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Miettes de théologie

Déclaration de foi du synode régional de Sailly lez Cambrai

20 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Je n'ai pas très envie de rédiger un compte rendu du synode régional...  Mais je vous livre  la déclaration de foi  qui a émergé de nos travaux sur la transmission... En revanche si ça suscite des commentaires et débats intéressants, j'ai un peu envie d'ouvrir une série avec différentes confessions et déclarations de foi de l'Eglise Réformée de France. On verra bien

Au moment où il déclare sa foi, le synode régional Nord-Normandie réunit à Sailly Lez  Cambrai les 16-17-18 novembre 2007 réaffirme  notre vocation à répondre à l'exigence de la transmission

Nous croyons en Dieu le Père, être de désir.
Nous sommes créés à son image
Et cela est bon


Nous croyons en Dieu le Fils, notre seul Maître, Roi et Sauveur
Il s'est fait être de besoin et de demande. Il rencontre notre condition.
Fidèles à son exemple, nous ne rejetons personne, nous prenons le risque de la rencontre.
Sujets de ce roi sans richesses, nous ne possédons pas ce que nous possédons mais nous partageons celui qui nous possède.

Par lui, nous nous découvrons humains, sans distinctions, promis à la rédemption.
Il est amour de Dieu

Nous croyons en Dieu le saint Esprit, il lie l'homme et Dieu
Il nous précède
Instruments de l'Esprit, nous reconnaissons joyeusement la trace de son passage.
Il habite nos attentes, il ouvre nos espérances
Imprévisible, déroutant, insistant, il rend possible ce qui ne l'était pas

Amen

(Actes III, 1 à 11 et VIII, 26 à 40)

De la fermeté à la fermeture, du franc-parler à la diabolisation

19 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Une réaction après lecture de ceci. Si quelqu'un a le texte complet je suis preneur...

Effectivement, je ne veux pas de l'excision, ni de polygamie, ni du mariage forcé...
Mais je ne veux pas non plus de ce genre d'amalgame.
Je ne veux pas croire que mon frère étranger qui vit en France souhaite faire venir sa famille afin de mieux cloîtrer ses vingtaines de femmes et d'exciser ses fillettes...
Je ne veux pas que le président de mon pays prétende faire de l'immigration quelque chose de positif en brandissant ce genre de caricature.
Je ne veux pas que l'immigration se limite à une pensée statistique et économique...
Je ne veux pas qu'on qualifie de flux des vies et des personnes
Je ne veux pas qu'on fasse de la diabolisation de l'autre sous couvert de lucidité et de franc-parler...

Pour ceux qui mettraient tous les évangéliques dans le même sac

14 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Un article tout à fait intéressant , plein de nuance et d'esprit critique chez Sébastien Fath

Le travail : aliénation ou épanouissement ?

12 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

travail-copie-2.JPGVoici les textes et les questions proposés pour réfléchir sur le travail au cours de notre café biblique de ce soir...
Qu’est ce que le travail dans la Bible ?
 Cette réalité que nous regroupons facilement sous le terme de "travail" représente dans les cultures bibliques de nombreuses réalités différentes que les auters bibliques n'aurait pas forcéent l'idée de regrouper...Par exemple le terme « travail » utilisé par la TOB recouvre 12 mots hébreux dont pas un ne s’applique au travail intellectuel  et 11 mots grecs  12 verbe hébreux et 9 verbes grec pour le verbe travailler.
Les différents textes bibliques qui parlent du travail semblent ne prendre ne pas prendre en compte le travail intellectuel. C’est particulièrement flagrant chez Paul qui, lorsqu’il parle de son travail ne met en avant que son métier de fabriquant de toile et non pas son œuvre théologique.

 

I Thessaloniciens III, 8 : nous n’avons mangé gratuitement le pain de personne ; au contraire, dans le travail et la peine, nous avons œuvré nuit et jour pour n’être à charge à aucun de vous

 

Le travail intellectuel et le travail manuel sont-ils tous deux des travaux ?
Y a-t-il une supériorité de l’un sur l’autre ?
Le travail manuel peut-il être inspiré par Dieu ?

 

Le travail comme vertu

 

En effet, lorsque nous étions chez vous, nous vous donnions cette injonction : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus !
II Thessalonicien III , 10
Cette injonction vous paraît-elle compatible avec le commandement d'amour et de solidarité ? Ne devons nous être solidaire qu'avec ceux qui le sont ?

