Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

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 La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en tant que protestant que je réagis la plupart du temps… Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…

Dimanche 4 mai 2008
La conversion de l’homme à Dieu a encore une autre forme. Elle réside (3) dans l’acte par lequel l’homme se trouve qualifié et investi pour être le porteur de la promesse de Dieu. Il est permis à l’homme d’avoir part à la promesse de Dieu et de vivre à sa lumière : tel est son être dans l’espérance chrétienne (…)
Que signifie la promesse de Dieu ? Elle signifie que l’être de l’homme reçoit une direction, une destination et une perspective. Pris et compris en eux-mêmes, le verdict et les directives de Dieu ne l’impliquent pas encore, bien qu’ils constituent comme tels sa parole qui ne laisse rien à désirer. A la conversion de l’homme à Dieu appartient également le but de son être réconcilié et sanctifié, le but de la foi et de l’amour chrétiens. L’homme n’a pas le pouvoir de se donner lui-même ce but. Mais Dieu le lui donne par l’engagement qu’il prend à son égard – engagement qu’il a d’ailleurs déjà rempli en Jésus Christ  et qui pour cette raison, est vraiment sûr. Tel est le sens fort du mot « promesse ». Désormais, il est permis et prescrit à l’homme de vivre en sachant qu’il bénéficie de l’engagement de dieu à son égard, c'est-à-dire en ayant une direction et une destination, dans la perspective qui s’ouvre ainsi devant lui ; en d’autres termes, il vivra orienté sur ce qu’il sera en vertu de cet engagement. Dans l’événement qui marque l’accomplissement de l’alliance, il reçoit aussi cet engagement et il perçoit la consigne qui lui dit : « En avant ! »
Mais que veut dire cela ? Vers quel but l’homme doit-il s’avancer ? (…) Il est appelé à réaliser et à confirmer la communion établie entre Dieu et lui par l’accomplissement de  l’alliance. La promesse de dieu lui montre que cette communion, loin d’être une simple relation – à deux dimensions pour ainsi dire – possède une profondeur où elle doit lui devenir familière et bien connue ; elle lui apprend qu’il existe entre Dieu et lui quelque chose de commun dont il ne peut en aucune façon s’emparer, mais que Dieu lui-même s’engage à lui donner.
Il est essentiel que nous donnions son vrai nom à ce que Dieu indique et s’engage à donner à l’homme par sa promesse. Le Nouveau testament le désigne sobrement par l’expression « vie éternelle ». Par là, il nous dit, sans la moindre équivoque, qu’il s’agit d’une existence au sein d’une communion avec Dieu dont la profondeur doit encore nous être révélée. Dieu seul a « la vie éternelle ». Pour que l’homme la possède, il faut que Dieu veuille la « vivre » en communion avec lui. A ce moment-là, la vie éternelle ne peut être que quelque chose de nouveau que Dieu dit et promet à l’homme à chaque instant, dans le présent qui est le sien. Elle est alors réellement son avenir avec dieu – l’avenir vers lequel l’homme s’avance et qu’il attend, parce qu’il en a reçu la promesse. Mais qu’est ce que la vie éternelle si elle n’est l’avenir que Dieu promet à l’homme, si ce dernier ne cesse pas d’être  ce qu’il est : un homme, une créature – si même dans cette dimension de la communion avec Dieu, il n’est pas destiné à se dissoudre en Dieu, ni à se transformer en une toute autre créature ? En effet, s’il en était ainsi, cela signifierait que la vie éternelle n’est pas son avenir, que la promesse ne le concerne pas en tant qu’homme et qu’elle n’a rien à voir avec son présent.
Comment donc la vie éternelle peut-elle être promise à l’homme et être en même temps son avenir avec Dieu dans le présent qui est le sien ? Comme on le sait, on dit que la vie éternelle est le repos futur de l’homme en Dieu ou la joie parfaite qu’il aura un jour devant lui, ou encore la contemplation et l’adoration permanentes de Dieu qui caractériseront sa félicité à venir. Et, bien compris, tout cela doit être retenu. Mais lorsque l’on décrit ainsi le contenu de la promesse, qu’on veille à ne pas se faire des représentations païennes de Dieu et de la vie éternelle qu’il possède, ni de ce qu’il s’engage à donner à l’homme : comme si Dieu était au fond, une « entité » sans vie, inactive et privée d’histoire, comme si, prisonnier d’une neutralité inerte et intangible, il était l’être « suprême » auquel l’homme ne pourrait être lié que par le repos, dans une béatitude passive ou une contemplation faite d’adoration. Dieu, le Père, le Fils et le Saint Esprit qui, en Jésus Christ, est à l’œuvre  et se révèle ne nous comme le Dieu vivant n’est nullement cet être  prétendu « suprême ». Et, à eux seuls, les termes de repos, de béatitude et de contemplation ne suffiraient pas à décrire correctement ce qu’il faut entendre par un être existant dans la profondeur de la communion avec lui. Selon le témoignage scripturaire, Dieu, est –conformément à son essence trinitaire et comme l’indique la notion biblique d’éternité – déjà « historique » en soi-même ; à combien plus forte raison l’est-il dans sa relation avec la réalité différente de lui ! Il est le Dieu qui décide, agit, gouverne, crée de la prospérité, secourt, donne la paix, juge, procure la joie – le Seigneur vivant et agissant qui, par sa volonté et ses actes, règne sur son royaume : ce royaume qui n’est pas simplement le cosmos qu’il a créé, mais qu’il établit au cours d’un cheminement historique ayant un commencement, un centre et un but – et qui vient du ciel sur la terre. Voilà comment Dieu nous rencontre et se révèle à nous en jésus