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Qui suis je ?

Éric George, né en 1970, pasteur de l’Église Réformée de France depuis 1995, arrivé sur la paroisse d’Évreux en août 2005, je suis marié, père de 3 enfants. J’aime la lecture, le cinéma, les jeux de sociétés, les débats sans fin… Le reste ? Gageons que vous le découvrirez à travers ses pages…

 

Pourquoi un blog ?

Les plus mauvais esprits (et peut-être aussi ceux qui me connaissent le mieux )répondront : « simple réflexe de m’as-tu-vu » ou bien « nouvelle tentative d’un ecclésiastique pour faire du prosélytisme et pour imposer sa foi au plus grand nombre possible ». Aucune des deux réponses ne sera tout à fait fausse d’ailleurs. C’est vrai qu’un blog public relève toujours d’un certain exhibitionnisme. Et il est vrai aussi que si je tiens à parler de ma foi, de ma théologie, c’est bien dans un but de témoignage, non pas pour faire des adeptes ou des disciples, certainement pas pour convertir les foules mais juste pour montrer que la foi peut-être autre chose que les images édifiantes ou au contraire insultantes que l’on en donne la plupart du temps. La foi, c’est aussi une relation, une recherche, une réflexion qui se poursuit au jour le jour…

Mais un blog c’est aussi et surtout un exercice. Pas évident d’ailleurs : celui de coucher par écrit les diverses pensées qui nous traversent la tête au cours d’une journée. Celui de structurer une idée récurrente, de m’obliger à un peu de rigueur… Un autre aspect de l’exercice, c’est celui de l’ouverture : non seulement l’idée est écrite mais elle est accessible à tous et chacun peut réagir. Ici on est bien loin du contexte favorable de la prédication ou de l’étude biblique devant des paroissiens un peu trop respectueux de la pensée du pasteur…

Donc se montrer, témoigner, structurer des pensées fugaces et s’ouvrir aux réactions des autres… Tout un programme en fait…

 

Ce que vous devriez trouver ici…

Dans Petite théologie pas très sérieuse : des petites réflexions personnelles sur la théologie, al foi, la spiritualité…

Dans Bible : des méditations sur certains textes bibliques et  prédications

Dans Théo en culture : une relecture théologique complètement subjective de livres, films et autres…

Dans Humeurs : comme le titre l’indique, mes joies et mes coups de gueule…

Dans Les mots de la théologie : à partir d’un mot de notre jargon, une méditation

Dans Actualité paroissiale : les différentes manifestations de la paroisse réformée d’Évreux

Dans Citation : des extraits d'auteurs exprimant des choses bien mieux que je ne saurai le faire

Dans Réponses : des réponses à des questions esquissées au fil des commentaires

Dans Prières : ben euh, à votre avis ?

Ce que vous ne trouverez pas ici…

La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en protestant que je réagis la plupart du temps…

Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…

Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 07:09

jesus-marche-sur-les-eaux.jpg Prédication du dimanche 7 août 2011

Esaïe XLIII

Matthieu XIV, 22-33

 

Même quand nous sommes face aux épisodes les plus connus de la Bible, même quand nous entretenons un lien tout particulier avec un texte, par exemple parce qu’il est celui de notre première prédication, il faut toujours le relire avec soin. « Jésus prie sur la montagne, les disciples rament sur la mer »… Telle était en substance la première phrase de ma toute première prédication. Et c’est vrai si l’on fait commencer le texte au verset 23, en oubliant le verset 22.

