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L'enseignement du Notre Père (2) Ton nom : Règne, Puissance et Gloire

15 Mars 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 15 mars 2009
Dimanche caté
Exode III 1 à 14
Matthieu VI, 9 à 13

Aujourd’hui nous ne lirons pas l’évangile selon Marc, comme d’habitude au cours de ces cultes inter générations, mais nous allons rejoindre le cycle de prédications de carême sur la prière principale des chrétiens : Le Notre Père. Il y a quinze jours, nous avons vu que le Notre Père peut se lire comme le X d’une carte au trésor. Vous savez à quoi sert le X sur une carte au trésor ? Oui, il sert à marquer l’endroit du trésor. Eh bien le Notre père s’est pareil, il est composé comme le X d’une carte au trésor.  Pour les grands, le X d’une carte au trésor, c’est exactement ce qu’est un chiasme, le mot vient de la lettre xi, qui s’écrit comme un X.
Un chiasme donc c’est une forme littéraire qui consiste à distribuer les éléments d’un passage, de façon à ce qu’ils se correspondent deux par deux autour d’un centre ABCB’A’. Image du chandelier à 7 branches. Un exemple : Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger, ou, dans la Bible cette fois, Celui qui veut sauver sa vie la perdra mais qui perd sa vie à cause de moi la sauvera. Le chiasme peut prendre la forme d’une répétition de mots, il peut aussi prendre la forme d’une répétition d’idées, c’est le cas du Notre Père.
Ainsi, à la première demande du NP : Que ton nom soit sanctifié, nous pouvons faire correspondre la dernière car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire.

Que ton nom soit sanctifié. Sanctifier c'est-à-dire « mis à part », ou plutôt ici, « mis au dessus ». Mais qu’est ce que ça veut dire que mettre le nom de Dieu à part ?
A quoi ça sert un nom ? Eh bien un nom, ça sert à savoir de qui on parle. C’est toujours très compliqué de faire comprendre à quelqu’un de qui on parle quand on ne connaît pas son nom. Ca sert aussi, du reste, à appeler la personne, à montrer qu’on la connaît.
Et le nom de Dieu sert à tout cela mais il est à part, différents des autres noms, au-dessus des autres noms pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, nous, notre nom nous a été donné par nos parents. Nous ne nous sommes pas nommés nous même. Alors que c’est Dieu qui se nomme lui-même. Personne d’autre que lui ne lui a donné son nom.
Ensuite, et c’est lié au premier point. Notre nom ne dit pas ce que nous sommes. Si je ne m’appelais pas Eric, peut-être deux ou trois choses auraient-elles changées parce que parfois un nom peut avoir un impact mais dans l’ensemble, il y a fort à parier que je serais le même. En revanche, Dieu quand il se nomme à Moïse, quand il lui dit son nom, lui dit un nom qui a un sens, qui dit qui il est. Quelle est la réponse de Dieu à Moïse quand celui-ci lui demande son nom ?
« Je suis » « YHVH »
Dieu est celui qui est, il est bien plus que nous sommes. C’est cela que signifie son nom. Et mettre à part ce nom c’est reconnaître que c’est à lui « qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire »

Qui est ce qui règne ? Les rois. Oui, celui qui règne, c’est celui qui dirige, qui décide. Eh bien sanctifier le nom de Dieu, c’est reconnaître que c’est celui qui dirige. Qui dirige quoi ? Tout. Nous. Le monde. Toutes ces réponses sont justes.
Mais qu’est ce qu’il faut pour qu’un roi règne ? Il faut que ses sujets lui obéissent. C’st à dire qu’il faut qu’ils reconnaissent son autorité ou bien qu’il ait une police assez forte pour les obliger à obéir. Eh bien, pour Dieu ce n’est pas la même chose. Parce que nous affirmons que non seulement le règne est à lui, mais également la puissance. C'est-à-dire que Dieu peut faire sa volonté, qu’il n’a pas besoin de nous, de notre permission, de notre bon vouloir pour régner. S’il en avait besoin, alors, à mon avis, il ne règnerait pas.
Vous voyez qu’il faut bien comprendre ces deux termes ensembles. Il n’est pas suffisant de dire que Dieu règne parce qu’on pourrait croire qu’il ne règne que parce que nous le voulons bien. Mais il n’est pas suffisant non plus de dire que Dieu a la puissance, parce qu’on pourrait croire qu’il l’a mais qu’il ne s’en sert pas, qu’il ne s’occupe pas de nous. Or nous affirmons qu’il a la puissance et qu’il s’en sert : qu’il règne.
Et parce que lui appartiennent le règne et la puissance, lui appartient aussi la gloire. La gloire. Ca c’est un mot compliqué parc qu’aujourd’hui gloire, ça veut surtout dire célébrité. Alors que dans la Bible c’est bien plus que ça. Pour parler de cette « gloire », les hébreux utilisent un mot que je trouve bien plus éloquent : ils parlent du poids. A toi la gloire, c'est-à-dire à toi le poids, à toi l’importance. A toi de vraiment peser, d’être vraiment concret. Tout le reste, pèse moins lourd, tout le reste passeras alors que toi, Dieu, tu resteras.

Mais ni le règne de Dieu, ni sa puissance, ni sa gloire ne sont évidents. Tous nous avons du mal à le comprendre, à le voir, à en avoir conscience. Et c’est bien pour ça que notre prière reste une demande : Que ton nom soit sanctifié.
C'est-à-dire que nous demandons à Dieu de faire savoir qu’il est celui qui est, que c’est à lui que sont le règne, la puissance et la gloire. En effet, lorsque le Nouveau testament utilise un passif, c’est très souvent pour dire une action de Dieu. « Que ton nom soit sanctifié, mis à part », ce n’est pas une formule d’envoi c’est une prière, une demande. Nous demandons à Dieu de nous faire reconnaître qui il est pour nous, comme nous lui demandons de le faire connaître aux autres.
Mais demander à Dieu de nous faire connaître que c’est lui qui règne sur nous, que lui seul à de l’importance, c’est déjà avoir compris quelque chose de Dieu. En effet, est-ce que j’ai envie qu’un roi vienne régner sur moi ? Est-ce que j’ai envie que le seul à avoir de l’importance sur ma vie, ce ne soit pas moi ? A priori, non. Le Dieu à qui sont le règne, la puissance et la gloire me fait un peu peur. Il m’écrase de sa majesté. Alors puis-je vraiment prier le Notre Père ?
Oui. Justement parce que c’est le Notre père et qu’avant même de demander à Dieu de régner sur moi et sur le monde, je me rappelle qu’avant tout, il est Notre père qui nous aime et nous fait vivre.

Aussi, frères et sœurs, puisqu’il est Notre Père, n’ayons pas peur de demander que son nom soit sanctifier, demandons-lui sans relâche de nous faire connaître, à nous et à tous, son règne, sa puissance et sa gloire.

Amen

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Nathalie H 31/03/2009 09:12

L'idée du chiasme est très intéressante et ne m'étonne pas. j'ai appris que les Juifs lisent les dix commandements en regard c'est à dire qu'ils font correspondre le 1er et le 6e, le 2e et le 7e et ainsi de suite. Mais vous auriez dû en proposer une expression graphique car selon où passe l'axe de symétrie, ça change tout : moi je le verrais plutôt comme ça : phrase introductive, 6 demandes symétriques, phrase de conclusion. Mais je suppose que ce n'est pas ce que vous avez voulu dire. 
Notre Père qui es aux cieux
que ton nom soit sanctifié        donne-nous aujourd'hui notre painque ton règne vienne            pardonne nous nos offenses...que ta volonté soit faite (...)/ ne nous soumets pas à la tentation
Car c'est à toi qu'appartiennent...