Christ ; et c’est encore comme le Seigneur vivant et agissant qu’il se comporte lorsqu’en jésus Christ il ramène son monde à lui, en se dressant contre son péché et sa misère dans l’œuvre de la réconciliation. Or si une promesse est faite à l’homme en ce qui concerne son propre avenir au sein de la profondeur de la communion divine, profondeur qui lui demeure encore cachée, il est évident que le contenu de cette promesse doit correspondre à l’essence même de ce Dieu. La communion parfaite avec Dieu envisagée comme l’avenir de l’homme, c'est-à-dire la vie éternelle, n’est donc rien d’autre que ce qu’il est donné à l’homme d’être avec Dieu, le Seigneur vivant et agissant. Et l’on ne voit guère comment on pourrait mieux en parler sommairement, sinon en disant qu’il s’agit d’un être semblable à  celui des anges, selon Luc XX, 36, et donc d’un être au service de Dieu. Luther a fait preuve d’une clairvoyance qu’on peut dire géniale – précisément parce qu’elle se dépasse elle-même de toute manière – lorsqu’en expliquant le second article du Credo dans le Petit catéchisme, il décrit en ces termes le but de la rédemption de l’homme accomplie en Jésus Christ : « afin que je lui appartienne et que je vive sous sa souveraineté, dans son Royaume, pour le servir éternellement dans la justice, l’innocence et la félicité, comme lui-même, étant ressuscité des morts vit et règne éternellement ». Vivre sous sa souveraineté, dans son Royaume, et pour le servir, voilà où il conviendrait de chercher le sens et la raison d’être de tout ce qui s’appelle repos et joie, contemplation et adoration de Dieu, au sein de la vie éternelle promise à l’homme. La vocation au service est en tout cas le télos de la justification et de la sanctification. L’avenir de l’homme dans l’alliance est de devenir l’allié de Die et de vivre en conséquence (à la place et dans la fonction qui lui reviennent en tant qu’homme). Il s’agit en fait de ce que le synergisme de tous les temps et de toutes les tendances a voulu attribuer à l’homme dans le cadre où l’on ne peut pas – pas encore ! – le faire ; où en le lui attribuant, on ne réussit qu’à tout embrouiller et à tout fausser : nous voulons dire, dans la situation qui est celle de l’homme placé sous le verdict et les directives de Dieu. Il est permis à l’homme de se soumettre au verdict de Dieu et, le connaissant, de croire ; il lui est donné d’obéir aux directives de Dieu et, les connaissant, d’aimer. Mais cela n’implique nullement l’existence d’une quelconque collaboration de l’homme avec Dieu ; au contraire par la foi et dans l’amour, l’homme ne fait que répondre ou correspondre à l’œuvre que Dieu seul accomplit pour lui et en lui, à la Parole qu’il lui adresse et qu’il prononce sur lui. Et comprenons le bien : même dans l’espérance, même en recevant et en portant la promesse de Dieu, il ne peut jamais faire autre chose. Mais nous parlons maintenant du contenu de la promesse : non pas, par conséquent de la situation de l’homme qui espère, mais de ce qu’il lui est permis d’espérer, lorsqu’il reçoit la promesse et qu’il la reconnaît comme telle. (…)
Cette vocations ‘est produite elle-même dans ce qui s’est passé pour l’homme et le monde en vertu de la réconciliation accomplie en jésus Christ. Comme elle est l’exécution du verdict et la révélation des directives de Dieu, la réconciliation est également la proclamation valable de sa promesse, de son engagement. Elle implique aussi la consigne divine : « En avant ! », sous laquelle l’homme se trouve placé par l’accomplissement de l’alliance, par sa conversion à Dieu. Comment l’homme –même croyant et aimant – parviendrait-il à se dire lui-même : « En avant ! », à s’assurer lui-même cette grandeur incompréhensible qui s’appelle la vie éternelle auprès de Dieu, à son service ? Il peut sans doute s’imaginer que le contenu de son espérance est quelque « immortalité » dans un au-delà auquel il prête tel ou tel caractère,  ou qui se présente déjà comme un faisceau de possibilités qu’il juge importantes. Qu’il se demande seulement s’il ne risque pas de s’abuser et d’être désabusé dans les deux cas ! Mais il n’est aucun homme qui puisse de lui-même imaginer son avenir avec Dieu – son service de Dieu (dans l’au-delà comme ici bas) en tant qu’il constitue son être futur. Personne (pas même un chrétien très pieux) ne saurait anticiper sur son avenir éternel ou simplement temporel, en s’attribuant le pouvoir d’accomplir dans le futur tel service que Dieu agrée, et qui soit, objectivement et subjectivement, un service réel et parfait : pas plus que personne ne saurait s’attribuer le pouvoir d’être justifié et sanctifié par dieu. Pour qu’un homme puisse vivrez sous la promesse divine, pour qu’il soit effectivement capable de jouir, déjà dans le présent de l’avenir que Dieu lui réserve et de l’attendre, il faut que cette promesse lui ait été donnée par Dieu –exactement comme le verdict et les directives de Dieu, ou comme la justification et la sanctification qu’il ne peut que recevoir. Plus on s’aperçoit que, dans le contenu de la promesse, il ne s’agit rien de moins que de la réalisation de ce que le synergisme a cru devoir fautivement attribuer à l’homme, et plus aussi il saute aux yeux que l’assurance de servir Dieu un jour ne peut qu’être donnée, et qu’en aucun cas elle ne saurait être un postulat présomptueux de l’homme. D’ailleurs un tel postulat est ici, comme dans l’événement de la réconciliation, parfaitement inutile. Car en Jésus Christ Dieu s’engage, et sa promesse – qui n’a rien à voir avec ce que nous pouvons nous promettre nous-mêmes – nous est déjà donnée, puisqu’elle a réellement été communiquée au monde. De sorte que (sans se faire des illusions sur lui-même) le monde ne peut plus être un monde sans espérance : comme il existe sous le verdict et sous les directives de Dieu, il se tient sous sa promesse, et il lui est permis d’être le monde sur lequel brille la lumière de son avenir avec Dieu. En sorte que si l’homme est l’être existant dans cette direction, avec cette destination et cette perspective – le chrétien, lui, est l’homme qui sait cela et peut donc espérer, pour son propre bien et celui de tous. Il espère à partir de Jésus Christ : parce que Jésus Christ est aussi le contenu de la promesse, de l’engagement de Dieu. (…)
