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Miettes de théologie

Louvres-Babylone

27 Avril 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Durant son histoire, la petite nation d’Israël a régulièrement été confrontée à ses puissants voisins. Mais aucun, pas même l’Egypte, n’a marqué aussi durablement l’esprit des auteurs bibliques que Babylone : en plus des prophètes de l’exil, de grands épisodes bibliques (la création du monde, le déluge, la tour de Babel) ont sans doute vu le jour à Babylone. C’est précisément cette Babylone historique et mythique que se propose de nous faire découvrir le Louvres à travers des pièces venant également du Staatliche Museun zu Berlin et du British Museum.
L’exposition commence de manière classique, de Hammourabi à Nabuchodonosor, les tablettes cunéiformes et les oeuvres d’art (dont la splendide Reine de la nuit) faisant revivre cette civilisation qui s’étendit sur près de 2000 ans. Au-delà de l’intérêt archéologique et esthétique, je trouve toujours troublant ces objets qui nous viennent, à travers les âges, du monde des auteurs bibliques. Chaque collier, chaque sceau, chaque statuette nous rappelle que le monde de la Bible n’est pas un monde imaginaire mais bien notre monde et notre histoire. Tout particulièrement émouvante pour le lecteur de la bible, cette liste des captifs de nabuchodonosor II sur laquelle figure le nom de Yoyakan, roi de Juda… Bien sûr, l’histoire de Babylone nous est racontée, loin du prisme biblique, celle non pas d’un terrifiant « méchant » mais d’une culture remarquable (qui suscita même l’admiration de ses vainqueurs) entre son ascension sous Hammourabi, son déclin dans l’ombre de l’Assyrie et sa renaissance sous Nabopolassar et Nabuchodonosor II avant d’être soumise à l’empire Perse.
Mais l’exposition ne se limite pas à la Babylone historique : après nous avoir présenté la « Porte des dieux », elle nous présente la Babylone mythique qui fut de l’Apocalypse à la Renaissance, symbole de l’orgueil déchu. Un mythe qui varie selon les époques et que l’exposition présente de manière tout aussi pédagogique que l’histoire babylonienne. Cependant, une tentative de réhabilitation de Babylone me fait quelque peu sourire : « Comment la Bible a-t-elle put voir un geste impie dans l’élévation de la grande ziggourat de Babylone (la tour de Babel) alors que c’était bien un monument élevé à la gloire de la divinité et non un geste de défi. Comme si notre prétention à élever des monuments à la gloire de Dieu ne pouvait pas être aussi un geste de l’orgueil humain… Bref, je continue à voir le mythe de la tour de Babel comme une très brillante dénonciation d'un certain humanisme...
L’exposition peut se visiter à deux vitesses : les passionnés s’arrêteront devant chaque pièce, liront les nombreuses explications et sauront tout sur Semiramis, Pazuzu et autres Lamashtu, on peut aussi simplement y flâner, renoncer à s’arrêter devant chaque sceau royal et à tout enregistrer de la mythologie babylonienne pour simplement profiter des plus belles œuvres, des reconstitutions de l’entrée de Babylone et de l’imaginaire des peintres ultérieurs.
Au chapitre des  regrets : la pénombre de certaines salles ne facilite pas toujours la lecture des panneaux explicatifs, la courte durée de l’exposition qui finira le 2 juin et une certaine affluence qui empêche parfois d’aller à son rythme…