 

- Va vers la fourmi, paresseux ; considère ses voies et deviens sage.
Elle qui n’a ni capitaine, ni secrétaire, ni maître,
elle prépare en été sa nourriture, elle amasse pendant la moisson de quoi manger.
Paresseux, jusqu’à quand resteras tu couché ? Quand te lèveras tu de ton sommeil ?
Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement, un peu croiser les bras en se couchant…
et la pauvreté te surprendra, comme un rôdeur ; la misère, comme un soudard
Proverbes VI, 6 à 11
L’opposé du travail est-ce nécessairement la paresse ?

 

Le travail et nous
Il dit à la femme: J’augmenterai la peine de tes grossesses, tu enfanteras dans la peine, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. Il dit à l’homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre: Tu n’en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière
(Gen. III, 16 à 19)
Considérez vous que le travail soit une nécessité ? Et si oui cette nécessité vous paraît-elle une malédiction ?
La peine, le mal qu’on se donne donne-t-il plus d’importance au salaire ?

 

Et j’en suis venu à livrer mon cœur au désespoir, à cause de tout le travail que j’ai fait sous le soleil. Car tel homme a travaillé avec sagesse et science et avec succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s’en est point occupé. C’est encore là une vanité et un grand mal. Que revient-il, en effet, à l’homme de tout son travail et de la préoccupation de son cœur, objet de ses fatigues sous le soleil? Tous ses jours ne sont que douleur, et son partage n’est que chagrin; même la nuit son cœur ne repose pas. C’est encore là une vanité.
Qoeleth II 20 et 23
Qu’est ce que j’attends de mon travail ?

 

J’ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n’est que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain. C’est encore là une vanité et la poursuite du vent. L’insensé se croise les mains, et mange sa propre chair. Mieux vaut une main pleine avec repos, que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent.
Qoeleth IV, 4-6
Le travail est-il davantage un lieu de solidarité humaine ou de compétition ?

 

Dieu, le travail, la foi

Cantique des degrés. De Salomon. Si l’Eternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain; Si l’Eternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain.
En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil.
Psaume 127 1 et 2

 

 C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?  Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi? Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.  Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
Matthieu VI, 25 à 34
Ce texte vous paraît-il réaliste ? Quel est la place du travail ici ?

 
Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou paît les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs: Approche vite, et mets-toi à table? Ne lui dira-t-il pas au contraire: Prépare-moi à souper, ceins-toi, et sers-moi, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu; après cela, toi, tu mangeras et boiras? Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné? Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.
Luc XVII, 7 à 10
Sommes nous capables aujourd’hui de dissocier le travail de sa récompense, de faire sans rien attendre en retour  ?
Qu'est ce que ce texte nous enseigne sur le travail comme lieu de valorisation ?

 

Les trois questions de l'eunuque

11 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

eunuque_ethiopien.jpgPrédication du 11 novembre 2007
Esaïe LVI 1 à 8
Romains VI 1 à 10
Actes VIII 26 à 40
 
Dans cette rencontre entre Philippe et l’éthiopien, Philippe est l’évangéliste, celui qui annonce, celui qui parle mais curieusement, il n’est pas celui dont les paroles nous sont répétées. En revanche, nous connaissons les propos de l’éthiopien et je vous propose de nous laisser guider ce matin par les trois questions de l’eunuque éthiopien : « Comment pourrais-je comprendre ce que je lis si personne ne me guide ? » c-à-d qui nous poussera à réfléchir sur la bible et son interprétation, « De qui le prophète parle-t-il ? »  et nous nous interrogerons sur le témoignage, pour enfin répondre à cette question : « Qu’est ce qui empêche que je sois baptisé ? »