C’est vrai qu’il est embêtant ce verset 22 . D’abord il fait désordre dans notre beau découpage : est ce qu’il est la conclusion du récit de la multiplication des pains ou le prologue de la marche sur l’eau ? Pour un peu, il nous rappellerait qu’un évangile est prévu pour être lu en entier avant d’être débité en petit morceau…

Et surtout, il est gênant avec ce Jésus qui pousse littéralement ses disciples dans la barque, les obligeant à le laisser seul avec la foule. C’est vrai quoi, dans la multiplication des pains, la répartition des tâches était simple : Jésus bénit et les disciples distribuent. Dans l’épisode de la marche sur l’eau, c’est la même chose, Jésus prie et les disciples rament. Et voilà que d’un seul coup, Jésus se met à s’occuper de la foule ! Non mais, de quoi je me mêle ! Alors, comme ça, Jésus pourrait aussi prendre en charge la logistique ? Il pourrait y avoir une relation entre Jésus et les foules, entre le Christ et l’humanité qui ne passerait pas par nous, le cercle privilégié de ses disciples…

Vous voyez, ce petit verset de transition nous interdit une structure pyramidale bien ordonnée : Jésus – les disciples ou l’Eglise – l’humanité.

C’est dommage, parce qu’elle est tellement pratique cette pyramide, pour sacraliser Jésus et aussi, peut être surtout pour nous donner du pouvoir et nous conférer une supériorité.

 

Jésus est sur la montagne, il prie, il prêche, il multiplie les pains, il fait plein de chose mais l’important c’est qu’il soit au-dessus, sacralisé.

Je vous cite un des détournements de la marche sur l’eau.

Elle est si bonne l'eau, Jésus !

Quelle idée de marcher dessus ?

Viens te baigner, rejoins la bande,

chante Juliette. C’est intéressant de voir à quel point un texte qui dit que Jésus rejoint ses disciples est relu pour affirmer exactement le contraire, un Jésus qui ne se mêle pas aux autres, qui reste à la surface des eaux… Peut-être Juliette a-t-elle été nourrie par Prévert avec son « Notre père qui êtes aux cieux, restez y » dans l’idée que le christianisme offre un Dieu inaccessible, un Dieu qui ne se mêle pas à la foule. Mais cette idée d’un Jésus sacralisé n’est pas l’invention d’un antichristianisme militant, ce sont, j’en ai peur, les chrétiens, les Eglises elles-mêmes qui l’on forgée. Regardez un peu le nombre d’intermédiaire que l’on a inventé parce que Jésus était devenu un peu trop inaccessible et qu’il fallait que le peuple puisse s’adresser à des gens plus humains, plus proches d’eux. Oui, je sais bien, ça c’est un coup des catholiques, et il ne nous arriverait jamais à nous, protestants. Peut-être pas, mais pouvons-nous vraiment nous dire immunisé contre cette tentation ? Ne nous  figurons-nous pas Jésus  plutôt en train d’enseigner, de guérir, de prier plutôt que de s’occuper de chose triviale ? Ne nous sentons nous pas un peu surpris de voir Jésus d’un seul coup se débarrasser de ses disciples pour faire lui-même le service d’ordre ?

Peut-être que si nous sommes surpris et un peu embarrassés, c’est que gérer la foule, ça nous semblait précisément être le travail des disciples, c'est-à-dire de nous-mêmes qui sommes chrétiens, qui sommes l’Eglise. Oui, c’est nous qui sommes appelé à témoigner, à organiser des cafés bibliques, des cultes de la cité, des concerts des cours alpha et que sais-je encore pour annoncer Jésus aux foules. C’est nous qui sommes l’interface. Alors si Jésus peut virer ses disciples pour s’occuper lui-même de la foule, nous y perdons notre utilité, notre fonction, notre importance…

Parce qu’enfin, si nous sommes ainsi les intermédiaires entre Jésus et les foules, c’est que nous, nous sommes nous-mêmes un peu élevé. Oh, bien sûr, pas autant que le Seigneur. Mais quand même, contrairement à ces hommes et ces femmes, nous nous avons la foi…

 

Là, ça tombe bien parce que justement, Matthieu profite de l’épisode de la marche sur l’eau pour nous offrir une petite réflexion sur la foi.

