Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le chapeau d'Indiana Jones

19 Septembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Certains ont vu dans l'apparition du fils d'Indiana Jones, un désir de rajeunir la franchise. Peut-être la logique commerciale prendra-t-elle le dessus mais l'image finale est claire : Harrisson Ford reprend son chapeau à Shia Labeouf avant que celui-ci ne le mette : Indy ne passera pas le relais à son rejeton. Cette transmission du vêtement comme passation du relais est une constante dans la Bible et c'est une belle image de la relation entre l'individu et la fonction. Tout d'abord, comme le vêtement, la fonction identifie celui qui la porte : comme un vêtement, bien plus qu'un vêtement, ma fonction modifie l'image que l'autre a de moi. Le roi David n'est plus tout à fait le même que le berger de Bethléem, même s'il demeure David. Bien sûr, cette influence de la fonction sur celui qui l'occupe est une influence réciproque. Tout comme un vêtement est porté différemment selon les personnes, tous n'habitent pas la même fonction : Esaïe ne prophétise pas comme Ezéchiel même si tout deux sont porteurs de la parole de Dieu. Enfin, tout comme la le vêtement, la fonction est amovible : elle n'est pas peinte sur notre peau comme les uniformes des soldats de plomb, elle peut s'enlever ou plutôt, dans le cas de la fonction biblique, elle peut nous être retirée. En effet, une image n'est jamais parfaite et la plus grande différence entre le vêtement et la fonction biblique, c'est que généralement on choisit soi-même ce que l'on porte et on s'habille. Il en va autrement de la fonction biblique. Tout comme ce n'est pas l'homme qui s'en revêt, mais Dieu qui l'en revêt, l'homme ne choisit pas de se démettre de sa fonction mais il en est démis, pas de lui-même, pas non plus par décision de ses pairs ou d'un collège autorisé mais par Dieu seul. L'exemple de la fin de la royauté de Saül est éloquent (I Samuel XVI) Saül ne sait pas qu'il n'est plus roi, le peuple d'Israël l'ignore également. Et pourtant, dans le secret le plus total, Dieu s'est choisi un nouveau roi. Le règne de David commence dès son onction, bien avant qu'il s’asseye sur le trône. Et si ses descendants règnent après lui, c'est moins en vertu d'une loi humaine que de la fidélité de Dieu. En va-t-il de même dans notre Eglise ? Avons-nous l'humilité de reconnaître qu'aucun ministère n'est à vie ? Et, si la reconnaissance de notre ministère par nos frères et soeurs est indispensable (David, choisi par Dieu, est oint par Samuel), nous souvenons-nous que ce n'est pas cette reconnaissance qui fonde le ministère ? Savons nous éviter de nous cramponner à notre service comme Saül à son trône ou Indiana Jones à son chapeau ?

Partager cet article

Commenter cet article