C’est pourquoi, dans le présent de Jésus Christ, nous avons affaire à notre avenir avec Dieu – et seulement à cet avenir. Et c’est pourquoi enfin l’avenir qui nous est promis en lui ne fera pas de nous des maîtres mais uniquement des serviteurs du Dieu unique qui, seul est et demeure le Seigneur. Toutefois ce qu’il convient de souligner ici est l’élément non pas limitatif mais positif : le monde se trouve réconcilié en Jésus Christ en ce sens qu’en lui, Dieu en personne lui donne une promesse qui l’engage, en ce sens qu’en lui l’avenir qui sera celui du monde est déjà un présent. Cela signifie qu’ici et maintenant  déjà, le monde est touché et déterminé en Jésus Christ par ce que sera son être futur. Parce qu’en Jésus Christ, Dieu s’est solidarisé avec le monde, parce qu’en lui il a été présent et reste présent au monde, ce dernier possède, avec la promesse divine, la garantie de son être futur ; et, qu’il le reconnaisse ou non, il n’est pas un monde sans espérance : exactement pour la même raison, il ne peut plus être simplement un monde perdu, complètement impie et privé d’amour. En Jésus Christ, il est devenu le monde dans lequel la consigne divine : « En avant ! » a retenti une fois pour toutes et reste déterminante.
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Samedi 3 mai 2008

[La conversion de l’homme à Dieu opérée en Jésus Christ] se produit (2) dans l’acte de soumission de l’homme aux directives de Dieu – ou, si l’on veut, à sa loi, à son commandement, à ses ordres et ses exigences. Que l’homme accepte que Dieu le dirige, tel est son être sous la forme de l’amour chrétien. Il s’agit encore, sous un angle différent, de l’œuvre du Saint Esprit qui fait de l’homme un chrétien (…)

L’homme ne peut justement voir dans le royaume de la liberté son propre domaine et s’y mouvoir au gré de es fantaisies. S’il le faisait, il prouverait simplement qu’il n’est plus libre, qu’il a déjà secrètement quitté sa vraie place. Le royaume de la liberté est la maison du père céleste, et, pour s’y mouvoir, l’homme a besoin que ce Père céleste le dirige. Et c’est ce qui se produit. La liberté en vue de laquelle il a été affranchi en jésus Christ consiste en ce que l’homme n’est pas seul, laissé à lui-même, réduit à ses propres jugements, livré à son arbitraire, prisonnier de ses caprices. Car s’il était seul, laissé à lui-même etc., cela signifierait qu’il serait retombé dans la servitude dont il a été libéré : la servitude de l’homme rebelle, ennemi de Dieu et perdu. Etre libre veut dire être en accord spontanément et de bon gré avec la liberté souveraine de Dieu. Cette liberté est l’être de l’homme –non pas en soi mais en Jésus Christ, dans le royaume qui, en lui, nous est ouvert et nous enveloppe déjà de toutes parts. Parce que nous sommes libres en Jésus Christ, et non pas en nous-même, parce qu’en lui nous sommes les alliés et les enfants de Dieu, nous avons besoin que Dieu nous donne ne lui les directives divines, lui-même qui nous introduit dans la liberté et nous éveille pour que nous sachions vivre en elle –lui-même qui est notre seigneur et notre roi. En ce sens, il est également notre réconciliateur – l’auteur de notre conversion à Dieu. (…)

A ce sujet, la remarque suivante s’impose d’emblée : la soumission de l’homme aux directives de dieu, c'est-à-dire sa sanctification, est elle-même une forme de réconciliation exécutée et révélée en Jésus Christ –une composante de l’action accomplie par Jésus Christ pour ramener l’homme à Dieu. On n’a donc pas le droit de distinguer la sanctification de la justification, en disant que la première serait la contribution de l’homme à la seconde. La sanctification n’est pas une auto-sanctification, elle ne vient pas compléter la justification accordée à l’homme par Dieu, mais elle se produit par et en Jésus-Christ qui, selon I Cor I, 30 a été fait pour nous à la fois justification et sanctification (…)

De même que, comme le montre ce qu’il a accompli et révélé en Jésus-Christ, Dieu, de toute éternité, n’a pas voulu être sans l’homme, ainsi l’home qui connaît cette volonté divine, ne veut plus être sans Dieu ; et dans tout ce qu’il fait, il est animé par la volonté de chercher et trouver dieu, c'est-à-dire de se mettre en quête de ses commandements, de se laisser guider par ses décisions et comportements, ainsi que par ses directives. L’existence sans amour est un mensonge et une erreur qui se trouvent définitivement derrière lui. Il est ainsi délivré de la crainte qu’il éprouvait ou du plaisir qu’il prenait à compter sur ses seules forces, à se croire responsable de tout, à être son propre maître, etc. Il s’agit là de l’illusion qu’il a abandonnée au moment où il a découvert son lien avec Dieu, et dans laquelle il ne veut plus vivre. Il la connaît certes encore, cette illusion. Elle exerce sur lui une pression constante. Mais elle n’a plus aucun pouvoir sur lui, depuis qu’il a fait cette découverte. Il l’écarte chaque fois