Les foules sont parties et nous sommes entre gens de bonne compagnie : les disciples et Jésus. Et puis nous retrouvons notre topographie traditionnelle : Jésus est sur la montagne, les disciples sont dans une barque sur le lac. Jésus prie, les disciples rament. Et Jésus descend, il rejoint les disciples. Ce ne sont pas eux qui montent, c’est bien lui qui descend. Et là, nous retrouvons la Bonne Nouvelle, telle que nous l’avons toujours entendue. Dieu vient à nous, il se tient à nos côtés, il nous rejoint dans notre existence.

Et que font les disciples ? Eh bien, ils font exactement que nous. Ils n’en croient pas leurs yeux. Même en le voyant, ils ne peuvent pas imaginer que le maître les rejoint au milieu de leurs difficultés quotidiennes, que Jésus se tient à leur côté dans leurs galères… J’allais dire « dans leur tempêtes » mais, ici, il n’est pas question de tempête, juste de vent contraire, d’un travail un peu plus pénible que d’habitude… A la limite, il nous est plus facile de croire en la présence de Jésus dans nos tempêtes, dans les vrais coups durs que dans les petits ou gros tracas du quotidien… Quand les coups sont trop durs pour nous, nous nous tournons vers Jésus, mais quand il s’agit juste de mettre un coup de collier, de fournir un effort supplémentaire, nous retroussons nos manches et allez, et on ne voit très bien ce que Jésus viendrait faire là dedans. Alors, comme les disciples, quand Jésus vient à nous, nous nous troublons, nous pensons à une illusion, nous nous demandons si nous ne commencerions pas à perdre la tête, à virer illuminés…

Heureusement, il y a Pierre, Pierre qui rattrape tout le lot en osant, en sortant de la barque pour s’élancer vers le maître et… qui manque de se noyer… Le moins qu’on puisse dire c’est que l’initiative de Pierre tombe à l’eau et lui vaut une douche froide « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Mais qu’est ce que Jésus reproche à Pierre, en fait ? La réponse est a priori évidente : Pierre n’a pas su aller jusqu’au bout de sa foi, une fois sur l’eau, ses doutes l’ont repris et ont failli l’engloutir. Mais si c’est effectivement cela, alors on peut faire remarquer que Jésus est bien sévère avec ce pauvre Pierre : en effet, si on peut lui reprocher son manque de foi, que dire alors de ceux qui n’ont pas eu le courage de se jeter sur l’eau ? … Peut-être est-ce un autre reproche que Jésus adresse à Pierre. Ecoutons celui-ci « Si c’est toi, ordonne moi d’aller auprès de toi sur les eaux », « si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain », « si tu es le fils de Dieu, jette toi en bas ». Ce n’est pas la foi qui pousse Pierre à sortir de la barque, c’est plutôt l’exigence d’une preuve…

Les disciples sont donc bien confrontés à deux aspects du manque de foi. Le manque de foi qui consiste à ne pas reconnaître la présence de Dieu dans nos efforts quotidiens et le manque de foi qui consiste à le mettre à l’épreuve : « si vraiment tu es là, alors fait que toute difficulté s’aplanisse » et à oublier que sa promesse n’est pas de nous préserver de l’épreuve, de nous garder des difficultés mais de rester avec nous dans nos difficultés et de nous assurer que rien ne nous anéantira, rien ne nous coupera de son amour.

 

Frères et sœurs, nous voyons bien que notre manque de foi nous rapproche d’avantage des foules que notre foi ne nous en distingue. Mais qu’importe ? Ce qui compte c’est que Jésus va lui-même vers les foules comme il vient lui-même vers nous, comme il rejoint les disciples sur une mer agitée, comme il sort Pierre de l’eau…

Si notre manque de foi risque souvent de nous le faire perdre de vue, notre Seigneur, lui, ne nous quitte jamais des yeux. Que nous croyions ou que nous doutions, il est là, il nous aime, il nous sauve.

 

Amen.

