Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

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  Jette ton pain à la surface de l'eau
  Le blog d'un pasteur de l'Eglise Réformée...

 

 Ce que vous devriez trouver ici : 

Petite théologie pas très sérieuse : des petites réflexions personnelles sur la théologie, la foi, la spiritualité… 

Bible : des méditations sur certains textes bibliques et des prédications 

Théo en culture : Une relecture théologique et complètement subjective de films, livres ou autres... 

 Humeur : Mes joies, mes espérances et mes coups de gueules (mais l'intitulé est clair, je crois)

  Les mots de la théo : Quelques méditations à partir de ces mots que nous autres, chrétiens, utilisons si souvent,

 

  Théolivres : quelques note de lectures

 

  Du caté et des jeux : Certains des jeux que j'utilise au cours de rassemblement de jeunes et de temps de catéchisme

 

  Actualité écclésiale :  l'actualité de l'Eglise (qu'elle se vive au niveau local, national ou international, protetsante ou oecuménique)

 

  Réponses : Pas les réponses de la foi chrétienne à vos questions existentielles, juste mes réponses à certains commentaires posés ici... En attendant (et espérant) une rubrique disputatio

 

  Présentation : Des éléments plus autobiographiques...

Citations : Parce qu'ils sont si nombreux à dire els choses mieux que je ne saurais les dire.

 

 

Ce que vous ne trouverez pas ici…

 La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en tant que protestant que je réagis la plupart du temps… Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…

Lundi 3 mars 2008
undefinedVoici le canevas avec lequel j'espère susciter le débat lors de notre café biblique sur la souffrance. Une reprise des discussions et de mes interventions devrait suivre d'ici quelques jours.

Face à la douleur : expliquer ?

Les réponses des amis de Job


Ca ira mieux demain…
Mais toi, si tu recherches Dieu, si tu supplies le Puissant, si tu es sans reproche, si tu es droit, maintenant même il veillera sur toi et il rétablira ton domaine de juste ; ton commencement semblera peu de chose, ta fin sera bien plus grande.
Job VIII, 5-7
Dieu te met à l’épreuve mais tiens bon

Ainsi donc, heureux l’homme que Dieu avertit ! Ne rejette pas l’instruction du Puissant ! Car c’est lui qui blesse et qui panse ; il fracasse, et ses mains guérissent. Six fois il te délivrera de la détresse, sept fois le malheur ne t’atteindra pas.
Job V, 17 à19
Dieu te punit pour tes fautes, corrige-toi et tout ira mieux

Accorde–toi avec Dieu, je t’en prie, et tu auras la paix ; par là, ce qui te reviendra sera bon. Reçois de sa bouche l’enseignement, je t’en prie, et mets ses paroles dans ton cœur. Si tu reviens au Puissant, tu seras rétabli, tu éloigneras l’injustice de ta tente.
Job XXII 21-23

Laquelle de ces réponses vous paraît-elle la meilleure ? ou la plus acceptable ? Y en a-t-il une qui vous semble inacceptable ?
Après que le SEIGNEUR eut dit cela à Job, le SEIGNEUR dit à Eliphaz le Témanite : Je suis en colère contre toi et tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi correctement, comme l’a fait Job, mon serviteur.
Job XLII, 7
Que pensez-vous de la colère de Dieu contre ceux qui furent pourtant ses avocats face au cri de souffrance et de révolte de Job ?
En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui posèrent cette question : « Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’est pour que les oeuvres de Dieu se manifestent en lui !
Jean  IX, 1 à 3
Que pensez vous de la question des disciples ? Est-ce une question que nous nous posons encore aujourd’hui ? Peut on donner un sens à la souffrance ? Quelle est l'attitude de Jésus face à la souffrance ?

Accompagner la souffrance
Ils s’assirent avec lui par terre, pendant sept jours et sept nuits ; personne ne lui dit un mot, car ils voyaient que sa douleur était très grande.
Job II, 13
Qu’exprime ici le silence ?

