Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

Un commentaire ici

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Mercredi 27 juin 2007

Prédication du dimanche 24 juin 2007
Romains VIII, 38-39
Matthieu X, 29-31
Psaume 139

A propos du psaume 139, je ne résiste pas à l’envie de vous raconter une anecdote croustillante. Nous sommes au rassemblement jeunesse Mesnières en Bray, un groupe de comédien évangélique nous présente un sketch dans lequel un jeune homme essaye de résister aux avances pressantes d’une jeune femme en priant avec l’aide du psaume 139. Seulement, ayant oublié sa traduction habituelle, l’acteur demande au public de lui prêter une bible. On lui tend une Segond dans laquelle il pourra lire son texte. Maintenant, je vous laisse imaginer la réaction d’un public de 15-25 ans quand, dans un contexte de flirt torride, on lit : Tu pénètres toutes mes voies (…) Tu m’entoures par derrière et par devant, Et tu mets ta main sur moi.
Si je vous raconte cette anecdote, ce n’est pas pour ouvrir une réflexion sur le langage érotique utilisé par les mystiques, mais pour dire que le psaume 139 réserve plusieurs surprises. Ce matin, j’en relèverai trois : une surveillance pour laquelle on rend grâce, la localisation de Dieu et une louange inconfortable.

Et Caïn était dans la tombe
Et l'œil était dans la tombe et regardait Caïn

J'aurai pu dire aussi Big Brother is watching you, tant ce psaume semble nous parler d'une surveillance constante. En effet, ce Dieu qui sais "quand je m'assieds et quand je me lève, quand je marche et quand je me couche", qui sais ce que je vais dire avant même que je ne parle, ressemble beaucoup à un surveillant dont il est impossible de tromper la vigilance. "Attention, Dieu te regarde ! Il sait ce que tu as fait hier soir, quand personne ne te voyait. Il sait quelles noires pensées tu rumines au fond de ton cœur." Nous connaissons tous ce discours dans lequel Dieu apparaît comme la caméra de surveillance suprême, l'œil de Moscou.
Et pourtant, le psaume ne résonne pas comme une menace, le psalmiste ne s'inquiète pas de ce regard posé sur lui, il ne s'effraye pas de cette présence constante et parfois pesante. Il rend grâce.
Pourquoi ? Avons-nous affaire à un masochiste qui aime être surveillé. Bien sûr que non. Ici, ce qui fait la différence, c'est la confiance.
Et cette confiance, ce n'est pas l'assurance de l'homme sans faute. Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l'éternité!  Ce n'est pas vraiment la phrase d'un homme sûr de sa vertu. David ne dit pas :" Je n'ai rien à me reprocher, j'ai confiance en la justice de mon pays, pardon ! de mon Dieu".
Ce n'est donc pas en lui-même, en sa droiture que le psalmiste place sa confiance, mais bien en Dieu. Or si je vois en Dieu le flic suprême qui observe le moindre de mes faits et gestes, qui épie même mes pensées, toujours prêt à me condamner, ce n'est pas de la confiance que j'éprouve pour lui, c'est de la peur.
David, lui, n'est pas dans la peur, s'il vit comme une grâce ce regard perpétuel de Dieu sur lui, c'est qu'il sait que c'est un regard d'amour. Il sait que Dieu ne nous surveille pas mais qu'Il veille sur nous.

D'ailleurs, je parle de regard, mais il s'agit ici de beaucoup plus que d'un regard. Ici, nous parlons de présence. Et c'est la deuxième surprise du psaume. Ordinairement, quand nous parlons de la présence de Dieu, nous le disons au dessus de nous, ou à nos côtés ou à l'intérieur de nous. Je m'arrête d'ailleurs une seconde sur ce Dieu à l'intérieur de nous parce que c'est une image très à la mode et à mon avis assez dangereuse. Le Dieu en moi est sous contrôle, il m'appartient. Et pire encore, si Dieu est en moi, est-ce que cela ne signifie pas que je suis Dieu ? Vous voyez, le christianisme devrait être prudent avec cette image d'un Dieu intérieur...
Quoiqu'il en soit, ici, le psalmiste renverse la proposition, ce n'est pas Dieu qui est à l'intérieur de moi, c'est moi qui suis à l'intérieur de Dieu. Et c'est bien plus qu'une question de localisation ou de contenance. Ici, il ne s'agit pas de dire que puisque Dieu est partout, il est tout autour de moi ni d'affirmer que  Dieu est plus grand que l'univers et que puisque Dieu englobe l'univers, il nous englobe aussi. Le psaume est clair et la première personne est importante : ce n'est pas nous qui sommes à l'intérieur de Dieu, c'est moi que Dieu enveloppe. Pas moi en tant qu'être humain mais moi en tant qu'individu.
Ainsi donc, moi, Éric George, imparfait, faible, insignifiant, je suis à l'intérieur, au cœur  de Dieu, c'est à dire au centre de ses préoccupations. C'est vrai pour moi, c'est vrai aussi pour toi et pour toi.
Jésus ne dit pas autre chose : Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans votre Père. Nos traductions interprètent souvent « sans la volonté de votre père" mais l'affirmation de Jésus est bien plus forte : "sans votre père". Dieu tombe  avec le passereau. Et toi, tu vaux bien plus qu'un passereau.
Tu es au cœur de Dieu et ce, que tu tombes ou que tu te relèves.

