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Miettes de théologie

Un bébé pour dire l'humanité

25 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

PrédicatN.jpgion du 25 décembre 2009

Esaïe IX, 1-6

Luc II, 1 à 20

Ce sera pour vous un signe : vous trouverez un nouveau–né emmailloté et couché dans une mangeoire.

Ce sera pour vous un signe… C’est un peu étrange. L’ange aurait pu se contenter de dire : ce sera ce bébé.

Mais non, ce sera pour vous un signe. Un des mots que nos bibles traduisent parfois par miracle. Ce sera pour vous un miracle ? J’ai des doutes : après tout les bergers ont déjà vu un ange leur apparaître, juste après c’est toute l’armée des cieux qu’ils peuvent contempler… Alors, ont-il encore besoin de miracles ? Et même s’ils en avaient besoin, un bébé dans une mangeoire, ça n’a rien de prodigieux, ni, hélas, extraordinaire, il y en a eu d’autre des bébés nés sur la paille, il y en a d’autres, il y en aura d’autres. Ce n’est donc pas un prodige auquel vont assister les bergers mais bien recevoir un signe, quelque chose qui va faire sens pour eux et pour nous. Mais quel signe ? Que signifie l’enfant dans la mangeoire ?

 

La première réponse est tellement évidente, on l’a tellement redite dans les prédications, au catéchisme, que je ne vais pas m’étendre ce matin. Dieu nous rejoint dans la simplicité d’une naissance, il nous rejoint jusque dans nos faiblesses, dans nos fragilités. On l’a tellement redit que cela ne semble pas nouveau mais c’est tellement merveilleux, tellement immense que je ne suis pas sûr que nous ne parvenions jamais à l’appréhender vraiment.

La preuve, c’est que de nombreuses peintures et sculptures représentent l’enfant Jésus en majesté, assis, le port altier, la main levée en signe de bénédiction. On sent bien que les artistes et sans doute avant eux les théologiens, les dignitaires de l’Eglise ont été bien embêté avec ce bébé, comme ils ont été bien embêtés avec le crucifié. Sans doute parce qu’il est inconvenant d’imaginer Dieu comme un bébé, aussi inconvenant que de l’imaginer comme un crucifié.

Se représenter Jésus comme un bébé, c’est inconvenant quant à sa dimension divine, mais en fait c’est sans doute inconvenant aussi quant à sa dimension humaine.

 

Quand on pose la question « qu’est ce que c’est qu’un être humain ? », je crois que nous avons tous un archétype, un modèle d’être humain qui nous vient en tête. Physiquement, ce modèle est un adulte aux traits harmonieux. C’est comme cela que se le représentaient les anciens grecs puis les artistes de la renaissance, c’est encore comme ça que nous le vendent la publicité et le cinéma. Quand les sondes spatiales Pioneer 10 et 11 furent lancées pour quitter le système solaire, elle emportèrent avec elle, comme une bouteille à la mer, un dessin pour représenter notre espèce : la représentation d’un homme et une femme. Ils sont nus, ils sont adultes, leurs traits sont harmonieux.

         Et bien sûr, quitte à se représenter un modèle d’humanité, on mettra aussi en valeur son intelligence, son sens artistique. On n’a jamais vu de grands singes composer les cantates de Bach ou résoudre des équations au 5e degré. C’est donc bien ça qui nous distingue en tant qu’être humain.

Or, un bébé, c’est un être humain qui n’a aucun contrôle sur son corps, qui ne peut ni se tenir assis, ni se retourner, qui ne peut ni parler ni être propre, qui a entièrement besoin de soins. Et pourtant, nous dit Luc, c’est bien comme un bébé, emmailloté, posé là que Jésus est venu dans le monde. Oui, Jésus a souillé ses langes, il a bavé, fait son rot, il est tombé en apprenant à marcher, il a pleuré pour qu’on vienne le prendre, plus tard il a du apprendre à parler. Un biberon, un hochet, un paquet de couche : voici les nouveaux ustensiles du culte.

