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Mesrine : quand l'honneur montre son vrai visage

12 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

C'est le sang d'un voyou qui rêvait de millions.
Renaud


"Nul ne peut prétendre retracer la vie d'un homme dans toute sa complexité", avertit, en substance, le prégénérique de Mesrine. Le film ne s'en tire pourtant pas trop mal : si l'on sent une certaine admiration de Abdel Rafri et de Jean François Richet pour Mesrine, on n'est certainement pas face à une hagiographie. La sympathie que l'on éprouve pour Mesrine vient de sa gouaille, de son incroyable culot. Elle vient sans doute aussi de l'implacable cruauté que la société va mettre en place pour se protéger de lui (phénomène dont sera d’ailleurs victime Mesrine lui-même lors de l’exécution de la balance)/ Peut-être enfin vient-elle de l’honneur de Mesrine et c’est là que le film prend tout son intérêt socio-théologique parce que l’''honneur" de Mesrine c'est d'enfoncer un révolver dans la bouche de sa femme sous les yeux de leur fille, c'est de kidnapper un handicapé… En effet, l’honneur de Mesrine c’est « je vais pas me laisser marcher sur les pieds », c’est cette curieuse conception de l’honneur qui fait applaudir un footballeur qui casse la gueule à un autre, qui fait approuver le « casse-toi pauvre con» d’un président de la république. Un sentiment que nous éprouvons tous, de temps à autre. Avec Mesrine, on voit jusqu’où va cet honneur là, à quelle violence il conduit fatalement (parce que moi, je vais pas me laisser marcher sur les pieds, mais l’autre non plus…) Le symbole de cet honneur là, ce n’est pas la chevalerie idéalisée, c’est une petite frappe qui rêve d’argent et de gloire et ses tentatives pour se justifier, pour donner à son action un sens politique sont bien vaines… Finalement, je trouve que l’affiche christique du deuxième opus est assez bien trouvé, j’aurai pu titrer Mesrine : Ecce homo (mais je l’ai déjà faite). Bien sûr que Mesrine n’est pas une figure christique mais il est une assez bonne représentation du premier Adam, de cet homme qui en voulant contrôler sa vie, en voulant être le maître s’enferre dans une spirale de mort, de cet homme qui se rend esclave en prétendant s’affranchir. Parce que le film le montre bien, Mesrine n’est pas libre, jamais et il le sait bien malgré toutes ses bravades…

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