Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Es tu celui qui doit venir ?

24 Décembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication de Noël
Luc II, 1 à 20

Esaïe XXXV, 4 à 6, LXI, 1
Luc VII, 18 à 26

« Es-tu celui qui doit venir ? Ou devons-nous en attendre un autre ?». Cette question angoissée qui monte du fond d’une prison pourrait être la notre en ce temps de Noël… En effet, dans ces forêts de sapin, dans cet océan de lumières, dans cette profusion de cadeaux, dans la joie des retrouvailles, dans l’abondance des festins de Noël, le bébé couché dans une mangeoire fait bien pâle figure… Est-il celui qui doit venir ? Est il sauveur ? Est il le Messie ? Est-il notre Seigneur ? Difficile à croire, 2000 ans après alors que déjà, lors de sa naissance, il fallait bien toute l’armée céleste pour en persuader les bergers…

Eh bien, Jean le Baptiste, le prophète, la voix qui crie dans le désert, lui-même semble avoir bien du mal à y croire. « Es-tu celui qui doit venir ? ».
Cette question, Jean le Baptiste la pose alors même que ses disciples viennent de lui raconter les actions de Jésus et, en particulier, la résurrection du fils de la veuve de Naïn qui vient de se produire. Alors qu’il a un témoignage direct de la puissance de Jésus, Jean le Baptiste, « prophète et plus qu’un prophète », s’interroge, il doute.
Ce qui d’une part devrait nous donner un avertissement quant à notre témoignage : il ne suffit pas de raconter les miracles de Jésus, d’enseigner ses paroles pour que tous croient. Si même Jean le Baptiste, celui qui est venu annoncer Jésus comme messie doute face à des témoins directs, quelle chance avons-nous, nous, pauvres témoins indirect de convaincre des foules qui ne croient pas ? Aucune. Mais notre rôle de témoin n’est pas de convaincre, simplement de peut-être susciter un questionnement chez ceux qui nous entendent : « Et si ce Jésus dont ils parlent était celui qui doit venir ? »…

Mais qu’est ce que ça veut dire : « Reconnaître Jésus comme celui qui doit venir ? ». Visiblement, croire qu’il accomplit des prodiges, qu’il ressuscite des morts, entendre son enseignement ne suffit pas : Jean ne remet pas en doute le témoignage de ses disciples, mais ce témoignage ne lui suffit pas. Sans doute, parce que reconnaître en Jésus celui qui doit venir, c’est le reconnaître qui vient  vers soi, parce que pour reconnaître Jésus comme sauveur, il faut qu’il me sauve. Or, quand on est au fond d’une prison, même si on est prophète, c’est difficile de se voir sauvé…

Et la réponse de Jésus est stupéfiante : « les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée au pauvre »
Vous y aurez sans doute reconnu un mélange des prophéties d’Esaïe 35 et 61 que nous venons d’entendre. Mais dans cette fusion de prophétie, il y a un manque que vous avez peut-être repéré et que Jean, lui, ne pouvait pas rater. Alors, les yeux des aveugles verront et les oreilles des sourds s’ouvriront. Alors, le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie (Esaïe XXXV, 5-6) Il m’a envoyé porter une bonne nouvelle aux pauvres, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur libération et aux prisonniers leur élargissement (Esaïe LXI 1-2)…
Dans sa citation, Jésus supprime la délivrance des captifs : précisément ce que Jean le Baptiste espérait et attendait…

Celui qui doit venir ne vient pas pour assouvir tout nos désirs, tout nos manques. Il ne vient pas pour remplir nos vides. En cela, il est le contraire de ce Père Noël venu nous apporter tous les joujoux dont nous avons rêves… Jésus ne vient pas comme un catalogue de Noël qui nous vend tout ce dont nous avons besoin et même davantage. Il vient à notre rencontre dans un dénuement total, dans la fragilité d’un enfant, là ou on attendait un libérateur. Et c’est dans ce dénuement, C’est dans nos failles, dans nos faiblesses que Dieu vient à nous en Jésus Christ. Non pas pour combler ces failles, pour assouvir nos besoins mais simplement pour être là, avec nous.

Toi, mon frère, toi ma sœur, qui es seul, triste, malade ou dans le dépouillement en ce temps de Noël, par la naissance de Jésus le Christ, le bébé couché dans la paille, sois assuré de la présence de Dieu à tes côtés Christ. Toi mon frère, toi ma sœur qui fête Noël dans l’abondance, en famille et en cadeaux. Peut-être dans ta fête éprouveras-tu comme un pincement au cœur, ce vide que ni cadeau, ni famille, ni réveillon ne peut combler. C’est dans ce serrement de cœur, dans ce manque, dans cette faille que Dieu vient à toi.

Amen

Partager cet article

Commenter cet article

Marie-claire Lefeuvre 30/12/2007 08:17

J'ai aimé ce message de Noël, car il n'est pas triomphant dans nos misères. Celui qui la pose est lui-même un grand prophète, prisonnier en vue d'une exécution capitale parce qu'il a dit la vérité. On a pu espérer qu'il était lui-même le Messie. C'est un peu de son successeur possible qu'il s'agit. Rien que le fait qu'il pose la question essentielle :"Es-tu celui qui doit venir ? " à l'intéressé montre que Jésus est, à ses yeux, un héritier possible, et qu'il lui fait confiance. Mais ce dernier va répondre en détaillant l'amour de l'autre au-delà de toute espérance... Et Jean va partir de ce monde rassuré : effectivement Jésus n'a pas délivré Jean physiquement, mais peut-être l'a-t-il fait spirituellement...et l'on imagine alors Jean prier pour Jésus...