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L'ile flottante de Proust

7 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Maintenant, je ne peux plus rien faire. Il ne me reste que des souvenirs et les derniers sont très beaux
Jacqueline G. Quelques jours avant sa mort


Nous ne l'appelions ni mamie, ni mémé, ni grand-mère. Elle était Jacqueline. Tout simplement. Tout simplement, l'expression la défini bien...Dans le grand appartement de la place Carrière, la vieille dame ne prenait certes pas beaucoup de place mais elle aimait que l'appartement soit plein, elle aimait accueillir et c'était un plaisir. menue, discrète, elle n'était pas éffacée pour autant. Si elle laissait son mari sous le feu des projecteurs, elle savait aussi lui rabiasser parfois son caquet, ainsi que celui de ses petits-fils, une capacité de sarcasme qui pouvait sembler dure par contraste avec son image de grand mère gateau. Et pour tout dire, je l'ai vu au moins une fois injuste poussée par son amour pour les siens. Mais je n'ai pas besoin qu'elle ait été une sainte pour l'aimer. elle était bien mieux que ça : elle était ma grand mère et pour moi, pour chacun d'entre nous elle a merveilleusement tenu ce rôle...
La veille dame ne prenait pas beaucoup de place mais j'ai peur du vide qu'elle laisse dans l'appartement  de la place Carrière. Pourtant, pas de révolte avec ma tristesse, Jacqueline est morte, rassasiée de jour. Moi, j'aurai bien pris une ration supplémentaire, mais dans mon coeur pas de vide, seulement des souvenirs, épais et chauds comme des pulls tricotés maison.

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