Dire sa souffrance

Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et ce qui manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair en faveur de son corps qui est l’Eglise
Colossiens I, 24 
Peut-il manquer quelque chose aux souffrances du Christ ? Comment comprendre cette affirmation de Paul ?
Si je parle, ma souffrance n’est pas soulagée ; si je cesse de parler, comment s’en irait–elle loin de moi ?  Maintenant, hélas ! il m’a épuisé… Tu as semé la dévastation dans toute ma communauté.  Tu m’as creusé des rides qui témoignent contre moi, ma maigreur se lève et m’accuse en face. Sa colère me déchire et s’attaque à moi, il grince des dents contre moi. Mon adversaire aiguise ses regards sur moi. Ils ouvrent toute grande leur bouche contre moi ; pour m’outrager, ils me frappent les joues, ils s’attroupent tous contre moi. Dieu me livre à la merci d’un gamin, il me jette aux mains des méchants. J’étais tranquille, et il m’a secoué, il m’a saisi par la nuque et m’a brisé. Il m’a redressé pour lui servir de cible. Ses projectiles m’atteignent de toutes parts ; il transperce les profondeurs de mon être, il n’épargne rien, il répand ma bile sur la terre.  Il a ouvert en moi brèche sur brèche, il court sur moi comme un guerrier.  J’ai cousu un sac sur ma peau ; j’ai plongé ma corne dans la poussière. Mon visage est assombri par mes pleurs ; une ombre de mort est sur mes paupières.
Job XVI, 6 à 16
Celui qui souffre peut-il donner un sens à sa souffrance ?

La souffrance de Dieu
Dieu souffre-t-il ?
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Dimanche 2 mars 2008
arc-en-ciel.jpgPrédication du 2 mars 08
 
Matthieu V, 1à 12
Exode XX, 1 à 17
Genèse VIII 20 à IX, 17

Nous voici donc à la sortie de l’arche, au terme du déluge. Trois éléments marquent cette fin du déluge : un sacrifice, une loi, un arc-en-ciel. Prenons-les dans le désordre : un arc en ciel, un sacrifice, une loi.

« Voici, j’ai mis mon arc dans la nuée ». Les rabbins se sont posés l’importante question de savoir s’il y avait eu des arcs en ciel avant le déluge. Et, à cette question apparemment sans intérêt, ils ont eu cette réponse que je trouve tout à fait éclairante : il y  avait des arcs en ciel avant le déluge mais ce n’étaient alors que de simples phénomènes météorologique. Depuis le déluge, le croyant peut voir dans l’arc en ciel le signe, le rappel de l’alliance de Dieu avec l’humanité. Ainsi, l’arc en ciel sera pour tous un phénomène météorologique éphémère et coloré, pour le rêveur, il sera un rappel des contes de son enfance,  pour l’esprit scientifique, il sera un rappel que la lumière du ciel est formé d’un spectre continu de 7 couleurs (même si la bande indigo est de fait invisible dans l’arc en ciel), pour le croyant, il sera un rappel de l’épisode du déluge et de la promesse de Dieu. Je trouve que c’est une très bonne définition du miracle. Le miracle n’a pas besoin d’être un évènement surnaturel et, quelle que soit sa nature, il n’est signe que pour celui qui le reçoit pour tel. Les rabbins n’ont pas eu un langage mythologique, ils n’ont pas expliqués l’arc en ciel en disant : « ce jour-là, Dieu a créé l’arc en ciel, comme un nœud à son mouchoir, pour ne pas oublier de fermer le robinet après avoir lancé la pluie ». Ils ont dit : « ce texte nous permet de lire dans un phénomène naturel un rappel de la promesse de Dieu : Quelle que soit la méchanceté de l’homme, je ne noierai plus la terre ». L’arc en ciel n’est donc pas un prodige qui prouverait l’existence d’un Dieu magicien, mais pour nous qui croyons, il est le signe d’une promesse : tant que la terre durera, semailles et moissons, froid et chaleur, jour et nuit jamais ne cesseront. (Genèse VIII, 22)
Et pourtant, cette création n’a pas été nettoyée par le déluge, l’humanité qui va recommencer avec Noé n’est pas une humanité purifiée : elle est bien la même qu’avant la pluie : Le cœur de l’homme est porté au mal dès sa jeunesse (Genèse VIII, 21). Dieu ne se fait pas d’illusion sur la bonté de l’homme mais il décide qu’il ne le frappera plus. Qu’y a-t-il à l’origine de cette décision ? Un sacrifice.