Exposition Babylone au Louvres. Jusqu'au 2 juin

Dieu a brûlé mes idoles

9 Avril 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 6 avril 2008
Actes II, 14 à 33
Luc XXIV, 13 à 25
Cantique 619, 1 et 3
Psaume XVI
Le sort qui m’échoit est délicieux, la part que j’ai reçue est la plus belle. C’est beau comme un spot publicitaire : avec Dieu tu auras tout, le sourire de star du ciné, la belle maison, la décapotable et le top-model qui va avec. Avec Dieu, ma vie est encore plus belle qu’avec l’ami Ricoré. Avec le Seigneur pour ami, tu as le succès, l’argent, la santé, la famille et ta femme, elle revient !
C’est merveilleux mais… et mes soucis si réels, les drames de ma vie, et mes blessures publiques et secrètes, et cette souffrance que je n’arrive même pas à dire, c’est parce que Dieu m’a abandonné ? C’est parce que je ne crois pas assez ? Pas assez bien ? Ou pas assez fort ? Pourquoi cette joie que chante le psalmiste m’est-elle refusée ?
Mais si l’on y regarde de plus près, ce psaume est attribué à David. C’est dans la bouche de David que le psalmiste place cette affirmation : Le sort qui m’échoit est délicieux. Rien de surprenant à cela, me direz vous, comment le roi David, le grand toi d’Israël pourrait-il ne pas se réjouir de son sort ?  On reste donc bien dans la page de publicité. Eh bien, si je lis l’histoire de la vie de David, je me dis que je n’aimerais pas être à sa place, non parce que je suis bien trop paresseux pour endosser les responsabilités royales ou bien trop lâche pour assumer la fonction de chef de guerre, mais tout simplement parce que la vie de David ne me paraît pas être une vie heureuse. C’est une vie de fuite, une vie de mercenaire pour une armée étrangère, c’est une vie de drames : mort de son ami Jonathan, mort du fils de Bethsabée, guerre contre son propre fils, Absalom et meurtre de celui-ci par la main d’un soldat de David. Ce n’est pas vraiment ce que j’appellerais une vie heureuse…. Ainsi, la joie du psalmiste n’est pas celle du bonheur tel que nous l’entendons. Nous ne sommes pas ici devant un portrait « glamour » de la vie du croyant.

Je crois que pour comprendre la joie du psalmiste, il faut passer par les mystérieux versets 3 et 4 Dans les saints du pays et dans les magnifiques, tout mon plaisir. Leurs ravages sont nombreux, ils se hâtent vers un autre. Je ne verserai pas leur libation de sang.
Je reconnais que c’est un peu obscur. Quelques remarques donc. La proximité en hébreux entre « ravages » et « idoles » et la référence aux libations de sangs montrent que le verset 4 parle de l’idolâtrie. Mais qu’en est-il du verset 3, qui sont ces saints et ses magnifiques. A cause de la structure du psaume, je pense qu’ils correspondent aux attributs (saints  et grands) qu’on donnait aux divinités cananéennes et sont les idoles dénoncées aux versets 4,  le plan du psaume serait donc : confession de foi / rejet des idoles / affirmation de la fidélité de Dieu, e qui me paraît plus naturel que confession de foi (incise sur le peuple de Dieu) rejet des idoles / affirmation de la fidélité de Dieu. Je me rallie donc à l’interprétation de la TOB : Les divinités de cette terre, ces puissances qui me plaisaient tant, augmentent leurs ravages ; on se rue à leur suite. Mais je ne leur offrirai plus de libations de sang, et mes lèvres ne prononceront plus leurs noms.
La joie du psalmiste, bien plus que dans nos images toutes faites du bonheur, est donc dans la fidélité de dieu et dans sa délivrance de l’idolâtrie
Mais qu’est ce que l’idolâtrie ?
Première définition : l’idolâtrie c’est l’adoration d’autres dieux que Dieu. Cette définition ne nous entraîne pas très loin. Sauf à considérer que les religions non chrétiennes ou non abrahamiques sont idolâtres, ce qui se discute, l’idolâtrie n’est plus vraiment répandue dans notre société et ne nous concerne plus beaucoup. J’aurais donc mieux fait de ne pas m’attarder sur ce psaume 16… Mais on peut élargir cette définition.
Deuxième définition: l’idolâtrie, c’est vouer un culte à autre chose que Dieu. Et là, les idoles surgissent de partout, aujourd’hui encore, culte de l’argent, du travail, du moi, culte de la famille, culte du plaisir, du pouvoir et que sais-je encore. Elles sont myriades nos idoles…
J’ouvre une parenthèse : l’idolâtrie n’a rien à voir avec la morale (la morale elle-même peut d’ailleurs être une idole). Nous ne parlons pas ici en terme de c’est bien ou c’est mal : il n’y a aucun mal à attacher une importance immense à sa famille ou à son travail où à sa santé. Seulement, c’est être idolâtre.

