Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

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Dimanche 24 février 2008
no-.jpgPrédication du dimanche 24 février 2008
Genèse VI, 9 à VIII, 5
Romains VIII, 19 à 24

Après une présentation de cette humanité condamnée au déluge, cette humanité qui reste la notre, nous voici au cœur de la tempête, au cœur du sujet. Dieu effaça tous les êtres qui étaient sur la terre : depuis les humains jusqu’au bétail, aux bestioles et aux oiseaux du ciel, ils furent effacés de la terre. Il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l’arche. Le déluge et l’arche. La destruction et la protection.

Il y a très longtemps, les hommes étaient très méchants. Dieu en eut assez de leur méchanceté. Alors, comme Il ne faisait pas dans le détail, Il décida de noyer la terre et tout ce qui s'y trouvait. Heureusement, Noé était gentil et il eut le droit de construire un bateau et d'y faire monter des animaux pour les sauver.
C'est souvent ainsi que l'on présente l'histoire du déluge. Une histoire édifiante où les méchants sont punis et où le juste sauve le monde. Mais si Noé est incontestablement le héro, si les méchants sont les autres hommes, quelle est la place de Dieu ? Dans un film américain, il serait le supérieur hiérarchique prévenant le héros : "Si vous ne parvenez pas à récupérer les microfilms dans les 12 heures, nous devrons bombarder la ville et vous avec". Bref, un Dieu certes puissant et juste mais incapable d'effectuer une frappe chirurgicale. C'est sans doute aussi pour cela que le récit du déluge est si souvent relégué au rang des contes enfantins. Pourtant, je crois que l’histoire de Noé est sérieuse et qu’elle va bien plus loin que ce résumé rapide.
Qu’est ce que le déluge ? C’est le monde qui se déconstruit. Il ne s’agit pas d’une averse de 40 jours et 40 nuit, il s’agit dit le texte de la voûte céleste, de cette barrière entre les eaux d’en haut et les eaux d’en bas, qui s’ouvre. Il s’agit donc d’un retour au chaos originel. Il ne s’agit pas de supprimer les humains qui sont décidément trop mauvais mais de retrancher toute vie de notre planète, la ramenant à la terre déserte du commencement. D’ailleurs, la fin du déluge s’inscrit comme le début d’une création : Dieu envoya un souffle sur la terre et les eaux baissèrent. Ce souffle sur la terre inondée est bien le même que ce souffle de dieu qui planait à la surface de l’eau.
Bref, je ne vois pas dans ce récit du déluge l’histoire d’un coup de torchon d’un Dieu en colère, un grand nettoyage de printemps qui s’est passé il y a très longtemps. Le déluge me parle d’un monde qui se désagrège à cause de la folie des hommes, de ce monde dans lequel je vis. Il me dit que l’homme n’est pas la seule victime de sa propre folie : quand la Bible parle de tous les animaux, il faut bien sûr comprendre tout ce qui est vivant. Oui, par son orgueil qui le pousse dans une véritable fuite en avant, par sa violence qui l’empêche de respecter ce qui vit, l’homme oppose à l’acte créateur de Dieu un acte dé-créateur. C’est de cette réalité que nous parle le récit du déluge.
Attention, il ne s’agit pas de voir dans le déluge, une sorte de prédiction qui annonçait avec plusieurs siècles d’avance, ce qui se passe aujourd’hui, le réchauffement de la planète, les catastrophes écologiques ou que sais-je encore. A chaque génération, le récit du déluge parle de son quotidien, de sa peur et de sa responsabilité. Mais ce récit n’est pas seulement menace ou constat, il est aussi promesse.

