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Avant propos

Qui suis je ?

Éric George, né en 1970, pasteur de l’Église Réformée de France depuis 1995, arrivé sur la paroisse d’Évreux en août 2005, je suis marié, père de 3 enfants. J’aime la lecture, le cinéma, les jeux de sociétés, les débats sans fin… Le reste ? Gageons que vous le découvrirez à travers ses pages…

 

Pourquoi un blog ?

Les plus mauvais esprits (et peut-être aussi ceux qui me connaissent le mieux )répondront : « simple réflexe de m’as-tu-vu » ou bien « nouvelle tentative d’un ecclésiastique pour faire du prosélytisme et pour imposer sa foi au plus grand nombre possible ». Aucune des deux réponses ne sera tout à fait fausse d’ailleurs. C’est vrai qu’un blog public relève toujours d’un certain exhibitionnisme. Et il est vrai aussi que si je tiens à parler de ma foi, de ma théologie, c’est bien dans un but de témoignage, non pas pour faire des adeptes ou des disciples, certainement pas pour convertir les foules mais juste pour montrer que la foi peut-être autre chose que les images édifiantes ou au contraire insultantes que l’on en donne la plupart du temps. La foi, c’est aussi une relation, une recherche, une réflexion qui se poursuit au jour le jour…

Mais un blog c’est aussi et surtout un exercice. Pas évident d’ailleurs : celui de coucher par écrit les diverses pensées qui nous traversent la tête au cours d’une journée. Celui de structurer une idée récurrente, de m’obliger à un peu de rigueur… Un autre aspect de l’exercice, c’est celui de l’ouverture : non seulement l’idée est écrite mais elle est accessible à tous et chacun peut réagir. Ici on est bien loin du contexte favorable de la prédication ou de l’étude biblique devant des paroissiens un peu trop respectueux de la pensée du pasteur…

Donc se montrer, témoigner, structurer des pensées fugaces et s’ouvrir aux réactions des autres… Tout un programme en fait…

 

Ce que vous devriez trouver ici…

Dans Petite théologie pas très sérieuse : des petites réflexions personnelles sur la théologie, al foi, la spiritualité…

Dans Bible : des méditations sur certains textes bibliques et  prédications

Dans Théo en culture : une relecture théologique complètement subjective de livres, films et autres…

Dans Humeurs : comme le titre l’indique, mes joies et mes coups de gueule…

Dans Les mots de la théologie : à partir d’un mot de notre jargon, une méditation

Dans Actualité paroissiale : les différentes manifestations de la paroisse réformée d’Évreux

Dans Citation : des extraits d'auteurs exprimant des choses bien mieux que je ne saurai le faire

Dans Réponses : des réponses à des questions esquissées au fil des commentaires

Dans Prières : ben euh, à votre avis ?

Ce que vous ne trouverez pas ici…

La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en protestant que je réagis la plupart du temps…

Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…

Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 11:39

DSC01172.JPG31 octobre

6h25

Bon, ça n’a pas raté, je me suis effondré sans avoir eu le courage d’écrire quoique ce soit sur la journée d’hier. Allons-y donc

Pendant qu’Aischa nous explique l’histoire d’Egypte, nous apercevons les pyramides entre les immeubles, mais cet imbécile de car fait exprès de ne s’arrêter que devant des arbres ou des poteaux. Je comprends mieux pourquoi on ne voit les pyramides que sur fond de désert…

Il était impensable de passer en Egypte sans voir le plateau de Giza (c’est du dernier snobisme, non, d’écrire Giza au lieu de Gizeh ?) et c’est vrai que le site est grandiose mais ce n’est pas le plus passionnant, à mon humble avis. Et qu’est ce que les vendeurs sont pénibles… Ici, ils se comportent vraiment en chasseur : mieux vaut ne pas s’éloigner du troupeau. Surtout quand on est une femme rousse aux yeux bleus. Fabienne l’apprendra à ses dépens : trois policiers s’associent à un chamelier pour la faire grimper de force sur un dromadaire et lui extorquer les trois euros d’usage. C’est pas du vol, juste une méthode commerciale qui confine au racket… (Madian sera plus rusé : s’il monte sur un chameau, il laisse d’autre payer pour lui. Merci Uschi !