Comment pourrais-je comprendre ce texte, si personne ne me guide ? C’est vrai que la Bible nous apparaît souvent comme un livre crypté, très compliqué à lire et très souvent, nous préférons nous en remettre à ceux qui nous paraissent le plus qualifié : les pasteurs, les théologiens, les professeurs. Et là, manifestement, le texte nous donne raison, l’eunuque éthiopien, ignorant, s’en remet au théologien Philippe pour lui expliquer le texte. Tout est dans l’ordre. Sauf qu’on ne sait pas si Philippe est un théologien. En tout cas, il n’est pas décrit comme tel dans les Actes des apôtres. Il est diacre, nommé par les apôtres (qui eux même sont très loin d’être des théologiens) pour s’occuper du service des tables, on le voit ensuite comme évangéliste de la Samarie (mais là, ce sont les miracles opérés par Philippe qui font sa réputation) mais si l’évangile est placé dans sa bouche en tout cas, on ne site jamais ses discours. Bref, Philippe comme théologien, comme érudit… Ca reste à prouver.
D’un autre côté nous avons l’eunuque éthiopien. Un ignorant ? là encore rien n’est moins sûr. Nous savons de l’eunuque qu’il est vraisemblablement un craignant Dieu. Nous savons également qu’il est haut fonctionnaire de la reine d’Ethiopie (entre parenthèse, Candace n’est pas son prénom, c’est son titre de reine, comme César pour Rome ou Pharaon pour l’Egypte). Nous savons enfin, que de retour de Jérusalem où il était en pèlerinage, il lit le prophète Esaïe. Bref, tout nous désigne cet homme comme un érudit plutôt qu’un ignorant. D’ailleurs la lecture dans la bible est généralement signe de savoir plutôt que de découverte. Celui qui lit, c’est celui qui connaît. Le verbe grec que nous traduisons par lire : anagignwskw signifie étymologiquement connaître à fond. On pourrais traduire la question de Philippe par « Connais tu vraiment ce que tu connais  à fond (de bas en haut) ? » Bref, il y a une autre forme de connaissance que la simple maîtrise intellectuelle de son sujet et c’est à cette autre forme de connaissance que Philippe guide l’eunuque éthiopien.
Ce qui devrait nous poser deux questions :
La première qui pourrait être une réaction autant qu’une question : « mais alors que faîtes vous de l’exégèse, de l’étude du texte. C’est vrai que c’est sans doute la marque de fabrique réformée, que nous sommes très fier de notre étude des textes et à juste titre. Mais nous ne devons pas perdre de vue que l’essentiel est ailleurs. Petit souvenir de Luneraty : nous faisions visiter une célèbre collection d’hortensia à des amis. Et nous avons eu la chance de bénéficier d’une visite guidée par un des responsables de cette collection qui nous a donc prodigué toutes sortes de conseils pour obtenir de beaux hortensias… A ce moment, une de nos amis s’est tourné vers moi, et, connaissant mes compétences (ou plutôt mon absence totale de compétence) en jardinage, m’a posé la question « Et toi, tu fais comment pour tes hortensias ? » « Rien, je les regarde pousser ». Les talents du jardinier, ses connaissances en botanique ne font pas pousser les fleurs, mais ils lui permettent de les rendre plus belles et surtout, bien mieux que moi, d’en savourer la richesse. De même l’étude du texte permet souvent de mieux faire passer le message, elle peut faciliter la compréhension du message et bien souvent elle évite un malentendu complet sur le texte. En effet, nous ne devons jamais oublier que ces textes n’ont pas été écrits pour nous mais pour une société, une culture (des sociétés et des cultures serait plus exact) qui n’était pas la notre et qu’il nous faut travailler pour nous le rendre accessible. L’étude du texte est donc un outil capital au service du message. Mais si le message n’est pas là à la base, l’étude ne sert à rien. On peut trouver un autre exemple avec « Corpus Christi » ou « La naissance du christianisme ». Personnellement, malgré quelques désaccord et parfois un sentiment de simplification manipulatrice (inévitable dès qu’on regarde une émission de télé sur un sujet qu’on connaît pas trop mal)j’ai trouvé cette émission tout à fait intéressante, stimulante intellectuellement, j’y ai même découvert des outils, des connaissances à mettre au service de ma foi. Mais si cette émission peut intéresser, intellectuellement, un athée, je ne pense pas qu’elle puisse le bousculer, l’interroger dans son athéisme, elle ne peut pas être pour lui porteuse du message. Tout simplement parce que Mordillat et Prieur se fichent éperdument de ce message. L’exégèse peut, et à mon avis, doit être mise au service de la proclamation mais je ne pense pas qu’elle puisse être une forme de proclamation.
La deuxième question pourrait être celle du « Sola Scriptura ».  Comment pouvez vous dire qu’il faut des témoins alors que les protestants affirment que la Bible suffit. Justement ce que les protestant affirment c’est que la Bible est première et que l’important, c’est le message et pas ce que Mr. Untel, docteur en théologie nous dit qu’il faut comprendre du texte. Mais nous ne pensons pas non plus qu’il suffirait de distribuer des bibles pour que tous ceux qui la lisent découvre aussitôt Jésus christ. Ca peut arriver, certes. La diffusion la plus large possible de la bible est évidemment nécessaire. Mais nous avons aussi besoin de témoins, d’hommes et de femme qui osent dire « ce texte est plus qu’un texte, voilà comment il a changé ma vie. » Ce texte nous donne un très bon témoignage : texte biblique plus témoignage de Philippe