0n pourrait s'arrêter à cette affirmation et cela ferait un très beau psaume de louange : nous sommes au sein de Dieu comme dans un cocon douillet. Mais le psaume 139 nous réserve une troisième surprise. En effet, s'il n'exprime aucune peur du jugement de Dieu, en même temps que la louange, il laisse apparaître un certain inconfort. Le psalmiste semble bien vouloir échapper à cette présence perpétuelle :
« Où fuirais-je loin de ta face? » 
« Si je dis: Au moins les ténèbres me couvriront ? »
Pourquoi, si cette présence n'est pas celle d'un juge, vouloir lui échapper ? J'y vois deux raisons.
Tout d'abord, même sans être le surveillant général suprême, la présence aimante de Dieu qui nous enveloppe remet en cause toutes nos décisions, tous nos choix même ceux qui nous apparaissent comme les plus juste. Regardons la fin du psaume :
  Éternel, n’aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, Du dégoût pour ceux qui s’élèvent contre toi? Je les hais d’une parfaite haine; Ils sont pour moi des ennemis. Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées!
On voit bien ici, l’homme fier de ne pas appartenir aux méchants et même de rejeter complètement le mal. Mais cette haine elle-même des méchant finit par être remise en question : Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité! La présence perpétuelle de Dieu me remet constamment en question, m’interdit de me prévaloir de ma justice. Parce que Dieu est toujours avec moi, je vois à quel point je suis loin de lui et ce n’est pas un sentiment confortable.
La deuxième raison qui pousse le psalmiste à tenter de fuir est plus importante, plus profonde encore : c’est son humanité. Eh oui ! L’être humain est profondément autonome, il rêve de s’accomplir lui-même, de contrôler sa propre vie. Alors, il faut bien dire qu’être à l’intérieur de Dieu, être constamment pris en Lui, n’a rien de confortable et nous conduit sans cesse à nous débattre, à essayer d’en sortir, à rejeter Dieu au loin… Mais, nous dit le psaume, c’est en vain.
Et là, c'est Paul qui ne dit pas autre chose : Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. Et ma liberté alors ? Eh bien , elle a une limite, je suis libre de rejeter Dieu, de lui désobéir, de nier son existence mais je ne suis pas libre d’être sans lui, je ne suis pas libre de ne plus être aimé de lui, je ne suis pas libre d’être rejeté par lui… On dit souvent que la limite à la puissance de Dieu c’est la liberté de l’homme. Peut-être. Mais je crois, quant à moi, que la limite à la liberté de l’homme, c’est l’amour de Dieu…

Mon frère, ma sœur, que pourrais-je ajouter ? Tu es au cœur de Dieu, au centre de sa préoccupation. Cet amour te pèsera sans doute, comme il pèse à chacun de nous, mais c’est en lui que tu trouveras ta vie.

Amen

ajouter un commentaire commentaires (1)   
créer un trackback recommander
Mardi 26 juin 2007

Le culte dominical nous raconte, par sa liturgie, une histoire et ce sont les étapes de cette histoire que je vous invite à découvrir.

Les articles de cette séries s'accompagneront sans doute d'exemple de textes liturgiques. Je précise donc que ces textes, donnés à titre d'exemple, ne sont en rien obligatoire et varient énormément selon les cultes..

Pardonnés et libérés, nous pouvons écouter ce que Dieu veut pour nous, ce qu'il nous donne la force de faire.
“Vous avez été appelés à être libres. 
Seulement ne faites pas de cette liberté un  prétexte pour vivre selon les désirs de votre propre nature.
Au contraire, laissez-vous guider par l’amour
pour vous mettre au service les uns des autres.
Car toute loi se résume dans ce seul commandement: aime ton prochain comme toi-même.”

