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Miettes de théologie

Le jeu, une anthropologie pessimiste ?

30 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

 J’aime jouer. Pas aux jeux d’argent, hein (contre ceux-là, j’ai la même réticence que la plupart de mes coreligionnaires (un jour, il faudra que je l’analyse un peu , cette réticence)). Pas tant que ça, non plus, aux jeux de société classiques, jeu de l’oie, monopoly, belote. Mais à un ensemble de jeux apparus relativement récemment, souvent venus d’outre-Rhin ou d’outre-Atlantique, qu’une petite bande d’initiés appelle des jeux de plateau… Ceux à qui les noms Colons de Catane, Carcassonne, Euphrate & Tigris, Citadelle évoquent quelque chose verront de quoi je parle…

J’aime jouer. C’est une passion comme une autre.

Mais comme je suis un grand malade (j’aurais pu appeler cette rubrique théologeek), de cette passion je fais aussi une lecture théologique…

Tout d’abord le jeu est un espace de convivialité, un espace intergénérationnel, et surtout un espace de gratuité. Je veux dire par là que ce qui se passe pendant une partie n’a aucune répercussion une fois la partie terminée : vous n’allez pas en vouloir à un cousin de vous avoir lâchement trahi pour s’emparer de la Norvège (oui, c’est un clin d’œil). C’est donc un temps vraiment privilégié que ce soit en famille, entre amis où même comme lieu de rencontre.

Ensuite, je trouve que le jeu est un bon révélateur de l’humain, pas forcément de la personnalité de chacun, mais de l’humain en général. En effet, dans cet espace de gratuité qu’est le jeu, que faisons nous ? nous tentons de tromper l’adversaire, de le bluffer, de le ralentir, de l’influencer et surtout, quel que soit le jeu, d’être meilleur que lui (la compétition est le premier facteur ludique). Attention, je ne suis pas en train de dire que les joueurs sont des individus profondément malsains. Ceux que je connais sont pour la plupart des gens équilibrés, ouverts et gentils. Mais simplement que l’humain, dans un espace défouloir où ses actes n’ont pas de conséquences, laisse ressurgir ses pulsions les plus profondes, pulsions de compétition et de domination.

Non seulement le jeu m’amuse et m’intéresse, non seulement il me permet de partager des moments privilégiés avec ma familles et mes amis mais il m’offre une véritable catharsis et me conforte dans mon anthropologie radicalement pessimiste d’horrible calviniste…

Le manuscrit du Saint Sépulcre

29 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Un physicien chrétien se lance dans l’analyse du suaire de Turin et entraîne sa sœur médecin et son frère, cardinal dans une quête qui va le conduire jusqu’au tombeau du Christ pour y découvrir… Mais chut…

Écrit dix ans avant le Da Vinci Code, le Manuscrit du Saint Sépulcre n’a pas eu le même succès. Pourtant, il est, à mon avis, en tout point supérieur au roman de Dan Brown. Mieux écrit, avec des personnages plus fouillés, il est également bien mieux documenté. Et surtout, il est beaucoup plus « gonflé » : la critique (au sens noble du terme) de l’Eglise catholique romaine (désolé, les protestants sont absents ou presque du roman) est profonde, la question de la foi, bien traitée et le suspens porte sur un enjeu théologique infiniment plus important que de savoir si Jésus a ou pas eu des enfants avec Marie de Magdala…

Ce n’est pas le livre du siècle non plus… L’intrigue est un peu longue à se mettre route. A mon sens il y a des raccourcis théologiques ou exégétiques un peu rapides. (Mais bon, si un jour, j’écris un roman de vulgarisation de la physique, Jacques Neirynck aura bien plus de critiques de ce genre à émettre) On peut avoir l'impression que l’auteur n'ose pas aller jusqu'au bout de son idée mais ça ne donne quand même pas l'impression du gigantesque dégonflage de baudruche du Da Vinci Code.

En résumé, un bon livre de suspens théologique, qui pose de vraies questions sur la foi mais aussi sur les médias, les institutions, la vieillesse et la mort.

