Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

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Mercredi 31 mai 2006

Voici donc terminé mon troisième synode national. Un synode qui m'a nettement moins enthousiasmé que les précédents (et c'est une litote).

Mais il est sans doute nécessaire d'expliquer ici ce qu'est un synode (il est possible que cela reste mystérieux même pour mes lecteurs protestants) Le synode national est l'instance de gouvernement de l'Église Réformée de France. Pendant trois jours des délégués de chacune des 8 régions de l'E.R.F (autant de pasteurs que de laïcs) se réunissent pour réfléchir, débattre et voter les grandes orientations de l'E.R.F. Autours de ces membres á voix délibérative, se réunissent également des membres à voix consultative (représentants des différents organismes de l'E.R.F) et des invités (pour la plupart, représentants d'autres Églises). En tout plus de 200 personnes dont plus de 70 votants réunis pour des heures de travaux de groupe et d'assemblée pléniaire, de temps de pause et de repas aussi bien sûr, ces coulisses synodales tellement riches d'information et d'enseignement qu'elles sont part intégrante du travail synodal.

Délégué au synode national, c'est en premier lieu intéressant. Notre Église est une Église de débat et c'est souvent en synode que se vit en premier cette dimension. Les travaux et discussions en amont d'une décision ont parfois plus d'intérêt que la décision elle-même. Parfois même, cela peut prendre un tour exaltant quand les décisions á prendre sont susceptibles d'entraîner des transformations profondes de notre Église. J'imagine que ça a été le cas quand il a s'agit d'accepter les femmes au ministère pastoral. J'imagine que ce sera à nouveau le cas lorsque notre Église osera (enfin) entrer vraiment dans le débat sur l'homosexualité.

Délégué au synode national peut être aussi frustrant et douloureux. En effet, notre Église est humaine et comme toute institution humaine, elle est lieu de conflits de pouvoir, de querelles de personne. Or, ces mesquineries se manifestent tout particulièrement dans les synodes.

Délégué au synode national, c'est enfin une tâche exigeante. En effet, la tentation est grande de se contenter de ratifier les propositions des représentants des commissions ou de suivre tranquillement la majorité (les votes se font à main levée). Il est plus difficile de potasser les dossiers, de se faire une opinion personnelle et de défendre cette opinion par la prise de parole et le vote, quitte à aller à contre-courant. Et pourtant, c'est justement ce courage et cette responsabilité qui sont demandés à chaque délégué afin que le synode reste une instance de gouvernement et non un simple organe d'avalisation. Courage et responsabilité donc, pour voter en son âme et conscience mais aussi humilité : une fois qu'une décision est votée, la collégialité veut que chacun en soit solidaire...

Cette année, notre synode national m'a déçu pour des raisons fastidieuses à expliquer ici. Mais sans doute est-ce une bonne manière de me rappeler que nos institutions aussi nécessaires, aussi respectables soient-elles, sont profondément faibles et fragiles.

Dans notre ambition : "Se réformer pour annoncer l'évangile ensemble"(le titre et le projet de notre synode), nous avons sans doute perdu de vue que

ce n'est jamais l'Église qui peut s'auto-réformer elle-même. L'experience cent fois faite de la recherche honnête et scrupuleuse de meilleures institutions, d'une réforme par voie réglementaire ou juridique, d'une recherche sérieuse de moyen plus vrais d'évangélisation, intérieure ou extérieure, tout cela est vain, échoue inévitablement.

J. Ellul : La subversion du christianisme.

L'Eglise véritable est toujours au-delà de nos institutions.

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Mardi 30 mai 2006

Qui suis-je ? Souvent ils me disent

Que de ma cellule je sors

Détendu, ferme et serein,

Tel un gentilhomme de son chateau.

 

Qui suis-je ? Souvent ils me disent

Qu'avec mes gardiens je parle

Aussi librement, amicalement et franchement

Que si j'avais à leur donner des ordres.

 

Qui suis-je ? Souvent ils me disent

Que je supporte les jours de l'épreuve

Impassible, souriant et fier,

Ainsi qu'un homme accoutumé à vaincre

 

Suis-je vraiment celui qu'ils disent ?

Ou seulement cet homme que moi seul connais,

Inquiet, malade de nostalgie, pareil à un oiseau en cage,

Cherchant mon souffle comme si on m'étranglait

Avide de couleurs, de fleurs, de chants d'oiseaux

Assoiffé de bonnes paroles et d'une espérance humaine

Tremblant de colère au spectacle de l'arbitraire et de l'offense la plus mesquine

Craignant et ne pouvant rien faire pour des amis infiniment lointains

Si las, si vide que je ne puis prier, penser, créer,

N'en pouvant plus et prêt à l'abandon.