qu’elle se représente à lui. Il vit désormais pour chercher Dieu dans toutes ses actions. On peut sans doute parfois décrire l’amour pour Dieu à l’aide de termes plus forts, du point de vue poétique et rhétorique. Mais il ne faut pas oublier que tout ce qu’on peut en affirmer se réduit finalement à la constatation du fait suivant qui ne va certainement pas de soi : l’homme est admis à chercher de son côté le Dieu qui, en Jésus Christ, l’a d’abord cherché et trouvé, lui, un être perdu ; il est donc admis à agir conformément au faire de Dieu et à réaliser ainsi pour sa part la communion qui a été établie par lui. Et surtout il convient de ne jamais séparer l’amour pour Dieu et donc la recherche de Dieu, de l’action humaine qui en découle nécessairement. La contemplation de Dieu, avec la joie qu’elle donne, peut sans doute entrer en ligne de compte (gardons-nous ici d’être par trop fanatiquement des antimystiques !) si elle n’est qu’un moment de l’action qui « met en œuvre » l’amour pour Dieu, mais elle ne saurait remplacer cette action. L’être réconcilié de l’homme – nous voulons dire sa conversion à Dieu envisagée sous le second aspect qu’elle revêt, la sanctification – est un être actif. C’est en agissant qu’on aime Dieu, ou alors on ne l’aime pas. (…) L’amour chrétien est al liberté que l’homme a reçue en cadeau et qu’il lui faut confirmer. Ce serait altérer complètement son caractère essentiel que de vouloir lui assigner la tâche – en soi impossible et superflue – d’accomplir, de concrétiser ou ne serait-ce que de compléter la justification de l’homme. Nul ne peut aimer et n’aimera Dieu sans la foi, c'est-à-dire s’il ne croit pas au verdict que Dieu a prononcé et qui fonde sa communion avec lui. Mais, de même que dans la foi et s’il est vraiment justifié par la foi, l’homme n’a pas le droit de loucher à gauche ou à droite, vers ses bonnes œuvres ou ses péchés, ainsi, dans l’amour – dans ses œuvres d’amour pour Dieu – il n’a pas à loucher vers la possibilité d’établir lui-même après coup ou de corriger le fondement qui a été posé une fois pour toutes. L’amour chrétien n’exige rien de Dieu, il sait qu’il n’y a plus rien à attendre de sa part, qui ne lui aurait pas déjà été donné. Il ne veut pas recevoir quelque chose de Dieu, puisque Dieu est déjà tout pour lui. Il ne veut que dieu lui-même, parce qu’il est Dieu –ce dieu-là ; il désire simplement l’aimer, comme il est permis et prescrit de le faire sans plus, sans réserve et sans arrière pensée, à l’homme réconcilié avec lui en vertu du verdict exécuté et révélé en Jésus Christ. Un amour par lequel l’homme croirait devoir se justifier devant Dieu ne procèderait pas de la foi ; il ne serait pas un amour libre, pur, s’attachant à Dieu pour Dieu lui-même – parce qu’il est ce Dieu là. Il serait redevenu le produit de la vieille mentalité mercantile que nous connaissons si bien, l’œuvre de l’homme qui hait Dieu au lieu de le louer et de le magnifier ; autrement dit, il signifierait que nous sommes retombés dans le climat du péché, de l’alliance rompue. L’amour chrétien pour Dieu, lui, est un amour libre, pur, qui loue et magnifie sans réserve la grâce divine. Il est capital pour l’éthique chrétienne qu’en tant qu’il constitue une forme particulière et indépendante de la conversion de l’homme à Dieu (c'est-à-dire de sa réconciliation avec lui), il soit compris exclusivement ainsi (…)

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Vendredi 2 mai 2008
La conversion de l'homme à Dieu, telle qu'elle a eu lieu en Jésus Christ se produit en vertu de l'exécution et de la révélation d'un verdict de Dieu sur l'homme. L'être de l'homme nouveau sous l'aspect de la foi chrétienne tient dans la connaissance, la reconnaissance et l'acceptation par l'homme de ce verdict, dans l'acte par lequel il s'y soumet. Il s'agit là de l'oeuvre du Saint Esprit qui fait de l'homme un chrétien. Le verdict de Dieu auquel la foi se soumet est double. Il a un sens et un contenu positifs et négatifs. Il est d'une part un verdict de condamnation. Avec la vérité, la validité et l'efficacité que possède une sentence qui n'a pas seulement été prononcée, mais qui a été exécutée et a été ainsi rendue une fois pour toutes, il stipule que l'homme transgresseur, pécheur et saboteur de l'alliance, tel que Dieu le trouve et tel qu'il doit lui-même se reconnaître n'existe plus, qu'il a  été mis à mort, liquidé, banni du monde, il ne faut plus compter avec lui, il n'a plus aucun avenir. En effet, Jésus Christ a pris sa place, qui est celle d'un malfaiteur. Et à sa place il a souffert la mort méritée par les malfaiteurs. Le jugement de l'homme pécheur a eu lieu. Il ne peut pas être annulé et n'a plus besoin d'être répété après que Jésus Christ l'a subi pour nous. L'homme qui a rompu l'alliance a été enseveli, supprimé, il a disparu de la scène avec celui quia été descendu, mort, de la croix à Golgotha. Dieu dans sa colère qui est le feu de son amour, a emporté les transgressions, les fautes, les erreurs, les folies, les mensonges et les forfaits de cet homme, qui a péché contre lui, contre le prochain et contre soi-même, comme la flamme dévore entièrement une victime offerte en holocauste sur l'autel des sacrifices, en sorte qu'il n'en reste plus rien. Voila comment Dieu a traité l'homme coupable de rompre l'alliance avec lui. Ila fait valoir son droit sur lui, de même qu'il l'avait déjà fait valoir face au chaos. Il ne pouvait et ne voulait pas l'utiliser ni le supporter plus longtemps. Il devait l'écarter définitivement, récuser et condamner son existence. Et c'est ce qu'il a fait. Non pas sous la forme d'une