Jacques Neirynck : Le manuscrit du Saint Sépulcre. Ed. Cerf

Prendre le temps

28 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Un rassemblement jeunesse, un synode régional, une table ronde et diverses réunions et préparation, j'aurai vécu la quinzaine de mi-novembre au  pas de charge.
Bien sûr, pendant cette course, on aspire au ralentissement et au repos. Mais dans ces moments,  je mesure aussi combien on aime ce rythme effréné. Combien il est facile de se laisser séduire, griser par cette cavalcade. On se sent occupé, utile, important. Un emploi du temps surchargé, rien de tel pour se valoriser.
Oui, se valoriser. Parce que notre société nous dit que la valeur d'un homme est dans sa productivité. Comment s'étonner dès lors que tant d'hommes et de femmes soient laissés en marge ? Comment les chômeurs, les retraités et autres "improductifs" (je suis obligé de mettre le mot entre guillemet tant il paraît insultant de nos jours) pourraient-ils ne pas se sentir mal, dans un monde qui leur nie toute valeur ?
Finalement, je me demande si ce n'est pas contre cette tentation, cette réduction de l'homme à ce qu'il produit, que vient se poser le commandement du sabbat.
Mais le septième jour, c’est un sabbat pour le SEIGNEUR, ton Dieu : tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni les immigrés qui sont dans tes villes. (Exode XX ; 10)
Un temps nous est offert comme temps de repos.
Un temps nous est offert pour découvrir que sans notre travail, le monde continue de tourner.
Un temps nous est offert pour mesurer la vanité de notre agitation.
Un temps nous est offert où découvrir que notre valeur ne vient pas de ce que nous accomplissons ou croyons accomplir.
Un temps nous est offert où Dieu nous dit que c'est nous qu'Il aime, indépendamment de notre travail

La fin des temps, c'est pour quand ?

27 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

 Prédication du 27 novembre 2005

 

Esaïe LXIII 16 à LXIV 7

I Corinthiens I, 3 à 9

Marc XIII, 32 à 37

Vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est donc avec cet aveu d’ignorance, cet appel à l’imprévu que nous entrons dans la période de l’Avent, qui peut-être la période la plus planifiée, la plus organisée dans le temps de notre église. Calendriers et couronnes de l’Avent : le décompte a commencé. Heureusement, la Bible vient nous rappeler que nous ne savons pas quand aura lieu la mise à feu ! Vous ne savez pas quand ce sera le moment (…) veillez, c’est dans cette ignorance et cette exhortation que nous sommes appelés à vivre notre temps de l’Advenue…

Dans l’évangile selon Marc, peut avant sa mort, Jésus se livre à une petite apocalypse. Apocalypse, c’est à dire révélation mais aussi annonce, annonce de la fin des temps, annonce du retour glorieux du Fils de l’homme. Mais Jésus donne ici une conclusion un peu étrange à cette annonce : « Vous ne savez pas quand ce sera le moment ». Cette conclusion est d’autant plus étrange  que l’annonce commençait avec une description des signes annonciateurs de la fin… J’aime assez cette tension entre « voici les signes qui vous seront donnés » et « vous ne savez pas quand ce sera le moment ». En effet cette tension entre l’introduction et la conclusion  à de l’apocalypse selon Marc reflète très bien la tension entre deux lectures différentes des textes apocalyptiques de la Bible. La première lecture possible des apocalypses, c’est de déchiffrer chaque élément de ces apocalypse afin de pouvoir dater le retour du Fils de l’homme, de pouvoir inscrire la fin des temps dans notre agenda. L’autre lecture possible, consiste au contraire à expliquer que l’apocalypse n’est qu’un genre littéraire de l’antiquité, un genre littéraire qui permet de parler de façon voilée de l’oppresseur et de donner un sens aux difficultés rencontrées… Voilà, résumées et simplifiées à l’extrême les deux lectures proposées par les Églises.  Si vous êtes un peu théologiens, vous savez que c’est la deuxième lecture que préconise le plus souvent notre Église Réformée, en regardant avec une condescendance certaine, ceux qui cherchent à travers ces textes la preuve que le Royaume c’est pour bientôt. En effet, si nous ne savons pas quand viendra le moment, si le maître doit rentrer à l’improviste, c’est assez vain d’interpréter le moindre événement de l’actualité à la lumière de l’Apocalypse. Vain et dangereux même puisque à force de dire : c’est maintenant à chaque trouble de l’Histoire et de finalement se raviser on discrédite complètement le texte. Mais, notre lecture, si savante, si bien documentée est-elle vraiment meilleure ? Ne sommes nous pas en train d’enfermer les textes apocalyptiques dans leur histoire ? Ne sommes-nous pas en train de passer à côté de l’espérance très concrète qu’ils nous offrent ? N’avons nous pas perdu de vue la réalité de ce qu’ils annoncent : l’avènement du Royaume de Dieu au moment même où tout espoir aura disparu ? Sans doute plutôt qu’opter pour une de ces deux lectures, devrions nous garder la tension entre les deux. L’apocalypse nous parle de notre présent mais toute tentative de dater précisément ce qu’elle annonce est vaine.