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Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 11:55


la-conquete-affiche-2011.jpgJ'ai découvert la bande annonce de La conquête sur le site du Monde le 1er avril.  J'avoue avoir cru à un canular tant me paraissait incongrue, voire malsaine, l'idée d'un film évoquant l'accès au pouvoir du président en exercice, une année avant l'élection présidentielle, élection à laquelle Nicolas Sarkozy sera très certainement candidat.
Bon, La conquête n'est pas un canular et c'est même un film politique plutôt efficace. En tout cas, j'y ai passé un bon moment. 
Mais un bon moment qui m'a remplis de tristesse. En effet, il n'y a pas l'ombre d'une conviction, d'un idéal dans ce film. Tout y  est réduit à des ambitions personnelles, à de savoureuses petites phrases assassines et ce qui m'attriste, c'est que ce portrait du monde politique me parait fidèle à la réalité.
Il est de bon ton, aujourd'hui, de s'insurger contre la politique des partis. Je ne suis pas politologue, mais il me semble que c'est se tromper de problème, et que le vrai danger ne réside pas dans l'affrontement des partis mais plutôt dans la guerre des clans, des clans qui, malheureusement, dépassent les partis.
Et je me prends à rêver d'une politique d'idées, de service, une politique qui ne ressemblerait pas à ça :

 

 « Un jour, les arbres décident de choisir un roi. Ils disent à l’olivier : “Sois notre roi !”

  L’olivier répond : “Les dieux et les êtres humains aiment mon huile. Est–ce que je vais laisser mon huile pour aller m’agiter au–dessus des autres arbres ?”

Alors les arbres disent au figuier : “Viens donc, toi ! Sois notre roi !”

Le figuier répond : “Est–ce que je vais laisser mes bons fruits sucrés pour aller m’agiter au–dessus des autres arbres ?”

Ensuite, les arbres disent à la vigne : “Toi, sois notre reine.”

La vigne répond : “Mon vin donne de la joie aux dieux et aux humains. Est–ce que je vais laisser mon vin pour aller m’agiter au–dessus des autres arbres ?”

Alors tous les arbres disent au buisson d’épines : “Viens donc, toi ! Sois notre roi !”

Le buisson d’épines dit aux arbres : “Si vraiment vous voulez me choisir comme roi, venez vous mettre sous mon ombre. Si vous ne le faites pas, un feu sortira de mes épines et il brûlera même les cèdres du Liban !” »

Juges IX, 8 à 15

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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 22:28

trinite_roublev.jpgPrédication du 19 juin 2011

Jean III, 16 à 18

II Corinthiens XIII, 11-13

 

« Grâce et paix vous sont données » et « La grâce de notre Seigneur Jésus Christ… » Je ne sais pas si vous aviez remarqué mais notre culte commence avec la proclamation de la grâce et termine avec cette même grâce. Ainsi la grâce nous accueille quand on arrive et nous accompagne quand nous partons… Ainsi, puis-je me permettre d’utiliser cette fin de lettre aux corinthiens dans laquelle Paul annonce son arrivée pour accompagner des départs…

En effet, nous avons accueillis Tia et Hery mais ils s’en vont, dans quelques semaines, ils partent avec leurs parents pour un long voyage, vers la Chine. Et puis, ce matin, nous disons au revoir aussi à d’autres personnes qui s’en vont.

Alors ce matin, Tia, Hery, Eléonore, Arnaud, Jeanne, Héloïse, Adèle, Elisabeth, Eric, j’aimerais que ces paroles de Paul, cette bénédiction, soient pour vous, comme un cadeau. Mais bien sûr, vous tous qui restez, ne vous dîtes pas « alors on peut partir, cela ne nous concerne pas ». Parce que ces mots de Paul rappellent justement le lien entre ceux qui sont loin et ceux qui sont proches « Saluez vous les uns les autres par un saint baiser. Tous les saints vous saluent » : d’ailleurs, si nous savons aujourd’hui qui sont ceux qui partent, demain, est ce que ce seront Tia et Hery qui seront loin ou est ce que ce sera nous qui seront loin d’eux ? Est-ce que Lyon sera loin d’Evreux (pas tant que ça) ou Evreux loin de Lyon (pas tant que ça) ? Qu’importe, le lien sera toujours là : La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit…