protestation et d'une opposition qui auraient éclairé la situation sans la modifier, mais sous la forme d'une extermination. Cet événement constitue le verdict divin (...) En vertu de cette Parole, c'est à dire de cet événement, l'existence pécheresse et toutes les transgressions de l'homme se trouvent derrière lui. Quoiqu'il puisse être encore, l'homme ne sera plus jamais le transgresseur qu'il a été, parce qu'il se trouve désormais placé sous la parole de Dieu qui a condamné et extirpé son péché. Le terme "pardon" désigne l'acte de justice par lequel Dieu a affirmé et confirmé son propre honneur vis à vis de l'homme. Il ne signifie donc pas que Dieu aurait simplement changé d'avis ou qu'il aurait adopté une nouvelle manière de voir. Surtout, il n'implique pas nullement l'idée d'un fléchissement de la rigueur avec laquelle Dieu rejette l'homme pécheur ; au contraire il souligne que ce rejet a eu lieu. L'être de l'homme nouveau, réconcilié avec Dieu en Jésus Christ est tel qu'en lui l'homme pécheur n'a plus d'avenir. Et, sous l'aspect de la foi chrétienne, il s'agit d'un être qui se soumet au verdict dont nous venons de voir la portée négative, c'est à dire de l'être de l'homme dans le cadre du "pardon des péchés".
Mais le verdict de Dieu a d'autre part un sens et un contenu positifs. Il est un verdict d'acquittement. Toujours avec la vérité, la validité et l'efficacité que possède une sentence divine qui n'a pas seulement été prononcée, mais qui a déjà été exécutée et qui a été ainsi rendue une fois pour tout, il stipule que Dieu agrée l'homme et qu'il est permis à ce dernier de se reconnaître - conformément à son élection éternelle et à son investiture de partenaire de l'alliance - qu'il est un serviteur fidèle, un ami et un enfant bien aimé. Dieu a exécuté son verdict de condamnation à mort. Mais il l'a fait afin de libérer l'homme qu'il agrée, l'home qui est non seulement innocent mais juste, parce qu'il accomplit sa volonté; Cet homme, et lui seulement, constitue l'avenir de l'humanité. Car Jésus Christ a pris sa place. Et à sa place il a réalisé l'obéissance qui revient à l'homme partenaire de l'alliance divine et il a trouvé ainsi l'agrément de Dieu. Comment ?  En prenant sur lui le péché de tous les hommes et en souffrant de la mort qu'ils avaient méritée ; en offrant en sa propre personne le sacrifice qui devait avoir lieu porque dieu puisse faire valoir son droit sur l'homme ; en acceptant de subir en son corps et en son âme, la colère de Dieu, la brûlure de son amour. C'est en cela qu'il a été obéissant et juste aux yeux de Dieu ; et puisqu'il a pris la place de tous les hommes, Dieu reconnaît qu'en lui chaque homme est obéissant et juste. Sous cet aspect également, le jugement de Dieu a eu lieu : il peut plus être annulé et 'na plus besoin d'être répété. Il est un verdict positif selon lequel Dieu nous déclare justes. La résurrection de Jésus Christ d'entre les morts est à la fois l'accomplissement et la proclamation de ce verdict positif de Dieu : le partenaire humain qui correspond au partenaire divin, l'homme que Dieu agrée comme un serviteur fidèle, un ami et un enfant bien aimé - cet homme est sorti du tombeau avec Jésus Christ ressuscité et Dieu l'a fait entrer en scène avec la même force dont il a usé pour emporter, dans la mort de Jésus Christ, le vieil homme, l'homme qui le contredit et lui résiste. Par la création de l'homme nouveau, Dieu a fait valoir son droit sur tous les autres hommes; il a prononcé sur nous tous sa juste sentence. Il voulait cet homme nouveau. Et ce qu'il voulait s'est produit : l'homme nouveau est né en Jésus Christ, qui a été juste à notre place et constitue désormais notre justice devant Dieu. Dieu nous déclare justes. Il ne s’agit pas là d’une simple déclaration verbale, mais bien de toute la vérité. Dieu ne fait pas « comme si nous étions justes » ; Certes, il s’agit bien d’une déclaration ; mais à cause de l’événement de la résurrection, elle ne reste pas sans effet : elle crée une réalité et révèle la vérité. C’est pourquoi il faut dire non seulement que Dieu nous déclare justes, mais aussi et sans aucune réserve qu’il nous rend justes. La foi chrétienne ne croit pas à un verdict sans force ou conditionnel : parce qu’elle est foi en Jésus Christ ressuscité des morts, elle croit au verdict inconditionnellement efficace de Dieu, en vertu duquel l’homme ne fait pas que s’appeler juste mais est juste. Elle croit que Dieu fait valoir son droit, non pas d’une manière partielle ou seulement négative, mais d’une manière intégrale et positive, en substituant au vieil homme un homme nouveau, capable d’obéir. Elle croit qu’en appelant ce dernier son Fils unique et bien-aimé qu’il agrée, Dieu crée entre lui et l’homme un ordre définitif et non pas provisoire. Elle croit à la liberté des enfants de Dieu, qui est non seulement annoncée mais réellement accordée en propre à l’homme, dans l’événement de la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts. Elle croit qu’en cet événement l’élection divine a été accomplie, et c’est pourquoi elle croit à la révélation et à l’annonce qui en sont faites. En tant que foi, elle vit de la Parole efficace que Dieu prononce dans l’événement de la résurrection. L’être de l’homme nouveau, réconcilié avec Dieu en Jésus Christ, est donc de telle nature qu’en lui l’homme a un avenir uniquement parce qu’il est juste devant Dieu en jésus Christ. Dans le cadre de la foi chrétienne, l’homme se soumet au verdict selon lequel la vie éternelle lui est déjà effectivement attribuée et à côté de laquelle il ne peut pas envisager l’existence d’une autre vie.