J’ai dit au Seigneur, je n’ai pas de plus grand bonheur que toi… Je garde sans cesse le Seigneur devant moi. Le psaume XVI, m’invite à élargir encore la définition…
Troisième définition : l’idolâtrie, c’est, dans sa vie, donner, à quoi que ce soit autant, voire plus d’importance qu’à Dieu lui-même. Cela ne signifie qu’il faille penser à Dieu et prier 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 sans détourner notre pensée de Lui ne fut-ce qu’une seconde. C’est à la fois plus profond et plus léger : il s’agit de reconnaître que rien n’a plus de poids, plus d’importance, rien n’est plus décisif pour notre vie que Dieu.
En fait, être délivré de l’idolâtrie c’est comprendre qu’à part Dieu, il n’y a rien d’absolu. Tout, absolument tout est relatif. Ce qui ne signifie pas sans importance, mais passager, transitoire, modifiable, révisable. Tout est relatif, c'est-à-dire rien n’est sacré, rien n’est suffisamment fort pour avoir un poids définitif. Et ce tout est relatif, cela inclus bien sûr la morale, la religion, l’Eglise, la Bible même… Tout. Sauf Dieu. Dieu seul est dieu.

Et c’est une libération immense.  Parce que relativiser, c’est prendre du recul. Du recul par rapport à ce qui nous accable, du recul aussi par rapport à ce que nous avons perdu ou à ce que nous avons peur de perdre… Cette libération est une guérison parce qu’elle vient me dire que ce qui me fait si mal, ce qui me semble me détruire a, finalement, moins de poids que Dieu qui m’aime et me fait vivre. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ.

C’est une libération qui nous est offerte. David le dit : ce qui le délivre des idoles c’est que la part qu’il a reçu, c’est Dieu. Or si David reçoit cette part à la force de ses bras, alors, il prends plus de pouvoir, plus de poids que Dieu. Si Dieu seul est Dieu, Dieu seul peut donner Dieu à David. C’est donc bien Dieu qui nous délivre de nos idoles.
De plus, nous avons tous vu combien cette définition fait de nous tous des idolâtres, nous dit combien nous sommes rapides à donner à d’autres que Dieu l’importance, c'est-à-dire la gloire qui ne revient qu’à Lui. Mais nous désespérer reviendrait à faire de notre incapacité à être fidèle une idole de plus. Si je crois que mon infidélité me sépare de Dieu, qu’elle a le pouvoir de s’opposer à lui, je donne à mon infidélité plus de poids qu’à Dieu. De même si je crois que c’est ma fidélité qui fait que Dieu m’est fidèle. Etre libéré de mes idoles, c’est m’apercevoir  que Dieu est fidèle même quand je lui suis infidèle.

C’est une libération immense, c’est une libération offerte mais c’est une libération exigeante. C’est une libération qui a un prix.
Dans les saints du pays, dans les grands se trouve tout mon plaisir (Ps XVI). Tout comme le psalmiste, je les aime ces idoles que Dieu fait tomber. Comme les dieux cananéens marquaient le rythme des saisons et expliquaient le monde, mes idoles structurent ma vie et lui donnent un sens. Elles me servent de points de repères, voire d’ancrage. Elles me guident dans mes choix. En me les enlevant, Dieu me déstabilise. Etre délivré de mes idoles, c’est aussi être privé du confort de mes certitudes, c’est être placé devant l’absurdité de l’existence.
Dieu nous délivre de nos idoles, il ne nous installe pas dans une verte vallée de savoir, il ne nous conduit pas sur une autoroute bien balisée mais il nous jette sur un sentier de vie. Un sentier, c’est rarement droit, ce n’est pas toujours bien indiqué, il y a des passages difficiles, des moments où l’on se sent perdu. Mais c’est le mouvement et donc c’est la vie.

Frères et sœurs, que tombent donc nos idoles et que d’un pas léger nous nous lancions sur ce sentier parfois riant, parfois sombre. Que sur tout ce qui nous pèse et nous oppresse, Dieu nous donne du recul et que ce recul, nous en témoignions par notre humour et notre liberté.

Amen

4 Avril...

4 Avril 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Extraits du sermon du pasteur Martin Luther King, le 3 avril 1968 à Memphis.