Cette salutation de Paul vient conclure une lettre très dure, pleine de reproches. En effet, les relations sont tendues entre l’apôtre et les corinthiens. Mais voilà que Paul veut terminer sur une affirmation bien plus forte que toutes les tensions, bien plus forte que tous les reproches, l’affirmation de la communion, de l’amour et de la paix. Parce que Paul sait bien que si l’Eglise n’est pas parfaite, s’il y a toujours une place pour les reproches et les admonestations, c’est la fraternité qui doit dominer en toute chose. Bien sûr, quand les relations ont été plus faciles, quand la fraternité a été plus évidente, la communion, l’amour et la paix, gardent toute leur place, et sans doute la bénédiction est elle encore plus facile à dire.

 

La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit… Ah ! une formule trinitaire ! Chic on va pouvoir parler de la Trinité, notre sujet préféré ! La plus facile et la plus claire des notions théologiques… Quelle chance pour un culte qui se voulait festif !

Tiens, du coup on va faire participer le public. Est-ce que vous savez quelles sont les trois personnes de la Trinité ?

Le Père, le Fils et le Saint Esprit. Sans problème

Alors un peu plus difficile : est ce que vous savez dans quel ordre on doit placer ses personnes ?

1)    Le Père 2) Le Fils, 3) Le Saint Esprit.

D’autres propositions ?

1) Le Fils 2) Le Père 3) Le Saint Esprit

Bien voyons, les affirmations bibliques de la Trinité

Baptisez les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Ca, c’est clair comme un signe de croix. Les classiques apprécieront, elle aura aussi son petit succès chez les tenants du Process.

La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, la communion du Saint Esprit : La variante christocentrique, très tendance chez les barthiens…

Elus selon le dessein du Père, par la sanctification de l’Esprit, pour obéir à Jésus Christ (I Pierre, I, 2). Ah !voilà une variante à laquelle nous ne sommes pas habitués.

Mais on trouve aussi d’autres expressions, peut-être moins directes de la Trinité.

L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre, c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé fils de Dieu. (Luc I, 35) Une variante spéciale pentecôtiste…

L’Esprit Saint descendit sur Jésus et une voix vint du ciel « Tu es mon Fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré. Luc III, 22

Si nous faisions le signe de croix, je vous dirai qu’on peut le faire dans n’importe quel sens. En effet, l’ordre n’a aucune importance… Ou plutôt, s’il a une importance, il n’est certainement pas figé : il n’y a pas un ordre correct et un ordre incorrect. Simplement, nous attachons, à différents moments de nos vies, plus d’importance à tel ou tel visage de Dieu.

D’ailleurs, toujours pour en finir avec le trinitairement correct, je voudrais aussi vous rappeler que là, j’ai cité la plus grande partie des formules trinitaires bibliques mais que les formules de la Bible qui évoquent le Père et le Fils sans parler de l’Esprit, ou le Fils et l’Esprit sans parler du Père ou encore le Père et l’Esprit sans parler du Fils sont bien plus nombreuses, sans même évoquer celle ou un seul des trois est mentionné. Bref, parler du Père et du Fils ce n’est pas nier l’Esprit… Si les trois font vraiment un, il n’est pas absurde de nommer la partie pour parler du tout…

 

 La Trinité… Rien de plus simple dans la Bible.

En fait, ce qui nous rend la Trinité compliquée, ce sont de grandes affirmations qui n’ont rien de bibliques, celles qui essayent de dire qui procède de qui, celles qui nous parlent de nature, d’essence et de personnes, celles qui nous disent un Dieu en relation avec lui-même. Tout ça peut-être intéressant voire enrichissant mais surtout tellement complexe, tellement spéculatif, tellement déconnecté. Quand la Bible nous dit la Trinité, elle nous dit simplement un Dieu qui agit pour nous de différentes manières.

