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Les mercredis de Calvin (7) la providence comme soli Deo gloria

18 Février 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

 


Et de fait, le Seigneur s’attribue toute puissance, et veut que nous la reconnaissions être en lui : non pas telle que les sophistes l’imaginent, vaine, oisive, et quasi assoupie, mais toujours veillante, pleine d’efficace et d’action et aussi qu’il ne soit pas en général et comme en confus le principe du mouvement des créatures (comme si quelqu’un ayant une fois fait un canal et dirigé la voie d’une eau à passer dedans, la laissait ensuite couler d’elle-même), mais qu’il gouverne même et conduise sans cesse tous les mouvements particuliers. Car ce que Dieu est reconnu comme  tout-puissant, n’est pas pour qu’il puisse faire toute chose, et néanmoins se repose, ou que par une inspiration générale il continue l’ordre de nature tel qu’il l’a disposé au commencement : mais d’autant que gouvernant le ciel et la terre par sa providence, il dirige tellement toutes choses que rien n’advient sinon ainsi qu’il l’a déterminé en son conseil (Ps. 115 ; 3). Car quand il est dit en ce psaume, qu’il fait tout ce qu’il veut, cela s’entend d’une volonté certaine et propos délibéré. Et, de fait, ce serait une maigre fantaisie d’exposer les mots du prophète selon la doctrine des philosophes, à savoir que Dieu est le premier motif, parce qu’il est le principe et la cause de tout mouvement : au lieu que plutôt c’est une vraie consolation, de laquelle les fidèles adoucissent leur douleur en adversités, à savoir qu’ils ne souffrent rien que ce ne soit par l’ordonnance et le commandement de Dieu, d’autant qu’ils sont sous sa main. Que si le gouvernement  de Dieu s’étend ainsi à toutes ses œuvres, c’est une cavillation puérile de le vouloir enclore et limiter dedans l’influence et le cours de nature.

Et certes, tous ceux qui restreignent en si étroites limites la providence de Dieu, comme s’il laissait toutes créatures aller librement selon le cours ordinaire de nature, dérobent à Dieu sa gloire et se privent d’une doctrine qui leur serait fort utile : vu qu’il n’y aurait rien de plus misérable que l’homme, si les mouvements naturels du ciel, de l’air, de la terre et des eaux eussent leur cours libre contre lui. Joint qu’en tenant telle opinion, c’est amoindrir trop vilainement la singulière bonté de Dieu envers chacun. David s’écrie que les petits enfants qui sont encore à la mamelle de la mère, on assez d’éloquence pour prêcher la gloire de Dieu (ps. 8. 3) : c’est à savoir que sitôt qu’ils sont sortis du ventre, et venus au monde, ils trouvent leur nourriture qui leur est apprêtée par une providence d’en haut. Je confesse bien que cela est naturel et général : mais il faut cependant que nous contemplions et considérions ce que l’expérience montre tout évidemment, qu’entre les mères les unes ont les mamelles pleines et bien fournies de lait, les autres seront quasi sèches, selon qu’il plaira à Dieu de nourrir un enfant abondamment, et l’autre plus petitement.

Or, ceux qui attribuent droitement à Dieu la louange de Tout Puissant, recueillent de cela double fruit. Premièrement, d’autant qu’il a asse ample faculté de bien faire, vu que le ciel et la terre sont sous sa possession et seigneurie, et que toutes créatures dépendant de son plaisir pour s’assujettir à lui en obéissance. Secondement, parce qu’on se peut assurément reposer en sa protection, vu que toutes choses qui pourraient nuire de quelque part que ce soit, sont sujettes à sa volonté, vu que Satan avec toute sa rage et son tout appareil est réprimé par sa volonté comme d’une bride, et vu que ce qui peut contrevenir à notre salut est soumis à son commandement. Et il ne faut pas penser qu’il y ait autrement moyen de corriger ou apaiser les épouvantements ou craintes excessives et superstitieuses que nous concevons aisément quand les dangers se présentent, ou que nous les appréhendons. Je dis que nous sommes craintifs de façon superstitieuses, si quand les créatures nous menacent ou présentent quelque épouvantement, nous les redoutons comme si elles avaient quelque pouvoir de nuire d’elles-mêmes, ou qu’il nous en vînt quelque dommage par cas fortuit, ou que Dieu ne fût point suffisant pour nous aider à leur encontre. Comme, par exemple, le prophète défend aux enfants de Dieu de craindre les étoiles et signes du ciel, comme font les incrédules (Jer. X, 2). Certes il ne condamne point toute crainte : mais d’autant que les infidèles transfèrent le gouvernement du monde de Dieu aux étoiles, ils imaginent que tout leur bonheur ou malheur dépend d’elles, et non pas de la volonté de Dieu. Ainsi au lieu de craindre Dieu, ils craignent les étoiles, planètes et comètes. Ainsi, qui voudra éviter cette infidélité, qu’il se souvienne toujours que la puissance, action ou mouvement qu’ont les créatures, n’est point une chose qui se promène et voltige à leur plaisir : mais que Dieu par son conseil secret y gouverne tellement tout, que rien n’advient qu’il n’ait lui-même déterminé de son su et vouloir.

Institution Chrétienne Livre I §16. 3

 

Une fois de plus, tout en étant en désaccord avec la vision de la providence de Calvin. Je vois bien plus la souveraineté de dieu dans sa capacité de changer le mal en bien, je trouve absolument remarquable son affirmation de la gloire revenant à Dieu seul. La gloire, c’est ce qui a du poids dans notre vie. Et ici, Calvin ne dit pas : que la plus grande part de ce poids revienne à Dieu mais reconnaît que la seule chose qui ait du poids sur ta vie, c’est dieu qui gouverne complètement le monde.

 

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