Nous avons parlé de ce qu’on l’a coutume de résumer par la notion de justification. Par justification, il faut carrément entendre le verdict exécuté et révélé en Jésus Christ, dans sa mort et sa résurrection, le non et le oui que Dieu prononce pour faire valoir son droit vis-à-vis de l’homme qui a rompu l’alliance, et par conséquent, pour ramener l’homme à lui et le réconcilier avec lui. Dieu réalise ce dessein en détruisant le vieil homme et en créant un homme nouveau.
Mais on ne comprend véritablement la justification (du pécheur !) dans toute son amplitude qu’à la condition de discerner qu’elle désigne avant tout une action et une parle de Dieu au sein de la cause qui est la sienne, action et parole qui lui permettent d’exécuter sa volonté éternelle à l’égard de l’homme ; ce n’est qu’ensuite et à partir de là qu’il faut y voir une description de la grâce, de la bonté et de la miséricorde de Dieu dont l’homme est l’objet. Certes, la justification est un incontestable bienfait pour l’homme, et Dieu veut de toute éternité qu’elle le soit. Mais ce qui compte pour la foi chrétienne, ce qui al fortifie et la réjouit, c’est que, dans le verdict miséricordieux que Dieu prononce sur l’homme, il y va avant tout de la cause de Dieu, c’est que Dieu lui-même fait valoir son droit et son honneur, en sorte que notre cause à nous se trouve assurée précisément parce qu’il en a fait d’abord sa propre cause et qu’il la rend victorieuse comme telle, indépendamment de ce que nous pouvons faire. Telle est la raison pour laquelle la foi chrétienne, dans la mesure où elle se soumet au verdict de Dieu, peut se concevoir comme une forme de l’être de l’homme nouveau ; et c’est pour la même raison qu’il est permis à l’homme qui croit de découvrir et de reconnaître qu’il est justifié, et cela avec une ultime certitude. En vertu de son droit et de son honneur, Dieu, agissant pour défendre sa propre cause, a récusé et condamné l’être de l’homme captif de l’injustice. Voilà pourquoi son verdict est valable et a force de loi sous son aspect négatif. Voilà pourquoi celui qui croit n’est pas perdu. Voilà pourquoi ses péchés sont pardonnés. De même, en vertu de son droit et de son honneur, agissant ici encore pour défendre sa propre cause, voici que Dieu a accordé et attribué à l’homme un être « dans la justice ». Voilà pourquoi son verdict est valable et à force de loi également sous son aspect positif. Voilà pourquoi l’homme peut s’en réclamer dans tous les cas et savoir qu’il est un serviteur, un ami et un enfant de Dieu. Voilà pourquoi il a la vie éternelle. La vérité et la force de la foi dépendent essentiellement de ce qu’elle n’est pas le produit d’un acte arbitraire de l’homme, cet acte fût-il issu d’une très profonde nostalgie du salut, mais de ce qu’elle est soumission de l’homme au verdict de Dieu, dont l’enjeu est son propre droit et son propre honneur de Dieu. Cela signifie tout simplement la foi est un acte d’obéissance. En tant qu’elle est un acte d’obéissance, la foi est l’œuvre du Saint esprit, c'est-à-dire la foi véritable qui seule peut justifier l’homme (…)
La foi ne peut être qu’un acte d’incrédulité de l’homme à l’égard de lui-même ! La distance féconde qui existe entre le croyant et l’objet de sa foi implique, en effet, que le premier ne peut pas percevoir et connaître le verdict qui le libère de l’injustice en vue de la justice sans être obligé de reconnaître qu’il n’est pas digne de cette libération, et que s’il est vraiment libéré en Jésus-Christ, il ne l’est pas du tout en lui-même, dans ses pensées, ses paroles et ses œuvres de tous les jours. L’être qu’il est en soi contredit son être en Jésus-Christ. Que découvre-t-il, en effet, lorsqu’il est confronté avec Jésus Christ et placé sous sa lumière ? Il découvre que le vieil homme qu’il est, est loin d’être mort, et que le nouvel homme qu’il est appelé à devenir n’est pas encore né. Il devra constater qu’en contradiction avec le verdict de Dieu, il est encore et toujours le pécheur et le transgresseur, l’homme coupable d’avoir rompu et de rompre sans cesse l’alliance. Toujours en contradiction avec le verdict de Dieu, il ne pourra jamais ni nulle part découvrir en lui le serviteur fidèle, l’ami intime et l’enfant bien-aimé de Dieu. S’il n’a que ses yeux pour voir, il ne parviendra en aucun cas à déceler la moindre trace de justification en lui ; au contraire, il s’apercevra sans cesse à quel point il a besoin d’être justifié par Dieu. Prise en soi et comme telle, sa foi elle-même ne peut lui donner ici la moindre assurance. Si sincère et ardente soit-elle, elle ne saurait, même là où elle se présente comme une admirable vertu théologique, le convaincre qu’il est un homme