On nous fait ensuite enfiler des palmes (ce doit être l’équivalent égDSC01189.JPGyptien du gilet de sauvetage) pour visiter la barque solaire de Khéops, un puzzle de 1200 pièces, long d’une quarantaine de mètre et vieux de 4500 ans. Barque solaire ou barque d’apparat ? La question reste posée. Si c’était une barque solaire, c'est-à-dire le véhicule dans lequel le pharaon devait accompagner le soleil dans son voyage souterrain, l’immortalité commençait par une sérieuse épreuve de patience : la barque était fournie en kit…

Si le désert est toujours magnifique, j’aime bien la vue sur le Caire et sa pollution, aussi. Ensuite, descente vers le sphinx. Là, j’avoue que le sphinx et la pierre du songe m’amusent moins que le groupe de collégiens qui vient nous encercler, non pas pour nous vendre quelque chose, mais juste pour échanger quelques mots d’anglais. J’incite les enfants à répondre mais seule Yaël se lancera, ce qui ravit Aya, la plus délurée et souriante du groupe : pas de voile et c’est elle qui insiste le plus « What’s your name ? » « Where are you from ? » Welcome to Cairo ! »

7h30

En tout cas, Uderzo et Goscinny ont dû passer en Egypte. Le marché de souvenirs devant le sphinx, c’est tout à fait ça (les auvents en moins, quand même) (d’ailleurs je regrette de ne pas avoir apporté Asterix et Cléopâtre, Aischa ne semble pas connaître la véritable raison du nez manquant)

A midi, grillades. Délicieuses (à part dans le train, on mange bien en Egypte). Je profite du calme du restaurant pour accepter de donner un billet de 20 euros à un serveur en échange de petite monnaie. Mauvaise idée : cela attire les musiciens qui nous font découvrir une nouvelle forme de harcèlement des touristes : la torture auditive jusqu’à ce qu’on paye pour qu’ils s’éloignent… Pas grave : on a fini notre dessert. A la sortie, un tour de chameau pour Amos, Yaël et Sophie qui piaffaient de jalousie par rapport à Madian. Cette fois, c’est un euro le tour…

Après le repas, direction Sakkarah, la plus ancienne nécropole et les premiers bâtiments de pierres. En effet, les bâtiments des vivants (palais royaux y compris) étaient en brique alors que pour les dieux et les morts, les bâtiments sont en pierre. Une petite énigme dans une mastaba : sur une très jolie fresque, deux porteurs ont été martelés, seulement deux. Alors qu’ils sont tous identiques. Pourquoi ? Hypothèses de l’égyptologue de comptoir : soit les peintres et tailleurs se sont ratés (et le martelage devient l’équivalent du coup de blanco), soit les porteurs martelés ont été virés pour incompétence et leur patron ne tenait surtout pas à se les fader pour l’éternité.

Intéressante aussi cette pyramide à niveaux, pyramide imprévue puisque Imothep après avoir empilé gradin sur DSC01235.JPGgradin pour faire plus grand, s’est rendu compte que la forme pyramidale, c’était pas mal. En tout cas, je note que les modernes sont encore plus sympas avec les pharaons morts que leurs contemporains. Si les bâtisseurs avaient laissé deux trous devant les yeux de la statue de Djeser, pour qu’elle puisse voir du monde, nous on l’a carrément amenée au musée…

Sakkarah c’est aussi beaucoup moins de harcèlement qu’à Giza. Un des gardiens perdra quand même un pourboire, il a tellement insisté pendant que j’étais en train d’essayer d’extraire une pièce de mon rouleau de 20 centimes, que je me suis cogné la tête. Du coup je ne lui ai rien laissé. Ah mais !D’après Jean Paul, la différence est due au fait qu’à Giza, les vendeurs sont les voyous des faubourgs, alors qu’à Sakkarah ce sont les paysans du coin.

Après Sakkarah, direction Memphis. Ou plutôt ce qu’il en reste. Quelques statues exposées au milieu d’un petit village pas très fréquenté par les touristes : le prix de l’eau et des cartes postales ont sensiblement baissé. La colossale statue effondrée de Ramsès II nous permet de vérifier sous son pagne : effectivement le pharaon avait un truc à compenser…

Sur la route de Memphis, pas besoin d’un air idiot pour me bercer, j’ai beau aimer les scènes de rues, mes yeux se ferment tous seuls…

Arrêt à un magasin de papyrus. Cette fois, au moins, on nous explique un peu comment on fait le papyrus… Les enfants ont été super pendant le voyage, ils méritent bien les papyrus que nous leur achetons…DSC01198.JPG