"Il est possible que le prêtre et le lévite aient vu cet homme allongé et se soient demandé si les brigands n'étaient pas encore dans les parages. Peut-être même ont ils cru que l'homme faisait seulement semblant. Qu'il feignait d'avoir été dévalisé et blessé pour les piéger sur le champ, les tromper pour se saisir d'eux tout soudian et plus aisément. Aussi la première question que le lévite avait posée était-elle : "Si je m'arrête pour aider cet homme, que va-t-il m'arriver ?" Mais le bon samaritain était alors passé. Et il m'avait posé la question à l'envers : "Si je ne m'arrête pas pour aider cet homme que va-t-il lui arriver ?"
Telle est la question qui se pose à vous ce soir. La quesiton n'est pas : "Si je m'arrête pour aider cet homme, que va-t-il m'arriver ? " Elle est "Si je ne m'arrête pas pour aider ces [hommes] que va-t-il leur arriver ?". Voila la question."

Voyez vous, si je me trouvais au début des temps, avec la possibilité d'avoir une vue panoramique sur toute l'histoire du genre humain jusqu'à nos jours, et si le Tout Puissant me demandait : Martin Luther King, à quelle époque veux-tu vivre ?", je m'enfuirais mentalement d'Egypte par, ou plutôt à travers, la mer Rouge, au-delà du désert, vers la Terre promise. Mais en dépit de sa magnificence, je ne m'y arrêterais pas. Je poursuivrais ma route jusqu'en Grèce et transporterais mon esprit sur le mont olympe. Je verrais Platon, Aristote, Socrate, Eurypide et Aristophane assemblés autour du Parthenon, en train de discuter des grandes et éternelles question que pose la réalité.
Mais je ne m'y arrêterai pas non plus. Je poursuivrais ma route jusqu'aux beaux jours de l'Empire romain. J'y verrais les événements survenus sous de grands chefs et de grands empereurs. Mais je ne m'y arrêterais pas. Je parviendrais jusqu'aux temps de la Renaissance et admirerais rapidement tout ce que la Renaissance a apporté à la vie culturelle et esthétique de l'homme. Mais je ne m'y arrêterais pas. J'irais même là où vivait celui dont je porte le nom, et je verrais martin Luther clouer ses quatre-vingt-quinze thèse sur la porte de l'église de Wittenberg.
Mais je ne m'y arrêterais pas. Je parviendrais même à l'année 1863 et observerais un président hésitant, nommé Abraham Linciln, se résoudre finalement à signer la proclamation d'Emancipation. Mais je ne m'y arrêterais pas. Je parviendrais même au début des années 1930 et verrais un homme se colleter avec les problèmes que pose la banqueroute de son pays et crier que nous n'avons rien à craindre que la crainte (NdB, il s'agit  du président Franklin D Roosevelt)
Mais je ne m'y arrêterais pas. Bizarrement, je me tournerais vers le Tout-Puissant et lui dirais : "Si tu m'accordes de vivre juste quelques années dans la seconde moitié du XX° sièclke, je serais heureux". C'est là une demande bizarre, car le monde est sens dessus dessous. Notre nation est malade. Le pays est en proie a des troubles. La ocnfusion règne partout. C'est là une demande bizarre. Mais je le sais d'une façon ou d'une autre, vous ne voyez les étoiles que s'il fait assez noir pour cela. Et je vois Dieu à l'oeuvre, en cette période du XX° siècle, d'une façon telle que les hommes, bizarrement lui répondent. Quelque chose est en train d'arriver à notre monbde. Les masses populaires se dressent. Et partout où elle s'assemblent aujourd'hui - que ce soit à Johannesburg en Afrique du Sud ; à Nairobi, au Kenya ; à Accra, au Ghana ; dans la ville de New York ; à Atlanta, en Georgie ; à Jackson, au Mississippi ; où à Memphis, dans le Tennessee - le cri est le même : "nous voulons être libre".
Et une autre raison pour laquelle je suis heureux de vivre à notre époque, c'est quie nous nous trouvons, par force, à un point où il faudra nous colleter avec les problèmes que les hommes ont tenté d'empoigner pendant toute leur histoire, sans que l'urgence soit telle qu'ilsq s'y trouventforcés. Mais il y va maintenant de notre survie; Les hommes depuis des années déjà parlent de la guerre et de la paix. Désormais, ils ne peuvent plus se contenter d'en parler ; ils n'ont plus le choix entre la violence et la non-violence en ce monde ; c'est la non-violence ou la non-existence.
Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Il en va de même en ce qui concerne lers révolutions pour les droits de l'homme : si rien n''est fait et de toute urgence, dans le monde entier, pour sortir les peuples de couleurs de leurs longues années de pauvreté, de longues années pendant lesquelles ils ont été maltraités et laissés à l'abandon, c'est le monde entier qui ira à sa perte. Aussi suis-je heureux que Dieu m'ait permis de vivre à notre époque, pour voir ce qui s'y passe"

