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Les oubliées de Juarez

1 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

oubli--es-de-juarez.jpg2 journalistes enquêtent sur une vague de meurtres de jeunes femmes. La trame est classique et souffre d'un traitement sans grande originalité. En revanche, le décors donne au film tout son intérêt. Nous ne sommes pas dans une quelconque ville américaine mais à Juarez, ville frontalière mexicaine où sont installées les maquiladoras.
Les maquiladoras,.... Un très joli mot pour désigner les usines bâties, très souvent par des investisseurs étrangers, afin de profiter d'une main d'oeuvre à très bon marché.
La mise en scène rend efficacement une atmosphère de misère et de peur et le fossé entre 2 mondes, celui des bidonvilles et celui des propriétaires.
Mais, à mon sens, l'interêt du film ne réside ni dans l'enquête, ni même dans la dénonciation des meurtres bien réels (plus de 400 victimes recensées depuis 1993) et du silence complice du gouvernement mais plutôt dans le parallelisme qui ne peut que s'établir entre ces prédateur qui font de ces femmes leur gibier et les propriétaires des maquiladoras qui ne voient en elles qu'une main d'oeuvre peu couteuses....
Pour le fauve criminel comme pour l'homme d'affaire respectable, les femmes de Juarez ne sont plus que des objets.
Et la relecture théologique dans tout ça ? Eh bien disons :

Ainsi parle l'Éternel: A cause de trois crimes d'Israël, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt, Parce qu'ils ont vendu le juste pour de l'argent, Et le pauvre pour une paire de souliers.    Ils aspirent à voir la poussière de la terre sur la tête des misérables, Et ils violent le droit des malheureux. Le fils et le père vont vers la même fille, Afin de profaner mon saint nom. 
Amos II, 6-7

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