La grâce de notre Seigneur Jésus Christ. Jésus Christ est un seigneur. Un seigneur, c'est-à-dire un maître, quelqu’un qui à autorité sur nous. Mais Jésus Christ c’est aussi celui qui s’est fait serviteur, c’est celui qui a été condamné et crucifié. Jésus-Christ est donc le Seigneur qui donne et même qui se donne au lieu de prendre, qui sert au lieu de se faire servir. Et ça c’est un cadeau immense, complètement gratuit, c’est bien ça, la grâce, quand celui qui pouvait commander obéit, quand celui qui pouvait prendre, donne, quand celui qui pouvait juger et condamner, pardonne. Il n’y a rien d’étonnant à ce que Paul mette cela en premier puisque pour lui, c’est dans ce renversement qu’on trouve toute la Bonne Nouvelle.

C’est dans ce renversement qu’il découvre l’amour de Dieu, un Dieu que le pharisien Paul connaît avant tout comme le Dieu créateur qu’on ne peut ni voir, ni nommer. Par la grâce de Jésus-Christ, nous voyons que ce Dieu qui est Tout Autre, tellement au-dessus de nous, mais qui nous aime à tel point que nous pouvons l’appeler Père.

Et ce Dieu qui nous aime, ce Dieu qui se donne, continue à agir sur nous, à nous pousser, comme le vent pousse les navires, il guide nos pensées et nos cœurs, il nous fait être ensemble, comme un.

 

Frères et sœurs, que la Trinité ne vous effraye pas, qu’elle ne soit pas pour vous une formule creuse mais juste une manière de dire l’amour dont le Dieu unique nous aime et la richesse des moyens dont il nous fait vivre cet amour. Que le Père, le Fils et l’Esprit vous dise l’Amour, la Grâce et la Communion.

 

Amen.

 

 

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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 15:10

pentecote_vitrail-copie-2.jpg Culte du 12 juin 2011

Actes II, 1 à 13 et 32 à 41

I Corinthiens XII, 3 à 13

 

Le bruit venant du ciel, les langues de feu, les langues nouvelles, les apôtres, les juifs pieux venant de toutes les nations… La plupart d’entre nous connaissent bien ce récit de Pentecôte et ses éléments. Aussi ce matin, je voudrai me pencher sur une absence dans ce récit, une absence qui donne à la Pentecôte une place à part au milieu des grands événements du christianisme.

 

Pour que cette absence soit manifeste, je vous propose un petit rappel des grands faits chrétiens raconté par l’auteur du live des Actes : l’évangéliste Luc.

Annonciation : Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth,(Luc I, 26)

Naissance : Un ange du Seigneur se présenta devant les bergers, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d’une grande crainte.(II, 9)

Passion : Alors un ange lui apparut, du ciel, pour lui redonner des forces.(XXII, 43)

Résurrection : Or, comme elles en étaient déconcertées, voici que deux hommes se présentèrent à elles en vêtements éblouissants. (Luc XXIV, 4)

Ascension : Voici que deux hommes aux vêtements blancs se trouvèrent à leurs côtés. (Actes I, 10)

 

Dans le témoignage de Luc, les anges sont sur tous les ponts (on pourrait même dire qu’après la présentation des personnages et du décors, ce sont eux qui lancent l’action :  Alors l’ange du Seigneur apparut à Zacharie, debout à droite de l’autel de l’encens (Luc I, 11)) et voilà qu’à la Pentecôte, pas l’ombre d’une aile, ou pour être plus fidèle à la description biblique, pas l’ombre d’un vêtement éclatant. Les anges sont les grands absents de cet évènement.

 

Pourquoi ? parce que l’ange c’est, avant tout, le messager (les termes grecs et hébreux que nous traduisons par ange signifient d’abord messager), le porteur d’une parole. Or, à partir de la Pentecôte, les messagers, c’est nous.