Ces témoins, c’est nous, pas nous corps pastoral et théologien mais nous qui croyons, nous dont ces textes ont changé la vie. Je sais, je sais… « Ah mais moi, je suis pas théologien, je ne suis pas pasteur, je saurais jamais trouver les bons mots. » Et pourtant ce texte nous dit clairement que tous nous sommes témoins.
Tout d’abord, il faut un peu de foi. Philippe ne se trouve pas sur la route de l’éthiopien par hasard. Mais pas non plus par calcul. Il se trouve là parce qu’un ange, un messager l’a placé là. Eh bien, ne pensez-vous pas qu’il est possible que Dieu nous mette justement sur la route de ceux qui ont besoin de nous, au moment où ils en ont besoin ?
Ensuite, je l’ai déjà dit, on ne sait pas quel discours Philippe tient à l’eunuque. C’est à dire que ce discours, nous pouvons l’habiter, le faire nôtre. Puisque Luc ne nous raconte pas ce que dit Philippe, le discours de celui-ci peut et doit devenir le nôtre. Attention, je n’ai pas dit que nous pouvions raconter n’importe quoi. La Bible est première dans le texte. Philippe utilise la lecture de l’éthiopien. Il rebondit sur sa question :  de qui le prophète parle-t-il ?qui est ce serviteur souffrant ? C’est cela l’évangile, la bonne nouvelle, l’incroyable nouvelle devrais-je dire. C’est dans la faiblesse que le Dieu très haut nous rejoint. Il est là, précisément au moment où nous nous sentons le plus loin de lui, Il est là, juste quand nous nous sentons complètement abandonné. Dieu se fait tellement petit, tellement bas, que nul ne peut se sentir encore loin de lui que nul ne peut se sentir trop écrasé pour que Dieu prenne garde à lui. C’est cela dont nous pouvons être les témoins pour ceux qui nous entourent. Même au plus profond de ma faiblesse et de mon incapacité, même au plus noir de mes doutes et de mes incompréhension, Dieu me rejoint et pour toi aussi, il est là. Ne te crois pas abandonné de Dieu, il est à tes côtés. Ne te crois pas indigne de lui, il reste ton Père. Ne te crois pas perdu pour lui, il sauve tout.
Cette nouvelle, pour peu qu’elle nous aie été donnée, nous pouvons tous en être témoins, chacun à notre manière, par nos paroles, par nos prières, par nos actions.

 Et l’eunuque reçoit cette nouvelle. Sa dernière question : « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » reflète à la fois la peur et l’espérance.
La peur, c’est celle de la déception. Il connaît le Dieu d’Israël, il le révère et il l’aime au point de venir en pèlerinage vers sa ville, sa demeure, son Temple. Mais il n’est pas juif. Et il est eunuque. Pour ses deux raisons, l’accès au Temple, à ce Dieu qu’il vénère lui est interdit. Il les connaît les religieux, il sait bien que derrière ces beau discours, il va forcément y avoir un os, un obstacle. Qu’on va lui expliquer que non il ne peut pas recevoir le baptême comme ça, que c’est plus compliqué. Il n’a pas forcément tort d’ailleurs. Il suffit d’entendre nos réponses actuelles à cette même question « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé » « Eh bien vous êtes trop jeune, pas assez croyant, on ne vous connaît pas assez, il faudrait qu’on soit sûr, le baptême c’est important, on ne peut pas le brader… »
Mais le baptême qu’est ce que c’est ? Baptisés en J.C, nous dit Paul ,c’est dans sa mort que nous avons été baptisé. Avec Christ, nous sommes mort sur la croix, et tout ce qui nous retenait loin de Dieu est mort. Avec Christ, nous sommes ressuscités, pour une vie nouvelle, libres de toute entrave. Et c’est incroyable cadeau que nous avons reçu sans le mériter d’aucune façon que nous avons peur de brader ? Vous voyez que l’eunuque éthiopien a raison de se méfier…
 « Qu’est ce qui empêche que je sois baptisé ? » La question est également pleine d’espoir puisqu’au même moment, l’eunuque fait arrêter son char prêt d’un point d’eau… Il sait déjà quelle est la vraie réponse à cette question. Cette réponse que nous pouvons tous recevoir lorsque nous nous demandons ce qui nous empêche de vivre cette vie que Dieu veut pour nous. « Rien » Rien n’empêche que tu sois baptisé, rien ne t’empêche d’être pris dans cette incroyable tourbillon de grâce qu’est la croix, rien ne l’empêche parce que pour toi, Jésus Christ a déjà tout accompli. Tu es déjà sauvé. Plus rien ne te sépare de Dieu