Ensuite retour à l’hôtel du premier soir au milieu des bouchon. Je joue aux colons de Catane avec Amos ce qui m’évite de me rendormir. A l’hôtel, mauvaise surprise : le porteur attend visiblement un pourboire et fait la gueule devant nos 50 centimes d’euro (pourtant le double du pourboire indiqué par Jean Paul) J’aurai l’explication le lendemain (c'est-à-dire aujourd’hui) : les porteurs ne savaient pas que leurs pourboires étaient versés par l’agence. « Ils sont vraiment cons des fois, ça fait des années que je viens et c’est toujours le même système… » Il est 8h40, cela fait une heure que nous roulons et nous sortons tout juste du Caire. Je pense que les égyptologues se sont plantés : les longues files de personnages qu’ils ont pris pour des processions étaient en fait les bouchons de l’époque…

Au moins, mes prochaines notes concerneront la journée d’aujourd’hui…

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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 16:45

DSC0000830 Octobre

5h30

Décidément, je n’arrive pas à écrire le soir. Heureusement que je n’arrive pas non plus à dormir le matin….

Hier, départ à 7h pour les nécropoles. Nous passons à l’ouest du Nil. « Parce que le Nil coule vers le nord et que vers la droite, c’est la vie et vers la gauche c’est la mort ». Je me demande si Aischa fait de la politique…

Un premier arrêt à la vallée des Reines. Les rois et leurs épouses faisaient tombeaux à part (forcément l’éternité à deux, c’est long surtout vers la fin). En fait de tombeaux de reines, nous n’avons vu que celui de Titi (épouse de Rô-Min-Het, (pas pu m’en empêcher)), qui est très endommagé. L’intérêt est plutôt dans les tombeaux de deux fils de pharaon mort avant leur puberté. En effet l’enfant non pubère était alors considéré comme ayant besoin de la protection de sa mère jusque dans l’au-delà. Il y a quelque chose d’émouvant dans ces deux jeunes princes qui s’avancent dans le séjour des morts sous la protection de leur père.

Après les reines, nous passons à la vallée des artisans. C’est presque vexant, aucun vendeur n’est là à la sortie du bus… Pendant qu’ils travaillaient aux tombeaux des rois et des reines, les artisans étaient cloîtrés dans des villages, à côté de ces vallées, et pendant leur temps libre, ils mettaient en pratique leur art pour construire leurs propres tombeaux. Les deux tombes que nous visitons nous montrent des couples (tombe à part, c’est bon pour les pharaons) et surtout la vie quotidienne (alors que les pharaons se concentrent sur la mythologie). Les sous titres idiots que nous nous amusons à donner aux fresques ne dissimulent absolument pas notre émerveillement devant la richesse des scènes et la finesse des traits…

Ensuite, direction la vallée es Nobles. Ici, une seule tombe mais riche en histoire et enseignement puisqu’elle appartenait à un ministre d’Amenophis IV alias Akhenaton. Du coup, non seulement le tombeau présente deux styles différents mais Akhenaton ayant déplacé sa capitale, il est resté inachevé.

Ainsi, on peut voir le quadrillage qui permettait aux peintres et aux tailleurs de respecter les dimensions qui leurs étaient imposées. On voit également la différence des styles : sous Akhenaton, l’idéalisation des personnage n’est plus de mise, et les artistes se lâchent, poussant parfois le naturalisme jusqu’à la caricature…

Au-delà des questions historiques, ce sont les détails des bas-reliefs qui me fascinent : les perruques, ciselées chacune différemment, les vêtements dont on peut nettement voir le style. Une supposition d’égyptologue de comptoir : les artistes étant tenus de respecter toujours les même proportions et les mêmes trait sur les corps et les visages ne se sont-ils pas lâchés sur les détails des parures ?

Nous terminons par la vallée des Rois en y retrouvant nos vendeurs. L’un d’entre eux s’amourache de Sophie. « Un bisou contre un papyrus ». Ce monstre de Madian suggère « Vas-y et après tu me donnes le papyrus ! » Réponse de Sophie : « Fais lui toi-même un bisou »…

Le principe de visite de la vallée des rois et le même que pour la vallée des reines : 6 ou 7 tombes sont ouvertes, vous avez le droit d’en visiter 3. En effet,  il serait bon que la respiration et la transpiration d’une horde de touristes ne viennent pas détruire en 50 ans ce que la sécheresse a préservé pendant des millénaires… Quelques uns prendront le supplément pour la tombe de Ramsès 6 mais Aischa nous déconseille fortement la tombe de Toutankhamon. Faut dire que c’est gonflé de demander un supplément pour la tombe qui est la plus petite de toute et qui est restée inachevée… (Ben oui, les pharaons faisaient construire leur tombeau pendant tout leur règne mais une fois qu’ils mourraient, pas question de retarder l’enterrement. Du coup, le pauvre Toutankhamon mort à l’âge de 18 ans….)

