Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les mercredis de Calvin (11) La Loi comme maton

18 Mars 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Les trois usages de la loi font partie des éléments connus de la théologie de Calvin. Voici ce qu'il en écrit dans l'Institution.

Le second office de la Loi est que ceux qui ne se souviennent de bien faire que par contrainte, en oyant les terribles menaces qui y sont contenues, pour le moins par crainte de punition soient retirés de leur méchanceté. Or, ils en sont retirés, non pas que leur cœur soit intérieurement ému ou touché, mais seulement ils sont étreints comme d’une bride, pour ne point exécuter leurs mauvaises cupidités, qu’autrement ils accompliraient en licence débordée. Par cela, ils ne sont en rien plus justes ni meilleurs devant Dieu. Car bien qu’ils soient retenus par crainte ou par honte, tellement qu’ils n’osent pas exécuter ce qu’ils ont conçus en leur cœur, et ne jettent au dehors la rage de leur intempérance, néanmoins ils n’ont point le cœur rangé à la crainte et obéissance de Dieu : mais plutôt, d’autant plus qu’ils se retiennent, ils sont d’autant plus enflammés et échauffés en leur concupiscence, étant prêts à commettre toute vilenie et turpitude, sinon que l’horreur de la Loi els restreigne. Et non seulement le cœur demeure toujours mauvais mais aussi ils haïssent mortellement la Loi de Dieu ; et d’autant que Dieu en est l’auteur, ils l’ont en exécration, tellement que, s’il leur était possible, ils l’aboliraient volontiers, vu qu’ils ne le peuvent endurer commandant ce qui est bon et saint et droit, et se vengeant des contempteurs de sa majesté.
Cette affection se montre plus ouvertement en certains, aux autres, elle est plus cachée, néanmoins elle est en tous ceux qui ne sont point régénérés : c’est qu’ils sont induits à se soumettre tant bien que mal à la Loi, non pas d’un franc vouloir, mais par contrainte et avec grande résistance, et n’y a autre chose qui les y astreigne, sinon qu’ils craignent la rigueur de Dieu.
Néanmoins cette justice contrainte et forcée est nécessaire à la communauté des hommes, à la tranquillité de laquelle notre Seigneur pourvoit, quand il empêche que toute choses ne soient renversées en confusion, ce qui serait, si tout était permis à chacun.
L’institution Chrétienne Livre II §7 10


Le second usage de la Loi tel que le présente Calvin est sans doute celui qui me convainc le moins. En effet, je ne suis pas certain qu’une société humaine ait besoin de la Loi donnée par Dieu pour vivre ensemble de manière acceptable et je suis encore moins certains qu’on puisse, en dehors du Règne de Dieu, fonder une société humaine sur la Loi de Dieu.
Néanmoins, cette petite explication de Calvin permet de revoir à quel point pour le réformateur genevois (en pleine fidélité à l’enseignement de Jésus Christ, cf. Le sermon sur la montagne : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre en répondra au tribunal. Et moi, je vous le dis : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ; (Matthieu V, 20-21) une obéissance de forme n’est pas une véritable obéissance, au regard de Dieu, (même si elle est préférable sur un strict plan sociétal) et donc à quel point le péché ne se situe pas dans le faire mais bien plus profondément dans l’être.

Partager cet article

Commenter cet article

Tigreek 19/03/2009 00:37

Même si la façon de dire de Calvin est sévère (mais à replacer dans le contexte de l'époque, plus dur qu'aujourd'hui), n'est-il pas vrai que toute religion a pour but d'élever ses fidèles ?La justification de la Loi divine décrite ici n'est certes pas la plus joyeuse ni le chemin que l'on a envie de prendre, mais pour certains, ou plutôt, à certains moments de nos vies, n'est-ce pas la seule voie qui reste ? Lorsque nous restons sourds à la Grâce (la carotte), n'obéissons-nous pas à la Loi par devoir (le bâton) ?