Amen.

Prier avant, prier après, mais prier de toute façon...

10 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Je ne conçois pas une séance de conseil presbytéral sans un temps de prière. Pourtant, je ne suis pas spécialement à l’aise dans l’exercice de la prière imposée (la prière devrait toujours être libre et monter du fond de soi) mais bon, exercer un ministère c’est aussi savoir répondre aux attentes… Mais dans le cadre d’un conseil presbytéral, j’ai véritablement besoin de ce moment de prière, tout comme j’ai besoin du temps de lecture biblique, deux rappels de ce qui est véritablement essentiel au cœur de réunions où l’on parle beaucoup de cuisine interne…
Mais ce temps de prière, avant la réunion ou après ? Prier avant, c’est rappeler que Dieu est premier, c’est appeler l’Esprit à diriger nos travaux, c’est nous mettre en condition pour servir l’Église. Bref, c’est complètement dans l’ordre des choses…
 Pourtant, pour ce que j’ai pu en voir, la prière de début de conseil est bien souvent oubliée au cours des débats qui suivent, les cerveaux bouillonnent et le CP devient un conseil d’entreprise. En fait, mettre la prière au début d’un conseil revient plus souvent à faire tenir à Dieu le rôle de première partie (on prie en attendant les retardataires) que de lui donner la première place…
 C’est pourquoi je préfère prier en fin de conseil. Tout d’abord afin de prendre un temps pour remettre nos travaux dans les mains de Dieu, pour nous rappeler que ce n’est pas nous qui faisons mais bien lui, pour nous souvenir qu’il est celui qui fera germer ce qui doit porter du fruit et tomber ce qui ne mène nulle part. Ensuite, ce temps de prière permet d’apaiser les cœurs (il arrive parfois que des discussions soient vives ou que des échanges tournent à l’aigre. Et puis terminer le conseil presbytéral sur une prière c’est terminer sur celui qui fait de nous l’Église plutôt que sur notre manière de la gérer…
Le seul inconvénient que j’y vois renvoie à ce que j’ai dit plus haut : je n’aime pas la prière imposée en particulier quand c’est mon cœur qui a besoin d’être apaisé et que je ne me sens pas l’esprit tout à fait disposé…