 

Qui suis-je ? Celui-là ou celui-ci ?

Aujourd'hui cet homme et demain cet autre ?

Suis-je les deux à la fois ?

Un hypocrite devant les hommes

Et devant moi un faible, méprisable et piteux ?

Ou bien ce qui est encore en moi ressemble-t-il à l'armée vaincue

Qui se retire en désordre devant la victoire déjà remportée ?

 

Qui suis-je ? Dérision que ce monologue !

Qui que je sois, Tu me connais :

Tu sais que je suis Tien, ô Dieu !

Dietrich Bonhoeffer

Prison de Tegel, été 1944

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Lundi 29 mai 2006

Une roue, crantée à l'intérieur, et un jeu de pièces par joueur. Le principe est simple : à tour de rôle chaque joueur doit poser une pièce dans la roue, en respectant deux règles :

 

- suivre le sens de construction

 

- poser sa pièce plus haut que celle posée par le joueur précédent

 

Le but du jeu est de poser toutes ses pièces, en sachant que celui qui provoque la chute de pièces les récupère. Un principe simple pour un jeu d'adresse plus méchant qu'il n'y parait. Un principe simple qui n'illustre pas mal certains aspects de notre société. Cette pensée unique qui oblige tout le monde à aller dans le même sens, cette volonté de toujours s'élever au dessus de l'autre ne sont-elles pas cause de bien des effondrements ? Sommes nous vraiment condamnés à simplement poser nos pièces en espérant ne pas être celui qui fera tout tomber ? Un beau jeu qui peut facilement servir de support à une réflexion sur ce monde où tout nous amène à pousser l'autre à provoquer la chute.

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Mardi 23 mai 2006

- Jésus Christ nous sauve !

- Ben oui mais de quoi ?

C'est vrai que le salut est un de ces mots que nous employons facilement en Eglise sans même plus nous interroger sur la façon dont le comprennent ceux qui nous écoutent. Nous insistons sur la gratuité complète de ce salut. Nous affirmons qu'il a été accomplis par la mort et la résurrection de Jésus Christ. Mais sur ce en quoi il consiste, nous sommes bien moins bavard...

En reprenant les fiches proposées par Philippe Gross et Isabelle Marc-Bousquet dans Le baptême de votre enfant, j'ai trouvé ce petit pannel de formules expliquant le salut. Et j'avais envie de t'interroger, toi qui me lis, que tu sois chrétien (catholique, protestant ou , qui sait ?, orthodoxe), juif, musulman, boudhiste ou encore athée ou agnostique, quand je parle de salut, qu'est ce que tu entends ? Qu'est ce que tu comprends ? Quelle formulation te touche?

- Le salut est possibilité d'être homme face à Dieu, de vivre une nouvelle relation avec Dieu qui me dit : "tu es mon enfant"

- Le salut est victoire sur le pouvoir de la mort et de tout ce qui serait mortifère

- Le salut est réconciliation, certitude de ne pas être jugé par Dieu selon mes oeuvres

- Le salut est possibilité de vire en acceptant ma propre finitude

- Le salut est offre de sens pour ma vie

- le salut est libération de ce qui m'enchaîne

Peut-être aussi, auras-tu une proposition de formule ?

 

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Dimanche 21 mai 2006

Dans toute la ville, on raconte que Demetrius est devenu fou. Demetrius, moi, je le connais, je travaille pour lui. Demetrius est gardien en chef à la prison. Demetrius c’est un homme inquiet. Toujours soucieux, toujours en train d’avoir peur d’une évasion ou d’une rébellion de prisonniers, toujours en train de se demander si ses supérieurs sont contents de lui, toujours angoissé à l’idée de perdre sa place… Et comme il est inquiet, il est exigeant, dur même… Dur avec lui-même, dur avec les autres aussi. Dur avec nous qui travaillons sous ses ordres, dur avec ses prisonniers…

 Mais depuis un an déjà, Demetrius a complètement changé. Un jour on lui a amené deux prisonniers, deux juifs. Je ne sais plus ce qu’ils avaient fait… Je me souviens que le procès avait été rapide. A mon avis, ce n’étaient pas des criminels. Ils devaient plutôt déranger des gens influents. Enfin, bref, on les a jugés, on les a fouettés et on les a amenés à Demetrius en lui disant : « Surveille les bien ! » Alors Demetrius les a solidement enchaînés et les a enfermé au fond du cachot. Il est resté un moment à les surveiller. Ils chantaient et priaient leur Dieu. Ce qui m’avait surpris c’est qu’ils ne Lui demandaient pas de les libérer, ils se contentaient de dire combien il était grand… Bizarre non, dans leur situation ? En tout cas Demetrius s’est dit : « Avec ceux-là, on est tranquille, ils ne nous causeront pas de problèmes… ». Et il est allé se coucher.