 

         Notre humanité, nous la pensons libre, maîtresse de ses décisions et de son destin. L’homme vrai, c’est l’homme libre.

Et voilà que le bébé est emmailloté. Je ne sais pas si vous avez déjà vu des bébés engoncés dans leurs tenues d’hivers mais ce n’est pas tout à fait un symbole de liberté.

         Notre humanité, nous la pensons fière d’occuper sa place. Au cours des âges, on l’a vue au centre de l’univers, au sommet de l’évolution et on a souffert à chaque fois qu’elle était déplacée. Aujourd’hui encore, certains la voudraient maîtresse de la nature ou bien en harmonie avec elle. Mais c’est toujours une humanité à sa place.

Et voilà que le bébé est dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour lui à l’hôtel.

 

Ce matin, l’affirmation du bébé emmailloté dans une mangeoire doit être pour nous un signe. Signe de ce que c’est qu’un être humain. Le bébé de la mangeoire, l’homme de la croix est un être humain, complètement. Il n’est pas un dieu du stade, un athlète, un surdoué, il n’est pas en pleine possession de ses moyens, indépendant, autonome. Il n’est pas cet archétype d’humanité que nous rêvons et par lequel nous jugeons nos frères et nos sœurs, par lequel nous nous jugeons nous même, bien souvent.

Mais ce bébé est un homme, rien de moins. De ce bébé, nous affirmons même dans certaines de nos confessions de foi qu’il est plus humain qu’aucun humain ne saurait l’être par lui-même.

Dieu rejoint l’humanité dans un bébé emmailloté dans une mangeoire. Ainsi, il n’y a pas d’archétype d’humanité, il n’y a pas d’humanité en marge, il n’y a pas de plus humain ou de moins humain. Il n’y a qu’une humanité entière avec ses bien portants et avec ses souffrants, avec ses facilités et ses difficultés, avec ses libertés et avec ses chaînes, avec ses capacités et avec ses besoins. Il y a une humanité entière et c’est cette humanité toute entière que Dieu rejoint.

 

Mon frère, ma sœur, toi qui fait partie de cette humanité par le simple fait de ta naissance, ce premier cadeau qui t’a été fait, c’est toi que Dieu a rejoint dans cette naissance que nous fêtons aujourd’hui. C’est pour toi qu’il est venu, pour toi qu’il est mort, pour toi qu’il est vivant. C’est toi que Dieu aime et fait vivre. C’est toi qu’il appelle à l’amour de tes frères et de tes sœurs qui partagent la même humanité, le même cadeau, les mêmes besoins.

 

Amen.

Autour de la veille de Noël

24 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Prières

C’est une naissance qui a lieu à la périphérie du monde

Loin des palais et des villes importantes

Loin des grandes puissances où tout se décide

Et pourtant c’est une naissance

qui rassemble une foule immense

Des anges et des humains

Des hommes et des femmes

Des juifs et des païens

Des savants et des bergers

Un charpentier et un vieux prêtre

Une vierge et une femme stérile

Un vieillard et une prophétesse

C’est une naissance par laquelle

Dieu rejoint l’humanité toute entière.

 

Et puisque ce soir nous célébrons cette naissance

Nous te remercions Seigneur

Pour chacun de ceux qui sont là

Pour chacun de ceux qui nous ont rejoints

Pour chacun de ceux qui nous offrent ce temps avec nous

Parce que sans ces visages familiers ou inconnus

Notre humanité ne serait pas entière

Notre fête ne serait pas complète

Mon frère, ma sœur

Sois en persuadé

Si tu n’avais pas été là

Tu nous aurais manqué.

