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En route vers Halloween

18 Octobre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Comme chaque automne depuis maintenant près de 10 ans, les citrouilles recommencent à fleurir dans les vitrines. Importée d’Amérique, la fête d’Halloween se prépare en France. Et comme chaque automne, les églises protestantes et catholiques réagissent : grommellements et haussements d’épaules chez certains, pamphlets et autocollants de protestation chez d’autres. Il est certain que le succès de la fête d’Halloween à de quoi ennuyer les églises : non seulement c’est sans doute la fête strictement païenne qui a le plus de succès mais en plus elle prend tous les aspects d’une célébration macabre voire démoniaque.
Alors, c’est entendu, Halloween est une fête commerciale artificiellement importée des États Unis. C’est entendu, elle présente un aspect morbide qui peut s’avérer dangereux pour certains (en tout cas, certains maquillages effraient mes enfants). Pourtant, je ne suis pas sûr qu’il soit vraiment bon de s’armer pour quelque croisade cucurbitoclaste.
Peut-être devrions-nous d’abord réfléchir à la signification première d’Halloween. A travers les feux et les masques grotesques de la nuit du Samain, les celtes espéraient faire peur aux démons qui profitaient de la longueur des nuits d’hivers. Ainsi à travers l’aspect macabre des premières festivités d’Halloween l’homme essayait de combattre ses peurs. J’ai souvent l’impression qu’on retrouve le même but dans la littérature et le cinéma d’épouvante : apprivoiser nos peurs. Les croquemitaines de pellicules ou de papier sont bien moins concrets et bien plus faciles à vaincre que nos peurs les plus profondes. Ainsi, en s’inventant des monstres ou en se grimant en monstre, l’homme ne célèbre pas la mort mais il essaye de triompher de ses angoisses les plus sombres. Et le succès (de plus en plus relatif certes) d'Halloween vient peut être nous rappeler qu'aujourd'hui encore l'homme cherche à vaincre ses peurs.
Aussi plutôt que de repartir à la chasse aux sorcières, et de brandir à nouveau la dénonciation et la culpabilisation contre Halloween, peut-être nos Églises devraient-elles proposer des moyens plus efficaces que ces monstres de carton-pâte pour vaincre nos peur, et annoncer avec toujours plus de force le message d’amour de Celui qui a maintes reprises nous a répété : « N’ayez pas peur »...

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