 Tout d’abord, même en maintenant une lecture littérale, même en conservant l’idée que le déluge est envoyé par Dieu, il faut garder en tête que ce déluge dure 40 jours, un nombre qui dans la Bible signifie la préparation et la reconstruction. Ainsi, même le Dieu terrible qui provoque le déluge est avant tout un Dieu qui reconstruit, qui ouvre un avenir.
Mais surtout, il n’y aurait pas de sens à parler du déluge sans parler de l’arche. Face à ce monde qui se délite, Dieu pose un bateau, ou plutôt, une arche, c'est-à-dire un coffre. Et j’insiste sur ce terme de coffre puisque c’est effectivement ce dont il s’agit : bien plus qu’un bateau, l’arche est un coffre-fort, à l’intérieur duquel Dieu préserve ce qu’il a de précieux : un échantillon de tout ce qui vit, non pas en souvenir mais pour repartir.
Le récit du déluge, bien plus que d’un Dieu qui détruit me parle d’un Dieu qui préserve. Et il m’enseigne bien des aspects de cet acte protecteur de Dieu.
Commençons par le plus tragique : dans ce récit, Dieu ne peut protéger tout le monde. Seule une famille humaine est sauvée. On peut bien sûr rappeler que c’était la seule famille juste (enfin la famille du seul juste serait plus respectueux du texte biblique mais il faut également dire que seul un couple de chaque espèce animale (ou 7 pour les animaux purs). Cela sous entend un choix, un choix qui peut paraître injuste ou arbitraire, un choix qui est sans doute impossible. Mais vaut-il mieux laisser périr tout le monde quand on ne peut en sauver qu’un seul ? Et puis cette dimension tragique est tout de même atténuée si on se rappelle que le récit du déluge se situe moins à l’échelle de l’individu qu’à l’échelle du vivant. Or à l’échelle du vivant : toutes les espèces sont sauvées et c’est là, la volonté de Dieu. L’acte protecteur de Dieu ne nous préserve pas de tous les coups mais il empêche l’anéantissement complet.
Le deuxième aspect évident est la solidarité à nouveau affirmée entre l’humain et le reste du vivant. Si tout ce qui est vivant souffre de la folie de l’homme, l’humain ne sera pas préservé sans ce qui l’entoure. Ce discours peut nous sembler assez banal, abreuvés comme nous le sommes par le souci écologique. Mais il ne faut pas oublier que pour la Bible, l’anthropocentrisme est de rigueur : l’humain n’est pas seulement une partie de la création, il en est le sommet, l’aboutissement. Mais ici, le texte lui rappelle que, quelle que soit sa place, il ne peut exister seul. On retrouvera d’ailleurs cette solidarité dans Paul et même dans l’apocalypse : « un ciel nouveau et une terre nouvelle. »
Fais–toi une arche en bois de résineux ; tu diviseras cette arche en cellules et tu la couvriras d’un enduit, au dedans et au dehors. Voici comment tu la feras : l’arche aura trois cents coudées de longueur, cinquante coudées de largeur et trente coudées de hauteur. Tu feras à l’arche une ouverture d’une coudée, disposée tout en haut ; tu placeras la porte de l’arche sur le côté ; tu feras un étage inférieur, un deuxième et un troisième (Gen VI, 14 à 16) et les légendes juives sont nombreuses qui mettent Noé à l’œuvre à l’intérieur de l’arche pendant et après le déluge, courant de cellule en cellule pour s’occuper des animaux dont il a la charge. L’acte protecteur de Dieu ne suscite pas l’oisiveté, bien au contraire, il met l’homme au travail.
Pour le quatrième aspect de cet acte protecteur de Dieu, il faut faire appel à notre imagination. Après tout le récit du déluge n’est pas seulement un récit théologique riche en symbole et en enseignements, c’est aussi un conte, il nous invite donc à nous projeter un peu. Imaginez-vous donc dans une caisse de  avec toute votre famille. Ajoutez-y un représentant de chaque espèce animale. Dites-vous bien que vous allez y rester un an sans mettre le nez dehors. Imaginez l’enfermement, le bruit, l’odeur et vous aurez une petite idée de la vie de Noé et des siens dans l’arche. Il faudrait dire aussi les choc des eaux déferlent sur l’arche, la peur d’être ainsi à la merci des éléments, le désespoir de ne voir de terre sèche nulle part. Je crois qu’il est important de se représenter cette vie de Noé de façon aussi concrète parce que la protection de Dieu n’est justement pas un cocon douillet et magique. Or, bien souvent, ce qui nous fait douter de la présence de Dieu dans notre vie, de sa protection, c’est justement l’inconfort, la peur, le sentiment de n’être pas tant à l’abris que ça. Sous son aspect enfantin, l’arche de Noé nous parle de façon très réaliste de cette protection qui est tout sauf confortable. Il nous parle de cette protection qui semble si faible alors qu’elle est si forte. Et ainsi, ce texte peut ouvrir une véritable espérance pour tous ceux qui souffrent, pour tous ceux qui doutent, pour tous ceux qui espèrent. Parce qu’avec un tel texte, aucun désastre, aucun doute, aucune peur ne prouve l’absence de Dieu.