Jésus Potter

5 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Attention, ceux qui ne souhaiteraient pas connaître la fin des aventures de Harry Potter avant de les avoir lues par eux même, devraient s'abstenir de lire cet article sous peine de voir le plaisir quelque peu gâché...
A côté du coming out de Dumbledore, une autre révélation de J. K Rowling, nettement plus intéressante, est passée inaperçue sauf pour Sébastien Fath. Quoiqu’en disent ceux qui voient dans les aventures du plus célèbre des étudiants de Poudlard une incitation à la sorcellerie ou une désagrégation du christianisme, l’auteure de Harry Potter est une chrétienne pratiquante qui a essayé de faire passer dans son œuvre une partie du message chrétien.
J’avoue qu’avant d’avoir lu le 7eme tome, la nouvelle m’a surpris également. Intrigué par la capacité de cette série à faire avaler à des jeunes que je savais relativement réfractaires à la lecture des pavés de plus en plus imposant, j’ai découvert Harry Potter à la sortie du 4eme volume de ses aventures, et je suis facilement tombé sous le charme de cette série : un parallèle magique à notre monde, des personnages attachants, des histoires d’amitié et d’inimitié qui sentent bon le « vécu », une sorte de rappel du monde de l’adolescence… Les accusations en incitation à la sorcellerie me font sourire, je n’ai jamais vu dans la Bible aucune dénonciation de l’imaginaire et je reste persuadé que Harry Potter est une fiction…
En revanche, malgré quelques valeurs souvent (un peu rapidement) associées au christianisme : le combat du bien contre le mal, l’exaltation de l’amitié et de l’amour, le caractère chrétien de Harry Potter ne m’a jamais sauté aux yeux. Au contraire, je voyais plutôt comme un signe des temps, le caractère exclusivement humaniste de cette œuvre (centrée sur l’initiation, l’accomplissement de soi, le choix) en comparaison au sous-texte chrétien nettement marqué du Seigneur des Anneaux ou franchement explicite du Monde de Narnia… Avec ou sans les révélations de J.K Rowling, le septième tome avait de quoi me faire revoir quelque peu mon jugement.
Alors, quelle est la part chrétienne de Harry Potter ?
Tout d’abord, un petit point commun avec le Seigneur des Anneaux : Harry Potter vit dans un monde sans religion. Pourtant, dans cette version alternative de notre monde, on trouve bien des églises, des versets bibliques ornent les tombes (sans pour autant que leurs sources soit mentionnée),mais la religion est toujours absente même quand on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit citée comme par exemple lorsque les chasses au sorciers sont mentionnées… Mais non, on ne saura pas si les Weasley sont catholiques, si les Parvarti sont hindoues ou si Hermione est anglicane… Signe des temps, ce silence complet ne choque pas spécialement à la lecture, mais tout compte fait cette virginité religieuse permet à l’auteure de ne pas prendre parti quant à un conflit entre religion et magie…
Passons maintenant au message religieux, où J.K Rowling a-t-elle insufflé du christianisme dans ses romans ?
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas dans la « mort » et la « résurrection » de son héros, ou alors disons les choses clairement, c’est complètement raté. Une fausse mort n’est sans doute pas la meilleure manière d’établir un parallèle avec le christianisme qui repose sur la mort réelle et totale de Jésus le Christ. Ce n’est pas non plus dans la notion de sacrifice. Tout d’abord il n’y a rien de commun entre un Harry entouré par ses amis prêts à mourir pour lui et un Jésus abandonné de tous, il n’y a rien à voir entre le héros qui marche à la mort au milieu d’un champs de bataille et l’innocent arrêté et traité comme un criminel. Ceci dit, il y a quand même un aspect intéressant dans cette lecture sacrificielle, c’est le problème moral qu’il soulève : que Harry soit ou non volontaire, l’attitude de Dumbledore est fortement discutable. Exactement comme l’est celle de Dieu si l’on tient absolument à lire la mort de Jésus Christ comme un sacrifice…Mais il faut bien dire que je n’ai pas une vision très sacrificielle du christianisme (un don n’est pas forcément un sacrifice).
D’autres aspects me paraissent beaucoup plus convaincants.
Tout d’abord de façon assez évidente le thème de l’amour lu par les puissants comme marque de faiblesse et pourtant plus fort que tout. Je ne suis pas sûr que ce soit propre au christianisme amis en tout cas, c’est un point commun évident entre l’Evangile et l’œuvre de J. K Rowling. L’incapacité de Voldemort à comprendre l’amour et à en tenir compte dans ses plans est tout à fait bien sentie…
De la même manière, l’amour qui conduit à la rédemption reste un principe important de l’œuvre. Bien sûr certains y verront sans doute une naïveté bien-pensante, mais je crois que cela va au-delà. En fait, l’idée que même le pire des personnages puisse être racheté, transformé par l’amour ou simplement le respect ou la solidarité qu’on lui manifeste (Kréaturrr) ou qu’il éprouve (Rogue) est finalement assez subversive, même si J.K Rowling reste dans une logique de rétribution : même sauvé, l’assassin est tout de même mis à mort. La Bible va plus loin dans la subversion lorsqu’elle annonce un salut par grâce seule…

Harry Potter n’a certainement pas besoin d’une lecture chrétienne pour être un phénomène intéressant mais je trouve intéressant qu’au delà de deux versets bibliques et d’une fausse image de la mort et de la résurrection, il soit possible d’utiliser le phénomène Harry Potter, pour lancer une réflexion sur l’amour « puissamment faible » et la rédemption…

Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes.
                                                                        I Corinthiens I ; 27

Lorsque quelque chose paraît sans valeur  à Voldemort, il ne prend pas la peine de s'y intéresser. Voldemort ne sait rien de l'amour, de la loyauté, de l'innocence et il n'y comprend rien. Rien. Le fait qu'ils puissent posséder un pouvoir qui dépasse le sien, un pouvoir hors de la portée de toute magie, est une vérité qu'il n'a jamais saisie.
                                                                           J. K. Rowling

P.S Il me faut quand même ajouter que la dimension chrétienne occupe moins de place dans Harry Potter que l'illustration de l'adolescence ou que la parabole du nazisme...