 

Et puisque ce soir nous célébrons cette naissance

Nous te remercions, Seigneur,

Pour toute cette humanité qui s’associe à notre fête

Merci pour ce temps des Noël de la solidarité

Par lequel s’invitent à notre veillée

Dans notre communauté

Prisonniers, handicapés, pauvres, immigrés

Exclus de tout genre

Tous ceux que trop souvent nous rejetons aux marges

Et sans lesquels notre humanité ne serait pas complète.

 

Puisque ce soir nous célébrons ta naissance

Nous te prions Seigneur

Pour tous ceux qui restent dehors

Pour tous ceux qui restent en marge

Que nous ne parvenons pas à accueillir

Nous entendons

Cette clameur qui monte de Rama

Et de toute l’humanité souffrante

Et dans notre prière

Nous te présentons cette souffrance

Qui devient la nôtre

Nous te prions aussi

Pour tous ceux qui ne te connaissent pas

Et qui ne savent pas ce qu’ils fêtent

Ce qui leur manque ce soir

 

Ne laisse pas notre joie

Devenir égoïsme

Notre plaisir

Devenir avidité

Nos musiques

Nous rendre sourds

Donne-nous de trouver

Dans nos réveillons

Dans nos cadeaux et à nos fêtes

Dans notre joie de ce soir

Un ressourcement

Un lieu où célébrer

Tout ce que Tu nous donnes

Une oasis où prendre des forces

Pour reprendre notre marche

A la rencontre de cette humanité

Vers laquelle tu nous envoies

 

En ce temps de Noël

Transforme nos cœurs

Pour que chacun de nos jours

Devienne un temps de nouvelle naissance

Un temps de don et d’espérance.

Amen

Une lumière pour commencer

24 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

bougie1.jpgPrédication du 20 décembre 2009

Genèse I, 1 à 5

Jean I

 

Les camions sont pleins de lait

Les balayeurs sont pleins d'balais

Le café est dans les tasses

Les cafés nettoient leurs glaces

Il est 5 heure

Evreux s’éveille

J’aime l’aube. J’aime me lever tôt. Pas spécialement à cause des levers de soleil, mais parce que j’aime cette heure de la journée. L'aube est toujours un temps de commencement, de renouveau. En effet, plus encore que la fin de la nuit, l'aube est le commencement d'un jour nouveau. C'est cette nouveauté qui donne  l'aurore son caractère exaltant : la vie se met en branle, tout est possible. C'est sans doute pour cela que le récit de création commence avec l'apparition de lumière.

         C'est ce que nous raconte Luc avec le contraste entre les couples Elizabeth/Zacharie et Marie/Joseph, la femme stérile et le vieux prêtre d'un côté et de l'autre la vierge et son fiancé, la mémoire d'Abraham et Sara et de l'ancienne alliance et l'ouverture d'une page neuve.

 

         Mais si Noël se vit comme une aube, si la venue de Jésus annonce un jour nouveau, pourquoi les ténèbres règnent-elles toujours sur notre monde ? Pourquoi le massacre des innocents sans cesse recommencé ? Pourquoi les décisions des princes qui déplacent des populations, sans considération des individus ? Pourquoi les enfants nés sur la paille ? Pourquoi le mal, la souffrance et la mort ? Malgré cette naissance, la nuit demeure, qu'aucune lumière de Noël ne pourra nous faire oublier. D'ailleurs, les récits bibliques n'essayent pas : Hérode dans Matthieu, l'étable dans Luc montrent bien la tragédie de cette naissance. Et Jean fait ce constat : " La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas reçue" 

         Bref, si nous célébrons Noël comme la Bible nous y convie, nous ne fermerons pas les yeux sur les ténèbres du monde. D'ailleurs, fermer les yeux, occulter les ténèbres n'a jamais été un moyen très efficace de les combattre. C’est en cela que notre foi est douloureuse : elle nous interdit le confort de la résignation, nous ne pouvons pas dire les choses sont ainsi et nous n’y pouvons rien, parc que croire c’est savoir que les choses ne sont pas ce qu’elles devraient, c’est savoir qu’il y a un autre possible. Nous ne pouvons pas dire à Dieu notre Père "que ton règne vienne" et accepter cette emprise du mal. Nous ne pouvons pas accepter que l'aube soit la promesse d'un jour qui n'en finit plus de venir.