Cela signifie-t-il que Dieu, par l’odeur de cet holocauste alléché, se tient à peu près ce langage : « certes l’hommes est porté au mal dès sa jeunesse mais il sait quand même préparer de bon petits plats et ce serait dommage de s’en tirer. » Dieu se laisse-t-il séduire par le fumet d’un sacrifice ? Les prophètes nous prouveront bien qu’il n’en est rien. Dieu, nous le savons, accorde moins d’importance aux sacrifices qu’au cœur de l’homme. Alors, comment le sacrifice de Noé, pousse-t-il Dieu à épargner cette humanité tellement encline au mal ? Peut-être faut-il voir alors ce qu’est ce sacrifice offert par Noé. J’en ai trouvé deux lectures et j’en proposerai une troisième. Et je ne vous demanderai pas de choisir entre les trois, parce que le choix n’est pas nécessaire…
Le sacrifice de Noé est un holocauste, un sacrifice offert en expiation des péchés commis en pensée. Une légende juive raconte qu’en sortant de l’arche et en voyant le monde dévasté, Noé a pensé Comment le Seigneur a-t-il pu agir ainsi sans aucune pitié pour ses créatures ? Dieu lui a alors rétorqué : C’est maintenant que te vient cette idée ? Pourquoi ne m’as-tu pas imploré quand je t’ai ordonné de construire l’arche et que je t’ai  annoncé le déluge ? J’ai attendu ta prière en faveur de tes contemporains mais tu as gardé le silence. Quand tu as su que tu allais être sauvé il ne t’est plus venu à l’idée de prier pour les autres. C’est maintenant, alors que le monde est détruit, que tu deviens bavard ! Le sacrifice est alors offert à Noé pour se faire pardonner son égoïsme. L’homme, enclin au mal, prouve qu’il est capable de  se repentir. Et c’est pour cette capacité au repentir que Dieu l’épargne.
D’autres commentaires voient dans le sacrifice de Noé un geste d’action de grâce. Cette humanité recommencée avec Noé, est toujours aussi mauvaise mais Noé l’inaugure avec le remerciement. L’homme enclin au mal, prouve qu’il est capable de reconnaissance. Et c’est pour cette capacité à la reconnaissance que Dieu l’épargne.
Pour ma part, je pense que si Noé offre ce sacrifice, c’est que les animaux purs sont là… Rappelez-vous que lorsque Noé fait monter les animaux dans l’arche, il prend un couple de chaque espèce mais 7 pour les animaux purs. Pourquoi ces 7 couples ? J’ai longtemps cru que c’était pour une question de ravitaillement. Or la permission de manger de la viande ne vient qu’après le déluge. Si les animaux purs sont plus nombreux que les animaux impurs, ce n’est pas pour que Noé et sa famille puissent en manger quelques-uns mais bien pour qu’ils aient de quoi offrir un sacrifice. Le chiffre 7 qui évoque Dieu en est d’ailleurs un signe supplémentaire. En faisant embarquer Noé, Dieu lui a donné de quoi continuer à offrir des sacrifices. Alors, sommes-nous en train de revenir à ce Dieu gourmand, affamé des graisses des sacrifices que l’humanité lui offre ? Bien sur que non. Mais à cette époque, pour les rédacteurs du textes aussi bien que pour ses lecteurs, la relation avec Dieu passe par le sacrifice. Ainsi, en racontant que Dieu a permis à Noé d’embarquer avec lui, le nécessaire pour des sacrifice, le récit du déluge raconte que non seulement Dieu a préservé cette création corrompue, mais qu’il a également préservé sa relation avec une humanité au cœur enclin au mal. Ainsi, il ne faut pas forcément lire une relation de cause à effet entre le sacrifice et la décision de Dieu de ne plus envoyer le déluge mais on peut également voir dans ce sacrifice et cette décision, deux aspects de cette alliance de Dieu qui nous protège et reste en relation avec nous.

