Éric George, né en 1970, pasteur de l’Église Réformée de France depuis 1995, arrivé sur la paroisse d’Évreux en août 2005, je suis marié, père de 3 enfants. J’aime la lecture, le cinéma, les jeux de sociétés, les débats sans fin… Le reste ? Gageons que vous le découvrirez à travers ses pages…
Les plus mauvais esprits (et peut-être aussi ceux qui me connaissent le mieux )répondront : « simple réflexe de m’as-tu-vu » ou bien « nouvelle tentative d’un ecclésiastique pour faire du prosélytisme et pour imposer sa foi au plus grand nombre possible ». Aucune des deux réponses ne sera tout à fait fausse d’ailleurs. C’est vrai qu’un blog public relève toujours d’un certain exhibitionnisme. Et il est vrai aussi que si je tiens à parler de ma foi, de ma théologie, c’est bien dans un but de témoignage, non pas pour faire des adeptes ou des disciples, certainement pas pour convertir les foules mais juste pour montrer que la foi peut-être autre chose que les images édifiantes ou au contraire insultantes que l’on en donne la plupart du temps. La foi, c’est aussi une relation, une recherche, une réflexion qui se poursuit au jour le jour…
Mais un blog c’est aussi et surtout un exercice. Pas évident d’ailleurs : celui de coucher par écrit les diverses pensées qui nous traversent la tête au cours d’une journée. Celui de structurer une idée récurrente, de m’obliger à un peu de rigueur… Un autre aspect de l’exercice, c’est celui de l’ouverture : non seulement l’idée est écrite mais elle est accessible à tous et chacun peut réagir. Ici on est bien loin du contexte favorable de la prédication ou de l’étude biblique devant des paroissiens un peu trop respectueux de la pensée du pasteur…
Donc se montrer, témoigner, structurer des pensées fugaces et s’ouvrir aux réactions des autres… Tout un programme en fait…
Dans Petite théologie pas très sérieuse : des petites réflexions personnelles sur la théologie, al foi, la spiritualité…
Dans Bible : des méditations sur certains textes bibliques et prédications
Dans Théo en culture : une relecture théologique complètement subjective de livres, films et autres…
Dans Humeurs : comme le titre l’indique, mes joies et mes coups de gueule…
Dans Les mots de la théologie : à partir d’un mot de notre jargon, une méditation
Dans Actualité paroissiale : les différentes manifestations de la paroisse réformée d’Évreux
Dans Citation : des extraits d'auteurs exprimant des choses bien mieux que je ne saurai le faire
Dans Réponses : des réponses à des questions esquissées au fil des commentaires
Dans Prières : ben euh, à votre avis ?
La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en protestant que je réagis la plupart du temps…
Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…
Troy Davis est mort et son exécution me fait
hésiter à poster cette note : je n'aime pas transformer un homme en étendard. On me pardonnera cependant de partager mon amertume. Voici ce que j'étais en train d'écrire ces jours-ci.
Je vous aime et vous
embrasse, et voudrais bien que mon cœur fut pour Dieu comme il est pour vous.
C'est ainsi que Madame de Sévigné salue sa fille, Madame de Grignan (lettre 50). Et cette formule me va droit au coeur. En effet, la famille et les amis tiennent une place immense dans ma vie, et
se confondent souvent, je suis quelqu'un du clan, et d'un clan en expansion, plus que de la cellule), et ils sont nombreux ceux à qui j'aimerais dire : "je voudrais que mon cœur fut pour Dieu
comme il est pour vous ".
Mais au-delà de la beauté de la phrase, ce qui me touche, c'est sa pertinence théologique. Madame de Sévigné prend très au sérieux l'avertissement de Jésus quant à la famille : Celui qui me
préfère père ou mère n’est pas digne de moi, celui qui me préfère fils ou fille plus que moi n’est pas digne de moi (Mt X, 37)
Bien sûr que nos familles, nos clans, nos cercles quels qu'ils soient occupent souvent dans nos coeurs, dans nos pensées une place plus importante que celle que nous accordons à Dieu.
Mais si elle n'édulcore pas du tout cette réalité, sans émousser l'affirmation de Jésus, si elle ne cherche pas des justifications du type "mais quand j'aime les miens, c'est la volonté de Dieu
que j'accomplis" (alors que la volonté de Dieu s'accomplit précisément quand j'aime au-delà de ceux que je reconnais pour mien), Madame de Sévigné ne tombe pas non plus dans la culpabilisation,
ni dans le rejet des siens, sa phrase est bien une déclaration d'amour, d'un amour dont elle ne s'excuse pas, un amour qu'elle ne veut pas voir diminuer. Mais à cette déclaration se mêle un aveu
: cet amour, cette importance, ce poids, je ne le donne pas à celui qui en est le plus digne. Et à cet aveu, se mêle une prière : "je voudrais". J'y vois nécessairement une prière car je ne crois
pas que nous puisions l'amour en nous-mêmes, nous ne transformons pas notre cœur pour qu'il soit pour Dieu, c'est lui qui le saisit.
On me pardonnera de terminer cette note sur un message personnel : vous, famille proche et lointaine, vous mes amis, vous tous que j'appelle mon clan, sachez que j'aimerais avoir pour Dieu, cette
tendresse, cette admiration, cette reconnaissance que j'ai pour vous.
Madame de Sévigné. Lettres. Gamard Flammarion
Un
Lannister paye toujours ses dettes. Telle est la devise de l'implacable Tywin Lannister, l'un des personnages les plus antipathiques (et ce n'est pas peu dire) de la saga du Trône de
fer (si vous avez aimé Le Seigneur des Anneaux ou Les rois maudits, si vous n'êtes pas allergique à l'Heroïc Fantasy, ni aux romans fleuves, jetez vous dessus)
Que veut Paul ? Sans doute extirper la Nouvelle (l'Évangile) de la stricte clôture où la laisserait
qu'elle ne vaille que pour la communauté juive. Mais tout autant ne jamais la laisser déterminer par les généralités disponibles qu'elles soient étatiques ou idéologiques. La généralité étatique,
c'est le juridisme romain et, en particulier, la citoyenneté romaine, ses conditions, et les droits qui s'y rattachent. Bien que lui-même citoyen romain et fier de l'être, Paul n'autorisera
jamais qu'aucune des catégories du droit vienne identifier le sujet chrétien. Seront donc admis, sans restriction ni privilège, les esclaves, les femmes, les gens de toutes professions et de
toutes les nationalités. Quant à la généralité idéologique, c'est évidemment le discours philosophique et moral grec. Paul organisera une distance résolue à ce discours, pour lui symétrique d'une
vision conservatrice de la loi juive. En définitive, il s'agit bien de faire valoir une singularité universelle à la fois contre les abstractions établies (juridique alors, économique
aujourd'hui), et contre la revendication communautaire ou particulariste.
C'est un passage obligé des ballades d'été et
d'automne : l'arrêt auprès de buissons sur lesquels on a aperçu mûres, myrtille, framboises ou fraises (je sais, les fraises ne poussent pas sur fes buissons).
Novembre 2012
26 novembre
20h au Franklin
A Evreux
Café Biblique
"La prière"
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