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Comme les rois mages en Galilée...

15 Décembre 2005 , Rédigé par Eric George Publié dans #Réponses

Comme je l’ai promis à Tom, quelques précisions sur ces roi-mages qui viennent orner nos crèches ou plutôt quelques remarques sur ce que la Bible nous dit d’eux. (Matthieu II, 1 à 12)

« Des mages venus d’orient ». Quelques constats : d’abord ils n’étaient pas rois (ils ont sans doute été "couronnés" durant le VI° siècle), juste des mages, c’est à dire, à l’époque, des savants (astrologie et astronomie se confondaient alors allègrement). Rien ne dit qu’ils étaient trois (cette tradition vient du fait qu’ils apportaient trois types de présents : l’or, la myrrhe, l’encens). Enfin, Matthieu les laisse soigneusement dans l’anonymat…

Pas plus que celui de Luc, le récit de naissance de Matthieu n’est à prendre comme un récit historique. Le ministère de Jésus ne devient public qu’au moment de son baptême et rien n’indique que sa naissance aie fait l’objet de quelque interrogation que ce soit de la part de ses disciples. Matthieu ne prétend pas raconter de façon journalistique ce qui s’est passé au moment de la naissance de Jésus, d’ailleurs cela transparaît même dans sa composition littéraire : la conception et la naissance de Jésus ne sont jamais racontées, elles apparaissent après coup… Le projet du texte est donc théologique et profondément contestataire.

La naissance de Jésus, messie, roi d’Israël passe complètement inaperçue et ce sont des païens idolâtres qui viennent le reconnaître. Cette reconnaissance par des païens est un thème récurrent dans la Bible : Ruth, la moabite et Rahab, la prostituée cananéenne, en sont deux bons exemples. Et il est tout particulièrement important dans l’évangile selon Matthieu où l’on voit Jésus commencer par réserver son ministère pour « les brebis perdues de la maison d’Israël » et l’ouvrir peu à peu aux païens pour finalement être reconnu comme « Fils de Dieu » par le centurion romain… Ainsi, de son commencement (avec les mages) à sa fin (avec le centurion romain), l’évangile selon Matthieu montre Dieu ouvrant son alliance avec le peuple hébreux à l’humanité toute entière… C’est certainement le rôle principal des mages.

On a voulu charger leur offrande, l’or, la myrrhe, l’encens de toute une symbolique : l’or représentant la royauté, l’encens la divinité et la myrrhe la sépulture prochaine de Jésus. C’est sans doute sur-interpréter le texte. L’or, la myrrhe et l’encens étaient les présents généralement offerts en geste d’allégeance à un roi. C’est d’ailleurs là aussi un aspect contestataire (ou en tout cas un retournement) du texte : les riches savants viennent s’incliner devant le nouveau né… Reconnaître Jésus comme roi, c’est contester de façon très forte la puissance de nos puissants… Pour citer une chanson que j’aime bien :

Et toi tu t’étonnes

Tu ne comprends pas

Un roi qui pardonne

Ca n’existe pas

Un roi qui s’incline

Devant ses sujets

Couronné d’épines

A toi de juger…

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tom-le-termite 15/12/2005 20:34

merci pour le bonus :)

Eric George 17/12/2005 07:10

A ton service... Merci de m'avoir donné une idée de sujet d'article...