Vous ne savez pas quand ce sera le moment. Je ne sais pas comment les disciples de Jésus pouvaient entendre cette phrase. Mais aujourd’hui, elle raisonne à mes oreilles comme une des phrases les plus difficiles de l’Evangile. Vous ne savez pas quand ce sera le moment… A l’heure où l'on demande aussi bien aux scientifiques qu'aux mages de nous dire ce que sera demain. A l’heure où météorologues, démographes, économistes, astronomes viennent nous abreuver de théories pour nous dire l’avenir (sur une semaine, quelques années ou plusieurs siècles) ; à l’heure où nous croulons sous les horoscopes grecs, égyptiens, chinois, indiens, celtes et autres, nous les chrétiens qu’avons-nous à répondre à cette question que tout le monde se pose : que va-t-il arriver demain ? « Le Fils de l’homme reviendra mais nous ne savons pas quand… ». Dans un monde qui a si soif de connaître l’avenir, Dieu nous invite à vivre au présent.   A l’heure des agendas, des organiseurs, des emplois du temps, des plannings, des projets de vie, reconnaissez que ce « Vous ne savez pas… » est un peu vague. Comment je la mets dans mon emplois du temps déjà surchargé, moi, la fin des temps si vous n’êtes pas un peu plus précis ? Dans un monde qui aime tout planifier, tout organiser, Dieu nous ouvre à l’imprévu  Vous ne savez pas quand ce sera le moment

Mais ce n’est pas une raison pour faire comme si ça n’allait jamais arriver. La venue du Royaume reste notre espérance et notre prière. Nous ne savons pas quand viendra ce moment mais nous l’attendons. Alors attendons

 

 

Bon, nous avons tenu 2 minutes… C’est long hein, sans rien faire ? Alors imaginez, 2000 ans…  Vous ne savez pas quand ce sera le moment. Et voilà exactement pourquoi Dieu ne daigne pas nous faire connaître ce moment. Afin que nous ne rentrions pas dans une attitude uniquement attentiste. Vous ne savez pas quand ce sera le moment, ce constat se termine sur un impératif : veillez