sans péché et moins encore un juste. Car qu’adviendra-t-il de l’homme qui fait de sa foi une vertu, au moment où il se trouve placé sous la lumière et le jugement du Dieu en qui il croit ? En face de Dieu, il ne pourra rien faire valoir pour se justifier, pas même sa foi en tant qu’elle constituerait un être et une œuvre libérés de l’injustice du vieil homme, et remplis de la justice de l’homme nouveau. Chose remarquable : plus un individu sera sincèrement et ardemment croyant, et moins il s’intéressera à lui-même ou à sa foi ; au contraire, l’idée qu’il pourrait plaire à Dieu par l’œuvre de sa foi lui deviendra d’autant plus étrangère et impossible, et il voudra d’autant plus s’en tenir uniquement au fait qu’en jésus Christ il est mort en tant que vieil homme et qu’en jésus Christ également il a été créé et vit en tant qu’homme nouveau, et cela sans qu’il ait à chercher et à trouver dans son existence une confirmation de la justice qu’il a acquise ainsi. Il sait qu’il n’y a pas de justice chrétienne, fût-elle celle de la foi, qui serait un produit, une œuvre ou un état permanent de son cœur et de son âme et dans laquelle la vérité et la force du verdict de Dieu lui seraient accessibles. Mais le chrétien devrait et pourrait découvrir qu’il est justifié par sa foi parce que, dans le verdict de Dieu exécuté et révélé en Jésus Christ, et auquel il croit, il se heurte au fond solide de l’œuvre que Dieu a voulu accomplir pour le bien de l’homme, sans doute, mais d’abord et surtout à cause de lui-même –afin de faire triompher son droit et défendre son honneur vis-à-vis de l’homme. Il se pourrait qu’en croyant en Jésus Christ, le chrétien rencontre la décision de Dieu qui, parce qu’elle a pour motif l’auto-affirmation de Dieu lui-même en face de la créature et qu’elle est ainsi précisément sa décision de grâce envers elle, rend impossible et sans objet la question de savoir quelle est l’œuvre de l’homme, de sa vie ou de sa foi qui lui correspondrait. Et parce que ce serait en premier et dernier ressort l’auto-affirmation de Dieu qui se manifeste et se révèle dans le verdict de la justification, ce verdict aurait, par rapport à tout ce que l’homme est en soi et produit de lui-même, le caractère de la vérité irréfutable et de la force inconditionnelle de Dieu intervenant contre l’homme, et, pour cette raison même, en sa faveur : le caractère de la vérité et de la force que possède donc la divinité, et que ne viendrait limiter aucune correspondance ou on correspondance chez l’homme. La foi chrétienne s’en tiendrait ainsi à la divinité du verdict qui la justifie et elle y trouverait son seul appui : indépendamment et dépit de ce que même l’homme pourrait connaître et devrait déplorer comme étant son être propre. Ce verdict exigerait (et devrait trouver dans le cadre de al foi) une obéissance telle que l’homme tourne résolument le dos à son être propre, où il ne découvre jamais que le vieil homme, pour se tourner tout aussi résolument vers Jésus Christ. Car c’est en Jésus Christ que le vieil homme est mort et que l’homme nouveau existe. La foi serait alors une option qui exclurait radicalement toute possibilité pour l’homme de regarder en arrière vers une justice ou une injustice qui lui seraient propres ; elle l’empêcherait définitivement de faire état de la liberté exigée de lui ou qui ne lui est pas encore demandée ; elle l’arracherait impitoyablement aux réflexions qu’il pourrait faire sur une quelconque dignité autonome qui correspondrait au verdict de Dieu, ou qui le contredirait. Elle serait sans aucune restriction la foi à la vérité et à la réalité de l’œuvre divine accomplie et révélée en Jésus Christ, à sa supériorité triomphante fondée sur le droit et l’honneur de Dieu – supériorité qui s’imposerait de telle manière que toutes les formes de la contradiction humaine, si massive et abominables qu’elles soient, ne seraient plus qu’une ombre qui se dissipe sous l’effet de la lumière, et devraient être considérées et traitées uniquement comme telle. Autrement dit, il serait donné à l’homme de vivre sa foi et de sa foi en regardant en avant et non plus en arrière. Telle est la foi qui justifie l’homme en dépit de son péché. Car c’est ainsi qu’elle constitue l’authentique conversion qui détourne de lui-même l’homme transgresseur et saboteur de l’alliance, pour le tourner entièrement vers le dieu miséricordieux et tout-puissant ; c’est ainsi qu’elle marque la transformation grâce à laquelle il cesse d’être un injuste, pour commencer à être un juste que Dieu agrée et qu’il accueille comme son enfant bien aimé. Dans la mesure où la foi est de cette nature, elle est l’œuvre du saint Esprit qui fait de l’homme un chrétien.

