Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ne baissons pas les bras

8 Novembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

J'ai reçu cet appel de la Mission ouvrière de l'Eure... Quoique pas tout à fait du même bord ecclésial et théologique, j'y souscris complètement...

Au lendemain des graves événements qui se sont produits à Évreux La Madeleine , ce sont les sentiments de peur, de stupéfaction, d’incompréhension devant de tels actes qui dominent. « Après la nuit qu’on a passé, ma femme est malade ! Comment peuvent-ils en arriver là ? Nous sommes des pauvres. Les gens dont la voiture a brûlé ont des traites à payer. Comment vont-ils aller au travail demain ? »

Réunis au sein des mouvements et groupes de la Mission ouvrière locale d’Evreux[1], habitants de ce quartier et investis dans la vie associative locale, nous voulons prendre la parole, habités par notre foi en un Dieu d’amour, de justice et de paix.

 Pourquoi tant de violences ? Pourquoi tant d’incompréhensions ?

 Après les émeutes de cette dernière nuit à la  Madeleine , ces « pourquoi » reviennent sur toutes les lèvres, et, en parlant, les langues se délient : « Mon fils a envoyé une dizaine de CV pour être embauché, mais personne ne lui a répondu » (une dame maghrébine). « Dans l’immeuble, on a fait une pétition pour que la porte d’entrée de l’immeuble soit fermée, et en même temps on a demandé que les jeunes du quartier aient un local pour se réunir ; mais personne ne nous a répondu ».  «  On diminue les subventions aux associations à la Madeleine , et tout l’argent va pour le centre-ville ».  « Et l’ORU, ils nous disent qu’ils vont mettre des millions pour la Madeleine , mais en quoi les jeunes vont-ils en profiter ? »… Les langues se délient parce que tout le monde voit bien que la pauvreté et la misère gagnent du terrain dans le quartier. Les jeunes ont le sentiment qu’on n’a pas besoin d’eux, qu’ils sont en trop et que les seules perspectives sont la précarité et la galère. Le discours institutionnel n’a plus de crédit. Le dialogue est rompu avec la police et avec tout ce qui a trait à l’autorité, parents, enseignants, administrations... Ceux et celles qui vivent au contact des jeunes peuvent comprendre la violence dont ils sont victimes.

 

 Rien ne peut justifier la violence, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne. Ceux qui commettent ces actes doivent être condamnés.

Nous souffrons de voir saccagé le travail de tous ceux qui travaillent dans le tissu associatif et que la diversité culturelle est une richesse.

Stop à la violence ! Oui au dialogue

Nous disons aux jeunes : Stop ! Arrêtez ! Sinon, vous risquez d’être les victimes de cette violence ! Nous sommes prêts à dialoguer avec vous. A la Madeleine , beaucoup d’habitants sont prêts à vous aider !

 

Nous les adultes, ne baissons pas les bras, et surtout ne faisons pas d’amalgame en culpabilisant tous les jeunes de la Madeleine. Car comme le dit l’un d’entre eux, « ce n'est qu'une minorité de jeunes qui sont responsables, les jeunes de La Madeleine ne sont pas tous des "racailles". Pourquoi les médias ne parlent que des problèmes et pas des jeunes qui font des choses bien, dans les associations par exemple ? ». Ce ne sont pas eux qui inventent l’échec scolaire, le chômage et les discriminations. Ensemble battons-nous pour que les associations aient davantage de moyens et soient entendues. Battons-nous pour que les jeunes aient toute leur place ! Continuons à construire patiemment la fraternité !

 

Évreux le 6 novembre 2005

 

 

 

 

Partager cet article

Commenter cet article

Christophe 08/11/2005 12:53

Je suis moi-même d'accord avec ce message. Pensont au long terme, n'agissont pas par colère.

Eric 08/11/2005 11:11

Bon, je tique un peu sur l'opposition jeunes-adultes qui me paraîot un peu généralisatrice mais le fond reste bon...