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Les mercredis de Calvin (17) Ce qu'est la foi

29 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Nous savons donc déjà que la foi est une connaissance de la volonté de Dieu, prise de sa Parole. Son fondement est la persuasion que l’on a de la vérité de Dieu, de laquelle, tant que ton cœur n’a point la certitude résolue, la Parole a son autorité bien débile ou totalement nulle en toi. Davantage, il ne suffit pas de croire que Dieu est véritable, qu’il ne puisse mentir ni tromper, si tu n’as cette résolution que tout ce qui procède de lui est vérité ferme et inviolable.
Mais d’autant que le cœur de l’homme n’est point confirmé dans la foi par chaque parole de Dieu, il faut encore chercher ce que la foi regarde proprement en la Parole. C’était une voix de Dieu, celle qui fut dite à Adam : Tu mourras de mort ! C’était une voix de Dieu, qui fut dite à Caïn : le sang de ton frère crie à moi de la terre. Mais toutes ses sentences ne pouvaient qu’ébranler la foi : tant s’en faut qu’elles fussent pour l’établir.
Nous ne nions pas ce pendant que l’office de la foi ne soit de donner consentement à la vérité de Dieu, toutes les fois qu’Il parle et quoi qu’il dise, et en quelque manière que ce soit : mais nous cherchons à présent ce que la foi trouve en cette Parole pour s’appuyer et reposer. Si notre conscience ne voit autre chose qu’indignation et vengeance, comment ne tremblera-t-elle pas d’horreur ? Et si elle a une fois Dieu en horreur, comment ne le fuira-t-elle pas ? or la foi doit chercher Dieu et non pas le fuir. Il appert donc que nous n’avons pas encore une pleine définition, puisque cela ne doit point être réputé foi, de connaître n’importe quelle volonté de Dieu.
Que sera-ce si au lieu de la volonté, dont le message est quelquefois triste et épouvantable, nous mettons la bienveillance ou la miséricorde ? Certes, en cette manière nous approchons plus de la nature de la foi. Car alors nous sommes induits à chercher Dieu, après que nous avons connu notre salut être en lui : ce qu’il nous déclare en nous assurant qu’il en a soin. Il nous est donc besoin d’avoir promesse de sa grâce, en laquelle il atteste qu’il nous est un Père propice, parce que sans elle nul ne peut s’approcher de lui, et que le cœur de l’homme ne se peut reposer que sur elle.
Selon cette raison, ces deux mots : miséricorde et vérité sont souvent conjoints dans les Psaumes : en effet, il y a entre eux un accord indissoluble, parce qu’il ne nous profiterait en rien de savoir que Dieu est véritable, s’il ne nous conviait à soi quasi nous alléchant par sa clémence ; et ce ne serait point à nous de comprendre sa miséricorde s’il ne nous l’offrait par sa voix (…) Je laisse à réciter ce qu’en disent souvent les prophètes : c’est que Dieu, selon qu’il est bénin, est aussi loyal en ses promesses. Car ce serait témérité à nous de concevoir que Dieu nous soit propice, s’il ne l’atteste en lui-même, et qu’il nous prévienne en nous conviant pour que sa volonté ne nous soit douteuse ou obscure. Or nous avons déjà vu qu’il a ordonné son Fils pour le seul gage de son amour, et que sans lui il n’apparaît au ciel et sur la terre que signes de sa colère et de haine.
Davantage, puisque la connaissance de la bonté de Dieu ne peut pas avoir grande importance, sinon qu’elle nous y fasse reposer, il faut exclure toute intelligence mêlée avec le doute, et qui ne consiste fermement mais vacille comme débattant de la chose. Or il s’en faut beaucoup que l’entendement de l’homme, parce qu’il est aveuglé et obscurci, puise pénétrer et atteindre jusqu’à connaître la volonté de Dieu, et que le cœur, au lieu qu’il a accoutumé de vaciller en doute et incertitude, soit assuré pour reposer en telle persuasion. Il faut donc que l’entendement de l’homme soit illuminé d’ailleurs, et le cœur affermi, avant que la Parole de Dieu obtienne pleine foi en nous.
Maintenant nous avons une entière définition de la foi, si nous déterminons que c’est une ferme et certaine connaissance de la bonne volonté de Dieu envers nous : laquelle, étant fondée sur la promesse gratuite donnée en Jésus Christ, est révélée à notre entendement et scellée en notre cœur par le Saint Esprit
Institution Chrétienne Livre III §2 6-7


Pendant que j’arpente la Turquie entre Paul et l’Apocalypse, la recherche d’une définition de la foi par le réformateur de Genève. Quand le triste et sévère Calvin nous explique que la véritable relation à Dieu, c’est de nous reposer en sa bienveillance pour nous.

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