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Petit droit de réponse en passant

11 Mars 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Trompettes de la renommée

Vous êtes bien mal embouchées

Fallait-il inviter des politiques (élus locaux) à nos cafés bibliques ? Il me paraissait évident que oui. D’abord pour ce qu’ils pouvaient apporter à nos débats et aussi, soyons francs, pour la publicité que cela donnerait à nos réunions qui se veulent aussi largement ouvertes que possible. Un système de donnant-donnant d’ailleurs puisque nous le savions bien, si des politiques venaient ce serait aussi pour se faire de la publicité. Ca n’a pas raté, alors que nous avions invité la presse locale à chaque séance du café biblique nous n’avons vu arriver un journaliste que la soirée à laquelle participait une de nos élues, Anne Mansouret, conseillère générale.

Certains l’avaient accusée de ne chercher qu’une tribune, pourtant, j’étais assez heureux de sa présence : elle était entrée dans le débat avec des interventions intéressantes (même si j’avais été gêné par un discours très virulent contre l’Islam alors qu’aucun représentant n’en était là pour apporter un contrepoint) et sans discours électoraliste. En revanche l’article du journaliste nous oblige à déchanter et à nous reposer la question.

Contrairement aux suggestions de certains paroissiens, je ne pense pas qu’il soit sage que nous répondions, mais comme j’ai un sale caractère quand même, je vais profiter du caractère quasi confidentiel de ce blog pour commenter un peu l’article. Ami lecteur, c’est entre toi et moi, à toi de voir si je ne supporte pas la critique ou si mes réactions quant à l’article sont un tant soit peu fondées…

L'article a été publié dans La dépêche de l'Eure du 9 au 15 mars. Il n'est pas signé. Mes commentaires sont en bleu...

 

 

Le pasteur, la Bible, la violence et sœur Anne

Ca commence très, très fort…

 

L'Église réformée organisait son "café biblique" jeudi soir au café des Arts, "un débat libre autour du thème : "la violence pourquoi ?". Une vingtaine de personnes y participaient. Principalement des protestants (ah non, les cafés bibliques sont toujours œcuméniques, on l’a même souligné) d'un âge avancé. (le tiers de l’assistance avait moins de 40 ans, quand même) Une communauté qui aura vite fait fuir deux jolies jeunes femmes en transit. Elles allaient au théatre ce soir là (autre lecture : elles étaient au café sans être au courant et la réunion remplit toute la salle et fait pas mal de bruit)

Avant d'entrer dans le vif du sujet, Claude, l'animateur du débat, distribuera le tract du prochain "café biblique". Il lira ensuite un texte pour dire l'omniprésence de la violence de la violence, notamment rapportée dans les médias. L'animateur interpellera alors l'audience sur le mode "comment la violence aujourd'hui ? Y en a-t-il plus aujourd'hui qu'hier". Pas sûr, estimera l'assemblée. Suivra alors toute une série de considérations plus ou moins pertinentes sur la violence.

Le débat commençait à ronronner comme cela arrive dans les réunions sans contradicteur. Fallait l'intervention d'un Deus Ex Machina pour sauver la situation. (on avait pourtant bien expliqué le principe de la soirée : ¾ d’heure de débat très libre sur le thème avant un éclairage biblique et une reprise du débat, visiblement, notre journaliste n’a pas tout écouté. Mais c’est vrai que les intervenants ne sont pas tous des habitués du débats, alors il faut se donner la peine d’écouter, d’essayer de comprendre et d’être vigilant à ce qui s’exprime. Ca peut ronronner, mais au moins on donne la parole à tous et à nos yeux c'est fondamental…) Anne Mansouret aller jouer ce rôle-la. Arrivée en cours de route d'on-ne-sait où, la conseillère générale socialiste commençait par s'agacer de ce qu'elle entendait. Fidèle à sa réputation (sa nature ?), elle ne pourra réprimer son irrésistible envie d'intervenir, d'exprimer son point de vue dissonant. En gros, elle estimait qu'il y avait méprise, que plutôt que de la violence dont il est question dans l'échange, il était plus juste de parler de cruauté. La violence, pour elle, était une pulsion.. Le débat se poursuivait. La conseillère générale s’impatientait : « Je ne suis pas d’accord du tout. Vaut mieux que je me taise » estimait-elle, en regardant sa montre (c’est sans doute comme ça qu’elle a joué le rôle de deus ex machina contradicteur…) : « Ils confondent la violence et la morale. Elle regrettait d’être venu. Il n’empêche qu’elle restera jusqu’au bout (22 heures). (Et manifestement, jusqu’à 22h, le journaliste s’est plus intéressé aux réactions et apartés d’Anne Mansouret qu’aux autres intervenants, facile après cela de se prononcer sur l’intérêt du débat…)Ecoutera même avec intérêt l’intervention finale du pasteur Eric George, sa lecture de ce Livre éminemment violent », la Bible (alors mon « intervention finale » commençait à 21h et durait entre 10 et 15mn, drôle de fin pour une réunion qui a duré jusqu’à 22h).

