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Comme la pluie et la neige

16 Juillet 2017 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible, #prédication, #Esaïe, #Parole

C'est par la Parole que Dieu agit et Sa parole, nous dit Esaïe est comme la pluie et la neige

 

Prédication du 16 juillet 2017

Matthieu 13, 1 à 23
Esaïe 55, 6 à 11

Je vous invite à rester debout

Malgré tout le respect que je dois à nos listes de lecture, je ne sais pas si c’est une bonne idée de mettre ce passage d’Esaïe en juillet. La parole de Dieu comme la neige et la pluie, je ne suis pas sûr que ça donne envie d’assister au culte pendant l’été… Ou alors, peut-être dans des régions plus caniculaires que la nôtre…

Mais c’est bien sur cette image de la neige et de la pluie que je voudrais que nous nous arrêtions ce matin, sur ce que cette image nous dit de la Parole de Dieu…

En effet, depuis le récit de la création du ciel et de la terre jusqu’à Jésus, parole faite chair en passant par la Loi de Moïse (les dix paroles), par les prophètes, la Bible nous enseigne que notre Dieu est un Dieu qui parle, qui nous parle et non seulement qui parle mais qui agit par sa parole.
Vous pouvez vous asseoir. 
J’espère que vous me pardonnerez ce petit jeu d’autorité, mais je voulais que nous ayons à l’esprit la différence entre agir par la parole et agir par la main. Si je vous avais fait relever ou asseoir physiquement, cela aurait été bien plus intrusif  voire plus violent.
Notre Dieu agit par la parole, c’est-à-dire qu’Il ne nous fait pas violence, Il nous laisse un espace à nous. Dieu nous parle, c’est-à-dire qu’Il nous reconnaît, et même fait de nous, des êtres sensibles et c’est à notre sensibilité, à notre intelligence qu’Il s’adresse.

Dieu nous parle et, Esaïe nous le rappelle, cette parole est efficace. Mais l’efficacité est souterraine. En fait, il ne s’agit pas tant d’opposer un Dieu visible et un Dieu caché que de distinguer une action manifeste, il pleut, il neige, Dieu nous parle (par l’Esprit, à travers la Bible, par ses témoins) et l’efficacité invisible de cette action.

Autre caractéristique, la fluidité : la Parole de Dieu, telle qu’Esaïe nous la décrit, n’est pas un marteau qui fracasse, ni un mur qui enferme, elle ne force pas le passage, elle s’insinue, elle s’infiltre. Je ne sais pas si vous vous souvenez d’avoir fait, enfants, pour occuper des trajets en voiture ou tout simplement des journées de vacances pluvieuses, des courses de gouttes : la moindre poussière, la moindre aspérité invisible de la vitre pousse la goutte à changer son parcours. Pour se frayer un chemin, la Parole change de forme, passe par des détours. Comme la neige, comme la pluie, la Parole de Dieu est insaisissable, elle est surtout inarrêtable. 
Mais pour que la pluie abreuve la terre, il ne faut pas que des trombes d’eau s’abattent brutalement sur le sol, sinon elle emporte tout et ne nourrit rien. J’imagine que vous n’arrosez pas vos plantes au karcher. Pour que la pluie soit nourricière, il vaut mieux qu’elle soit douce et régulière…
Cela nous permet peut-être de comprendre pourquoi Jésus parle en parabole. Là, où les disciples, dans leur impatience, voudraient une révélation immédiate aux foules, Jésus préfère laisser ces histoires étranges que sont les paraboles faire leur chemin, s’infiltrer dans ces yeux et ces oreilles fermées, éroder ces certitudes et ces refus, instiller une nouvelle image du monde. Bien sûr, cela prend plus de temps…

Mais, de fait, avec cette image de la pluie et de la neige, Esaïe nous entraîne dans le temps long : « sans avoir saturé la terre, sans l’avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange ». De la germination à l’assiette, il y a quand même un certain temps, surtout quand on parle d’un arbre fruitier, entre le moment ou le figuier sort de terre et celui où vous pourrez en manger les fruits.

C’est une grâce que notre Dieu nous parle ainsi avec douceur, avec bienveillance, qu’il laisse un espace à notre sensibilité, à notre intelligence, qu’il nous donne le temps de recevoir et d’être. C’est une grâce et une source de reconnaissance.

C’est un exemple bien sûr pour notre parole d’Eglise, pour notre parole de chrétiens, pour notre parole d’humains.

Mais attention, certains ont bien compris l’efficacité d’une parole douce, fluide, souple et mettent cette connaissance au service d’une parole manipulatrice.
Nous, il nous faut bien entendre et laisser s’insinuer en nous cette autre parole de Dieu « vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins ». Le but de la parole de Dieu c’est que le méchant retourne vers le SEIGNEUR, qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu, qui pardonne abondamment. Ailleurs il est même précisé « que le méchant se détourne de son chemin et qu’il vive (Ezéchiel 18, 23) »
Frères et sœurs, laissons donc cette parole faire son chemin en nous, s’infiltrer dans nos cœurs et nos cerveaux. Demandons-nous sans cesse si le but de nos paroles est bien la vie de celui à qui nous parlons.

Amen

 

 

 

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