Sortie de prison

4 Novembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

portes-ouvertes-barreaux07.gifPrédication du dimanche  4 novembre 2007
Dimanche de l’Église persécutée
Actes XII 1 à 19
I corinthiens XII 12 à 26

La Chine se prépare activement aux Jeux Olympiques. Alors que l’on ne peut que se réjouir du progrès de la liberté dans ce pays, c’est précisément là que l’association « Portes ouvertes » (dont le but est de veiller à ce que les chrétiens persécutés ne soient pas oubliés mais soutenus par les prières de toute l’Église) a décidé de porter ces regards…
La délivrance de Pierre nous permet ce matin d’évoquer la persécution des chrétiens, le devoir de l’Église toute entière face à ses persécutions et les difficulté inhérentes à ce devoir.

Dans le livre des Actes, Luc emprunte assez largement à un genre littéraire bien connu depuis l’antiquité, les évasions miraculeuses. Ces emprunts s'explique assez facilement. Tout  en racontant les commencements de l'Église, Luc  est confronté à une  réalité douloureuse et choquante : la persécution des chrétiens. Nous, nous  connaissons l'histoire, et les persécutions font partie du tableau des premiers pas du christianisme. C'est même bien souvent un des aspects que nous connaissons le mieux.  Mais pour les premiers chrétiens ces persécutions sont surprenantes ! Comment se peut-il que les disciples de celui qui a vaincu la mort soient mis à mort ? Comment se peut-il qu’ils soient arrêtés, emprisonnés, persécutés alors que le Messie leur a promis d’être toujours avec eux ? Luc n’explique pas vraiment les persécutions mais avec les récits d’évasions du livre des Actes, il réaffirme aux chrétiens persécutés la présence de Dieu à leur côté. C’est d’ailleurs flagrant dans le récit que nous avons lu ce matin : à bien des égards, l’évasion de Pierre rappelle la Passion du Christ. Tout se passe de nuit, pendant la fête des pains sans levain, le « méchant » porte le même nom qu’un autre méchant bien connu: Hérode que Luc associe d’ailleurs à la mort de Jésus. Bref, le lecteur ne peut pas ne pas associer l’arrestation et la délivrance de Pierre à la mort et à la résurrection de Jésus. Et comme il ne peut pas ne pas associer cette arrestation de Pierre aux persécutions dont il est témoins, face aux persécutions, ce récit lui rappelle la passion. Pourtant, Luc a l’intelligence de conserver des différences importantes entre l’arrestation de Pierre et la mort de Jésus. En effet, il n’est pas question de faire de l’arrestation et de la libération de Pierre une nouvelle pâque chrétienne. Luc est très clair avec ses lecteurs : Pierre n’est pas Jésus et son arrestation et sa délivrance n’ont pas la valeur salvatrice de la mort et de la résurrection du Christ. Et contrairement à Jésus, Pierre ne va pas au bout de sa passion. Ainsi, tout en rappelant aux chrétiens persécutés que Jésus, le Christ, ne les abandonne pas dans ces épreuves, qu’il est lui-même passé par là, il précise également que la persécution ne vient pas reproduire ce qui a été accompli par la crucifixion. En effet, tout en réaffirmant aux chrétiens que les persécutions dont ils souffrent ne sont pas la preuve que Dieu les a abandonné, Luc ne va pas jusqu’à dire que la douleur est rédemptrice ou que le vrai croyant est celui que l’on persécute. Les persécutions existent, elles sont une catastrophes mais elles ne doivent pas décourager les croyants.