Mais Dieu ne se contente pas de nous affirmer que le déluge n’aura plus lieu. Il ne se contente pas de préserver sa relation avec nous. Il nous donne aussi un code de conduite afin de n’être plus submergé par notre propre violence
Si on la compare au décalogue ou aux béatitudes, les deux autres textes qui sont fréquemment pris dans le christianisme comme textes de loi, la loi noachique a un statut particulier : elle n’est pas une loi religieuse ce qui la distingue du décalogue et elle n’est pas non plus l’invitation au bonheur des béatitudes. Et surtout, c’est une loi qu’il est possible d’appliquer en tout point. Bref, la loi noachique n’est pas une loi qui vise à établir la relation entre l’homme et Dieu, elle ne sert pas à rendre l’homme juste devant Dieu. Elle est donnée à l’homme comme un code de survie.
Elle repose en effet, sur le constat de la violence de l’homme : puisque l’homme est violent dès sa jeunesse, il lui est désormais possible de manger de la viande. Mais à cette concession faite à notre violence (c’est un fait : la vie se nourrit de la mort), Dieu pose des limites : tu rendras des comptes pour la vie de ton frère, et même pour les animaux, tu pourras manger de la chair mais pas avec le sang, c'est-à-dire la vie. Je ne comprends pas cet interdit comme une prohibition du boudin : mais plutôt comme un rappel : tu peux te nourrir des animaux mais n’oublie jamais que tu n’en es pas propriétaire. Tu n’as pas le droit de faire n’importe quoi avec les animaux, tu peux t’en nourrir, tu peux dominer sur eux, mais ils ne sont pas un instrument pour ton plaisir. Il ne s’agit pas seulement ici de loi en faveur des animaux, il s’agit bien de dire à l’homme, la nécessité absolue de poser des limites à son orgueil (tu n’es pas le maître de la création : la vie de la plus humble des créature ne t’appartient pas, aussi fort sois-tu) et à sa violence (la vie doit restée sacrée à tes yeux). Il ne s’agit pas ici de morale ou de vivre selon la foi, mais bien d’une question de survie. Sans le respect de ce code que Dieu nous donne, la création sera à nouveau noyée par notre capacité à malfaire… La loi noachique a une portée universelle, et en la donnant à Noé, Dieu donne à l’humanité la clef de sa survie.

Frères et sœurs. Nous sommes indiscutablement cette humanité dont le cœur est porté au mal, cette humanité dont la violence risque de noyer la terre entière, cette humanité si souvent désespérante. Que ce récit du déluge soit pour nous un arc en ciel au milieu de la pluie, qu’il vienne nous rappeler que nous sommes également capables de repentir et de reconnaissance, qu’il vienne nous dire que nous pouvons poser le respect de la vie comme digue au flot de notre violence. Et surtout, surtout, qu’il nous dise l’amour de Dieu. Dieu qui maintient, coûte que coûte sa relation avec nous. Dieu qui nous promet de changer nos cœurs afin de passer d’une loi de survie à une loi de vie, à une véritable liberté.

Amen
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Dimanche 24 février 2008
no-.jpgPrédication du dimanche 24 février 2008
Genèse VI, 9 à VIII, 5
Romains VIII, 19 à 24

Après une présentation de cette humanité condamnée au déluge, cette humanité qui reste la notre, nous voici au cœur de la tempête, au cœur du sujet. Dieu effaça tous les êtres qui étaient sur la terre : depuis les humains jusqu’au bétail, aux bestioles et aux oiseaux du ciel, ils furent effacés de la terre. Il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l’arche. Le déluge et l’arche. La destruction et la protection.

