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L'homme qui venait de Nazareth

5 Juillet 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

nazareth.jpgJésus a les gestes des guérisseurs de son temps ; pourquoi en irait-il autrement ? Mais ce que disent ses miracles, c’est la souffrance d’autrui accueillie, le courage rendu, la prière exaucée. Brèche ouverte dans le mur du fatalisme. Le miracle de Jésus inscrit un avenir aux creux des vies défaites par la mort de l’espérance. Tout miracle est l’histoire d’un impossible que Dieu troue. Tout miracle est l’histoire d’une impuissance et de son dépassement. La performance des miracles de Jésus n’est donc pas de surpasser les lois naturelles – la nature est aussi faite de ce que nous ne voyons pas. Leur performance est de porter à son sommet l’amour et le don de soi…
D. Marguerat. L'homme qui venait de Nazareth

Je dois l’avoir déjà écrit ici ou là, j’aime bien les petits livres. Du coup, j’aime bien les éditions du Moulin qui éditent régulièrement des bouquin de théologie ne dépassant pas une centaine de page. Bien sûr la collection est parfois inégale mais généralement les ouvrages signés Daniel Marguerat me plaisent beaucoup…
Je viens de lire L’homme qui venait de Nazareth. "Ce qu’on peut aujourd'hui savoir de Jésus" annonce le sous-titre. Vaste programme… et au bout du compte quelque peu mensonger. En effet si le début peut laisser croire à un travail du type de celui de Meier (dont il faudra bien que je me décide à reprendre le troisième tome), très vite la recherche historique est expédiée et on revient à la spécialité de Marguerat : l’exégèse…
En effet, L’homme qui venait de Nazareth est moins une tentative de biographie de Jésus qu’un commentaire sur ce que les évangiles nous dise de lui. Ce qui d’ailleurs est très heureux puisque les évangiles ne sont pas des biographies de Jésus mais des témoignages de la foi de leurs auteurs, qu’en tant que chrétien le Jésus historique m’intéresse tout compte fait moins que celui des évangiles et que le boulot de Marguerat, c’est prof de Nouveau testament, pas d’histoire…
Et en une centaine de pages, en commentant les évangiles, loin du patois de Canaan, Marguerat nous raconte la prédication de Jésus : proximité du Royaume et changement de vie, il nous raconte ses relations avec ses contemporains, son comportement face à la loi, ses disciples, sa mort (peut-être la partie la plus faible du livre : les récits de crucifixion y étant un peu trop pris de manière journalistique) et sa résurrection (pour moi la partie la plus éclairante). Les idées foisonnent, rarement complètement nouvelles, quelquefois contestables, parfois trop rapidement exposées (mais bon, si je veux plus de précision je n’ai qu’à être moins paresseux). Je vous donne quelques exemples en vrac : le miracle qui parle et la parabole qui agit, la distinction entre les paraboles « d’évidence » et « d’extravagance », la focalisation tardive sur les Douzes qui aboutit à gommer les femmes de l’entourage de Jésus, et surtout la distinction entre le Ressuscité et le Jésus de l’histoire, cette distinction qui explique pourquoi la recherche sur le Jésus de l’histoire est finalement assez secondaire pour le chrétien… Je peux bien sûr m’intéresser à celui que fut l’homme de Nazareth, la recherche historique peut m’aider à mieux comprendre  les évangiles, mais celui en qui je crois, c’est Jésus, relevé d’entre les morts et vivant pour le monde et pour moi….

L’homme qui venait de Nazareth est me semble-t-il un peu plus faible que Paul de Tarse ou que Résurrection mais pour quiconque s’intéresse au sujet, il mérite largement un léger détour d’une centaine de pages…

D. Marguerat : L'homme qui venait de Nazareth. Editions du moulin.

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