Mais ce long préambule laisse le texte bien loin de nous en ce paisible dimanche matin… Pour nous qui vivons si loin des persécutions, ce texte peut-il être autre chose qu'une de ces belles histoires de la Bible, ou encore  un indice sur la psychologie des premiers chrétiens ? Peut-être, tout au plus, le témoignage d'espérance venu de temps troublés…
Pourtant, au-delà de cette délivrance miraculeuse, il y a un enseignement direct pour nous : c’est cette prière fervente de la communauté pour Pierre. Paul nous pousse a y voir moins l'anxiété d'un groupe privé de son chef qu’une réelle solidarité : « quand un membre souffre, tous les membres souffrent ». Or, même si ici, nous ne sommes plus persécutés, nous avons encore bien des Pierre qui sont en prison à cause de leur foi : Pierre, c’est le pasteur Cai Zhuohua qui préparait les Jeux Olympique en cousant des ballons à la main à longueur de journée. Il avait été condamné à 3 ans de rééducation par le travail pour avoir imprimé des bibles sans autorisation. Il a été libéré le 10 septembre 2007 mais toute participation à une activité religieuse lui est interdite. Pierre, c’est Zhong Rangliang, pasteur, condamné à 7 ans et demi d’emprisonnement, Pierre, c’est Zan Aizong qui a perdu son emplois de journaliste parce qu’il avait dénoncé les violences policières contre les chrétiens en Chine…  En Chine comme ailleurs,c’est tant d’autres dont nous ignorons les noms. Et pourtant, ils sont nos Pierre, nos frères, nos sœurs, nos amis… Nous avons besoin de leurs témoignages, nous avons besoin de les savoir libres, parce que tant qu’ils sont dans les chaînes, nous sommes emprisonnés avec eux nous formons un corps et nous ne sommes pas des loups pour ronger la patte prise au piège… Il y a une ironie symptomatique dans ce texte : Pierre n’a pas été arrêté par les portes de sa cellule, mais la porte de sa communauté lui reste fermée… Bien sûr c’est un aspect presque burlesque du récit que ce malheureux Pierre, oublié dehors en attendant qu’on veuille bien lui ouvrir… Mais c’est aussi un rappel :Dieu peut ouvrir les portes des cellules, mais les portes de nos communautés restent parfois désespérément closes. Nos frères et nos sœurs sont arrêtés à cause de cette foi qui nous rassemble, veillons à ne pas ajouter aux murs de leur prisons, le mur de notre oubli, de notre silence, de notre résignation. Dieu peut ouvrir les portes de nos cellules, c’est à nous d’ouvrir les portes de nos communautés. Nos frères et nos sœurs ont besoin de nous.
Parce que nous sommes libres de parler, ils ont besoin de notre parole, besoin de notre prière : la prière ardente de l’Église monte sans relâche vers Dieu à l’intention de tous les chrétiens qui sont emprisonnés à cause de leur foi…

Or, bien plus que l’ignorance ou la paresse, en tant que protestants réformés, le principal obstacle à notre prière fervente c’est le découragement. En effet, cette prière nous semble bien peu et nous avons de la peine à imaginer que cela puisse réellement changer les choses. Du coup, persuadé de cette inefficacité, nous cessons de prier, laissant à d’autres assemblées, plus convaincues de l’efficacité immédiates de la prières, peut-être plus naïves, le soin de cette prière fervente… Après tout, peut-être est-ce plus facile pour eux… Peut-être sont-ils en cela plus proche des premières communautés chrétiennes pour qui signes et miracles étaient monnaie courante à en croire le livre des Actes… Pourtant, le récit que nous avons entendu ce matin montre le contraire. Personne ne semble croire réellement à cette délivrance. Quand Pierre arrive dans la maison de Marc, on le laisse dehors et l’on croit plus facilement à son fantôme ou à une apparition qu’à son évasion… Si la communauté priait avec ferveur pour pierre, elle n’était pas moins réaliste que nous ne le sommes et ne croyait pas, une seconde, à la possibilité de cette libération... D’ailleurs, Pierre lui-même vit sa sortie de prison comme un songe. Il semble être le premier surpris de se retrouver dehors… Cela devrait nous conduire à prier plus facilement. En effet, on ne prie pas comme on prononce une formule magique, nul besoin d’être certain d’être exaucé pour prier. Mais Paul nous le rappelle nous sommes un corps et quand un des membres est blessé, tous souffrent. Que fait un corps blessé ? Il prie…

Eh bien, frères et sœurs, que notre prière soit le cri de l’Église quand les notres sont blessés, emprisonnés, maltraités… Et puisse-t-elle devenir le rire et la danse de l’Église quand les nôtres seront libérés…

Amen