 

         La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas vaincue, je crois qu’il faut tenir ensemble ces deux sens de xatalambanw : recevoir, accueillir mais aussi vaincre, dominer. Et traduit ainsi, le triste constat de Jean devient une affirmation joyeuse. Renforcée encore par le présent : si tout le prologue de Jean est au passé, c’est bien au présent que la lumière brille.

La lumière, qui est la vie, brille, les ténèbres ne l’ont pas étouffée, elles n’ont pas su être siennes, être lumineuses c’est vrai, pas encore en tout cas, mais elles ne l’ont pas faite leur, elles ne l’ont pas rendue ténébreuse. Et ce n’est pas un espoir pour demain mais pour aujourd’hui parce que la lumière est ce qui me permet de commencer.

 

Je voudrai souligner cette succession que nous connaissons bien et dont nous ne nous apercevons plus à quel point elle nous est étrangère. Il y eut un soir, il y eut un matin.

Puisque l’aube est le moment où nous pouvons reprendre notre activité quotidienne, il est logique d’en faire le début de notre cycle de 24h. Dans mon dictionnaire, j’apprends que le jour est la période de 24h pendant laquelle la terre fait un tour sur elle-même et que le matin est le début du jour. Très logiquement le jour commence comme on se lève.

Il y eut un soir, il y eut un matin. Premier jour. Et les juifs tiennent compte de ce refrain en faisant commencer leur journée le soir. Le jour commence à la tombée de la nuit.

         C’est très beau quand on y pense, parce que du coup le chemin va de la nuit vers le jour, des ténèbres vers la lumière. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait vrai puisque c’est un cycle, mais il est évident qu’une vision du temps qui va de la ténèbres vers la lumière ne dit pas exactement la même chose qu’une vision qui va de la lumière vers les ténèbres.

         Je vois dans cette succession le même constat et la même espérance que dans l’ambiguïté du verbe xatalambanw, saisir, de l’évangéliste Jean, en y ajoutant une exhortation que Jean n’aurait certainement pas contestée.

Le constat, c’est que les ténèbres sont bien là, angoissantes, oppressantes, douloureuses et que c’est de ces ténèbres que nous partons. L’espérance, c’est que la lumière vient sur ces ténèbres. J’ai déjà développé tout ça

Mais puisque dans nos ténèbres vient l’aurore, puisque dans nos ténèbres la lumière brille maintenant, puisque le jour (au sens lumineux du terme) commence, alors l’heure n’est plus à nous blottir sur notre couche, l’heure n’est plus à nous tapir dans notre chambre. Il est temps de nous réveiller et de nous mettre à l’œuvre, il est temps de nous lever et de nous mettre en marche. Il est temps de vivre dans cette lumière.

Le réveil, le relèvement, la vie, ce sont les trois mots bibliques de la résurrection.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Frères et sœurs, la lumière de la vie brille sur les ténèbres de notre mort. Il est temps de nous laisser éclairer par elle, il est temps de la laisser nous montrer le chemin vers nos frères et nos sœurs.

Frères et sœurs, nous ne sommes pas au matin du grand soir à venir, le grand matin commence maintenant.