Trois tombes sont suffisantes pour occuper l’heure et quart de visite que nous avons. NousNout laissons donc les plus connaisseurs découvrir Ramsès VI et nous explorons les trois qu’Aischa nous recommande, nous amusant à reconnaître les dieux et les scènes à l’aide des nombreuses clefs que notre guide nous a données tout au long de la semaine…

Je me demande quand même comment les égyptologues ont réussi à comprendre que la déesse Nout au corps étoilé était le ciel de jour alors qu ela déesse Nout au corps parcouru par le soleil était le ciel de nuit. Peut être tout simplement parce que l’histoire de Nout avalant le ciel tous les soirs et l’accouchant tous les matin était racontée dans les papyrus. Peut-être encore est-ce une question d’orientation… Une autre question m’intrigue : les égyptiens momifient leurs corps pour que leur Bâ (disons âme) puissent retrouver celui-ci en bon état lors de la résurrection. D’un autre côté, cette résurrection a lieu dans un corps idéalisé, dans un monde idéalisé. Ce monde idéal est il un monde céleste ou notre monde ? Bref, toujours le même problème quand on donne trop de détail sur l’au-delà, chaque réponse soulève une nouvelle difficulté…

Et puis nous avons droit à une petite séquence aventure, alors que nous visitons notre première tombe, toutes les lumières s’éteignent. Je m’attends à entendre Amonbofis s’esclaffer « Ce tombeau sera votre tombeau, français ! » Mais le générateur se relance et les lumières se rallument.

En tout cas, c’est sympa de voir ces tombeaux après trois jours de temples. Toutes ces couleurs, c’est tout de suite plus gai ! Bien sûr, je plaisante. Les temples étaient aussi colorés que les tombeaux,  c’est juste que l’enfouissement et la sécheresse ont préservé les peintures des seconds… Mais cet anachronisme ne fait que souligner l’optimisme des égyptiens à propos de l’au-delà, un optimisme qui ne gagnera Israël que par l’intermédiaire des grecs.

 

Afin de permettre à ceux qui le souhaitent d’aller au musée, Jean Paul s’arrange pour que nous DSC01134prenions un raccourcis à travers le Nil : le bus nous dépose à l’embarcadère et c’est un bateau qui nous amènera à notre bateau. Déjeuner au lance-pierre (l’avantage des buffets) puis un petit groupe, accompagné des djeunz part visiter le musée de Louxor. Un petit musée finalement mais bien mis en valeur avec de très belles pièces. Et surtout, comme me le fait remarquer Laurence, du mobilier, absent jusqu’ici mais qui humanise toutes ces pierres.

Notre petit groupe rejoint ensuite le gros de la troupe pour une ballade en bateau vers une bananeraie/briqueterie. C’est une initiative de Jean Paul qui trouve que tous ces cailloux, c’est bien gentil mais fatiguant à la longue, et qui est ravi de nous montrer l’Egypte d’aujourd’hui. C’est vrai que c’est une pause salutaire, entourés de verdure, de gens sympas, loin de tout harcèlement commercial. Le paysan dont Laurence photographie les ânes pour me faire plaisir, pose et fait le pitre avant de repartir à son travail tout sourire sans nous demander aucun backshish. Nous découvrons la culture de la banane, la fabrication des briques, goûtons à la canne à sucre et sirotons qui un jus de citron, qui un jus de goyave avant que le propriétaire du bar nous invite à aller admirer le coucher de soleil en terrasse…

Je me demande si le groupe de jeunes filles voilées qui vient d’envahir, en prenant moulte photos, le restaurant avant que nous le quittions sont des touristes égyptiennes. En tout cas, une fois de plus, si nous ne pouvons que constater l’omniprésence du voile, nous devons également voir qu’il n’empêche absolument pas la coquetterie.

De retour au bateau, je bois une bière avec Jean Paul avant de me lancer dans une nouvelle étude (décidément, j’ai bien fait de les rendre optionnelles, une fois de plus tout le monde est là ou presque pour m’entendre parler de l’influence des mythes égyptiens sur la théologie chrétienne).

