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Une joie vraie

23 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 20 décembre

Mariage de Pascal et Elisabeth

Psaume 96

Luc II, 14 et XXIV, 50-53

Ephésiens V, 18-20

 

Le culte de bénédiction d’un couple à l’occasion de leur mariage c’est d’abord le temps où l’on se tourne vers les jeunes mariés. C’est eux qu’on regarde, c’est eux qu’on félicite, c’est à eux qu’on souhaite du bonheur, c’est d’eux que le pasteur va parler. Mais vous connaissez Pascal et Elisabeth suffisamment bien pour ne pas être surpris qu’ils aient souhaité ne pas être votre point de mire,. Et puisqu’ils ont voulu ne pas être vu, je réponds à leur demande et je ne vais pas parler d’eux tout de suite…

 

Tout d’abord, puisque vous êtes venus en ce lieu, chrétiens ou non, croyants ou non, puisque vous êtes venu pour accompagner Pascal et Elisabeth dans ce moment spécifiquement chrétien de leur mariage, autant vous dire ce qui est au centre de toute célébration chrétienne. « Des psaumes, des hymnes, des chants inspirés, louez et chantez ». Voilà, au centre d’une assemblée chrétienne, en premier lieu ce n’est pas la communion, pas la lecture de la Bible, pas la prière, nous dit Paul, mais la musique et le chant. Cela s’explique assez facilement : la musique et le chant nous permettent de nous exprimer au-delà des mots, ils nous permettent de dire des sentiments qui ne se disent pas. Et c’est vrai que nous contons ou fredonnons souvent nos sentiments les plus forts (même la tristesse). Mais ici, le sentiment que nous sommes appelés à chanter, c’est la joie. La joie qui est l’essentiel de la vie chrétienne

 

Mais pour parler de joie, je voudrais vous inviter à regarder un peu en vous-même. J’aimerais que chacun de vous se rappelle d’un grand moment de joie. En effet, je ne crois pas que l’on puisse parler de la joie en général, de façon abstraite. La joie, cela doit évoquer pour chacun de nous des souvenirs bien concrets, sans doute des souvenirs assez différents des images d’Epinal qu’on en a d’habitude. Je laisse donc ces images de joie surgir de votre mémoire

(…)

Ca y est ? Alors, sans être dans vos têtes, je suis à peu près certain de deux choses. Ces souvenirs de joies ne se situent pas dans l’agitation d’une fête, ou plutôt, s’ils s’y situent, la fête n’est qu’un décor. Deuxième chose, je suis encore plus certain que ces souvenirs impliquent d’autres personnes.

Eh bien voilà, avec ces images de joie, nous rejoignons bien ce que nous dit Paul dans la lettre aux Ephésiens.

Ne vous enivrez pas du vin qui vous égare. Il ne s’agit pas ici d’un slogan de prévention contre l’alcoolisme, Paul ne dit pas « sans alcool, la fête est plus folle » Et je ne crois pas d’ailleurs qu’il ne s’agisse que d’alcool… Il ne s’agit pas non plus de faire de la morale. Nous étions très embêtés par ce verset parce que de nombreuses traductions parlent de « débauche » alors que le texte grec parle de ce qui perd, ce qui ne mène nulle part. il ne s’agit pas ici de bien ou de mal, il s’agit simplement d’une joie vraie ou d’une joie illusoire. En cette approche de Noël, nos rues prennent un air de fête, des lumières apparaissent partout. Ce n’est bien sûr pas mal, mais nous savons bien que cela n’est pas une véritable source de joie. Nous pouvons nous laisser distraire, voire éblouir par ces lumières mais ce n’est pas de là que nous viendront nos vrais souvenir de  joie. C’est la même chose pour l’alcool, c’est la même chose pour l’agitation des fêtes, c’est la même chose pour l’effervescence religieuse, tout cela vise à se couper du monde, à s’évader pendant un moment, cela n’est pas forcément mauvais mais c’est éphémère.

Je vous laisse écouter ce qu’en dit un grand spécialiste. Ecoutez bien les paroles :



 

Vous voyez cette joie toute en effervescence n’est qu’un rêve, l’évasion d’un moment. Cela peut avoir du bon mais cela n’illuminera pas toute notre vie.

 

« Soyez soumis les uns aux autres ». La joie implique l’autre. Même si mes moments de joie sont des moments solitaires (c’est possible), ce sont des moments où je suis tout entier tourné vers l’autre. Ah ! Voilà un vrai langage religieux : un langage de sacrifice et de soumission ! Mais non ! En fait, c’est juste un langage d’amour. L’amour sous toutes ses formes (que ce soit celui d’Elisabeth et Pascal, que ce soit l’amour familial, que ce soit l’amitié ou l’amour qui devrait unir les chrétiens), l’amour consiste précisément à faire librement et volontairement pour l’autre ce que je ne supporterai pas d’être obligé de faire. Ce que je fais par amour, je ne le fais pas toujours avec plaisir, cela me coûte parfois mais je le fais avec joie.

 

« Rendez grâce » Ah ! Là, nous touchons à la différence entre chrétiens et non chrétiens. En effet, nous autres chrétiens, nous croyons profondément que cette joie vraie, cette joie tournée vers les autres, n’est pas à aller chercher au plus profond de nous-mêmes, qu’elle ne dépend pas de nos efforts, de notre capacité de détachement, de notre élan vers l’autre. Dans cette joie, dans cet amour qui unit Elisabeth et Pascal, nous voyons un don de Dieu, un don qui n’est certainement pas réservé aux seuls chrétiens (ce n’est pas parce que je ne sais pas d’où me vient un cadeau que ce cadeau disparaît).

 

Une joie qui n’est pas une fuite hors du monde, une joie qui est tournée vers l’autre, une joie qui se conjugue avec le verbe aimer, voilà ce qu’Elisabeth et Pascal veulent partager avec vous aujourd’hui. Ils ont beaucoup insisté la dessus pendant la préparation : un message qui soit pour tous ceux qui sont là, chrétiens ou non.

Je voudrai à message en ajouter un pour vous deux. Je sais bien, nous savons bien, à quel point cette joie tournée vers l’autre vous est familière. Je connais bien, nous connaissons bien votre timidité, votre modestie. Mais regardez ceux qui sont là, et ne leur refusez pas la joie d’être tournés vers vous. Aujourd’hui, nous rendons grâce à Dieu pour votre bonheur qui est notre joie.

 

Amen

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