 

Il est 5 heure

Christ m’éveille

J’ai plus sommeil

 

Amen

 

Les mercredis de Calvin (51) Un cri pour préserver la foi

23 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votreserviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Nous voyons donc de quelle source est procédée cette exclamation : MON DIEU MON DIEU, et semblablement cette complainte qui suit immédiatement : POURQUOI M’AS-TU LAISSE ? Car lorsque la véhémence de la douleur et l’infirmité de la chair lui tiraient cette parole : Hélas, je suis délaissé de Dieu, de peur qu’étant en telle angoisse, il ne vint à défaillir, la foi lui met une correction en la bouchement tellement qu’il appelle assurément son Dieu celui duquel il pense être abandonné. Même nous voyons qu’il a donné le premier lieu à la foi : car avant qu’il se donne congé d’entrer en cette complainte, pour prévenir il proclame en premier lieu que c’est néanmoins en son Dieu qu’il a son refuge. Et certes, d’autant que si tôt que les affections de notre chair viennent à s’émouvoir, on ne les peut aisément retenir, même nous font sortir hors des bornes de raison, il est bon de les réprimer dès le beau commencement.

Par ainsi, David a gardé bon ordre, opposant sa foi à sa douleur, et modérant par une sainte invocation la grandeur des maux qu’il déplore ensuite. Car s’il eût dit simplement et précisément : Seigneur, pourquoi m’as-tu abandonné ? , il eût semblé par une complainte si amère murmurer contre Dieu, même il y eu un bien grand danger que quelque amertume excessive de douleur eût infesté son cœur. Mais faisant à l’encontre d’un tel murmure un rempart de sa foi, il tient tous ses sens en bride, à ce qu’ils ne débordent point outre mesure.

Et cette répétition n’est pas superflue, quand il appelle deux fois son Dieu ; et même un peu après, il répète les mêmes mots pour la troisième fois. Car d’autant que le combat est rude et difficile avec cette espèce de tentation, quand Dieu, comme s’il avait quitté tout soin de nous, passe par-dessus nos misères et gémissements comme ne les voyant pas, voilà pourquoi David insiste davantage à chercher confirmation. Car la foi ne gagne pas la bataille dès la première rencontre, mais après maints coups rués, et avoir été agitée en diverses sortes, enfin elle sort victorieuse.

Cependant, je ne dis pas que David ait été si vaillant et courageux champion que sa foi n’ait été ébranlée. Car quoi que les fidèles fassent tous leurs efforts de dompter leurs affections charnelles pour s’assujettir et dédier totalement à Dieu, néanmoins il y a toujours de l’infirmité en eux. Voilà d’où procède ce clochement de Jacob dont il ets fait mention en Moïse : car bien qu’il gagna le combat, néanmoins il porta toujours la marque de son défaut vicieux. Par tels exemples, Dieu incite les siens à persévérance, de peur que touchés du sentiment de leur infirmité, ils ne viennent à perdre courage. Voici la mesure qu’il nous convient de tenir, que toutes les fois que notre chair se révolte et comme une tempête impétueuse nous transporte à impatience, qu’au contraire nous tenions bon contre elle, et que nous prenions peine d’empêcher ses efforts. En ce faisait, il est bien vrai que nous serons agités et tourmentés, mais néanmoins la foi ne sera pas noyée, mais sera toujours préservée du naufrage.

Commentaire sur le Psaume 22

Autour des témoignages

17 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Prières

Seigneur, notre Dieu

Tu nous appelles à être témoins

Ce soir, c’est pour nos témoignages

Que nous voulons te prier

 

Donne nous d’être sel et lumière

Donne-nous d’être brebis au milieu des loups

Donne-nous la pureté de la colombe

Et la prudence du serpent

 

Garde-nous de toute frilosité, de toute timidité,

De toute paresse et de tout égoïsme

Que ta parole brûle en nous

Afin que nous ne puissions pas la garder pour nous

Que ta lumière brille en nous

Afin que nos actes rayonnent de ta présence

 

Préserve nos témoignages

D’être des paroles creuses ou stériles

Des bavardage ou des vantardises

Préserve-les d’être jugement ou condamnation

 

Donne-nous une parole

Qui soit celle dont nos frères et sœurs ont besoin

Une parole qui réconforte

Qui bouscule ou qui interpelle

Une parole qui dérange

Qui enrichisse et qui questionne

Une parole qui ouvre de nouvelles perspectives

Qui accueille, qui propose,

Et toujours une parole

Qui fasse vivre.