Frères et sœur, ce conte de Noé » vient répondre à nos peurs qu’elles soient cosmiques ou intimes. Non, l’humanité ne disparaîtra pas. Non, les tempêtes qui bouleversent nos vies ne signifient pas que nous sommes abandonné de Dieu.
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Mercredi 20 février 2008
Cette note aurait du être mise en ligne hier. Mais le calendrier et moi...
Quand ma maman s'interroge sur les causes de mon protestantisme, elle va chercher du côté de l'esprit de contradiction qui a marqué mon enfance et mon adolescence (j'ai hélas beaucoup vieilli). Elle évoque aussi un épisode dont l'authenticité me paraît douteuse : j'aurai, pendant un mariage, fait pipi sur une statue de la Vierge.
Mais ma maman omet une piste : j'ai été élevé par une gériâtre. Il se pourrait bien que ce soit d'elle que me vient la conviction que l'on peut tout recevoir sans le gagner, sans le mériter, parfois même sans l'accepter (NB je ne parle pas ici d'acharnement thérapeutique mais seulement de soins et d'attention). Il se pourrait également que ce soit à elle que je dois ma certitude qu'une oeuvre n'a pas besoin d'être utile pour être bonne et nécessaire...
Merci de ne pas chercher d'intention polémique dans cette note. C'est juste un clin d'oeil en guise d'hommage.
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Mardi 19 février 2008
gifttrap.jpg
Plaisir d'offrir, joie de recevoir.


Le concept est simple : une liste de cadeaux parmi lesquels vous devrez choisir quoi offrir à chacun de vos adversaires. Ensuite, dans cette même liste  vous déterminerez ce que vous aimeriez recevoir et ce dont vous ne voudriez pour rien au monde. Vous marquez des points quand vous offrez un cadeau qui plaît et quand vous recevez ce que vous souhaitiez.
Problème : vous ne pouvez pas offrir deux fois le même cadeau. Alors ce safari au Kenya vous l'offrez à Sophie ou à Marc ?
Problème : vos adversaires ont parfois des goûts bizarres "Ah bon ? Tu voudrais une lampe disco chez toi ?" Ou des désirs surprenants "Ah ouais ? Tu aimerais survoler la Nouvelle Zélande en hélicoptère ? Alors que tu as peur de l'avion !"
Problème: Vos adversaires ne vous connaissent pas si bien que ça "Mais c'est pas parce que mes parents me forcent à jouer d'un instrument que j'ai envie d'assister à un festival de musique !"
Vous pouvez sortir Gift Trap pour vous entraîner, à l'approche de Noël. Vous pouvez aussi l'utiliser dans un groupe, disons après deux ou trois réunion, histoire que tout le monde ait un peu l'impression de se connaître. On peut jouer à Gift Trap à peu près à tout âge (enfin, passé 9-10 ans) et une partie peut servir de base à une discussion sympa sur les autres, la façon dont on croit les connaître, dont ils nous perçoivent ou à une petite réflexion sur le regard... Si on veut aller plus loin, on peut aussi pousser l'analyse d'une partie : il y a deux pistes de scores : une pour les points que l'on gagne en recevant, une pour les points que l'on gagne en offrant. Et sur les parties auxquelles j'ai joué, ceux qui avancent rapidement sur l'une avancent plus lentement sur l'autre...
Et puis, comme on est pas obligé d'y parler, Gift Trap offre un bonus non négligeable : même les plus timides (vous savez, la petite brune qui n'ouvre jamais la bouche) s'y dévoilent un peu...
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Lundi 18 février 2008
Il y a déjà un petit bout de temps, un lecteur me posait par e-mail la question suivante : Grace au Christ il est promis aux chrétiens la vie éternelle après la mort. Qu'en est-il pour les hommes des TOUTES les AUTRES religions ? Que deviendront-ils ?
À dire vrai, je suis quelque peu géné par la formulation : je ne crois pas qu'après la mort, l'âme s'envole en direction du paradis ou chute vers l'enfer. Je crois, en revanche, à une mort complète et à une résurrection finale. Lors de cette résurrection, je crois en effet que ceux qui ont placé leur confiance en Christ seront pris à ses côtés. Et les autres ? Une réponse classique de théologiens plus avisés que moi c'est "nous ne pouvons rien en dire, nous ne pouvons témoigner que de notre salut" C'est bien sûr très vrai, et cela évite pas mal de spéculations. Cependant, me soucier du sort des autres me semble assez cohérent avec mon christianisme. Et puis, au delà de spéculation sur l'au-delà (qui n'est pas un crime non plus), cela ouvre une question qui a son importance : "sommes-nous sauvés par le Christ ou par notre foi en lui ?"
Si l'on s'en tient à l'heure dernière, pour ma part, je réponds que ce n'est pas notre foi qui entrera en ligne de compte. Je crois en effet que tous seront sauvés. Mais cette déclaration n'est ni la conclusion d'un raisonnement logique, ni une affirmation dogmatique : il sera facile de trouver des versets pour me contredire (et s'ensuivra une longue bataille de versets et d'interprétation). Ce n'est pas non plus un procès que j'intenterais à Dieu sur le mode "Si Dieu ne sauve pas tout le monde, alors il n'est pas bon". Je ne parle pas d'avantage d'un salut de masse, aveugle, un salut à la pelle, en fait je ne devrais pas parler du salut de tous mais du salut de chacun. Je crois qu'à l'heure dernière, chacun, quelle qu'ait été son histoire, sa foi, sera saisi dans l'amour de Dieu. C'est une profession de foi : je crois que le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
Cependant cette profession de foi sur l'heure dernière ne doit pas faire oublier que le salut est d'abord une vérité immédiate : c'est dès maintenant que je suis accepté par Dieu, et c'est dès maintenant que cela change ma vie. Or, ce changement de regard, cette libération ne se vit que dans la confiance en Jésus Christ. Si le salut est promis à tous, seule la foi en Christ permet de le vivre dès aujourd'hui.
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Dimanche 17 février 2008
Prédication du dimanche 17 février 2008
Romains III, 9 à 20
Matthieu XII, 38 à 42
Genèse VI, 1 à 13

