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Jesus Camp

7 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

jesus-camp.jpgCa y est, je l'ai vu ! Et je reste plus reservé que Sébastien Fath . En effet, le but du documentaire est clairement de faire peur et il y arrive ! Il y a d'ailleurs assurément de quoi s'inquiéter. Mais j'aurais aimé plus de précisions statistiques et chronologiques. J'aurais aimé plus d'analyse et moins de démonstratif. En sortant de la salle, j'ai le sentiment diffus qu'on ne m'a montré que ce qui était susceptible de m'effrayer et qu'au bout du compte, les auteurs du documentaires utilisent sur moi les mêmes méthodes que Becky Fisher sur les enfants. Ce qui est dommage, puisqu'au bout du compte, j'en arrive a être dubitatif quant à la dénonciation de dérives graves.
Difficile dans ces conditions d'avoir une vraie reflexion sur ce qui a été présenté.
Néanmoins...
Tout d'abord, les "camps" n'ont rien à voir avec la catéchèse. Le caté vise à donner un témoignage et à transmettre une certaine connaissance biblique. Alors que le but affirmé du pasteur  Becky Fischer c'est l'endoctrinement... D'ailleurs, tout en me refusant à juger une expression de foi qui n'est pas la mienne, quand ce sont des enfants que je vois parler en langue après une forte mise en condition, c'est d'abord à de la manipulation que je pense. Quand j'apprends que la plupart des "born again" américains ont été convertis avant 11 ans, je m'interroge sur cette foi vécue comme un engagement personnel chère aux évangéliques. Le baptême d'enfant dans sa signification Dieu nous connaît avant que nous le connaissions me paraît bien plus cohérent qu'un discours qui affirme que le christianisme est d'abord questiopn d'engagement personnel et qui accepte un engagement de ce type avant que la personnalité soit complètement formée.
Ensuite, si ce documentaire a de quoi inquiéter n'importe qui, pour un chrétien, il est particulièrement douloureux. En effet, on ne peut que reconnaître certains thèmes, certaines paroles qui nous sont chers mais détournés, par des frères et des soeurs,  au service d'une idéologie de puissance et rendus ainsi méconnaissables. Comment peut-on, en dénonçant "le vieux monde malade"  se prostituer autant à un pouvoir politique ? Comment peut-on  traduire l'Evangile en une logique guerrière du "nous contre eux" ?
Enfin, ce qui est frappant (et j'ai l'impression que ce n'est pas seulement un effet de la mise en scène) c'est l'absence de la Bible. Ce qui confirme ma conviction que le fondamentalisme préfère véhiculer une imagerie empruntée à la Bible plutôt que se frotter au texte biblique dans son entier. Ce qui se comprend bien puisque celui-ci ne se prête pas du tout à une lecture fondamentaliste.

Pour en savoir plus sur ces charismatiques "troisième vague", encore chez Sébastien Fath

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