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Dieu au cinéma

18 Octobre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

De tout temps l’art a véhiculé de nombreuses images de Dieu, d’abord à travers la sculpture et la peinture puis à travers la littérature (sans oublier la musique). Il n’est donc pas surprenant que le septième art, le cinéma, ait à son tour donné ses images de Dieu.
On peut regrouper les films qui véhiculent une image de Dieu dans 3 catégories
La première est bien sûr le film biblique. En effet, les scénaristes ont  très vite vu dans la Bible une mine d’histoires à raconter. Cette mouvance a pris tellement d’importance que le « peplum » biblique est devenu un sous genre du « peplum ». L’exemple le plus connu est très certainement Les dix commandement  de Cecil B De Mille mais il y a également de nombreux autres titres (Au commencement, Salomon et la reine de Sabba…). Les peplum biblique reflètent une époque les année 50 et s’apparente plus à de l’histoire sainte romancée et édifiante qu’à une réfléxion théologique ou à un nouveau regard sur la bible. On peut toutefois se demander si, avec le retour du peplum sur les écrans (Gladiator, Alexandre le grand, Troie), l’Ancien Testament ne va pas redevenir une source d’inspiration pour les réalisateurs actuels, auquel cas, on peut s’attendre à une vision moins consensuelle que celle des classiques. Très apparentés aux peplums bibliques, on peut aussi inscrire les films sur Jésus dans cette catégorie. Là encore les exemples sont nombreux, le plus récent est le très contesté (et contestable) La passion du Christ de Mel Gibson, l’un des plus connu est Jésus de Nazareth de Zefirelli, et de grands réalisateurs se sont essayés au genre comme Scorcese avec La dernière tentation du Christ (plus intéressant que scandaleux, à mon avis) et Pasolini avec l’Evangile selon St Matthieu (sans doute le plus protestant de ces films (par un italien communiste !) puisque sans acteur ni effet spéciaux, le film laisse la part belle au texte biblique auquel il est complètement fidèle). Il convient également d’évoquer la très drôle et irrévérencieuse Vie de Brian, une parodie de l’évangile par les Monty Python
La deuxième catégorie est celle des films qui parlent de Dieu voire Le montrent ( !). Dans cette catégorie on trouvera encore des peplum (Quo vadis ou Ben Hur), des westerns (Le fils du désert) mais également un très grand nombre de films fantastiques et même certaines comédies (Bruce tout puissant).
La troisième catégorie est sans doute la plus intéressante, elle regroupe tous les films qui, sans être bibliques, sans même nommer Dieu, se livrent implicitement à une réflexion théologique. On y trouvera un bon nombre de cinéastes européens de confession diverses, comme Pasolini (Théorème), Bunuel, Kieslowski (Le décalogue), Ingmar Bergman (Le 7eme sceau), Lars von Trier (Breakin the waves). On trouvera aussi dans cette catégorie des films plus « grand spectacle comme le célèbre « Mission ». Mon favori dans cette catégorie reste Dogville de Lars Von Trier, qui à première vue ne parle pas du tout de théologie et pourtant donne un regard sans concession sur l’humanité et une réflexion terriblement incisive sur la problématique de la grâce et de la loi (voir le dialogue final de Grace avec son père ( !) )
On pourrait faire une 4ème catégorie avec les films qui présentent non pas Dieu mais la religion et notamment le christianisme, mais le champs deviendrait vraiment trop large.
 
Cette omniprésence de Dieu au cinéma a de quoi susciter une certaine méfiance dans notre esprit protestant. Cette méfiance légitime puisque nous connaissons les dangers de « l’image taillée » qui devient si vite idole et que le cinéma a un impact considérable sur l’imaginaire de notre société. Mais cette méfiance devrait justement nous conduire à ne pas négliger cette théologie « cinématographique » mais à la connaître, à l’analyser pour voir quelle image de Dieu nos contemporains reçoivent.
Aussi légitime soit-elle notre méfiance ne doit pas non plus masquer le caractère positif de cette omniprésence. Si Dieu, la Bible et la théologie restent à ce point une source d’inspiration pour les studios, c’est bien que notre message notre foi garde une pertinence, une place dans notre monde. Aussi, à partir de ce Dieu cinématographique pourquoi ne pas renvoyer les spectateurs au Dieu biblique ?

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