Puis, nous retrouvons la cohue d’un embarquement en train : le chauffeur qui engueule un des porteurs parce qu’il a claqué la porte de la soute trop fort, quelques commerçants qui viennent nous proposer des jeux de carte (une nouveauté sans doute due au contexte quai de gare). JeDSC01142 continue à bien aimer le train de nuit mais c’est vrai que ma cellule monastique me change du luxe du bateau (et encore, une fois de plus j’ai la mienne pour moi tout seul). En principe, le service doit nous réveiller une heure avant l’arrivée à Gizah (« mais pourquoi vous autres, français remplacez vous nos « a » par des « e » ?») pou nous réveiller et nous proposer un petit déjeuner. Il est 7h15 et il vient juste de passer. Seulement une heure de retard, ça devrait aller…

Je suis content, j’ai rattrapé tout mon retard, si j’écris ce soir, ce sera pour vous parler d’aujourd’hui…

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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 16:34

DSC0019729 octobre

6h

Jean Paul est venu m’interrompre, hier matin, alors que j’écrivais sur le pont supérieur. Tant mieux pour vous j’ai abrégé mon récit (mais je vous raconterai la rencontre d’avant-hier avec les vendeurs de l’écluse d’Edna plus tard.). Tant mieux pour moi, car c’est passionnant de l’entendre raconter l’Egypte au quotidien, ce qu’il a vécu lors de la révolution, loin du Caire, puis pester contre l’incapacité de beaucoup d’égyptiens qui vivent du tourisme à comprendre que les petites arnaques sont à long terme mauvaises pour les affaires (si les touristes sont la poule aux œufs d’or, ce serait intelligent de ne pas la décourager), avec une mention spéciale pour les caléchiers qu’il ne veut même plus faire travailler. A travers ses anecdotes, plus ou moins positives, transparaît chaque instant son amour pour ce pays et ses habitants, pour son métier aussi. Là encore, c’est tellement loin des médias et des clichés, loin de l’idéalisme également…

Après cette discussion matinale, petit déjeuner et visites de Karnak et de Louxor. Toujours ce même gigantisme, toujours cette mégalomanie qui illustreront bien le petit exposé de l’après midi sur pharaon comme représentant du pouvoir royal concurrent du pouvoir divin…

Que dire sur Karnak que tout le monde ne lirait pas dans n’importe quel bouquin ? En fait, je me rappelle surtout de deux détails : Ramsès II qui s’était fait une spécialité de faucher les monument des autres en effaçant leur cartouche par le sien craignait tellement de subir la même chose qu’il faisait graver son cartouche plus profondément que les autres bas-reliefs (oui, le martelage n’est pas seulement le fait des chrétiens ou des musulmans, tels des dirigeants staliniens, les rois d’Egypte n’hésitaient pas à effacer la mémoire de leur prédécesseurs quand ceux-ci leurs déplaisaient. Tiens d’ailleurs je vais faire pareil : je vais biffer le nom d’Alain Houziaux de nos registre à chaque fois que je serai pas d’accord avec un de ses articles… )

Autre détail, l’écriture hiéroglyphique fait passer l’esthétique avant l’orthographe : ainsi un hieroglyphe peut-il être déplacé à l’intérieur d’un mot pour remplir un blanc. Les personnages du cartouche de Ramsès II, debout dans le temple d’Abou Simbel sont assis à Karnak et n’en déplaise à Aïscha, il ne s’agit pas d’une question de cartouche horizontal ou vertical : ils étaient debout dans tous les cartouches d’Abou Simbel, ils sont assis dans tous les cartouches de Karnak (verticaux ou horizontaux)

Louxor, à part l’allée des sphinx, j’ai moins aimé. Peut-être que je commence à saturer, et puisDSC00098 les salles démontées et remontées pour être repeintes par les romains, c’est rigolo, mais bon. Peut-être aussi que ce qui me gêne le plus, ce sont les hauts-parleurs de la mosquée du temple de Louxor qui déversent le prêche de l’Imam dans nos oreilles. Nous ne comprenons pas l’arabe mais la rugosité  de la langue et le ton du discours donnent vraiment l’impression de quelque chose de menaçant… J’espère que c’est une impression qui n’est dûe qu’à la barrière linguistique. En tout cas, ça agace Aischa « pourquoi, font-ils ça ? Les gens qui veulent écouter, ils sont dans la mosquée… »