J'ai mis beaucoup de temps à commenter cette partie de notre liturgie parce que ce moment où se dit la volonté de Dieu est sans doute le plus susceptible de varier selon les paroisses et les officiants. En effet, lors de l’établissement de notre nouvelle liturgie, il y eut un grand débat sur cette place de la volonté de Dieu et aujourd’hui encore, on trouve 3 écoles dans la liturgie réformée.
Pendant longtemps, la loi, dans nos cultes, a suivi la louange et précédé la confession du péché. La nouvelle liturgie a d'ailleurs conservé une proposition conservant cet ordre. Cette loi qui entraîne la confession du péché prend un rôle pédagogique. Face à loi de Dieu, l'homme ne peut que reconnaître que, par ses propres forces, il est incapable de suivre la loi, qu'il lui est impossible de se dire juste .devant Dieu. Cet usage pédagogique de loi est clairement exprimé par la phrase d'introduction à la confession du péché :  La loi de Dieu nous conduit à la repentance.

Autre ordre de culte : la loi se place après l'annonce du pardon. On ne parle plus de loi mais de volonté de Dieu. En effet, il n'est pas question ici de présenter la facture à la livraison : "maintenant qu'on t'a pardonné va falloir payer mon p'tit gars sinon, on reprend tout". Mais bien de réaffirmer que ce pardon que nous avons reçu transforme notre vie.
Pardonnés et libérés (le lien de subordination au pardon) est clairement établi) nous pouvons écouter (le verbe pouvoir n'exprime pas un caractère optionnel mais une capacité : il faut vraiment avoir reçu la parole du pardon pour que cet envoi ait un sens) ce que Dieu veut pour nous (la volonté de Dieu n'est pas une décision arbitraire. Dieu n'a pas besoin de nous mais ce qu'il nous demande est pour notre bien, dans notre propre intérêt) et qu'il nous donne la force de faire (encore une fois, ce n'est pas de nous même  mais de Dieu que nous vient ce nouveau comportement)

Quelle que soit la place de cette volonté de Dieu, nos différentes liturgies privilégient l'utilisation de textes bibliques afin de bien rappeler qu'ici, nous ne sommes pas face au code de conduite d'une Église mais devant une parole de Dieu.

Enfin, certains suppriment tout simplement cette partie de la liturgie. Quoiqu'en fait, même dans ce cas extrême, la volonté de Dieu pour nous reste exprimée dans la prédication et dans l'exhortation finale.

Ces différences d'emplacement de la volonté ne traduisent donc pas des théologies différentes mais plutôt un souci de clarté. En effet, l'idée que Dieu nous aime à condition que nous suivions ses règles est tellement ancrée en nous que chaque proposition est au risque d'une mauvaise interprétation.
Quand la loi précède et entraîne la confession du péché, celle-ci peut être perçue comme une liste de nos infractions de la semaine. Quand la volonté de Dieu suit l'annonce du pardon, il est facile d'y voir une condition à la grâce. Et l'absence pure et simple peut nous faire perdre de vue que le pardon de Dieu change notre vie.

Le pardon de Dieu change notre vie. Voila, à travers tant de débats et d'hésitation, ce que nous rappelle ce moment de notre liturgie.

ajouter un commentaire commentaires (0)   
créer un trackback recommander
Lundi 25 juin 2007

Dans un de ces commentaires, Ti'Hamo décrit  la liberté de l'homme de cette manière   "Après, si Dieu a vraiment dit à nos parents de tout longtemps : "Vous décidez donc de vous détourner de moi, de rejeter ma confiance, et de proclamer vôtre cet univers...ben, soit. Voilà la liste de ce qui va s'ensuivre, mais c'est vous qui l'avez librement choisi.",  c'est différent."
J'aime assez cette définition et mes lecteurs les plus fidèles, les plus courageux et ls plus attentifs savent que j'ai souvent dit des choses à peu près de ce genre, que pour moi, il est impropre de parler de chatiment quand nous sommes face à des conséquences... Quand mon médecin me demade d'éviter d'abuser des chocolats, que je désobéis et que je tombe malade, je ne dis pas que mon médecin m'a puni. 
Mais ce que Ti Hamo oublie de signaler, c'est que toute la Bible montre Dieu refusant de nous laisser subir les conséquences prévues dans ce qu'elles ont de plus définitif. Le peuple hébreux devrait avoir disparu depuis longtemps et pourtant l'Ancien Testament ne cesse de montrer Dieu rappelant sans esse un petit reste, laissant infiniment sa colère retomber... Le Nouveau Testament pousse cette logique à son comble : c'est l'humanité toute entière que Dieu va sauver...
Ben voilà, on a donc bien le péché originel : cette faiblesse inhérente à l'homme qui le conduit à toujours se détourner du chemin de vie que Dieu lui indique (la faiblesse n'exclut pas une aprt de responsabilité) et la puissance de l'amour de Dieu qui malgrè tout sauve l'homme de lui-même...
Bref, quand mon fils veut mettre ses doigts dans la prise de courant, je le prive de sa liberté pour lui sauver la vie. Et je crois que Dieu, père infiniment plus aimant et plus parfait que moi, agit de la même manière...