 

Donne-nous également d’être témoins

Par nos actes, nos attitudes

Nos prises de positions

Donne-nous de savoir vivre

L’amour que tu mets en nous

La liberté que tu nous offres

La vie pour laquelle tu nous réveille

 

Dieu notre Père

Nous te disons merci

 Pour cette grâce que tu nous fais

D’être tes témoins

D’annoncer ton Royaume

Et ainsi de le vivre, dès à présent.

Nous te disons merci

Pour tous les témoins que tu places

Sur nos chemins

Ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui et ce de demain.

Donne leur de savoir

Que leurs paroles, leurs gestes

Ont porté du fruit

Les mercredis de Calvin (50) Une Loi au-dessus des lois

16 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

calvin14.jpgAu cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

 

Nous commencerons donc par la loi morale. Elle contient deux articles, dont l’un nous commande de simplement honorer Dieu par pure foi et piété, et l’autre d’être conjoints à notre prochain par vrai amour ; pour cette cause elle est la vraie et éternelle règle de justice, ordonnée à tous les hommes en quelque pays qu’ils soient, ou en quelque temps qu’ils vivent, s’ils veulent régler leur vie selon la volonté de Dieu . Car c’est sa volonté éternelle et immuable, qu’il soit honoré de nous tous, et que nous nous aimions mutuellement les uns les autres.

La loi cérémonielle a été une pédagogie des Juifs, c'est-à-dire doctrine puérile, qu’il a plu à notre Seigneur de donner à ce peuple-là comme une éducation de son enfance, jusqu’à ce que le temps de la plénitude vînt, dans lequel il manifestât les choses qui étaient alors figurées en ombre (Gal III, 24 IV, 4)

La loi judiciaire qui leur était baillée pour police, leur enseignait certaines règles de justice et d’équité pour vivre paisiblement ensemble, sans faire nuisance les uns aux autres.

Or, comme l’éducation des cérémonies appartenait à la doctrine de piété, qui est le premier point de la loi morale – bien qu’elle nourrît l’Eglise judaïque en la révérence de Dieu – toutefois elle était distincte de la vraie piété ; aussi pareillement, bien que leur loi judiciaire ne tendit à d’autre fin que la conservation de cette même charité qui est commandée en la Loi de Dieu, toutefois elle avait sa propriété distincte, qui n’était pas contenue sous le commandement de charité. Comme donc les cérémonies ont été abrogées, al vraie religion et piété demeurant en son entier ; aussi lesdites lois judiciaires peuvent être cassées et abolies sans violer aucunement le devoir de charité. Or, si cela est vrai – ce qui est certain – la liberté est laissée à toutes les nations de se faire de telles lois qu’elles aviseront leur être expédientes, lesquelles néanmoins soient compassées à la règle éternelle de charité, de sorte qu’ayant seulement différentes formes, elles viennent à un même but.

Institution chrétienne Livre IV §20. 15

La mort est-elle déductible ?

15 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

affiche-capitalism-a-love-story.jpgDans « Capitalism, a love story », Michael Moore dénonce les assurances vie que de grandes compagnies peuvent prendre sur leurs salariés. En grand naïf, je croyais à une perversion plus ou moins légale propre aux Etats-Unis (et puis je ne regarde pas les pamphlets de Michael Moore comme des documentaires, non plus).