L’après midi est libre. Etude biblique puis pause bissap (ici, on dit carcadet)

 pour l’anniversaire de Louis. Une petite tentative pour trouver tous seuls (avec Laurence et mes parents) un bureau de change. C’est vrai que les calèchiers ne sont pas très malins dans leur roublardise : tous nous indiquent le souk dans une direction différente (en fait, nous découvrirons qu’il est à deux pas en face de nous, mais ce n’est pas là que nous allons) Toujours est-il que même si nous avions eu envie de prendre une calèche, cette malhonnêteté évidente, nous en aurait vite dissuadés…

Retour bredouille au bateau. Nous repartirons deux heures plus tard avec Jean paul qui orientera les groupes qui vers le souk, qui vers une boutique de commerce équitable, qui vers le musée. Pas de chance, notre groupe se casse les dents au musée qui, contrairement à ce qui est indiqué dans les guide, ferme à 15h. Avec un peu de chance, nous irons le lendemain (c'est-à-dire tout à l’heure (vous arrivez à suivre ?)), si nous sortons des nécropoles assez tôt…

 

18h

Je reprend mon récit de la journée d’hier. Celle d’aujourd’hui est bien remplie mais je devrais avoir du temps dans le train…

DSC00200Donc refoulés au musée, nous nous dirigeons vers la boutique de commerce équitable et puisque nous sommes à côté, ce serait dommage de ne pas faire un passage au souk. Là, ça ne m’enchante pas vraiment, j’aime pas beaucoup les marchés en général, et même si je suis passablement épargné par les vendeurs (je suis plus grand que l’égyptien moyen et je dois avoir l’air antipathique), je suis très mal à l’aise face à la sollicitation constante. Mais si la sortie du bateau est franchement pénible, le souk est correct (forcément m’informera Jean Paul, le souk ce sont des commerçant, à la sortie du bateau c’est les petits voyons des rues). Visiblement, les égyptiens ont été informés par des compatriotes « Français fauchés, Sarkozy garde les sous »..

D’ailleurs c’est peut-être le moment de dire un mot sur ces sollicitations constantes, parce que je n’aime pas ça, mais il y a quand même des trucs rigolos et que ça fait partie du voyage.

D’abord un commerce dont je n’avais pas idée : les changeurs de monnaie qui demandent des billets (en euro) contre des pièces (en principe d’euro, mais il faut être prudent ! la pièce d’une livre égyptienne ressemble à s’y méprendre à notre pièce de deux euros). En effet, les banques ne reprennent pas les pièces et les touristes ont toujours besoin de mitraille pour payer les mer… babioles folkloriques qu’on nous propose constamment. On pourrait se demander pourquoi ils ne se contentent pas de rendre la monnaie pour se débarrasser de leurs pièces mais c’est comme ça, le fond de caisse n’est pas entré dans les mœurs.

Tout aussi folklorique, les petites roublardises auquel le touriste pompe à fric doit s’attendre :

-          le prix d’appel. Tout est toujours à un euro (parfois « gratuit »), jusqu’à la caisse. Mais si on s’arrête, si on prend (ou si on se laisse mettre dans la main), le prix monte très vite.

-          Le détournement : Tous les sites nous font toujours sortir par l’allée des commerces (ce qui n’est pas vraiment dépaysant pour un habitué des sites français) mais certains vont plus loin : un très beau panneau « Exit » bleu roi, bien plus visible que le panneau officiel, nous conduit tout droit dans un magasin à la sortie du temple d’Edfou…

-          L’amitié : « Monsieur, Bonjour ! Comment ça va ? Je t’ai vu, je travaille sur le bateau : la cuisine est bonne ? » Ne perdez pas votre temps à demander le nom du bateau, vous entendrez la phrase au moins trois fois en deux minutes….

-          Plus désagréable : la poignée de main ou l’accolade qui devient une étreinte dont on a beaucoup de mal à se dégager. Madian en fera les frais ainsi que, et c’est plus embêtant, Yaël. Depuis j’ai beaucoup de mal à lui dire qu’elle ne doit pas être terrifiée par tous les égyptiens qu’elle croise.

