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Chrétiens et non-chrétiens à l'heure dernière

18 Février 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Réponses

Il y a déjà un petit bout de temps, un lecteur me posait par e-mail la question suivante : Grace au Christ il est promis aux chrétiens la vie éternelle après la mort. Qu'en est-il pour les hommes des TOUTES les AUTRES religions ? Que deviendront-ils ?
À dire vrai, je suis quelque peu géné par la formulation : je ne crois pas qu'après la mort, l'âme s'envole en direction du paradis ou chute vers l'enfer. Je crois, en revanche, à une mort complète et à une résurrection finale. Lors de cette résurrection, je crois en effet que ceux qui ont placé leur confiance en Christ seront pris à ses côtés. Et les autres ? Une réponse classique de théologiens plus avisés que moi c'est "nous ne pouvons rien en dire, nous ne pouvons témoigner que de notre salut" C'est bien sûr très vrai, et cela évite pas mal de spéculations. Cependant, me soucier du sort des autres me semble assez cohérent avec mon christianisme. Et puis, au delà de spéculation sur l'au-delà (qui n'est pas un crime non plus), cela ouvre une question qui a son importance : "sommes-nous sauvés par le Christ ou par notre foi en lui ?"
Si l'on s'en tient à l'heure dernière, pour ma part, je réponds que ce n'est pas notre foi qui entrera en ligne de compte. Je crois en effet que tous seront sauvés. Mais cette déclaration n'est ni la conclusion d'un raisonnement logique, ni une affirmation dogmatique : il sera facile de trouver des versets pour me contredire (et s'ensuivra une longue bataille de versets et d'interprétation). Ce n'est pas non plus un procès que j'intenterais à Dieu sur le mode "Si Dieu ne sauve pas tout le monde, alors il n'est pas bon". Je ne parle pas d'avantage d'un salut de masse, aveugle, un salut à la pelle, en fait je ne devrais pas parler du salut de tous mais du salut de chacun. Je crois qu'à l'heure dernière, chacun, quelle qu'ait été son histoire, sa foi, sera saisi dans l'amour de Dieu. C'est une profession de foi : je crois que le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
Cependant cette profession de foi sur l'heure dernière ne doit pas faire oublier que le salut est d'abord une vérité immédiate : c'est dès maintenant que je suis accepté par Dieu, et c'est dès maintenant que cela change ma vie. Or, ce changement de regard, cette libération ne se vit que dans la confiance en Jésus Christ. Si le salut est promis à tous, seule la foi en Christ permet de le vivre dès aujourd'hui.

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marike 02/03/2008 16:20

J'aime bien votre commentaire...

Bashô 19/02/2008 12:34

Il me semble que l'Eglise catholique est d'acord pour dire que l'acceptation de la grâce est, elle-même, une grâce (mais alors l'homme est-il libre d'accepter d'accepter ?) Pour Calvin et pour Luther, l'homme n'est pas capable d'accepter la grâce qui lui est donnée, alors peut-on vraiment le dire libre de refuser ?   C'est tout à fait là un des grands points de divergence entre les catholiques et les protestants (du moins les luthériens et les réformés). C'est une question très difficile dont la réponse ne nous sera vraiment connue qu'une fois passé de l'autre côté. La réponse de l'Eglise catholique se base sur le fait qu'on peut vraiment parler de relation entre l'homme et Dieu (cf par exemple, Moïse converser avec Dieu comme un ami à un ami), relation qui entend bien sûr toute une évolution tourmentée avec des périodes de doute, de refus... Mais l'idée de relation présuppose l'idée de liberté, être capable de converser avec Dieu et d'être capable de dire "non", un vrai non. Tout le monde s'accorde à dire que de telles personnes pouvant dire un "non" délibéré à la vie et à la vérité doivent être très rares, plus rares peut-être que les saints. Bref, pour nous la liberté implique la possibilité de choisir entre la Vie et la Mort et donc la possibilité de la damnation. Comment agit cette liberté (une grâce de Dieu) au concret? Je n'ai pas vraiment de réponse mais je pense qu'il ne faut pas la réduire à la liberté de choix ( comme choisir entre le Nutella et le miel) la plus basique selon Sartre car dénuée de dimension existentielle. C'est dans notre histoire qu'avec la grâce de Dieu (offerte à tous) que nous donnons chair à la liberté.  Tout comme le Verbe s'est fait chair, la Vérité peut se faire chair dans notre histoire. Je m'arrête là car plus loin, ce serait parler du sexe des anges.

Bashô 19/02/2008 11:21

 Dans son "épitre aux Romains", Karl Barth déclarait que si le Christ n'était pas le Juge, il ne pourrait être le Sauveur. Le Salut ne doit pas faire oublier qu'il nous a crées libres et donc capables de refuser la Grâce qui nous est offerte, de lui tourner le dos, bref de connaître la damnation. L'Eglise enseigne que l'Enfer existe mais quant à savoir si c'est vide, elle garde le silence.

Eric George 19/02/2008 11:54

Pour Barth, il faudrait reprendre la citation complète, parce que Christ comme juge, c'est quand même un peu curieux. Ceci dit, ma conception de la grâce n'exclut nullement qu'il y ait jugement, elle exclut en revanche l'application d'une condamnation définitive.Pour la liberté de l'homme face à la grâce de Dieu, c'est un long débat qui a souvent refait surface ici. Il me semble que l'Eglise catholique est d'acord pour dire que l'acceptation de la grâce est, elle-même, une grâce (mais alors l'homme est-il libre d'accepter d'accepter ?) Pour Calvin et pour Luther, l'homme n'est pas capable d'accepter la grâce qui lui est donnée, alors peut-on vraiment le dire libre de refuser ? (cf. Le traité du Serf arbitre de Luther)Quant au silence de l'Eglise catholique sur ce que contient l'enfer, il est aussi sage que la réponse pastorale qui consiste à dire "nous ne savons pas ce qu'il adviendra des autres". Mais d'un autre côté, il a aussi une explication plus stratégique qui me chifonne quelque peu, j'en avais parlé ici : http://miettesdetheo.over-blog.com/article-3945682.html