Il y a très longtemps, les hommes étaient très méchants. Dieu en eut assez de leur méchanceté. Alors, comme Il ne faisait pas dans le détail, Il décida de noyer la terre et tout ce qui s'y trouvait. Heureusement, Noé était gentil et il eut le droit de construire un bateau et d'y faire monter des animaux pour les sauver.
C'est souvent ainsi que l'on présente l'histoire du déluge. Une histoire édifiante où les méchants sont punis et où le juste sauve le monde. Mais si Noé est incontestablement le héro, si les méchants sont les autres hommes, quelle est la place de Dieu ? Dans un film américain, il serait le supérieur hiérarchique prévenant le héros : "Si vous ne parvenez pas à récupérer les microfilms dans les 12 heures, nous devrons bombarder la ville et vous avec". Bref, un Dieu certes puissant et juste mais incapable d'effectuer une frappe chirurgicale. C'est sans doute aussi pour cela que le récit du déluge est si souvent relégué au rang des contes enfantins. Pourtant, je crois que l’histoire de Noé est sérieuse et qu’elle va bien plus loin que ce résumé rapide.
Qu’est ce que le déluge ? C’est le monde qui se déconstruit. Il ne s’agit pas d’une averse de 40 jours et 40 nuit, il s’agit dit le texte de la voûte céleste, de cette barrière entre les eaux d’en haut et les eaux d’en bas, qui s’ouvre. Il s’agit donc d’un retour au chaos originel. Il ne s’agit pas de supprimer les humains qui sont décidément trop mauvais mais de retrancher toute vie de notre planète, la ramenant à la terre déserte du commencement. D’ailleurs, la fin du déluge s’inscrit comme le début d’une création : Dieu envoya un souffle sur la terre et les eaux baissèrent. Ce souffle sur la terre inondée est bien le même que ce souffle de dieu qui planait à la surface de l’eau.
Bref, je ne vois pas dans ce récit du déluge l’histoire d’un coup de torchon d’un Dieu en colère, un grand nettoyage de printemps qui s’est passé il y a très longtemps. Le déluge me parle d’un monde qui se désagrège à cause de la folie des hommes, de ce monde dans lequel je vis. Il me dit que l’homme n’est pas la seule victime de sa propre folie : quand la Bible parle de tous les animaux, il faut bien sûr comprendre tout ce qui est vivant. Oui, par son orgueil qui le pousse dans une véritable fuite en avant, par sa violence qui l’empêche de respecter ce qui vit, l’homme oppose à l’acte créateur de Dieu un acte dé-créateur. C’est de cette réalité que nous parle le récit du déluge.
Attention, il ne s’agit pas de voir dans le déluge, une sorte de prédiction qui annonçait avec plusieurs siècles d’avance, ce qui se passe aujourd’hui, le réchauffement de la planète, les catastrophes écologiques ou que sais-je encore. A chaque génération, le récit du déluge parle de son quotidien, de sa peur et de sa responsabilité. Mais ce récit n’est pas seulement menace ou constat, il est aussi promesse.

