il nous faut entendre la supplique complète : je vous en supplie au nom de Notre Seigneur Jésus Christ.

C’est dans la prière et dans la confiance qu’il nous faut porter cette épreuve

Que Dieu nous soit en aide.

Amen

(Merci à Aafke pour la photo)

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