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Mystic River

3 Avril 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

mystic.jpgAlors qu’il jouait avec ses copains, Sean et Jimmy, Dave est enlevé par deux pédophiles. Vingt cinq ans plus tard, tous trois se retrouveront autour d’une affaire tout aussi tragique.
Mystic River est l’histoire d’un crime, un de ceux que l’on dit impardonnables : le rapt et le viol d’un enfant. Mystic River est l’histoire d’un crime, un de ceux que l’on dit impardonnable, le sauvage assassinat d’une jeune femme de 19 ans.
Mais moins que l’histoire d’un crime, qu’une enquête policière ou qu’un récit de vengeance, Mystic River est surtout l’histoire des victimes de ces crimes. L’assassinat de la fille de Jimmy nous révèle combien aucun des trois amis ne s’est remis de la tragédie survenue dans leur enfance.
« J’ai l’impression que nous sommes tous les trois montés dans cette voiture et que nous n’avons jamais réussi à nous échapper » déclare Jimmy. Il n’a pas tort. Ni Dave, ni lui ni même Sean ne sont jamais sortis de cette cave…
Mystic River est une belle et douloureuse illustration de ce que signifie, pour les victimes, l’incapacité (l’impossibilité ?) à pardonner. Ne pas pardonner (parce que l’on ne le peut pas ou parce qu’on ne le veut pas), c’est rester captif de l’offense subie.
Clint Eastwood évite habilement le piège de la morale. On ne peut pas blâmer Dave ni même Jimmy : on comprend trop bien leur souffrance. Mais on ne peut que constater les dégâts, cette destruction systématique de leur vie, Jimmy pourra enterrer tous les péchés au bord de la Mystique, il n’en sera jamais libre. Il peut laisser sa femme le voir comme un roi, se dire qu’il a fait ce qu’il avait à faire, ses chaînes restent bien là. Le pardon ne se pose pas ici comme un impératif religieux mais comme le seul remède qui pourrait briser le cercle. Il ne nous est pas ordonné de pardonner, il peut nous être donné de le faire.
Tout en montrant les dégâts de l’absence de pardon, le film nous manifeste tout de même ce pardon : une voix au téléphone, la possibilité de repartir. Enfin.

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Laurent 10/04/2007 11:39

Beau film s'il en est du non moins bon réalisateur/comédien Clint Eastwood, j'ai quand même été surpris et même choqué par la fin !