 Tout d’abord, même en maintenant une lecture littérale, même en conservant l’idée que le déluge est envoyé par Dieu, il faut garder en tête que ce déluge dure 40 jours, un nombre qui dans la Bible signifie la préparation et la reconstruction. Ainsi, même le Dieu terrible qui provoque le déluge est avant tout un Dieu qui reconstruit, qui ouvre un avenir.
Mais surtout, il n’y aurait pas de sens à parler du déluge sans parler de l’arche. Face à ce monde qui se délite, Dieu pose un bateau, ou plutôt, une arche, c'est-à-dire un coffre. Et j’insiste sur ce terme de coffre puisque c’est effectivement ce dont il s’agit : bien plus qu’un bateau, l’arche est un coffre-fort, à l’intérieur duquel Dieu préserve ce qu’il a de précieux : un échantillon de tout ce qui vit, non pas en souvenir mais pour repartir.
Le récit du déluge, bien plus que d’un Dieu qui détruit me parle d’un Dieu qui préserve. Et il m’enseigne bien des aspects de cet acte protecteur de Dieu.
Commençons par le plus tragique : dans ce récit, Dieu ne peut protéger tout le monde. Seule une famille humaine est sauvée. On peut bien sûr rappeler que c’était la seule famille juste (enfin la famille du seul juste serait plus respectueux du texte biblique mais il faut également dire que seul un couple de chaque espèce animale (ou 7 pour les animaux purs). Cela sous entend un choix, un choix qui peut paraître injuste ou arbitraire, un choix qui est sans doute impossible. Mais vaut-il mieux laisser périr tout le monde quand on ne peut en sauver qu’un seul ? Et puis cette dimension tragique est tout de même atténuée si on se rappelle que le récit du déluge se situe moins à l’échelle de l’individu qu’à l’échelle du vivant. Or à l’échelle du vivant : toutes les espèces sont sauvées et c’est là, la volonté de Dieu. L’acte protecteur de Dieu ne nous préserve pas de tous les coups mais il empêche l’anéantissement complet.
Le deuxième aspect évident est la solidarité à nouveau affirmée entre l’humain et le reste du vivant. Si tout ce qui est vivant souffre de la folie de l’homme, l’humain ne sera pas préservé sans ce qui l’entoure. Ce discours peut nous sembler assez banal, abreuvés comme nous le sommes par le souci écologique. Mais il ne faut pas oublier que pour la Bible, l’anthropocentrisme est de rigueur : l’humain n’est pas seulement une partie de la création, il en est le sommet, l’aboutissement. Mais ici, le texte lui rappelle que, quelle que soit sa place, il ne peut exister seul. On retrouvera d’ailleurs cette solidarité dans Paul et même dans l’apocalypse : « un ciel nouveau et une terre nouvelle. »
Fais–toi une arche en bois de résineux ; tu diviseras cette arche en cellules et tu la couvriras d’un enduit, au dedans et au dehors. Voici comment tu la feras : l’arche aura trois cents coudées de longueur, cinquante coudées de largeur et trente coudées de hauteur. Tu feras à l’arche une ouverture d’une coudée, disposée tout en haut ; tu placeras la porte de l’arche sur le côté ; tu feras un étage inférieur, un deuxième et un troisième (Gen VI, 14 à 16) et les légendes juives sont nombreuses qui mettent Noé à l’œuvre à l’intérieur de l’arche pendant et après le déluge, courant de cellule en cellule pour s’occuper des animaux dont il a la charge. L’acte protecteur de Dieu ne suscite pas l’oisiveté, bien au contraire, il met l’homme au travail.
Pour le quatrième aspect de cet acte protecteur de Dieu, il faut faire appel à notre imagination. Après tout le récit du déluge n’est pas seulement un récit théologique riche en symbole et en enseignements, c’est aussi un conte, il nous invite donc à nous projeter un peu. Imaginez-vous donc dans une caisse de  avec toute votre famille. Ajoutez-y un représentant de chaque espèce animale. Dites-vous bien que vous allez y rester un an sans mettre le nez dehors. Imaginez l’enfermement, le bruit, l’odeur et vous aurez une petite idée de la vie de Noé et des siens dans l’arche. Il faudrait dire aussi les choc des eaux déferlent sur l’arche, la peur d’être ainsi à la merci des éléments, le désespoir de ne voir de terre sèche nulle part. Je crois qu’il est important de se représenter cette vie de Noé de façon aussi concrète parce que la protection de Dieu n’est justement pas un cocon douillet et magique. Or, bien souvent, ce qui nous fait douter de la présence de Dieu dans notre vie, de sa protection, c’est justement l’inconfort, la peur, le sentiment de n’être pas tant à l’abris que ça. Sous son aspect enfantin, l’arche de Noé nous parle de façon très réaliste de cette protection qui est tout sauf confortable. Il nous parle de cette protection qui semble si faible alors qu’elle est si forte. Et ainsi, ce texte peut ouvrir une véritable espérance pour tous ceux qui souffrent, pour tous ceux qui doutent, pour tous ceux qui espèrent. Parce qu’avec un tel texte, aucun désastre, aucun doute, aucune peur ne prouve l’absence de Dieu.