Eric George rejoindra Anne Mansouret, admettant que la violence était dans la nature de l’homme (il s’agissait moins d’admettre que d’être d’accord, mais bon…), il dira que « Cette violence doit être exprimée. Non pas vers l’autre mais tournez là vers la prière » conseillera-t-il (en fait je commentais la violence dans les psaumes en affirmant que la prière nous offre un lieu ou exprimer, faire sortir nos pulsions violentes). Anne Mansouret était captivée par le discours du pasteur : « C’est fou la différence entre protestants et catholiques. C’est intéressant à ce niveau-là » Politique ou religion, la « catholique pratiquante » adopte la même posture, se faisant critique vis-à-vis de son propre camp, en jugeant que les protestants sont comme les catholiques, le masochisme en moins (Il a été également souligné, par le prêtre présent comme par le pasteur que si le dolorisme sévissait encore dans l’Église Catholique il n’était plus la règle) « Vous dites du mal des voisins » soulignera Eric George, hilare (pas tout à fait, j’ai dit : « vous voulez me faire dire du mal des voisins… »), comme le reste de l’assemblée. Le pasteur précisera la différence : «Chez les catholiques, le salut passe par les œuvres, il faut mériter, gagner le salut. Chez les protestants, le salut est gratuit » (en apportant, là encore,  une nuance : sur cette question-là, la théologie catholique évolue considérablement). Et de conclure « Dieu ne veut pas notre souffrance mais Il veut, pour nous, du bonheur. Le bonheur de tous. »

 

 

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CHAMPAIN 09/04/2006 11:37

Par curiosité je dois l'avouer , je suis venue à votre café biblique ayant été informé par voix de presse, de cette organisation. J'ai apprécié la  possibilité à chacun de s'exprimer selon son ressenti, sans langue de bois...Je ne comprend pas votre "coup de geule" vis à vis de Mme Mansouret .Ce café était-il réservé à certaines personnes ? Alors pourquoi l'inviter ?  Il ne me semble pas que la presse "s'achète" , il ne faut pas mésestimer le métier de journaliste de la sorte .. J'ai énormément de respect pour eux .

Eric George 09/04/2006 12:46

Il n'y a pas de "coup de gueule" vis à vis d'Anne Mansouret dans ma note. Ou alors, il faudra me dire où précisément... En revanche, sans mésestimer du tout le métier de journaliste, il y a un coup de gueule contre un article qui donne à penser que seule la présence d'Anne Mansouret au café biblique présentait un intérêt. Un article que de nombreux participants au café bibliques ont jugés insultant à leur égard...
Si j'ai vu (et je ne suis pas le seul cet article) comme une tentative de mise en valeur d'Anne mansouret, je suis parfaitement conscient qu'elle n'est pas responsable de cet article qui me paraît la désservir bien plus que cette note...

Anne Mansouret 09/04/2006 06:59

Découvrant par hasard ce site, j'y trouve également le commentaire qu'Eric George y a inséré le 11 mars 2006, concernant ma présence au café biblique qui avait pour thème "la violence". Je suis consternée par l'analyse tendancieuse qui est faite de ma participation à cette réunion. Qu'il me soit permis tout d'abord de préciser que je me suis rendue à ce débat sur invitation; Mon intention n'était pas de polémiquer, mais bien d'écouter, raison pour laquelle j'ai commencé par manger un sandwich, sans intervenir dans la discussion (je n'avais pas eu le temps de dîner). Ne connaissant personne dans l'assistance, j'ai échangé quelques mots avec un journaliste qui se trouvait en face de moi, auquel j'ai fait part de ma contrariété : On parlait de "cruauté", de "méchanceté", et non de "violence". Il s'en est suivi un échange de vues avec le modérateur qui m'a semblé intéressant, comme plus tard, celui ayant trait au personnage biblique de Yaëlle. Plusieurs participants m'ont confié, en quittant la réunion, avoir apprécié la discussion, et l'avoir jugée très positive. Je suis décue aujourd'hui que mes propos aient été détournés de leur contexte, et que ma présence à ce débat soit qualifiée d' "électoraliste". Pensez-vous réellement que la douzaine de personnes qui se trouvaient là, puisse avoir un quelconque intérêt électoral? Vous semblez supposer, en outre, une connivence avec ce journaliste qui est totalement hors de propos; Je ne savais pas que la presse était invitée, pas plus que je ne m'attendais à être invitée moi-même à un "café biblique", dont je ne connaissais même pas l'existence à Evreux. Autre chose: Pour votre information, la "Dépèche" appartient à France Antilles, une filiale du groupe Hersent (Le Figaro) lequel n'est pas vraiment "de gauche" ! Oui, je suis réellement décue à la lecture de ces commentaires; J'espérais mieux de la part d'un guide spirituel, à qui je conseillerai de méditer ce conseil de Goethe: "Traitez les gens comme s'ils étaient ce qu'ils doivent être, et vous les aiderez à devenir ce qu'ils sont capables d'être". Bien sincèrement, ANNE MANSOURET  