En fait, contrairement à ce que je disais tout à l’heure, peut-être que la période de l’Avent telle que la vivent les enfants (les miens en tout cas) offre une bonne image de ce que devrait être notre attente. Il y a certes le décompte des jours avant un évènement attendu avec impatience. J’ai été marqué par une prière de Madian enfant « Seigneur fais que Noël arrive, vite ! » Eh bien nous devrions avoir la même impatience vis à vis du royaume de Dieu, c’est en tout cas ce que nous disons « Que ton règne vienne »… Mais, peut-être parce que les adultes les rappelle à l’ordre quelque fois, il n’est pas non plus question de ne vivre que projeté vers Noël. Les enfants continuent à jouer, à se chamailler, à faire leur devoir à avoir leur soucis, à vivre quoi. L’attente est là, bien concrète dans leur cœur, dans leur esprit mais ils n’en oublient pas aujourd’hui. Je crois que c’est l’attente à laquelle Dieu nous invite. Pas une attente passive ou mystique. Jésus nous compare aux serviteurs d’un maître parti en voyage, pas à des mystiques coupés du monde. Veillez, celui qui attend n’est pas à genoux, les yeux rivés au ciel, il est debout, à l’œuvre dans ce monde. Attendre, ce n’est pas être déjà dans l’avenir, attendre, c’est être dans le présent mais sans se laisser enfermer par lui. Attendre, dit Jésus par une parabole c’est être à l’œuvre. Mais la comparaison est concise et c’est justement cette concision qui en dit long.  Tout d’abord, les serviteurs qui se voient confier la maison ne hâtent pas leur retour du maître en accomplissant leur service. Ce n’est donc pas nous qui établissons le Royaume de Dieu. Le Royaume de Dieu ne dépend pas de nous.  Ensuite, rien n’est dit dans la parabole sur le sort de celui qui dormira lorsque le maître reviendra. On est suffisamment scandalisé lorsque les paraboles nous montrent un maître punissant ses serviteurs pour noter ici le silence à ce sujet. Veillez, n’est pas une menace, ce n’est pas par peur d’un châtiment à l’heure dernière que nous nous mettons au travail, ni dans l’espoir d’une récompense. Mais simplement parce que Dieu ne nous invite pas à nous couper de ce monde mais à y vivre et y être à l’œuvre.  Enfin, la parabole ne nous dit pas non plus en quoi consiste le travail des serviteurs et Jésus ne précise pas à quelle genre de veille il nous convie. Là encore, c’est à nous de voir quel est le service auxquels nous, chrétiens, sommes appelés dans le monde. C’est à chacun d’entre nous, de voir comment il peut, en tant que chrétien vivre dans ce monde la promesse du Royaume. A chacun d’entre nous de découvrir à quel service il est appelé en attendant le retour du maître de la maison. Si vraiment, il nous faut des indices, je vous rappellerai que la Bible use et abuse de verbe comme aimer (en actes plus qu’en paroles), guérir, servir, soutenir, prier, consoler, témoigner… Et que ces verbes sont tournés vers notre prochain

 Frères et sœurs, nous avons reçu cette promesse, le maître ne nous a pas abandonné, il vient à nous. Que cette promesse nous garde de tout désespoir, de tout renoncement, de tout orgueil aussi. Que notre espérance ne soit pas une fuite hors du monde mais qu’elle illumine notre présence dans ce monde.

Amen

Anarchie et christianisme

26 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

« Il n’est pour moi pas question de christianiser les anarchistes ni de proclamer l’orientation anarchiste comme primordiale pour les chrétiens ! Il ne faut pas identifier les deux (…)Je voudrais seulement que l’on ait pu constater qu’il y avait une orientation générale qui est commune et parfaitement claire…»

Le livre est court et, à mon avis, assez inégal : la première partie, l'anarchie du point de vue d'un chrétien ne me convainc entièrement ni sur l’anarchisme (je me méfie d’un anarchisme institué et dogmatisé) ni sur le christianisme (je me retrouve généralement assez bien dans la pensée de Ellul mais je trouve qu’ici il confond « Dieu nous laisse libre », affirmation moderne et « Dieu nous libère » affirmation biblique) Mais la deuxième partie : la Bible, source d’anarchie est un véritable régal, nous rappelant combien la foi en Dieu nous invite à avoir un regard très critique sur tout pouvoir humain (surtout s’il est ecclésial !) et combien la Bible est un livre politique et non conventionnel...La réflexion sur l'objection de conscience est intéressante aussi.