"Ce qui va m'arriver maintenant n'importe guère. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m'importe ce qui va m'arriver maintenant. Car je suis allé jusqu'au sommet de la montagne. Et je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je ovudrais vivre plus longtemps. La longévité à son prix. Mais je ne m'en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite; Et il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. Et j'ai regardé autour de moi. Et j'ai vu la Terre Promise. Il se peut que je n'y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise. Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur."

Le quatre avril 1968, à Memphis, le pasteur Martin Luther King était assassiné.



En vrac

3 Avril 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Je suis un peu paresseux ces temps-ci, non ?
Et pourtant y en a des choses en cours de rédaction (deux prédications de retard des considérations sur Einstein et les abeilles, au moins une note de lecture, un lien entre Kierkegarard et Eddy Mitchell et plusieurs réponses à des commentaires qui les méritent)
Allez, pour vous faire patienter deux, trois petites choses en vrac

Rien d'intelligent à dire sur les JO, la Chine, le Tibet, le boycott ou pas (hormis que si je relis une fois un article du Monde qui parle de boycottage, je m'énerve). Je me rappelle un de mes profs évoquant ses souvenirs d'étudiant en théo à l'époque de la guerre d'Algérie. Le débat faisait rage alors à la fac pour savoir s'il fallait partir comme aumonier ou refuser. Et en susbtance, il disait les deux camps avaient d'excellentes raisons dans leurs choix, ils n'avaient tort que quand ils affirmaient que l'autre camps faisait le mauvais choix... Face à une situation qui réclame notre engagement, faire un choix, le défendre et pourtant savoir reconnaître que d'autres choix sont tout aussi respectables...

Après le pataquès des municipales ébroïciennes, je prie pour les hommes et les femmes politiques plus que jamais. Je n'idéalise pas le monde politique, je me doute bien que derrière la dimension de service, il y a toujours aussi une soif de pouvoir. D'ailleurs pour tout vous avouer, les soirées électorales sont un peu mon match de foot télévisuel : je suis de parti pri, je salue les bonnes réparties de mon équipe, me désole de celles du camps adverse, je hurle sur les coups francs, etc. (je sais bien que la politique ne devrait pas être un specatacle, mais franchement, je ne crois pas qu'on puisse attendre d'une soirée électorale d'être de haut-vol, alors...) Mais pour revenir à Evreux, je n'aurais pas cru possible que l'on puisse pendant et surtout après des élections atteindre ce tel niveau de mesquinerie et de coup bas (et ce à droite comme à gauche). Et du coup, je prie pour les hommes et les femmes qui sont blessés dans ces jeux pleins de fiels, je prie pour ceux qui se déshumanisent dans cette course. Je prie pour qu'ils sachent conserver leurs convictions, leurs engagements. je prie pour que nous sachions les accompagner dans leur humanité même quand ils se plantent, plutôt que de prendre un plaisir pervers à nous indigner devant la corruption...

Pédophile, chomeur, consanguin, Bienvenu les Ch'ti... En fait, je devrais prier aussi pour les supporters... Je suis content que tout soit fait pour que les auteurs de cette banderolles soit punis. Mais je m'étonne un peu que les défenseurs de la liberté d'expression ne soit pas montés au créneau. Serait-on en train de comprendre que l'insulte n'est pas de l'humour ? Ou bien les croyants seraient-il la dernière catégorie de personne qu'on devrait avoir le droit d'insulter en toute liberté ? En même temps, nous autres (nizôt' ?)chrétiens, on ne devrait pas trop s'en plaindre, on était prévenus (cf. Matthieu V, 17)

Tiens, en parlant de ch'ti, note pour plus tard, je n'irais plus en Conseil Régionnal ou en pastorale sans avoir vu la dernière comédie à la mode !!! 6 heures de réunion à ne pas comprendre les fines allusions des uns et des autres.... Depuis la lacune a été comblée, mais j'en ferais sans doute pas une lecture théologique...