Eric George 09/04/2006 07:16


Vous me permettrez d'attirer votre attention sur le fait que ma réponse et mes commentaires concernent l'article publié dans La dépêche (je prends acte de mon erreur sur l'orientation politique) plus que votre présence au café biblique.Laquelle, si vous me relisez est considérée comme tout à fait positive. Je me cite : Certains l’avaient accusée de ne chercher qu’une tribune, pourtant, j’étais assez heureux de sa présence : elle était entrée dans le débat avec des interventions intéressantes (même si j’avais été gêné par un discours très virulent contre l’Islam alors qu’aucun représentant n’en était là pour apporter un contrepoint) et sans discours électoraliste... De la même manière il apparaît clairement que vous êtes venue sur invitation de notre part.
En revanche, vous comprendrez que le ton général de l'article aussi bien que sa position dans le numéro de La dépêche (il faisait suite à une série d'article vous concernant) nous aient amenés à nous poser des questions. Il y est clairement dit que vous avez sauvé une réunion qui sans vous n'aurait eu aucun intérêt... C'est cet article et non pas votre présence qui a provoqué ma réaction (tout à fait modérée au regard d'autres participants au café biblique), et si vous lisez les comentaires à l'articles, c'est bien ainsi que l'ont compris mes lecteurs (pas beaucoup plus nombreux que la 30aine (j'insiste) de participants au café biblique).
Je suis sincèrement navré que vous vous soyez sentie blessée par cette note qui ne visait ni la personne ni la conseillère générale mais qui n'était qu'une réaction à un article. Je reconnais que certains passages peuvent être ambigüs je vais y remédier et je vous présente mes sincères excuses.
Ceci dit, j'aurais aimé connaître votre réaction face à l'article incriminé qui ne faisait pas franchement état d'une "discussion appréciée et jugée très positive". Il m'aurait été agréable de pouvoir annoncer aux participants au café biblique et à la communauté protestante que vous vous déssolidarisiez des propos tenus par La dépêche.
Quoiqu'il en soit, nous vous réinviterons à participer au café biblique (inviter les représentants élu est une ligne que nous nous sommes fixés et votre participation (indépendament de l'article et nous espérons vous y revoir : j'ai aussi jugé notre discussion intéressante, et votre apport (y compris et surtout sur le mode du désaccord), comme celui d'autres participants est toujours bienvenue.
 En renouvelant donc mes excuses et en souhaitant prolonger l'échange
 

Veka 16/03/2006 19:07

La grande manipulation des médias... Je comprends ta colère face à une telle simplification et "torsion" de ce qu'il s'était dit ce soir là.

Eric George 18/03/2006 20:14

Il s'agit pour ma part moins de colère que d'agacement et de surprise : je ne pensais pas qu'un journal régional pouvait descendre aussi facilement une activité locale ni qu'on pouvait être aussi maladroit en faisant campagne pour quelqu'un. Il y a du regret aussi : un article de la sorte ne risque pas de faire venir les gens de l'extérieur qui justement enrichirait le débat.
Et puis il est clair que pas mals de paroissiens se sont réellement sentis blessés par l'article

Valentin 12/03/2006 18:02

Heu, juste pour me rassurer sur l'état de mes neurones : tu as rajouté le titre du canard récemment, hein, dis? Stp dis moi que oui!

Eric George 12/03/2006 18:48

Tu peux te rassurer, j'ai complété l'article suite à ton intervention

Valentin 12/03/2006 03:34

Il est vraiment bizarre cet article! On a le sentiment que le journaliste a une idée derrière la tête, mais on ne voit pas vraiment où il veut en venir... Il a peut-être cherché à mettre en valeur l'élue, tout en se retenant pour par que cela soit trop flagrant. Résultat : ça fait un peu torchon! C'est dans quel journal?

Eric George 12/03/2006 14:11

Tu trouves qu'il s'est retenu, toi ? C'est intéressant... Encore plus que d'habitude, vos commentaires sont les bienvenus : ils pourraient nous aider à évaluer la manière dont cet article peut être reçu par des gens qui n'ont pas assisté à un café bilbique
L'article est tiré de la Dépêche de l'Eure, un journal régional orienté plutôt à gauche...