Au détour d’un article de la Revue Fiduciaire, Laurence (vous ne croyiez pas que c’était moi qui lisais la Revue Fiduciaire, non plus ?) m’apprend que la pratique existe en France également et qu’elle est tout à fait légale

14-2 Assurance pour perte d’exploitation liée à la disparition d’un « homme clé » Les primes afférentes aux contrats d’assurance pour perte d’exploitation liée à la disparition ou à l’invalidité de « l’homme clé » sont déductibles si tous les critères suivants sont satisfaits :

- le bénéficiaire de l’assurance est l’entreprise

-  l’ « homme clé » s’entend de toute personne jouant un rôle déterminant dans le fonctionnement de l’entreprise

- le risque assuré consiste en la perte pécuniaire consécutive au décès ou à l’incapacité (d’une durée au moins égale à trois mois de l’ « homme clé » assuré

(…)

L’indemnité versée à l’entreprise lors de la réalisation du risque assuré doit être comprise dans le bénéfice imposable dans les conditions de droits communs. Néanmoins, elle peut être étalée par parts égales sur 5 exercices, à savoir l’année de la réalisation du risque et les quatre années suivantes.

14-3 Assurance vie au profit des dirigeants ou de certains collaborateurs. Les primes versées en exécution de tels contrats doivent être considérées comme un placement et ne sont donc pas admises en déduction des résultats des exercices au cours desquels les dépenses ont été engagées. En revanche, elles peuvent être globalement retranchées des résultats de l’exercice du titre auquel le capital est perçu, soit lors de la réalisation du risque, soit au terme du contrat.

Revue Fiduciaire Cahier N°23 FH 3267


Quand la mort n’est plus qu’un manque à gagner ou capital déductible ou non, on peut dire que la vie n’est vraiment plus qu’une valeur marchande. A chaque fait-divers barbare, nous sommes horrifiés par le peu de cas que les criminels ont fait d’une vie. La question de la valeur d’une vie humaine est, heureusement, au coeur de la question bioéthique. Dans le monde la finance, en revanche, la question semble bien réglée et chiffrée. La valeur d’une vie humaine ? C’est ce que la personne rapporte à l’entreprise…

 

Ecoutez, vous qui harcelez le pauvre et qui supprimez les déshérités du pays !

Vous dites : Quand la nouvelle lune sera–t–elle passée, que nous vendions le grain ? Quand le sabbat finira–t–il, que nous ouvrions les sacs de blé ? Nous diminuerons l’épha, nous augmenterons le prix, nous fausserons les balances pour tromper ; nous achèterons les petites gens pour de l’argent, le pauvre pour une paire de sandales, et nous vendrons même le déchet du blé.

Le SEIGNEUR l’a juré par l’orgueil de Jacob : je n’oublierai jamais aucune de leurs œuvres.

Amos VIII, 4-7

Autour des solitudes...

10 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Prières


Il y a des isolements féconds

Solitudes choisies

Instants de silence

Temps de recueillement et de ressourcement

Dieu notre Père

Dieu des sommets

Et du secret de la chambre

Nous te demandons ta bénédiction

Pour ces temps mis à part

Qu’ils nous libèrent du vacarme du monde

Qu’ils nous offrent le repos du rocher

Dans le tourbillon de nos vies

Qu’ils soient temps de guérison

De prélude au témoignage.

Donne nous la grâce de savoir nous retrouver

Seul face à toi

 

Mais, Seigneur,

Il y a des solitudes qui sont un enfer

Nous te prions pour ceux qui ne savent même plus vers qui crier

Pour ceux qui mendient un regard, une parole.

En ces temps où nous allons célébrer ta naissance

Où bien des familles vont se retrouver

Où les communautés vont se rassembler

Nous te prions

Pour ceux qui n’ont plus de famille

Pour ceux dont les familles sont trop éloignées

Ou trop divisées.

Nous te prions pour ceux

Qui ne se sentent plus membre d’aucune communauté

Plus même de la communauté humaine

Nous te prions

Pour que tu nous portes aux côtés de ces solitudes

Que tu nous pousses à frapper à ces portes

Qui n’attendent que d’être franchies

Pour que tu fasses de nous une communauté

Véritablement ouverte où chacun puisse trouver sa place

Et nous te bénissons pour les briseurs de solitudes

Que tu suscites autour de nous

 

Il y a aussi ces solitudes

Que l’on dit « ultramoderne »

Cette perte de sens, ce mal-être

Ce sentiment de manque

Qui peut prendre chacun

Au plein cœur de la foule

Et de la fête.

Ce sentiment d’abandon

Qui nous étreint

Quand la vie se fait trop lourde

Et que nous n’osons crier à l’aide.

Seigneur,

Libère nous de ce mal

Qui finalement ne fait que nous enfermer

un peu plus en nous même

Donne nous de nous savoir solidaire

De cette humanité dont tu es le Père

Donne-nous cette fraternité

Par laquelle nul n’est jamais vraiment seul

Donne-nous de savoir ceux qui pensent à nous

Ceux qui nous portent par leur prière

Et donne-nous à notre tour

De porter les autres par notre prière

Et par notre présence.

Noëls de la solidarité

10 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

3nov-petite.jpgC'est avec joie que nous nous associons aux Noëls de la Solidarité.

Tout d’abord cette initiative est dans la droite ligne de la foi qui nous fait vivre. En tant que chrétiens, nous fêtons la naissance de Jésus Christ, un bébé sur la paille d'une mangeoire, comme l'évènement par lequel Dieu rejoint l'humanité toute entière, sans oublier les plus fragiles et les plus démunis. Alors nos célébrations sonneraient creux si nous ne partagions pas cette joie avec nos frères et sœurs dans la détresse. Pauvres, prisonniers, malades, en cette période de noël, nous avons tout particulièrement besoin d'eux, parce qu'ils sont le visage de notre Dieu.

Ensuite, elle rend compte de notre démarche œcuménique. Nos différences et nos désaccords avec l'Eglise catholique romaine doivent permettre l'échange et le débat qui sont des richesses. Mais elles ne doivent pas nous empêcher d'agir ensembles pour témoigner d’un Dieu proche de toute l’humanité. C'est ce que nous faisons  dans l'Eure avec les Noëls de la Solidarité, avec les cercles de silence et les groupes ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), autant d’initiatives œcuméniques.

Les mercredis de Calvin (49) Une limite à l'obéissance

9 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

calvin19.jpgAu cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

 

Pour conclure, il faut brièvement noter qu’il ne nous est point recommandé d’obéir à nos parents sinon en Dieu (Ephésien VI, 1), ce qui n’est point obscur par le fondement que nous avons mis ; car ils président sur nous en tant que Dieu les a élus, leur communiquant quelque portion de son honneur. Ainsi, la sujétion qui leur est rendue doit être comme un degré pour nous conduire à la révérence de lui, qui est le souverain Père. C’est pourquoi s’ils nous veulent faire transgresser sa Loi, ce n’est pas raisonnable que nous les considérions pères, mais nous doivent être lors tenus pour étrangers qui veulent nous détourner de l’obéissance de notre vrai père.

Il faut avoir un même jugement de nos princes, seigneurs et supérieurs, car ce serait une chose trop déraisonnable, que leur prééminence valût quelque chose pour abaisser la hautesse de Dieu, vu qu’elle en dépend et la doit plutôt augmenter, qu’amoindrir, confirmer que violer.

Institution chrétienne Livre II §7. 38

 

En commentant le 5eme commandement, Calvin a insisté sur le fait que l’obéissance ne tient pas à ce que nos supérieurs s’en montrent dignes ou non. En revanche, il y a bien une limite à cette obéissance. Seulement ce n’est pas nous qui la fixons en fonction de notre bon plaisir, en nous prétendant juges de ceux qui ont autorité sur nous. La limite donnée est que l’autorité ne saurait nous opposer à Dieu. Si l’on se souvient que l’amour de Dieu et du prochain sont indissociables, le discours est clair : nulle autorité ne saurait me contraindre de nuire à mon prochain, nulle autorité ne saurait m’interdire de me porter au secours de mon prochain… Une limite lourde de conséquence.