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Les mercredis de Calvin (13) Tu ne tueras pas donc tu feras vivre

1 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

La citation précédente était un poisson d'avril, je vous laisse trouver qui en était véritablement l'auteur.

L’écriture note deux raisons, sur lesquelles est fondé ce précepte (tu ne tueras point) : c’est que l’homme est l’image de Dieu, puis aussi qu’il est notre chair. C’est pourquoi si nous ne voulons violer l’image de Dieu, nous ne devons faire aucune offense à notre prochain, et si nous ne voulons renoncer toute humanité, nous le devons entretenir comme notre chair. (…) Le Seigneur a voulu que nous considérions naturellement ces deux choses en l’homme, qui nous induisent à lui bien faire : c’est qu’en chacun nous révérions son image, qui y est imprimée, et aimions notre propre chair. C’est pourquoi celui qui s’est abstenu d’effusion de sang n’est pas pourtant innocent du crime d’homicide. Car quiconque ou commet par œuvre, ou s’efforce et étudie, ou conçoit en son cœur une chose contraire au bien de son prochain, est tenu de Dieu pour homicide. D’autre part, à moins que nous ne nous employions selon notre faculté et l’occasion qui nous sera donnée, à faire du bien à notre prochain, par telle cruauté nous transgressons ce précepte.
Institution Chrétienne Livre II §8. 40

En regrettant amèrement qu'il n'ait pas mis ses propres paroles en pratique lors de l'affaire Servet, je souligne à quel point Calvin comprend le "Tu ne tueras pas" dans toute sa radicalité.

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Nathalie H 08/04/2009 15:13






« Tu ne tueras pas ». A quelques jours de la Passion, cela m'inspire une question. Comment Dieu peut-il retenir le bras d'Abraham qui s'apprête à sacrifier Isaac par obéissance, jusqu'à lui substituer un bélier et comment peut-Il accepter le meurtre de son propre Fils ? Est-ce une forme de retour au « sacrifice humain » ?

Krka 02/04/2009 16:53

Pour trouver des détails sur l’affaire Servet, je ne saurai que recommandé la lecture du livre de Stephan Zweig Castellion contre Calvin. Il me semble que Zweig dénonce chez Calvin beaucoup plus que l’affaire Servet.

Novice 02/04/2009 09:21

Pour renforcer le commentaire précédent : je suis gêné que seule "l'affaire Servet" soit ressortie à chaque fois que l'on souhaite signaler l'intolérance (ou la tolérance relative) de Calvin : n'y a-t-il donc eu qu'un seul mort pour hérésie ? En ce cas, à une époque comme le XVIe siècle, c'est quasi négligeable.Et par ailleurs (mais je n'ai pas creusé ni vérifié la question), j'avais lu dans Le problème de l'incroyance au XVIe siècle : la religion de Rabelais de Lucien Febvre, qu'en réalité Michel Servet ne niait pas la Trinité. Mais qu'il avait contesté un élément "annexe", et que de fil en aiguille dans un raisonnement plein de logique, un lecteur pouvait en conclure qu'à partir du premier principe la conséquence en était qu'il niait le dogme de la Trinité. Le confirmez-vous ?

Tigreek 01/04/2009 22:34

Je ne connais pas précisément tous les tenants et aboutissants de l'affaire Servet, mais si je ne me trompe, Calvin n'était pas seul en cause, si ? (loin de moi l'idée de vouloir défendre l'indéfendable, juste essayer de comprendre...)