 Et au milieu de la nuit, c’est un grand bruit qui l’a réveillé. Tous les murs bougeaient. La terre tremblait. Demetrius a bondit de son lit, il nous a appelé et nous nous sommes précipités vers la prison pour voir les dégâts. La prison était toujours debout mais la porte était grande ouverte. Fou d’inquiétude, Demetrius est entré. A l’intérieur, toute les portes étaient ouvertes aussi, toutes les grilles étaient tombées. Alors Demetrius a tiré son épée. En une nuit, tous ses prisonniers s’étaient évadés, tout le travail de sa vie était anéanti, il n’avait plus qu’à mourir. Il allait se jeter sur son épée. Quand une voix a retentit du fond du cachot : « Ne te fais pas de mal ! Nous sommes tous ici ! » C’était la voix d’un des 2 prisonniers juifs. Alors Demetrius a pris une torche, il est entré dans le cachot… Tous les prisonniers étaient là. Leurs chaînes étaient tombées, les portes étaient ouvertes mais tous, ils étaient restés là, autours des deux prisonniers juifs.

Alors Demetrius s’est jeté à leurs pieds en disant : « Moi aussi, je veux être sauvé ». L’un des deux juifs, il s’appelait Paul, l’a relevé et lui a dit : « Aie confiance en Jésus Christ et tu seras sauvé ». Demetrius a invité les deux juifs chez lui. Il a pansé leurs plaies, soigné les marques des coups qu’ils avaient reçu. Il leur a fait préparer un repas et il les a écouté. Ils lui ont raconté comme le Dieu unique a créé la terre. Comment pour libérer les hommes de leurs esclavages, ce Dieu unique nous a rejoint, comment il s’est fait homme en Jésus Christ. Il lui ont raconté comment ce Jésus Christ a été crucifié, mis à mort, et comment il a pardonné à ceux là-même qui le torturaient. Ils lui ont raconté comment Jésus, le Christ est ressuscité au bout de trois jours et comment il promet une vie nouvelle à quiconque le suit. Demetrius a dit : moi aussi, je veux suivre Jésus le Christ. Alors, ils l’ont baptisé, lui et toute sa famille, ils l’ont plongé dans l’eau et ils lui ont dit : tout ce qui te retenait loin de Dieu est mort avec Jésus, sur la croix, c’est noyé, englouti, et toi, comme Jésus est ressuscité des morts, tu peux renaître, tu peux commencer une vie nouvelle…

 Depuis ce jour, Demetrius fait partie de ceux qu’on appelle les chrétiens, les disciples de Jésus le Christ. Avec d’autres, il se réunit chez une certaine Lydie, ensembles, il prient, ils parlent de Jésus, ils reçoivent des lettres de Paul, vous savez le prisonnier et ils partagent le pain et le vin. En partageant ce pain et ce vin, ils se rappellent que c’est Jésus le Christ qui les fait vivre, et ils se rappellent qu’il est toujours avec eux…

Mais ce n’est pas ça, le plus surprenant, le plus surprenant, c’est que Demetrius a changé. Il n’est pas parfait, non ! Mais quand il regarde les autres, ce n’est plus avec peur, avec inquiétude, avec méfiance, quand il regarde les autres, c’est avec confiance, avec espérance, avec amour. Même nous, ses esclaves, il nous appelle «  mes frères ».

C’est pour tout ça qu’en ville tout le monde dit que Demetrius est fou. Et ils ont raison, mon maître est fou. Fou comme la croix où Dieu meurt pour sauver les hommes, fou comme le tombeau dont un mort se relève, fou comme l’amour qui va jusqu’au bout. Fou aussi comme l’histoire d’un gardien de prison délivré par ses prisonniers. Parce que peut-être que mon maître est fou, mais quand je vois son espérance, sa confiance, et quand je regarde ma vie, avec mes chaînes, avec mes peurs, mes angoisses, mes haines, mes rancunes, mes regrets… Je me dis que cette folie, moi aussi, j’aimerais la vivre. Je me dis que ce Jésus Christ, moi aussi, j’aimerai le suivre.

Prédication narrative

D'après Actes des apôtres XVI, 16 à 34

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Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



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