Pendant ce temps de carême, je vous propose de suivre un des personnages bibliques les plus célèbres, celui dont l’aventure est le plus souvent représentée, un personnage que l’on réserve d’ordinaire aux enfants. Pourtant, son histoire est tout à fait sérieuse et à bien des égards sombre et tragique. Nous suivrons la geste de Noé.

A quoi ressemblait la terre avant le déluge ? Je veux dire, à quoi ressemblait cette humanité dont la méchanceté se multipliait sur la terre ? Si j’en crois les péplums bibliques hollywoodiens, l’orgie, la violence et l’idolâtrie régnaient sur terre. Et la Bible, qu’en dit-elle ?
Le texte nous parle également de violence : « à cause des hommes, la terre est rempli de violence ». Mais elle ne parle ni d’orgie, ni d’idolâtrie, son propos est bien moins visuel, je crois qu’il faut aller chercher la méchanceté qui se multiplie dans cette histoire mystérieuse de géants engendrés par les fils de Dieu et les filles d’homme. Sur ces fils de Dieu qui trouvent les filles d’homme à leur goût, on a raconté beaucoup de choses : anges déchus ou non, extra-terrestres, récemment j’ai trouvé une interprétation intéressante : les fils de Dieu seraient les descendant de Seth qui se seraient laissé séduire par les descendante de Caïn, les filles d’homme. Mais en fait, savoir qui étaient les fils de Dieu et qui étaient les filles d’homme et même qui était leur progéniture, ces géants et ces héros ne me paraît pas vraiment nécessaire pour comprendre qu’ici ce texte nous parle de confusion et d’autre part, d’orgueil.
En premier lieu, il y a indifférenciation, ce qui est de Dieu et ce qui est de l’homme se mélange. Or cette confusion est un retour en arrière. La création du monde raconte comment Dieu met de l’ordre, comment il sépare la lumière des ténèbres, les eaux d’en haut et les eaux d’en bas, la terre sèche de l’océan… Et voilà qu’ici tout semble se mélanger à nouveau, retourner au magma originel.
Et cela donne naissance aux héros, à ces hommes qui se confondent avec ces mystérieux géants censés peuplés la terre. Je vois dans ces héros, dans ces géants l’homme qui domine, l’homme qui s’élève par la seule force de son bras, l’homme qui prétend à être, par lui-même, un dieu, l’homme qui veut se faire un nom. Ces héros sont ainsi figure de l’orgueil d’un humain qui refuse sa place de créature et prétend dominer seul le monde. Cet orgueil dont découle toute violence.
Alors, loin du cinéma et des gravures, loin des images grandguignolesque, loin des orgies et des sacrifices humains se déroulant dans l’ombre de terrifiantes idoles, le monde d’avant le déluge, ce monde ou règne la méchanceté est un monde de confusion ou dominent l’orgueil et la violence. Bref, un monde qui ressemble singulièrement au nôtre. En effet, la culture de masse a envahis le monde, et quel que soit le continent on s’habille pareil, on mange pareil on regarde et on lit les même choses, l’homme gagne chaque jour en puissance et prétend chaque jour dominer un peu plus sur le monde qui l’entoure et la violence est omniprésente : le fort écrase le faible, le riche saigne le pauvre…
Il est inutile d’aller très loin pour imaginer le monde antédiluvien, inutile de faire appel à un imaginaire fantastique : il suffit d’ouvrir nos journaux…
Suis-je en train d’annoncer l’imminence du déluge ? Devrions nous démonter les charpentes de ce temple pour bâtir une arche ? Ce serait oublier deux choses. Premièrement ce que je viens de dire sur notre monde n’est pas propre à notre époque. Oui, nous vivons dans une période trouble, une période de mutation mais il ne faut pas rêver à l’âge d’or. La violence, l’orgueil de l’homme et même la confusion ont toujours existé et au regard d’autres époques, je ne suis pas sûr qu’elles soient bien plus grandes aujourd’hui. En fait, je pense que chaque génération humaine ressemble à l’humanité antédiluvienne…
Et puis surtout, le récit biblique du déluge n’est pas le récit d’une condamnation et d’une fin mais celui d’une restauration et d’une promesse. Mais nous aurons tout le temps de parler de ce Noé dont le nom évoque la restauration, et il y a quand même un déluge.