ajouter un commentaire commentaires (0)   
créer un trackback recommander
Jeudi 21 juin 2007
Allez, quelques nouvelles histoires de laïcité, juste comme ça pour me défouler un peu (je finirais par faire une rubrique rien que pour ça)...

L'orgue de l'école de musique est arrivé au temple. Les élèves et leur professeur peuvent ainsi venir s'entraîner ailleurs que dans un placard à balais, il ont une salle avec une bien meilleure accoustique à leur disposition et la communauté protestante, elle, gagne l'avantage d'un bon instrument pour ses cultes... Bref, tout le monde est content et pour fêter ça, nous organisons une série de concerts sur tout un week end, au milieu desquels un culte, axé lui aussi sur la musique (la prédication est ici). Le professeur d'orgue trouve des musiciens,à charge pour la paroisse de prendre l'aspect matériel et la publicité. Le paroissien qui s'occupe des affiches des cafés bibliques prend les chose en mains, compose une affiche et la multiplie à ses frais. Bien sûr, sur cette affiche nous annonçons toutes les festivités autour de cet évenement : les trois concerts et le culte. L'affiche est contrôlée par l'école de musique, et, après quelques modifications (par exemple, Ecole de musique doit être plus gros que Eglise Réformée de France (authentique!)), elle est acceptée. Seulement, quelques jours après l'affichage, nous apprenons que sur ordre de la mairie, toutes les affiches ont été retirées et remplacées par d'autres affiches qui ne mentionnaient même plus l'ERF d'Evreux comme partenaire. Nous attendons de voir quelles sont les raisons qui nous seront données. Rien. La municipalité ne daigne pas entrer en contatc avec nous pour nous exposer son point de vue et nous dire quelle loi nous aurions enfreinte... Bien sûr nous nous doutons bien que le problème c'était que le culte était annoncé sur l'affiche, mais je ne crois toujours pas que la loi oblige (ni même permette) une telle censure... Et puis la moindre des politesse aurait été de se mettre en contact avec les deux organisateurs de la manifestation, non ?

D'ailleurs, je ne peux m'empêcher de remarquer que désormais sur le petit guide d'Evreux, les associations cultuelles ne sont plus présentées. J'attend la réaction des défenseurs de la laïcité toujours prêts à partir en croisade lorsque les associations athées ne sont pas représentées aux côtés des religions. Ici, la Libre Pensée, la Ligue des droits de l'homme sont bien présente mais ni le catholicisme, ni l'Islam, ni le protestantisme ni aucun autre culte....

Plus anecdotique et sans doute plus révélateur encore de ce à quoi nous sommes en train d'arriver sous couvert de laïcité. Je vous avais déjà parlé de l'enregistrement d'un conte musical et de chants (absolument profanes) par les enfants des écoles dans le temple. Le CD est maintenant sorti accompagné d'un DVD de photo... Eh bien les critiques fusent parce que sur ces photos, on voit la croix... Eh oui, les parents ont signé une autorisation pour que les enfants enregistrent dans un temple et maintenant certains fulminent parce qu'on voit une croix sur les photos prisent pendant "l'action".

Ca serait risible si ne révélait pas justement quelque chose de très grave. Alors que la laïcité est précisément ce qui devrait permettre de vivre ensemble dans le respect et la reconnaissance de l'autre, à force d'interdictions et de censures, en train de raviver toutes sortes de rancoeur et de peur, en train de créer un véritable terreau d'intolérance et d'ignorance...

