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Les mercredis de Calvin (10) La Loi comme révélateur

11 Mars 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Les trois usages de la loi font partie des éléments connus de la théologie de Calvin. Voici ce qu'il en écrit dans l'Institutio
n.

Les trois usages de la Loi La Loi nous révèle à nous même pour que nous recourions à la grâce Mais afin que tout s’entende plus clairement, recueillons en un sommaire l’office et l’usage de la Loi qu’on appelle morale, duquel, selon que je puis juger, il y a trois partie. La première est qu’en démontrant la justice de Dieu, c'est-à-dire celle qui lui est agréable, elle admoneste chacun de son injustice, et l’en rende certain, jusqu’à l’en convaincre et condamner. Car il est besoin que l’homme, lequel est autrement aveuglé et enivré en l’amour de soi-même, soit contraint à connaître et confesser tant son imbécillité que son impureté : vu que si sa vanité n’est redarguée à l’œil, il est enflé d’une folle outrecuidance de ses forces, et ne peut être induit à reconnaître leur faiblesse et petitesse, quand il les mesure à sa fantaisie. Mais quand il les éprouve à exécuter la Loi de Dieu, par la difficulté qu’il y trouve, il a l’occasion d’abattre son orgueil. Car quelque grande opinion qu’il en ait conçu auparavant, il sent alors combien elles sont grevées d’un si pesant fardeau, jusqu’à chanceler, vaciller, déchoir et finalement tout à fait défaillir. Ainsi l’homme, étant instruit de la doctrine de la Loi est retiré de son outrecuidance, dont il est plein par sa nature.
Il a aussi besoin d’être purgé de l’autre vice d’arrogance, dont nous avons parlé. Car cependant qu’il s’arrête à son jugement, il forge, au lieu de vraie justice, une hypocrisie, en laquelle se complaisant il s’enorgueillit contre la grâce de Dieu, sous ombre de je ne sais quelles observations inventée de sa tête ; mais quand il est contraint d’examiner sa vie selon la balance de la loi de Dieu, laissant sa fantaisie qu’il avait conçue de cette fausse justice, il voit qu’il est éloigné à merveille de la vraie sainteté et, au contraire, qu’il est plein de vices, desquels il se pensait être pur auparavant. Car les concupiscences sont si cachées et entortillées, que facilement elles se trompent la vue de l’homme Ce n’est point sans cause que l’apôtre dit qu’il n’a pas su ce qu’était la concupiscence sinon que la Loi lui dit : Tu ne convoiteras point (Romains VII, 7). Car si elle n’est découverte par la Loi, et tirée hors de ses cachettes, elle meurtrit le malheureux homme, sans qu’il en sente rien.
(…)
Or, que notre iniquité et condamnation soit convaincue et signée par le témoignage de la Loi, cela ne se fait point afin que nous tombions en désespoir, et qu’ayant perdu tout courage, nous nous abandonnions en ruine : car cela n’adviendra pas si nous en faisons bien notre profit. Bien est vrai que les méchants se déconfortent en cette façon : mais cela advient de l’obstination de leur cœur. Mais il faut que les enfants de Dieu viennent à autre fin, c’est d’entendre ce que dit S. Paul, qui confesse bien que nous sommes tous condamnés par la Loi, afin que toute bouche soit fermée, et que le monde entier soit rendu redevable à Dieu (Romains III, 19). Mais cependant, en un autre lieu il enseigne que Dieu à tout enclos sous l’incrédulité, non pas pour perdre, ou même pour laisser périr, mais afin de faire miséricorde à tous (Romains XI, 22) : à savoir que, se démettant de toute vaine estime de leur vertu, ils reconnaissent qu’ils ne sont soutenus que de sa main. Davantage, qu’étant entièrement vides et dénués, ils recourent à sa miséricorde, se reposant entièrement en elle, se cachant sous son ombre, la prenant pour seule justice et mérite, telle qu’elle est proposée en Jésus Christ à tous ceux qui la cherchent, désirent et attendent par vraie foi. Car aux préceptes de la loi, le Seigneur n’apparaît point rémunérateur sinon de parfaite justice, de laquelle nous sommes tous dépourvus ; au contraire, il se montre sévère exécuteur des peines dues à nos fautes. Mais en Christ, sa face nous reluit pleine de grâce et de douceur, bien que nous soyons pauvres et indignes pécheurs.
Institution chrétienne Livre II §7.6 et 8

Autorité reconnue de l'Ancien Testament, grande fidélité à Paul, refus catégorique d'essayer de s'en sortir à bon compte avec la convoitise en ne la voyant que comme une pensée active et volontaire et surtout, surtout un pessimisme quant à l'homme qui ne sert pas à mettre celui-ci plus bass que terre mais seulement à affirmer la grâce de Dieu en Jésus Christ.

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