-          - Encore plus grave : par deux fois au moins, des sacs sont ouverts dans notre groupe. Rien de volé heureusement, mais Jean Paul fulmine : c’est vraiment un phénomène nouveau en Egypte, en partie parce qu’il n’y a plus de police…DSC00005

Retour du souk, l’anniversaire de Louis nous vaut les tambours pendant le repas, ainsi qu’une farandole (beurk, décidément après le souk, c’est ma soirée) et un gateau (miam). Enfin une soirée orientale suit. Mais l’associal fatigué que je suis redoute un spectacle participatif et se réfugie dans sa chambre. Bon j’ai raté un numéro quelconque de danse du ventre et le danseur/jongleur tournoyant qui était impressionnant. Tant pis.

En tout cas, malgré les petits coups de fatigue et quelques accidents d’intendance (sacs oubliés dans le bus), je suis ravi de l’atmosphère générale du groupe.

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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 13:32

DSC01042.JPG28/10

6h

La partie bateau de notre voyage s’annonce bien être la partie la plus reposante : beaucoup de temps libre. Du coup, entre deux temples, petit vent de fronde contre Aïscha qui a un peu trop tendance à nous vendre des options, des bijoux etc. C’est vrai que la période est difficile pour les égyptiens qui vivent du tourisme (et que, comme Jean Paul me l’apprendra plus tard, un excellent guide qui ne vendrait rien ne trouverait pas de boulot auprès des tour operator locaux) mais il vaudrait mieux qu’elle pose les choses clairement et que, quand elle nous propose de voir Louxor autrement que par les quartiers touristique, on ne découvre pas qu’elle essaye en fait de nous vendre une promenade en calèche. Finalement, c’est au temple d’Edfu que nous nous rendrons en calèches. Personnellement, c’est surtout le côté syncrétiste d’Aischa qui m’agace un peu. Mais bon, rien de cela ne nous fera oublier son érudition…

Hier matin donc, le bateau a accosté au double temple de Kom Ombo, consacré aux triades de Sobek et de Horus l’ancien (pas Horus fils d’Osiris mais Horus frère d’Osiris, l’oncle Horus quoi…) Les triades ça n’a rien à voir avec les sociétés secrètes chinoises, c’est que les dieux égyptiens marchent par cellules familiales : le père, la mère et le fils. (un ancêtre de la trinité, peut-être lointain…)

Double temple, cela veut dire double sanctuaire (of course), double entrée (pourquoi pas) mais aussi double murs d’enceinte (deux en pierres, deux en briques). Quand les dieux partagent, c’est plus du « chacun le sien » que du « un pour deux »… Intéressante reproduction des instruments de chirurgie de l’époque aux côté d’un Imhotep devenu dieu de la médecine, quelques instants de lamentation pour Sobek, pauvre dieu-crocodile enfermé dans un puis de 3 mètres de diamètre…

Mais c’est la découverte du dieu Hapi (you know what ? I am theEte-et-Egypte-2011-131.jpg god of the Nile) au bas de chaque bas-relief avec son ventre ballonné et son sein nourricier qui m’intéresse le plus : une bonne introduction pour l’exposé biblique qui suivra dans l’après midi: Le Nil et la Bible avec une conclusion sur Esaïe : Le Seigneur nous tient lieu de Nils (Esaïe 33, 21)

Après l’étude biblique de l’après-midi, fouette cocher et en route pour le temple d’Edfu. En calèche donc, et en se balladant dans la ville. Quelques scènes de vie quotidiennes (moins que dans le train quand même) et à part quelques « hello » d’enfants, les habitants semblent plutôt blasés : pas beaucoup de regards de la part de ceux que nous croisons, à part celui, mi-timide, mi-amusé d’une jeune fille non voilée. Pourtant, elle n’a pas l’air trop jeune, peut-être une résistante à la pression sociale…

Le temple d’Edfu, c’est le temple d’Horus (pas l’oncle) (avec son épouse Hathor et son fils, le dieu enfant « dont il est inutile de se rappeler le nom ») et son célèbre faucon noir (en fait, il y en a deux, mais le deuxième est cassé). Un temple qui a été occupé un moment par les chrétiens qui fuyaient les persécutions romaines : plafond noirci de fumée, quelques bas reliefs martelés. Chose amusante, je remarque que sur le mur extérieur qui nous raconte la geste d’Horus pourchassant Seth qui s’enfuit sous forme de crocodile et d’hippopotame, les hiéroglyphes de faucon ont systématiquement été martelés. Je devine que les premiers chrétiens ont bien repéré à qui le temple était originellement dédié. Peut-être était-ce une DSC01080.JPGcorvée pour les disciples inattentifs : « tu iras me marteler une dizaine de faucon ». En jouant les égyptologues de comptoir, je me demande quand même s’il ne s’agissait pas d’effacer le nom d’Horus comme héros d’une histoire  de la victoire du bien sur le mal. Après tout, un dieu qui triomphe du leviathan (version biblique et mythique du crocodile) et du béhémoth (version biblique et mythique de l’hippopotame), ça peut facilement être réemployé à des fins apologétiques… Mais bon, ça demanderait quand même une vérification sérieuse…