Les anges vont continuer à avoir un rôle dans le livre des actes (Luc les aime décidément beaucoup) mais les porteurs de la Bonne Nouvelle, de l’Evangile, seront dorénavant les témoins humains du Ressuscité.

 

Les anges maintenant, c’est nous. Et pourtant, je viens de vous le dire, les anges sont encore là dans les Actes, seulement, ils n’annoncent plus, ils n’expliquent plus mais ils préparent le terrain comme pour Philippe et Corneille, ou bien ils sont les acteurs surnaturels qui sortent Pierre de prison ou qui frappent Hérode. Cela pour nous rappeler que si dorénavant les anges, c’est nous, nous ne devons pas pour autant devenir des créatures célestes. Nous avons pour mission d’être porteur d’une bonne nouvelle mais nous restons complètement des hommes et des femmes, de simples humains, avec toutes leurs limites, avec tout (j’ose le mot ?) notre péché…

Bien sûr, nous pouvons avoir confiance en Dieu qui par son Esprit, par ses anges est aussi à l’œuvre, provoque les rencontre, suscite les prodiges (pourquoi pas ?) mais le témoignage nous est confié, c'est-à-dire qu’il nous faut prendre la parole.

Prendre la parole, c’est d’abord se dire soi, en effet, nous avons tous notre voix, nos tics de langage, nos accents, nos façons de parler et nous ne les effacerons pas comme ça. C’est aussi là que se trouve la diversité dont parle Paul. Mais c’est aussi essayer de se faire comprendre par l’autre, d’utiliser les mots qui le touchent, les gestes qu’il comprend. Etre témoin, c’est prendre le risque d’une rencontre, d’un dialogue, c’est s’exposer et découvrir l’autre. On ne témoigne pas en récitant une leçon, fût-elle un catéchisme bien appris. On témoigne en disant « je » et en disant « tu ». Et tant pis, si on est maladroit, tant pis si c’est difficile, tant pis si on nous accuse d’être des illuminés, d’être pleins de vin doux : nous sommes maintenant les messagers et ce serait dommage de ne pas porter cette bonne nouvelle.

 

Quelle bonne nouvelle ?  Je crois que la réponse est dans le discours de Pierre, ce discours que vous avez remarqué (peut-être avec reconnaissance) que j’ai écourté pour n’en garder que la fin. Et je pense qu’on peut le résumer encore en trois affirmations :

-         Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité.

-         Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous aviez crucifié.

-         C’est à vous qu’est destinée la promesse, et à vos enfants ainsi qu’à tous ceux qui sont au loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera.

 

Dieu l’a fait Seigneur ce Jésus que vous, vous avez crucifié. La Bonne Nouvelle est d’abord une contestation forte de notre manière de vivre, de notre violence, de nos jugements, de notre célébration de la force et de notre rejet de la faiblesse, de notre penchant au lynchage réel ou médiatique, de notre capacité à maudire. Là où nous humilions, Dieu élève. Là où nous frappons, il console, Là où nous enfermons, il libère, là où nous crucifions, il ressuscite. La Bonne Nouvelle est un refus de notre soif de mort. Être porteur de la Bonne Nouvelle, c’est souvent dénoncer, accuser, j’ose le mot ? protester. Mais se rappeler que nous ne sommes pas des anges et que ce que nous dénonçons, accusons, rejetons est d’abord en nous. Etre porteur de la Bonne nouvelle, c’est reconnaître que nous ne valons pas mieux que ceux à qui nous annonçons cette promesse…

Cette promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin… Pierre ne dit pas aux foules « malheur à vous qui avez crucifié le Messie, vous êtes maudit jusqu’à la 7e génération. », il leur dit « la promesse est pour vous et pour vos enfants » Il leur dit, il nous dit, vous n’êtes pas prisonniers de vos actes, de vos erreurs ou de vos crimes. Le discours de Pierre est une relecture globale de l’histoire d’Israël et il s’ouvre sur le futur, ainsi l’apôtre dit : votre histoire toute entière, passé, présent, futur peut être relue selon une lumière nouvelle, non pas selon une fatalité mais selon une promesse qui est pour vous.