Et puis il y a le « ton Ellul », un ton oral, presque pamphlétaire, incisif et loin de tout « politiquement correct »  et de tout patois de Canaan… Bref un bon livre, salutaire pour voir le message de la Bible d’un œil neuf…

J. Ellul : Anarchie et christianisme. Ed La table ronde

History of violence

25 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Après Eastwood et quelques autres, Cronenberg s’attaque à un thème classique du cinéma américain, le tueur qui cherche à échapper à son passé. Et personnellement, je trouve le résultat réussi. C’est vrai que le scénario est minimaliste. C’est vrai que les scènes sont crues (mais bon c’est du Cronenberg, aussi, et puis Eros et Thanatos, c’est de l’histoire connue…) Mais justement, je trouve que cela sert bien le propos du film. Un propos presque désespéré, qui peut se lire comme « on échappe pas à son destin »… En effet, Cronenberg rompt nettement avec un certain discours humaniste qui voit l’homme toujours capable de s’améliorer, de dompter la bête qui sommeille en lui. Dans History of violence, la bête n’est pas domptée, elle ne demande qu’à ressurgir. Et pire encore, elle est séduisante même pour l’entourage de Tom Stall, pour son fils comme pour son épouse. Encore plus séduisante que son discours d’homme civilisé… Il paraîtra sans doute assez surprenant que le pasteur que je suis apprécie ce discours. Et pourtant, il rejoint un point fondamental de ma théologie : ce n’est pas en lui-même que l’homme peut trouver sa rédemption.

Cronenberg montre l'échec de l'homme quand il lutte seul contre ses démons. Ce discours n’est désespérant que si l’on croit que l’homme est seul… Or cela, je ne le crois pas…

Mais, la foi, qu'est ce que c'est ?

24 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #les mots de la théo

Tout d'abord, la foi va plus loin que la croyance. En effet, croire qu'il y a un Dieu et croire en lui, avoir confiance en lui, sont deux choses très différentes. Bien sûr la foi présuppose la croyance (pour faire confiance à quelqu'un mieux vaut croire qu'il existe) mais elle va plus loin, beaucoup plus loin.

Croire en Dieu ne signifie pas non plus adhérer à un dogme ou à un ensemble de doctrines. C'est sans doute pour cela qu'il est si difficile de dialoguer sur la foi avec des athées, aussi ouverts soient-ils. Ma foi ne peut s'expliquer ni se justifier de façon logique. Je ne suis pas devenu croyant au terme d'une longue réflexion, je n'ai pas pesé les arguments pour et les arguments contre. Au contraire, j'ai essayé de ne pas croire, de combattre ce qui pour beaucoup n'était qu'une superstition enfantine. Je me suis battu pour ne plus croire... et j'ai perdu. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une défaite. Bien sûr, les "esprits forts" qui me lisent, verront dans cet "aveu" la preuve que je ne suis qu'un esprit faible. Eh bien, soit ! 

Mais, à l'intention de ces esprits forts, je voudrais donner un exemple : pourriez vous expliquer de façon rationnelle et argumentée pourquoi vous êtes amoureux de tel(le) ou tel(le) ? C'est à cela, à un sentiment, une relation, que la foi s'apparente et pas à l'adhésion à une idée philosophique ou politique...

 

Je crois en Dieu, mais cette foi, je l’ai reçue. Elle ne me confère donc aucune supériorité sur celui qui ne croit pas.

Je crois en Dieu. Cela ne signifie pas que je sais tout de Lui, que j'ai tout compris de la Bible. Cela ne signifiepas non plus que je ne me pose aucune question, que je n'ai jamais de doute. Parce qu'elle est relation à un Autre, la foi est une recherche constante. Par les témoignages, la prière et la réflexion j'essaye de mieux connaître ce Dieu qui m'appelle à Lui et m'assure de son amour.

En me désirant faible, et plutôt qu'orgueilleux...

23 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

J'aime beaucoup cette prière, glanée au hasard du net. D'abord parce qu'elle est drôle (enfin, moi, elle me fait rire...) Mais surtout parce que, sûrement sans le vouloir, elle dit très bien ce qu'est le christianisme, et toute son inadéquation avec la société actuelle. Prier pour être faible dans un monde qui nous appelle à être toujours plus fort, toujours plus productif, est-ce bien sérieux ?

