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L'essentiel est invisible pour les yeux...

4 Décembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

D'après Marc II, 1 à 12

A première vue, il y a de quoi hurler au scandale dans ce texte : « Tes péchés sont pardonnés » à un paralytique ! Alors c’est ça le message du Christ ? S’il est paralysé c’est qu’il est pécheur ? Et puis quoi encore ?

C’est vrai que c’est comme ça qu’on voyait les choses à l’époque de Jésus (déjà cette manie de toujours vouloir tout expliquer, de toujours trouver des responsables…) Mais je ne pense pas que ce texte soit un reflet d’une telle vision des choses. Premièrement, Jésus a condamné une telle vision (Jean IX dont je parlais récemment). Deuxièmement, si le message du texte avait été « l’homme était paralytique à cause de ses péchés », l’annonce du pardon aurait suffit à le relever.

A mon avis l’enjeu du texte est ailleurs. « Voyant leur foi », nous dit le texte à propos de Jésus. Et généralement les commentaires partent dans l’idée que « leur foi » c’est celle des porteurs. En cela, les exégètes se conduisent comme la foule : la paralytique n’est là que pour être guéri, autant dire qu’il n’existe que par sa maladie…
Mais ce que voit Jésus c’est la foi des porteurs ET du paralytique. Et c’est là, le miracle, le signe, là où tant d’autres ne voyaient qu’un malheureux paralytique, Jésus, va au fond des choses, il voit un être humain avec sa richesse et sa faiblesse, avec sa foi et son péché. Et c’est d’abord à cet humain que Jésus s’adresse : il voit sa foi, il voit son péché. Il voit ce que l’homme est, complètement.
Jésus guérit ensuite le paralytique, il en a le pouvoir. Nous, nous en sommes, la plupart du temps incapables. Mais ce que nous pouvons faire, c’est cesser de ne voir qu’une maladie là où il y a avant tout une personne. Il ne s’agit pas, bien sûr, de nier la maladie ou le handicap. Plutôt de voir plus loin. Trop souvent, nous ne voyons que ce qui saute aux yeux : le fauteuil roulant, la canne blanche, les béquilles… Mais derrière l’apparence, il y a une personnalité qui s’est forgée, qui a appris à vivre avec ou contre la maladie, une personne avec des qualités et des défauts, des forces et des faiblesses, des joies et des souffrances, des espérances et des renoncements. Un être humain comme nous et donc un individu unique à découvrir, un frère, une sœur à aimer.
Si nous apprenons à voir ainsi, alors le miracle s’opèrera : le paralytique ne se lèvera sans doute pas mais nous, nous serons guéris de notre cécité…

« L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur » Bien avant St Exupéry, Jésus Christ nous le rappelle…

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