Frères et sœur, ce conte de Noé » vient répondre à nos peurs qu’elles soient cosmiques ou intimes. Non, l’humanité ne disparaîtra pas. Non, les tempêtes qui bouleversent nos vies ne signifient pas que nous sommes abandonné de Dieu.
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Mercredi 20 février 2008
Cette note aurait du être mise en ligne hier. Mais le calendrier et moi...
Quand ma maman s'interroge sur les causes de mon protestantisme, elle va chercher du côté de l'esprit de contradiction qui a marqué mon enfance et mon adolescence (j'ai hélas beaucoup vieilli). Elle évoque aussi un épisode dont l'authenticité me paraît douteuse : j'aurai, pendant un mariage, fait pipi sur une statue de la Vierge.
Mais ma maman omet une piste : j'ai été élevé par une gériâtre. Il se pourrait bien que ce soit d'elle que me vient la conviction que l'on peut tout recevoir sans le gagner, sans le mériter, parfois même sans l'accepter (NB je ne parle pas ici d'acharnement thérapeutique mais seulement de soins et d'attention). Il se pourrait également que ce soit à elle que je dois ma certitude qu'une oeuvre n'a pas besoin d'être utile pour être bonne et nécessaire...
Merci de ne pas chercher d'intention polémique dans cette note. C'est juste un clin d'oeil en guise d'hommage.
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Mardi 19 février 2008
gifttrap.jpg
Plaisir d'offrir, joie de recevoir.


Le concept est simple : une liste de cadeaux parmi lesquels vous devrez choisir quoi offrir à chacun de vos adversaires. Ensuite, dans cette même liste  vous déterminerez ce que vous aimeriez recevoir et ce dont vous ne voudriez pour rien au monde. Vous marquez des points quand vous offrez un cadeau qui plaît et quand vous recevez ce que vous souhaitiez.
Problème : vous ne pouvez pas offrir deux fois le même cadeau. Alors ce safari au Kenya vous l'offrez à Sophie ou à Marc ?
Problème : vos adversaires ont parfois des goûts bizarres "Ah bon ? Tu voudrais une lampe disco chez toi ?" Ou des désirs surprenants "Ah ouais ? Tu aimerais survoler la Nouvelle Zélande en hélicoptère ? Alors que tu as peur de l'avion !"
Problème: Vos adversaires ne vous connaissent pas si bien que ça "Mais c'est pas parce que mes parents me forcent à jouer d'un instrument que j'ai envie d'assister à un festival de musique !"
Vous pouvez sortir Gift Trap pour vous entraîner, à l'approche de Noël. Vous pouvez aussi l'utiliser dans un groupe, disons après deux ou trois réunion, histoire que tout le monde ait un peu l'impression de se connaître. On peut jouer à Gift Trap à peu près à tout âge (enfin, passé 9-10 ans) et une partie peut servir de base à une discussion sympa sur les autres, la façon dont on croit les connaître, dont ils nous perçoivent ou à une petite réflexion sur le regard... Si on veut aller plus loin, on peut aussi pousser l'analyse d'une partie : il y a deux pistes de scores : une pour les points que l'on gagne en recevant, une pour les points que l'on gagne en offrant. Et sur les parties auxquelles j'ai joué, ceux qui avancent rapidement sur l'une avancent plus lentement sur l'autre...
Et puis, comme on est pas obligé d'y parler, Gift Trap offre un bonus non négligeable : même les plus timides (vous savez, la petite brune qui n'ouvre jamais la bouche) s'y dévoilent un peu...
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Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



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