Un vrai coup de spleen en soirée, en écrivant à ceux qui ont dû annuler leur voyage. Je pense à eux chaque jour, à chaque nouveau paysage, mais hier, je les ai vu dans le groupe. S’ils ont le courage de me lire, qu’ils sachent à quel point ces pages leurs sont dédiées.

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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 15:42

DSC00122.JPG27 octobre

6h25 Sur le Nil
Magie de voyage. Je suis tiré de mon sommeil, les yeux encore fermés, je me dis que je n'entends pas les machines et qu'il ne doit pas être 4 h. En ouvrant les paupières, je vois que le soleil à envahi notre cabine malgré les rideaux. Nous naviguons sur le Nil. Je résiste à la tentation de réveiller ma grande épouse royale (oui, je commence à attraper des tics harmoniques), j'attrape mon cahier de note et je monte sur le pont pour écrire ces mots. Au passage, j'oublie de prendre un stylo, ce qui me contraint de noter ces lignes sur mon portable : cela réduit quand même beaucoup le charme .
Hier après midi, traversée d'une carrière de granit d'Assouan avec son monolithe inachevé. Difficile d'imaginerce qui se passe dans la tête des ouvriers (conEte-et-Egypte-2011-275.jpgtrairement à la légende, pas d'esclaves sur les chantiers égyptiens), qui voient se fissurer la masse colossale de granit (42 mètres de long et 1200 tonnes de granit rose) dont ils venaient d'extraire trois des quatre côtés. Les obélisques qui vont toujours par deux sont un symbole solaire.

A la sortie, un vendeur apprend que quand on annonce à ma comptable d’épouse 10 pour 1 euro, c’est pas 8 pour 2 euros… Bien essayé !
Puis le temple de Philae, un autre temple sauvé du Nil, un temple grec, cette fois. On les reconnaît à leurs chapiteaux composites, plus chargés que les chapiteaux égyptiens. (Aischa nous explique en effet que les temples égyptiens sont à l'image du monde : le plafond est le ciel, le sol, la terre (ou plutôt, l’élément liquide) et les colonnes sont ce qu'il y a entre les deux : la végétation, avec des racines en bas et des feuilles en haut). En plus d'être grec (mais dédié à Isis : les Ptolémée ont adopté la religion et le mode de vie égyptiens), Philae est un temple désaxé. C'est à dire qu'à la mégalomanie, s'ajoute un sérieux complexe d'Oedipe si l'on en juge par les frises du roi adulte en train de téter Isis… N'importe quoi ! Philae est un temple désaxé parce que son sanctuaire n'est pas dans l'axe de la porte, construction sur une île oblige. Quand les italiens ont déplacé le temple, ils ont commencé par donner à une île la forme exacte de celle de Philae pour garder au temple son désaxement

Pendant notre visite du temple, je vois deux guides égyptienne non voilées, j’interroge donc Jean Paul. Le voile n’est pas une obligation en Egypte. Le doyen de l’université coranique du Caire y a même fait interdire le niqab. Mais il y a malgré tout une pression de plus en plus forte pour le port du voile simple, une pression qui ne vient pas toujours des hommes. Jean Paul me raconte l’histoire d’un de ses copains désespéré parce que son épouse à décidé de porter la cagoule…
La fabrique de coton où nous amène Aischa n'est qu'un bête magasin de fringues, pas facile à visiter quand on se met àEte-et-Egypte-2011-280.jpg saigner du nez... Des t-shirt pour la famille puis direction ce bateau où je me réveille. 

Hier soir, panique à bord pour la famille George : une des bagues d'amos s'est décollée et nous voilà obliger de chercher une pince coupante pour nous débarrasser du fil de fer qui se promène dans sa bouche. Comment dit on "pince coupante" en anglais ? Laurence ira jusqu'à fouiller la salle des machines pour trouver son bonheur et un mécanicien s'improvisera dentiste... Ce qui s'appelle faire avec les moyens du bord...

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