Ô laïcité
Que de crimes on commet en ton nom...
ajouter un commentaire commentaires (3)   
créer un trackback recommander
Lundi 18 juin 2007
Alors les scribes et les pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu et lui disent : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi, donc, que dis–tu ? Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! De nouveau il se baissa et se mit à écrire sur la terre. Quand ils entendirent cela, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés. Et il resta seul avec la femme qui était là, au milieu. Alors Jésus se redressa et lui dit : Eh bien, femme, où sont–ils passés ? Personne ne t’a donc condamnée ? Elle répondit : Personne, Seigneur. Jésus dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus

.
Au cours de notre longue discussion sur l’homosexualité (je penserai à reprendre un thème aussi racoleur lors de la prochaine baisse d’audience) j’évoquais qu’il me paraissait toujours dangereux d’insister sur ce que devait être la vie après la conversion sans retomber dans un discours légaliste. En effet, je crois que la conversion est un événement personnel provoqué par la grâce et que le converti sait très bien sur quel chemin il est appelé à s’engager. Je voulais dire par là que lorsqu’on fait suive une annonce de la grâce par une description détaillée de la vie nouvelle à laquelle la grâce nous conduit, on court le risque que certains essayent par eux-même de vivre cette vie nouvelle sans passer par la case réception de la grâce, bref, lisent la nouveauté de vie offerte comme une loi à suivre.
Je n’ai sans doute pas été assez clair puisque Matthieu m’a posé la question : Jésus a-t-il été légaliste en disant à la femme adultère « Va et ne pèche plus » ?
Intervention qui m’en a rappelé d’autres se référant au même texte.
Mais tout d’abord je vais, enfin, répondre à Matthieu.
Non Jésus n’est pas légaliste pour deux raisons simples. Tout d’abord il ne parle pas de la grâce à des gens qui ne l’ont pas reçue ni vécue mais à quelqu’un qui vient de la recevoir. Ensuite, Jésus ne donne pas à la femme adultère un carnet de route très détaillé. « Ne pèche plus » c’est bien trop vaste pour pouvoir être pris comme une loi. Nous savons bien que la femme n’est pas devenue ensuite exempte de tout péché. En fait Jésus ne fait que formuler ce qu’elle savait déjà, ce que tous ceux qui ont vécu, à un moment où un autre, le pardon de Dieu dans leur vie : ce pardon n’est pas une marque de faiblesse qui incite à la récidive. Celui qui se dit « Puisque je sais que je serais pardonné par Dieu, je peux faire tout ce que je veux » n’a assurément pas réellement reçu ce pardon, il n’a pas vécu la puissance de la grâce de Dieu.

Mais cette intervention de Matthieu m’a aussi rappelé d’autres réactions lorsque j’évoquais le caractère absolument inconditionnel de la grâce de Dieu. Réactions qui en substance disaient « Mais quand même Jésus a bien dit à la femme adultère : « Ne pèche plus » ». En effet, et alors ?
Prendre ce « va et ne pèche plus comme une condition du pardon me paraît être un contresens complet. C’est lire ce texte, au mieux comme si Jésus disait à la femme adultère : « Allez si tu promets de ne plus recommencer, je ne te condamne pas », au pire comme s’il donnait à la femme adultère une condamnation avec sursis, comme si la femme adultère devait être lapidée à la prochaine incartade…
Or ce n’est pas du tout l’esprit du texte. La chronologie de l’épisode ne laisse aucune ambiguïté.
1) Péché.
2) Rétribution du péché par la mort au nom de la loi.
3) Réfutation des juges qui ne sont pas qualifiés pour condamner (rappel que nul homme n’est juste devant Dieu et que personne n’est donc habilité à condamner son frère)
4) Refus de juger par le seul qui en aurait le droit. Parole de grâce
5) Exhortation (Va et ne pèche plus)
L’exhortation finale ne peut donc absolument pas être lue comme une condition au pardon. Elle dit simplement ce que provoque la grâce. La femme adultère ne doit pas changer de vie pour être pardonnée, mais parce qu’elle est pardonnée, une vie nouvelle lui est offerte. D’ailleurs on trouve ce «ne pèche plus » à un autre endroit de l’évangile de Jean, c’est la parole adressée au paralytique de la piscine de Bethzatha (Jean V, 14). Parole d'ailleurs surprenante puisque Jésus renchérit "De peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire". Seulement Jean révèle que Jésus ne partageait pas la croyance de ses contemporains selon lesquels le handicap était une conséquence du péché (Jean IX, 3), je vois plutôt cette phrase comme une affirmation qu'il existe pour l'homme des esclavages pire que le handicap ou la maldie... Cette exhortation est donc une parole de guérison et de délivrance plus que de menace. C'est aussi l'affirmation que si la grâce est inconditionnelle, elle n'est pas sans conséquence.

ajouter un commentaire commentaires (8)   
créer un trackback recommander

Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



Commentaires

Calendrier

Juin 2007
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Communautés

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
positionnement de site web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus