Miettes de théologie

Désastre moral

23 Juin 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Qui est ce qui façonne un dieu ou fond une statue pour n'en retirer aucune utilité ?

Esaïe 44, 10


Ceux qui se façonnent des statues pour les encenser ou les démolir ne sont que néant.

L’entraîneur prend des hommes, il les sélectionne et les fait courir. Les médias suivent cette équipe, ils la mettent au grand jour, en exposant chacun de ses faits et geste. Les sponsors les abreuvent d’argents et d’avantages. Les politiques les proclament représentant de notre pays.

Puis ils font des révérences devant eux. Ils se prosternent, ils les invoquent et s’écrient « Nos dieux ! Conduisez nous à la victoire ! » ou au contraire les chargent de tous les maux du monde.

Ils n’ont ni connaissance ni intelligence. On leur a fermé les yeux pour qu’ils ne voient pas et le cœur pour qu’ils ne comprennent pas.


D'après Esaïe 44

Le cosmos est son sanctuaire

21 Juin 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Prières

cosmos1.jpgLouez le Seigneur dans le cosmos

Son sanctuaire d’un rayon de 100 000 millions d’années lumières

 

Louez-le par les étoiles et les espaces interstellaires.

Louez le par les galaxie et les espaces intergalactiques.

Louez-le par les atomes et les vides intra-atomiques.

 

Louez le avec le violon et la flûte et avec le saxophone

Louez-le avec les clarinettes et le cor

Avec des clairons et des trombones

Louez-le avec des violes et des violoncelles

Avec des pianos et des synthétiseurs

 

Louez-le avec le blues et le jazz, le rock et le rap,

Et avec des orchestres symphoniques

Avec des slams et la 5° de Beethoven

Avec des guitares et des percussions

Louez-le avec des CD et des enregistrements numériques

 

Que tout ce qui respire loue le Seigneur,

Toute cellule vivante

Alleluia.

 

D’après Ernesto Cardenal


In Livre de prières. Société Luthérienne. Edition Olivetan

Le shofar et la vuvuzela

18 Juin 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

 

vuvuzela.jpgLe schofar (chofar ou encore shophar) est un instrument de musique à vent en usage dans le rituel israëlite depuis l'Antiquité.

 

La vuvuzela (prononcé vouvouzéla), aussi appelée lepetata  en setswana, est une corne d'environ un mètre de long, utilisée par les supporters de football dans les stades d'Afrique du Sud.

(Source : wikipedia)

 

Le football m'indiffère totalement. Je me suis senti étranger à l'allégresse de 98, je me sens étranger à l'effondrement de 2010. Je ne fais même plus partie de ceux que cela agace.

Pourtant, il y a parfois autour de la coupe du monde des polémiques amusantes. Là, c'est la question des vuvuzelas qui a attiré mon attention. D'abord parce que je collectionne les mots rigolos et que vuvuzela, c'est quand même très joli.

Et puis, parce que ce débat soulève un concept intéressant : celui de la trompette qui fait trop de bruit. Ce n'est pas un concept nouveau, je le connais bien : depuis les premiers jeux offerts à mes enfants, à grand renfort de ricanements sardoniques, par un frère facétieux jusqu'aux premières leçons de hautbois de Yaël, j'ai eu l'occasion d'y être confronté.

Mais la vuvuzela m'évoque le shofar, cette trompe biblique, qui est le premier instrument liturgique, la trompette évoquée par certaines traductions (cor me paraît quand même plus approprié). Or cette trompette n'a pas pour but de charmer nos oreilles avec des mélodies à la Louis Armstrong, mais de sonner le rappel ((Exode XIX, 16), de faire s'effondrer les murailles (Josué VI, 16) et même de réveiller les morts (I Corinthiens XV, 52).

Et plus qu'à une mélopée qui nous berce, la voix de Dieu ressemble à une clameur de vuvusela qui nous bouscule, nous dérange et nous réveille.


shofar.jpg

All welcome

16 Juin 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

DSC00250.A Londres, on ne s'est pas contenté de faire du tourisme, on a aussi fait de l'espionage industriel. C'est à dire qu'on a visité quelques églises. Pas pour y prier, ni pour nous délecter de leur architecture mais pour voir comment elles se présentaient. Faut dire aussi qu'on y a été incités (mais j'y reviendrai).

En fait, ce qui est remarquable dans les églises anglaises (quelle que soit la confession), ce n'est pas la table de communion, ni l'autel, ni les bancs, mais l'entrée. Toujours un grand hall, complètement coupé du reste du bâtiment dans lequel on peut lire tranquillement les différentes informations affichées. Et puis, quand on entre dans la salle du culte, proprement dite, un espace enfant (petite table, livres, coloriages, jeux...) Ca existe aussi en France, me diront certains. C'est vrai, mais dans notre région, à ma connaissance, c'est un collègue anglais qui a lancé la mode.

On m'expliquera par la suite, en Angleterre, à l'église, on "socialize". Tiens ? La dernière fois que j'ai rencontré ce mot, c'était dans la description des pubs. Alors, église et pub, même lieu où l'on s'affranchit des frontières sociales, pour se retrouver ensemble, pour rencontrer l'autre ? Ma foi, l'idée est séduisante.

Mais avant que je réclame de la Guiness pendant les apéros paroissiaux, ce qui me marque le plus, c'est l'extérieur, cette pancarte sur le perron : "eucharistic service today at 11 a.m. All welcome"

All welcome, et non pas "members only". All welcome et non pas "réservés aux initiés". All welcome et pas sous réserve de bonne moeurs.

Faut vraiment que je fasse cette pancarte. "Ici la Bonne Nouvelle de Jésus Christ est annoncée. Bienvenue à tous"

Solidaires au nom de Jésus Christ...

10 Juin 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Je ne suis malheureusement pas certain que l'on retrouve cette déclaration conjointe de l'Eglise Réformée de France et de l'Eglise Evangélique Luthérienne de France dans les grands quotidiens et hebdomadaires nationaux. Quand on cite les Eglises, c'est plutôt pour des histoires de cul.

Pourtant, les Eglises ne s'intéressent pas qu'à la théologie, elle sont aussi le regard tourné vers le monde et des choses à dire. Maintenant que le Synode général de l'EELF a eu lieu, voici la déclaration publique de nos Eglises quant à la solidarité.

(Pour ceux que ça intéresse, le synode général de l'EELF n'a demandé que deux modifications de vocabulaire par rapport au texte proposé par le synode national de l'ERF)

 

 

Quand elle exclut

des hommes et des femmes,

 

niant ainsi leur dignité,

 

c’est sa propre dignité que notre société renie.

 

Déclaration publique des synodes

de l’Eglise réformée de France et de l’Eglise évangélique luthérienne de France.

 

Au nom de leur foi en un Dieu qui accueille sans distinction tous les humains et fortes de l’engagement de leurs membres, les Églises luthérienne et réformée de France affirment leur solidarité avec les hommes, les femmes et les enfants qui se trouvent marginalisés et exclus. Elles s’inquiètent de constater que notre société laisse si facilement sur le bord de la route les personnes fragiles (malades, âgées, handicapées…) et les accidentés de la vie (travailleurs pauvres, étrangers sans papier, chômeurs, personnes en situation de rupture affective …). À côté d’autres, elles tentent de vivre cette solidarité au quotidien, à travers les initiatives de leurs paroisses et les nombreuses institutions d’inspiration protestante.

 

Avec celles et ceux dont la dignité est bafouée, elles dénoncent les logiques qui tendent à mesurer la valeur des gens à travers des chiffres – ceux de leurs ressources, de leurs dépenses ou du coût qu’ils occasionnent à la société. Reconnaissant la dépendance fondamentale des humains les uns à l’égard des autres comme une réalité positive, elles expriment avec force leur refus des politiques qui privilégient la compétition au détriment de la coopération et conduisent à casser tant d’humains. Dans un contexte de crise économique, elles appellent chacun et chacune à ne pas céder à la tentation de faire des économies aux dépens des plus fragiles et à inventer des solidarités nouvelles.

 

Face à la tentation d’occulter les questions de sens, les Églises entendent aussi affirmer qu’il est nécessaire de prendre en compte la personne humaine dans sa totalité – dans ses dimensions physiques, sociales, culturelles, psychologiques, mais aussi spirituelles. À la fois respectueuses du principe de laïcité et convaincues que l’Évangile de Jésus Christ peut aider à remettre debout celles et ceux que la vie a blessés, les Églises luthérienne et réformée plaident pour que les questions existentielles soient largement prises en compte dans les institutions à caractère social, notamment au travers d’aumôneries ou d’accompagnements spirituels.

 

C’est au nom de l’Évangile que nous nous engageons et que nous appelons chacun à s’engager ; il nous enseigne que l’on ne peut pas séparer l’amour de Dieu et l’amour du prochain et nous invite à reconnaître en chaque humain un être créé à l’image de Dieu, digne d’être aimé et capable d’apporter sa pierre à la construction du monde commun.

 

claration commune adoptée

le 16 mai 2010 par le Synode national de l’Eglise réformée de France, réuni à La Force (Dordogne)

et le 6 juin 2010 par le Synode général de l’Eglise évangélique luthérienne de France, réuni à Montbéliard (Doubs).

 

Un texte à diffuser

A coup de bâton

7 Juin 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 9 mai 2010

Luc X, 1 à 12

I Jean III ; 11 à 24

Exode XVIII ; 8 à 16

 

« Quand Moïse élevait la main, Israël était le plus fort. Quand il reposait la main, Amaleq était le plus fort. ».

Je suis très gêné que le calendrier m’entraîne en ce lendemain du 8 mai à prêcher sur un texte de bataille. Et qui plus est sur un texte de bataille qui nous montre la victoire comme un don de Dieu.

Pire encore, ce texte nous livre une vision magique de l’intervention de Dieu : sur un geste de Moïse, Dieu combat à côté des hébreux mais que Moïse interrompe son geste, et la victoire revient aux amalécites.

Pourtant, aussi archaïque que puisse nous sembler ce texte, je crois qu’il est riche pour nous encore aujourd’hui. En effet, si je rejette l’idée d’un Dieu qui prend la tête des armées humaines pour nous aider à tuer, si je rejette l’idée de gestes magiques qui nous attireraient la sympathie de Dieu, je crois en revanche que, le texte que nous venons d’entendre nous parle du véritable auteur de nos victoires, d’un témoignage qui ne passe pas que par les mots et d’une nécessaire collaboration.

 

Tout d’abord, il faut voir dans ce geste un rappel qu’une bataille n’est pas gagnée seulement à la force du poignet des combattants. Et c’est vrai de tout projet, de toute entreprise. Bien sûr, il y a tout ceux qui, à l’arrière soutiennent l’effort, tous ceux dont on ne voit pas forcément le travail et je ne les oublie pas. Mais ce n’est pas d’eux que ce texte parle. Ici, il est question d’affirmer que dans cette activité tellement humaine qu’est la guerre, dans cette activité où l’homme dépend peut-être le plus de sa force, de ses capacités, l’homme ne peut rien sans le soutien de son Dieu.

Oui, c’est bien Dieu qui est à l’œuvre dans ce combat contre les amalécites et Moïse ne s’y trompe pas puisqu’il définit cette bataille entre Amalec et Israël comme la première bataille d’une guerre entre Amalec et Dieu. Bien sûr, cela nous scandalise aujourd’hui puisque nous savons à présent que Dieu est le Dieu de tous les peuples, mais saurons-nous aujourd’hui entendre la promesse que cela peut représenter pour un peuple si petit, si fragile, un peuple dont l’histoire est celle de fuyard : « vous êtes mon peuple et qui vous attaque m’attaque. »

         Qui donc douterait que ce geste de Moïse soit à l’origine de la victoire ? C’est d’ailleurs sans doute le deuxième point qui nous gêne.

 

         L’être humain canalise-t-il la puissance de Dieu par les bons gestes, les bonnes paroles pour l’utiliser à ses propre fins. Moïse joue-t-il du bâton comme Harry Potter apprend à jouer de la baguette pendant ces cours de sorcellerie élémentaires à Poudlard ? Bien, sûr il m’est impossible de croire à une bénédiction plus ou moins grande selon l’angle des bras de Moïse par rapport au sol. Il m’est impossible de croire même que Dieu sourirait plus ou moins à son peuple en fonction de la capacité musculaire du prophète.

         En revanche, je trouve très intéressant l’idée d’un témoignage de Moïse dans laquelle le geste et donc le corps joue un rôle. Aujourd’hui encore, que faisons-nous quand nous bénissons quelqu’un ou une assemblée ? Lui accordons nous quelque chose au nom d’un pouvoir magique qui nous serait délégué par Dieu ? Je ne pense pas. En revanche, à ceux que nous bénissons, nous affirmons la bonté de Dieu et son amour. Notre bénédiction est donc un témoignage

Et je crois que le geste de Moïse n’est pas si différent de ce témoignage. Ce texte vient nous rappeler qu’un tel témoignage ne passe pas seulement par nos paroles, il implique également notre corps et donc notre être tout entier. Nous ne pouvons pas être témoins de l’amour de Dieu de manière purement intellectuelle. C’est tout notre être qui doit être investi dans notre témoignage et donc chacun de nos gestes doivent être porteur de bénédictions. N’aimons pas en paroles ni avec la langue, mais en action et en vérité nous dit la lettre de Jean et dans cette lettre l’amour est tellement étroitement associé à la lumière de  Dieu, que ce n’est pas trahir le texte que d’entendre, ne bénissons pas en paroles ni avec la langue mais en action et en vérité.

Du coup quand la paresse nous prend ou même quand la fatigue nous envahit, quand nous baissons les bras, le témoignage de l’amour de Dieu ne passe plus ou passe moins bien et c’est le peuple de Dieu tout entier qui recule.

 

Mais alors, quelle écrasante responsabilité que la nôtre.  Comment pourrions nous oser nous présenter comme témoin de Dieu ? Comment pourrions nous oser même répondre à l’appel de Dieu ? Mais ce serait oublier la dernière et principale leçon de ce texte. Moïse n’est pas tout seul, mains en l’air. Aaron et Hour se tiennent à ses côtés et le soutiennent. De même, c’est deux à deux que Jésus envoie ses disciples. Je ne peux pas, à moi seul, être témoin de l’amour de Dieu, de sa bénédiction. Et cela tombe bien car ça ne m‘est pas demandé, ce qui m’est demandé, c’est de collaborer avec des frères, des sœurs. Récemment, le cercle de silence a été perturbé par deux jeunes venus nous insulter. Une heure à se faire traiter de tous les noms… Aucun d’entre nous n’aurait supporté cela, seul, chacun serait parti. Mais nous étions plusieurs (pas très nombreux, cette fois) et chacun était un soutien pour son frère.

Bien sûr, me diront certains, mais quand même Aaron et Hour ne sont que des adjoints. QUE des adjoints ? D’accord ! Imaginons qu’Aaron soit absent, ou que Hour décide qu’il a mieux à faire. Les bras de Moïse lui en tombent et c’est la victoire pour Amalec. Imaginons que Josué décide d’aller à la pêche ou que le peuple, cette populace anonyme qui combat Amalec dépose les armes. Moïse peut rester bras en l’air si il veut, c’est la victoire pour Amalec. Dans la scène que nous dépeint ce texte, il y a un acteur principal, Moïse, un jeune premier, Josué, des seconds rôles Aaron et Hour (dont l’un est une première apparition à l’écran), il y a des figurants, le peuple, mais tous ont un rôle essentiel, tous sont indispensables.

De même dans cette bénédiction que nous avons à dire au monde, certains occupent peut-être des places plus visibles, par leur ministère ou par leurs charismes, ces dons qu’ils ont reçus de Dieu,  mais cela ne signifie pas qu’ils soient plus importants que ceux qui se tiennent à leur côtés ou que ceux qui se noient dans la foule. Je dis souvent qu’une des fonctions de l’Eglise  est de nous empêcher de construire un Dieu à notre image, chacun dans notre coin. Mais sa fonction première et de nous donner à chacun des collaborateurs, des associés, mieux, des frères et des sœurs (Aaron est le frère de Moïse, la tradition juive fait d’Hour son beau frère, quelle meilleure manière de dire la fraternité ?) qui nous soutiennent. Personne ne peut se dire « je ne compte pas », ce qui signifie que tous nous devons prendre notre responsabilité, porter cette bénédiction dont nous sommes les témoins pour le monde

 

Frères et sœurs, aucun d’entre nous n’est appelé à sauver le monde. Mais tous nous sommes appelés à témoigner d’une bénédiction : Dieu nous donne un sauveur.

 

Amen

Vous avez dit "dîme" ?

4 Juin 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Tu lèveras la dîme de tout ce que produira ta semence, de ce que rapportera ton champ chaque année.    Et tu mangeras devant l'Éternel, ton Dieu, dans le lieu qu'il choisira pour y faire résider son nom, la dîme de ton blé, de ton moût et de ton huile, et les premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail, afin que tu apprennes à craindre toujours l'Éternel, ton Dieu. 

Deutéronome XIV, 22-23

 

A Londres les musées nationaux sont gratuits. Pourtant, vous y êtes accueillis par un gigantesque tronc et un appel à donner pour que le musée reste gratuit, 4 ou 5£ pour le British Museum, 1 ou 2 £ pour la National Gallery. Et on comprend très bien la raison de cet appel, un musée, cela coûte cher. Cela ressemble beaucoup au discours de notre Eglise : il est pour nous impensable de faire payer nos services mais ces services coûtent de l'argent. C’est l’idée que reflète notre discours sur le don et cela n’a rien de surprenant. Du point de vue de l'Eglise, les dons, ce sont des bâtiments que l'on peut entretenir, du personnel (principalement des ministres) que l'on peut former et rémunérer et bien sur des projets que l'on peut concrétiser. Et parce que l'Eglise, ce n'est pas seulement le pasteur, la trésorière ou le conseil presbytéral (pour ne parler que de l'échelon local), mais chacun d'entre nous, il est normal que nous nous réjouissions de l'abondance des dons qui nous ouvre des possibilités ou que nous nous inquiétions  de leur faiblesse qui ferme bien des perspectives.

Mais en tant que donateur que représente notre don ? Est-ce que je donne à l'Eglise comme je donne au British Museum, pour l'aider à se maintenir gratuite et fonctionnelle ? Est-ce que je donne à l'Eglise comme  la Croix Rouge où à n'importe quelle oeuvre humanitaire, dans un élan de solidarité ? Sans doute un peu des deux. Mais ne puis-je y mettre aussi une dimension spirituelle. Et si mon don était d'abord une offrande, un geste pour Dieu avant d'être un geste pour l'Eglise.

Offrande, c'est un mot qui  fait peur, à cause de ce qu'il véhicule. En effet, on considère encore trop souvent que l'offrande consiste à se priver de quelque chose à laquelle on tient pour s'attirer la sympathie de Dieu, ou tout du moins pour lui prouver notre reconnaissance. On pourrait acheter Dieu ? Le Dieu qui nous donne tout nous demanderait de nous priver ? Mais ce n'est pas comme ça que la Bible nous parle de l'offrande, Paul affirme que ce que nous donnons ne nous manquera pas. Dès lors comment pourrions nous l'envisager comme une privation ? Le Deutéronome  nous parle d'un grand repas partagé en famille.  Bien sur ce repas a une signification religieuse, bien sûr c'est pour Dieu que l'on « gaspille » ainsi un dixième du revenu. Mais puisque c'est celui qui offre qui mange, l'offrande est bien un geste pour nous.  Notre prodigalité est en notre faveur !

Dans cette vision biblique le don utilitaire et l'offrande sont réconciliés. C'est pour moi que je donne, pour avoir une Eglise plus vivante, des locaux mieux chauffés, plus de pasteurs et mieux formés. C'est pour moi que je donne, pour limiter les injustices, pour vivre dans un monde meilleur. Et c'est la volonté de Dieu que je donne pour moi !

Mais mon don est aussi une offrande, une prière. En donnant, j'affirme ma confiance en Dieu qui ne me laisse manquer de rien. En donnant, je quitte l'inquiétude qui me pousse à garder pour plus tard.

Que nos dons soient utiles à la vie de notre Eglise et que pour nous, ils deviennent offrande, signes extérieurs de richesse, témoignage de notre reconnaissance et de notre confiance.

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