 
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Jeudi 1 mai 2008
Promis, je tâche de revenir du synode avec quelques articles  (par exemple en ayant achevé ce qui sont en cours) en attendant je vous laisse en de bonnes mains... (oui, en lisant Barth je m'aperçois que je suis beaucoup, beaucoup plus barthien que je ne l'aurais cru)

On ne peut parler de l'homme nouveau qu'en fonction de la situation du chrétien, c'est à dire de son être particulier en Jésus-Christ. En effet, c'est pour le chrétien que cet être est objet d'expérience et de connaissable. Le chrétien sait qui est Jésus Christ, il sait qu'en lui Dieu a réconcilié le monde avec lui même, et par conséquent il connaît l'être de 'homme nouveau en Christ. Il peut donc en rendre compte à lui même et aux autres, en porter témoignage. Dieu a accordé à tous les hommes la grâce d'être en jésus Christ ; seulement on ne saurait attendre de tous les hommes qu'ils connaissent Jésus Christ, et donc leur être véritable caché en lui, ni qu'ils soient capables d'en rendre compte. nous ne devons cependant jamais perdre de vue que ce qu'il faut dire d'abord du chrétien comme tel a une valeur universelle, parce qu'il faudrait aussitôt l'affirmer de tous les hommes s'ils connaissaient Jésus-Christ et ce qu'ils sont en lui. Les chrétiens existent dans ce qui doit être décrit pratiquement comme leur être particulier, uniquement à titre exemplaire ; uniquement en ce sens qu'ils sont les représentants et les précurseurs de tous les autres hommes, dont on ne peut dire qu'une seule chose avec certitude, tant que leurs yeux, leurs oreilles et leurs coeurs n'ont pas été ouverts ; c'est que la grâce d'être en Jésus-Christ leur est accordé et leur appartient à eux aussi (...) L'être de l'homme réconcilié avec Dieu en Jésus Christ possède trois aspects clairement distincts, que nous désignons provisoirement par les notions de foi, d'espérance et d’amour (...)

Karl barth. La dogmatique. §58. 2

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Dimanche 27 avril 2008
Durant son histoire, la petite nation d’Israël a régulièrement été confrontée à ses puissants voisins. Mais aucun, pas même l’Egypte, n’a marqué aussi durablement l’esprit des auteurs bibliques que Babylone : en plus des prophètes de l’exil, de grands épisodes bibliques (la création du monde, le déluge, la tour de Babel) ont sans doute vu le jour à Babylone. C’est précisément cette Babylone historique et mythique que se propose de nous faire découvrir le Louvres à travers des pièces venant également du Staatliche Museun zu Berlin et du British Museum.
L’exposition commence de manière classique, de Hammourabi à Nabuchodonosor, les tablettes cunéiformes et les oeuvres d’art (dont la splendide Reine de la nuit) faisant revivre cette civilisation qui s’étendit sur près de 2000 ans. Au-delà de l’intérêt archéologique et esthétique, je trouve toujours troublant ces objets qui nous viennent, à travers les âges, du monde des auteurs bibliques. Chaque collier, chaque sceau, chaque statuette nous rappelle que le monde de la Bible n’est pas un monde imaginaire mais bien notre monde et notre histoire. Tout particulièrement émouvante pour le lecteur de la bible, cette liste des captifs de nabuchodonosor II sur laquelle figure le nom de Yoyakan, roi de Juda… Bien sûr, l’histoire de Babylone nous est racontée, loin du prisme biblique, celle non pas d’un terrifiant « méchant » mais d’une culture remarquable (qui suscita même l’admiration de ses vainqueurs) entre son ascension sous Hammourabi, son déclin dans l’ombre de l’Assyrie et sa renaissance sous Nabopolassar et Nabuchodonosor II avant d’être soumise à l’empire Perse.
Mais l’exposition ne se limite pas à la Babylone historique : après nous avoir présenté la « Porte des dieux », elle nous présente la Babylone mythique qui fut de l’Apocalypse à la Renaissance, symbole de l’orgueil déchu. Un mythe qui varie selon les époques et que l’exposition présente de manière tout aussi pédagogique que l’histoire babylonienne. Cependant, une tentative de réhabilitation de Babylone me fait quelque peu sourire : « Comment la Bible a-t-elle put voir un geste impie dans l’élévation de la grande ziggourat de Babylone (la tour de Babel) alors que c’était bien un monument élevé à la gloire de la divinité et non un geste de défi. Comme si notre prétention à élever des monuments à la gloire de Dieu ne pouvait pas être aussi un geste de l’orgueil humain… Bref, je continue à voir le mythe de la tour de Babel comme une très brillante dénonciation d'un certain humanisme...
L’exposition peut se visiter à deux vitesses : les passionnés s’arrêteront devant chaque pièce, liront les nombreuses explications et sauront tout sur Semiramis, Pazuzu et autres Lamashtu, on peut aussi simplement y flâner, renoncer à s’arrêter devant chaque sceau royal et à tout enregistrer de la mythologie babylonienne pour simplement profiter des plus belles œuvres, des reconstitutions de l’entrée de Babylone et de l’imaginaire des peintres ultérieurs.
Au chapitre des  regrets : la pénombre de certaines salles ne facilite pas toujours la lecture des panneaux explicatifs, la courte durée de l’exposition qui finira le 2 juin et une certaine affluence qui empêche parfois d’aller à son rythme…

Exposition Babylone au Louvres. Jusqu'au 2 juin
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Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



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