 Parce que, ce Jésus, Dieu l’a ressuscité… Nos actes de morts n’emprisonnent pas Dieu. La résurrection nous dit que là où la mort nous condamne, Dieu nous fait revivre. Le plus irréparable de nos actes ne met pas un terme à l’amour de Dieu. Le recommencement est toujours possible.

 

Voilà, frères et sœurs, la bonne nouvelle, la promesse que l’Esprit nous envoie partager par nos mots, par nos gestes avec ceux qui nous sont proches, avec nos enfants et avec tous ceux qui sont au loin.

Frères et sœurs, messagers de Dieu, l’Esprit saint vous accompagne dans cette mission qui nous est confiée.

 

Amen

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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 11:36

 

Comme souvent, de retour de synode, je grogne un peu. Pas tant par méfiance congrégationaliste vis à vis de nos instances que justement parce que j'apprécie notre mode de gouvernement, ce jeu entre le local et le national. Du coup, je tique un peu quand un sujet aussi important que la jeunesse est traité en synode national sans passer par les cases Conseil Presbytéral et Synode régional, je fronce les sourcils quand des décisions sont votées en rafales, quand un texte de deux pages est soumis au vote à l'heure de la sieste sans laisser aux synodaux le temps de se l'approprier. Sans doute, suis-je un pinailleur mais je n'aime pas que par soucis d'efficacité et de chronomètre, on nourrisse ainsi le sentiment trop répandu de manipulation. Comme souvent, je ne grogne pas contre les décisions mais contre la manière dont on les a prises.
Heureusement, il y a les jeunes qui viennent me soigner un peu de cette tendance obsessionnelle à la vigilance chiquanière en me demandant dans le train de retour : "vous pensez qu'on pourra revenir ?"
La jeunesse de notre Église m'inquiète : elle vient à un synode et elle trouve le moyen de s'y enthousiasmer, de vouloir y revenir et même de participer davantage à nos débats.

Je ne suis pas animateur jeunesse (j'aime bien les gros mots théologiques et je ne sais même pas jouer de la guitare) mais je vais quand même essayer d'interpréter cette demande. Les jeunes ont fait la fête pendant ce synode, ils ont vécu la joie des retrouvailles et de la rencontre et c'est effectivement une composante non négligeable de nos synodes (en tout cas, c'est pas moi, qui dirait le contraire...)
Mais ils ont aussi vu le synode en débat, en discussion, ils ont vu comment se vivaient les prises de décisions et d'orientation de notre vie d'Église et ils ne nous disent pas "C'est chiant" ou "C'est ringard" (ça se dit encore "ringard" ?), ils nous disent : "on aimerait participer".
Peut-être aussi, ont-il ressenti qu'en synode se vit très concrètement la dimension la plus élargie de notre Eglise, sa portée internationnale, entre autre...

Alors une délégation jeunesse au synode, pourquoi pas ?  En tout cas, ça mérite réflexion, comment associer à nos synodes, ces jeunes qui  vivent l'Église (pas forcément  au niveau de l'Église locale mais aussi dans leurs engagements auprès des partenaires (ça c'est un truc que j'ai eu à réfléchir pendant le Synode : s'engager dans des associations partenaires, pour les jeunes aussi, c'est s'engager dans l'Église)...

(Y a quand même un gros bémol, c'est que si les jeunes participent aux synodes, avec mes quarante ans, mes lunettes, mon crâne dégarni et ma tendance au pinaillage, je vais vraiment me sentir un croulant de synode...)
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26 novembre
20h au Franklin
A Evreux
Café Biblique
"La prière"
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