« Toute chair avait une conduite dissolue sur la terre et Dieu dit à Noé : Pour moi, la fin de toute chair est arrivée ! Car à cause des hommes la terre est remplie de violence et je vais les dissoudre avec la terre ». Qu’on lise le déluge comme un châtiment envoyé par Dieu ou comme la conséquence de la malignité des hommes, une chose demeure : le déluge est une dé-création, c’est un retour au tohu-bohu primitif. Le déluge, c’est l’échec de la création, un échec que le texte dit dans des termes très forts : Dieu se repent d’avoir fait l’homme sur la terre. Dieu veut repartir à zéro, tirer un trait sur ce qu’il a commencé et reprendre, peut-être, une œuvre nouvelle sur une page neuve. Et paradoxalement, de cette colère de Dieu, nous pouvons tirer un message d’amour : ce repentir de Dieu nous dit  aussi l’incroyable intérêt qu’il nous porte : notre orgueil, notre violence sont une véritable blessure pour lui. Nous ne sommes rien au regard de la grandeur de Dieu et pourtant, il nous prend tellement à cœur que nous avons le pouvoir de l’excéder, de le faire se repentir. Dieu nous aime d’un tel amour que nous pouvons lui déchirer, littéralement lui retourner, le cœur. On est bien loin du Dieu horloger, indifférent à ce monde, on n’est bien loin d’un Dieu qui nous prend de haut. Cette colère de Dieu face à la méchanceté de l’homme, loin de nous parler d’un juge lointain, nous dit un Dieu dont le cœur saigne pour nous.
Et puis se produit un véritable prodige, quelque chose de bien plus incroyable qu’un déluge de 40 jours qui noie la terre : Dieu ne met pas son projet à exécution : Il renonce à repartir de zéro. En effet, alors que le temps du repentir n’est plus, alors que sa décision est arrêtée : cette terre dissolue sera dissoute, un homme trouve grâce aux yeux de Dieu et en cet homme sera préservée non seulement l’humanité mais la création toute entière.

De cet homme, dont le nom Noé, évoque la restauration, le texte nous dit qu’ « il trouvé grâce aux yeux de YHVH » et qu’il était « juste et intègre et qu’il suivit les voies de Dieu ».
Alors si l’on suit une lecture classique on peut avoir l’impression que alors que Dieu, excédé par la méchanceté de l’homme, décide d’en finir, il se rend compte qu’un homme, tel un petit village gaulois face à l’envahisseur romain, a résisté à la malignité ambiante et que Dieu décide d’épargner cette homme qui sera la bonne graine d’où repartir. C’est une lecture possible, mais compte tenu de l’ordre du texte qui nous dit d’abord que Noé trouva grâce aux yeux de YHVH, compte tenu que le seul signe de la justice de Noé se trouve dans son obéissance au commandement de construire l’arche, on peut légitimement se poser la question « Noé a-t-il trouvé grâce parce qu’il était juste ou Noé a-t-il été juste parce qu’il a trouvé grâce ? » Tout est affaire de lecture et quelle que soit notre réponse à cette question, le résultat est le même : en Noé, c’est toute l’humanité qui est épargnée (et on verra que cette humanité est bien la même avant et après le déluge)

Frères et sœurs, Dieu n’est pas indifférent au mal qui règne dans le monde, son cœur saigne et se révolte lorsque nous nous opposons à son projet créateur. Mais sa persévérance et sa fidélité sont plus grandes encore que sa colère et quand nous revenons au chaos, alors même que tout est perdu, il suscite des justes par lesquels notre humanité et la création toute entière peuvent repartir.

Amen
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Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



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