Panique au Bec Hellouin

22 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Catholiques, protestants, on ne parle pas le même langage. En règle générale, ces différences d’expression sont pour moi une richesse, parler différentes langues, s’adresser à différentes sensibilités, c’est toucher un maximum de gens.Mais des fois, ça embrouille un peu les choses.

Il y a 15 jours, j’ai reçu un appel de l’abbé de la communauté du Bec Hellouin. « Bonjour  Mr le pasteur, nous aimerions savoir s’il vous serait possible de participer à une réunion œcuménique le mercredi 16 novembre - Le 16 novembre, cela va être difficile : j’ai une réunion en soirée à Evreux –Vous savez, notre réunion est de 18h à 19h. Au fait, est ce que vous accepteriez de nous commenter la bible ?je vous faxe les textes – Bon, ça marche mais je repartirais très vite… »
Mercredi 16 novembre, 17h50, j’arrive au Bec Hellouin. Pour moi, une réunion, c’est juste quelques moines et moi autour d’une table en train de préparer la semaine de l’unité., donc je suis en civil, jean, chemise, pull, veste en cuir.
Premier constat, l’abbaye Notre Dame du Bec Hellouin, c’est vaste, pas très bien éclairé et pas vraiment fléché… Bref je tourne un bon quart d’heure dans son enceinte, en commençant à désespérer de trouver le lieu de la réunion. Enfin, je vois se garer une voiture.
Sauvé ! D’autres retardataires… (eh oui, maintenant, je suis en retard).
Je les suis et débarque après eux dans la chapelle. Tu parles d’une « petite réunion » ! C’est l’office des vêpres avec des représentants de congrégations religieuses de toute la France (la Confédération Française Cistercienne), des orthodoxes et des anglicans… Eh bien sûr, ils sont tous en grand uniforme. Et moi, j’arrive la dedans, au beau milieu d’un chant, en jeans et veste en cuir élimée, encore essoufflé par mon errance dans l’abbaye… Et comme il se doit, l’abbé me repère et m’invite avec un bon sourire à rejoindre les officiants sur le devant de la scène… Je crois que ma robe pastorale ne m’a jamais autant manqué (et pourtant, Dieu sait si je peux m’en passer)
A part ça, malgré tout mon mauvais esprit parpaillot, je dois reconnaître que la célébration était belle et l’accueil chaleureux. J’ai regretté de devoir me sauver presque comme un voleur à l’issue des vêpres…
Plus tard, je donnerais un avis un peu plus profond sur l’œcuménisme et peut-être aussi le monachisme…

Tout est relatif ? Presque !

21 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #les mots de la théo

Après la Bible seule et la Grâce seule, il est grand temps que je m'attaque à la troisième grande affirmation du protestantisme : A Dieu seul la gloire.

 Je n'aime pas beaucoup ce mot de "gloire". M'évoquant tout une imagerie militaire, clinquante, il me paraît terriblement pompier. En fait, je lui préfère l'autre traduction possible du mot hébreux "kabod", le poids. Dieu seul a du poids.

 J'aime bien le côté un peu décalé de cette affirmation dans une société qui a plutôt tendance à ranger Dieu du côté de l'évanescent, de l'impalpable, de l'intangible. Dieu seul a du poids. Dieu seul est concret. Tout le reste est faillible, fugace. Tout le reste peut disparaître ou trahir demain. Mais Dieu, lui, reste, fidèle !

 Les temps changent, les modes  de pensée passent comme les modes vestimentaires (peut-être un peu moins vite... et encore !), les cultures apparaissent et disparaissent, la morale et nos valeurs varient. Dieu demeure.

 Dieu seul a du poids. Pas nos religions, nos institutions, pas nos Églises, elles sont imparfaites, faillibles, périssables. Pas nos dogmes, nos doctrines, nos discours théologiques. Ils sont perfectibles, temporaires,  critiquables. Dieu seul est absolu.

Dieu seul a du poids, cette confession glorieuse oblige tout discours croyant à une profonde humilité : au-delà de tout ce que je crois, au-delà de toute ma raison, au-delà même de tout ce que je peux dire de Lui, Dieu seul a du poids.