Voici donc terminé mon troisième synode national. Un synode qui m'a nettement moins enthousiasmé que les précédents (et c'est une litote).
Mais il est sans doute nécessaire d'expliquer ici ce qu'est un synode (il est possible que cela reste mystérieux même pour mes lecteurs protestants) Le synode national est l'instance de gouvernement de l'Église Réformée de France. Pendant trois jours des délégués de chacune des 8 régions de l'E.R.F (autant de pasteurs que de laïcs) se réunissent pour réfléchir, débattre et voter les grandes orientations de l'E.R.F. Autours de ces membres á voix délibérative, se réunissent également des membres à voix consultative (représentants des différents organismes de l'E.R.F) et des invités (pour la plupart, représentants d'autres Églises). En tout plus de 200 personnes dont plus de 70 votants réunis pour des heures de travaux de groupe et d'assemblée pléniaire, de temps de pause et de repas aussi bien sûr, ces coulisses synodales tellement riches d'information et d'enseignement qu'elles sont part intégrante du travail synodal.
Délégué au synode national, c'est en premier lieu intéressant. Notre Église est une Église de débat et c'est souvent en synode que se vit en premier cette dimension. Les travaux et discussions en amont d'une décision ont parfois plus d'intérêt que la décision elle-même. Parfois même, cela peut prendre un tour exaltant quand les décisions á prendre sont susceptibles d'entraîner des transformations profondes de notre Église. J'imagine que ça a été le cas quand il a s'agit d'accepter les femmes au ministère pastoral. J'imagine que ce sera à nouveau le cas lorsque notre Église osera (enfin) entrer vraiment dans le débat sur l'homosexualité.
Délégué au synode national peut être aussi frustrant et douloureux. En effet, notre Église est humaine et comme toute institution humaine, elle est lieu de conflits de pouvoir, de querelles de personne. Or, ces mesquineries se manifestent tout particulièrement dans les synodes.
Délégué au synode national, c'est enfin une tâche exigeante. En effet, la tentation est grande de se contenter de ratifier les propositions des représentants des commissions ou de suivre tranquillement la majorité (les votes se font à main levée). Il est plus difficile de potasser les dossiers, de se faire une opinion personnelle et de défendre cette opinion par la prise de parole et le vote, quitte à aller à contre-courant. Et pourtant, c'est justement ce courage et cette responsabilité qui sont demandés à chaque délégué afin que le synode reste une instance de gouvernement et non un simple organe d'avalisation. Courage et responsabilité donc, pour voter en son âme et conscience mais aussi humilité : une fois qu'une décision est votée, la collégialité veut que chacun en soit solidaire...
Cette année, notre synode national m'a déçu pour des raisons fastidieuses à expliquer ici. Mais sans doute est-ce une bonne manière de me rappeler que nos institutions aussi nécessaires, aussi respectables soient-elles, sont profondément faibles et fragiles.
Dans notre ambition : "Se réformer pour annoncer l'évangile ensemble"(le titre et le projet de notre synode), nous avons sans doute perdu de vue que
J. Ellul : La subversion du christianisme.
L'Eglise véritable est toujours au-delà de nos institutions.
Une roue, crantée à l'intérieur, et un jeu de pièces par joueur. Le principe est simple : à tour de rôle chaque joueur doit poser une pièce dans la roue, en respectant deux règles :




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