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C'est toi le loup ! De la ville de refuge à la maison

17 Décembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

L’Eternel parla à Moïse, et dit : Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur: Lorsque vous aurez passé le Jourdain et que vous serez entrés dans le pays de Canaan, vous vous établirez des villes qui soient pour vous des villes de refuge, où pourra s’enfuir le meurtrier qui aura tué quelqu’un involontairement. Ces villes vous serviront de refuge contre le vengeur du sang, afin que le meurtrier ne soit point mis à mort avant d’avoir comparu devant l’assemblée pour être jugé. Des villes que vous donnerez, six seront pour vous des villes de refuge. Vous donnerez trois villes au delà du Jourdain, et vous donnerez trois villes dans le pays de Canaan: ce seront des villes de refuge. Ces six villes serviront de refuge aux enfants d’Israël, à l’étranger et à celui qui demeure au milieu de vous: là pourra s’enfuir tout homme qui aura tué quelqu’un involontairement. Si un homme frappe son prochain avec un instrument de fer, et que la mort en soit la suite, c’est un meurtrier: le meurtrier sera puni de mort. S’il le frappe, tenant à la main une pierre qui puisse causer la mort, et que la mort en soit la suite, c’est un meurtrier: le meurtrier sera puni de mort. S’il le frappe, tenant à la main un instrument de bois qui puisse causer la mort, et que la mort en soit la suite, c’est un meurtrier: le meurtrier sera puni de mort. Le vengeur du sang fera mourir le meurtrier; quand il le rencontrera, il le tuera. Si un homme pousse son prochain par un mouvement de haine, ou s’il jette quelque chose sur lui avec préméditation, et que la mort en soit la suite, ou s’il le frappe de sa main par inimitié, et que la mort en soit la suite, celui qui a frappé sera puni de mort, c’est un meurtrier: le vengeur du sang tuera le meurtrier, quand il le rencontrera. Mais si un homme pousse son prochain subitement et non par inimitié, ou s’il jette quelque chose sur lui sans préméditation, ou s’il fait tomber sur lui par mégarde une pierre qui puisse causer la mort, et que la mort en soit la suite, sans qu’il ait de la haine contre lui et qu’il lui cherche du mal, voici les lois d’après lesquelles l’assemblée jugera entre celui qui a frappé et le vengeur du sang. L’assemblée délivrera le meurtrier de la main du vengeur du sang, et le fera retourner dans la ville de refuge où il s’était enfui. Il y demeurera jusqu’à la mort du souverain sacrificateur qu’on a oint de l’huile sainte. Si le meurtrier sort du territoire de la ville de refuge où il s’est enfui,  et si le vengeur du sang le rencontre hors du territoire de la ville de refuge et qu’il tue le meurtrier, il ne sera point coupable de meurtre.Car le meurtrier doit demeurer dans sa ville de refuge jusqu’à la mort du souverain sacrificateur; et après la mort du souverain sacrificateur, il pourra retourner dans sa propriété.

Nombres XXXV, 9 à 28

Si vous avez grandi à Nancy dans  les.années 70, vous avez certainement joué au loup. En d'autres lieux, à d'autres époques, vous avez joué à chat ou à trap'trap. Et pendant ces parties, forcément, vous.aviez des "maisons" ou des "cabanes", un endroit où cesser de courir, où souffler un peu...
Dans un contexte bien plus dramatique, la ville de refuge tient le même rôle : elle est un endroit où souffler. Un endroit où l'homme peut échapper à son passé, à ses erreurs.
Bien sûr, nous restons ici dans une situation très légaliste : la loi du talion règne et le sang versé, même accidentellement, appelle le sang. De plus, la ville de refuge n'est, bien sûr,  ouverte qu'aux meurtriers par accidents. Mais, dans un tel contexte, la ville de refuge marque une trêve dans la logique de la vengeance. Pour une vie condamnée à la fuite, à l'errance, à la peur et à la violence, elle ouvre une oasis de paix.
Bien plus tard, Jésus sera à bien des égards une ville de refuge plus largement ouverte (pour lui, nul besoin que la faute ait été accidentelle), pour Zachée, pour Marie de Magdala pour la femme adultère, pour  le "bon larron" et pour bien d'autres sans doute. En lui, les réprouvés ont pu trouver un refuge, un lieu ou cesser de fuir le regards des autres et leur propre passé.
Et notre Eglise ? Nos communautés sont-elles des villes de refuge ? Un lieu de renouveau où l'on peut espérer échapper à notre passé ?

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