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La vengeance

20 Juin 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 18 juin 2006

Culte parents-enfants de la fête consistoire

Romains XII, 17 à 21

Psaume 73

Ne vous vengez-pas vous même… Mais moi, quand quelqu’un m’a fait du mal, m’a blessé ou m’a insulté, je veux me venger moi-même, je veux lui faire encore plus de mal à mon tour. Pour lui monter qui est le plus fort, lui montrer que je ne vais pas me laisser faire. Pour me soulager peut-être aussi… Alors laisser la vengeance à Dieu ? Peut-être si j’ai affaire à quelqu’un de plus fort que moi ou de plus malin… Alors là effectivement je préfère lui laisser la vengeance… Mais si je peux me venger moi-même, pas question !

Seulement une fois que je me serais vengé en lui faisant plus de mal, l’autre, il va vouloir se venger à son tour et me refaire encore plus de mal… Du coup je vais devoir lui faire du mal pour me venger du mal qu’il m’a fait pour se venger du mal que je lui ai fait en me vengeant du mal qu’il m’avait fait…

Quoi ? Vous n’arrivez déjà plus  à suivre ? Pourtant, ce n’est que le début… Et ça peut continuer longtemps ! Parce que l’autre-là, une fois que je me serai re-vengé, il va se re-venger contre moi et je n’aurai plus qu’à me re-re-venger, ce dont il voudra se re-re-venger et… Hein ? Je recommence ? Eh oui, c’est ça la vengeance, ça ne  s’arrête jamais. Ou bien, quand ça s’arrête, on ne sait plus qui a commencé, qui a fait le plus de mal, qui a été le plus blessé. Et personne ne se sent vraiment mieux… 

Alors « ne vous vengez pas vous-même », ça paraît pas si idiot… Pas si idiot, mais pas si facile parce que, quand on nous a fait du mal, tous, on voudrait rendre coup pour coup. Tous, même les adultes, même les moniteurs de caté, même les parents, même les rois, même David, le plus grand roi d’Israël…

A ce moment là, David n’était pas encore roi. Samuel lui avait promis mais Samuel est mort maintenant et David, avec une petite troupe de soldat, se cache dans le désert pour échapper au Roi Saül qui voudrait bien le tuer (pas par vengeance, par jalousie mas c’est une autre histoire…) Or, ce n’est pas facile la vie dans le désert. On dort à même le sol et si les journées sont torrides, épuisantes de chaleur, les nuits sont glaciales. On n’y mange pas toujours à sa faim. Il faut parfois se battre contre les bêtes sauvages ou contre des brigands. La vie au grand air c’est sympa une semaine mais quand ça dure des mois, c’est beaucoup moins drôle… Et c’est encore pire quand arrive les périodes de fêtes.

Et justement, pas très loin du camps de David, à Karmel, la fête se prépare. Nabal inspecte le travail de ses serviteurs. Il hume le délicieux fumet des agneaux qui rôtissent. Hmmmm ! Il se sert une bonne tranche des gâteaux de figues et de raisins secs qu’on a préparé. Excellent ! Il goûte le vin des outres que l’on a disposées. Parfait ! Cette fête de la tonte sera une réussite. Nabal, le plus riche, et le plus gros, propriétaire de la région s’en régale d’avance. Et un sourire satisfait s’épanouit sur sa grosse figure…

Un sourire qui s’efface vite quant il les voit arriver. Des hommes jeunes au teint marqué par la vie au grand air, aux vêtement usés et plein de poussière. Qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce qu’ils veulent ces vagabonds ? »

Et l’un d’eux prends la parole : « Salut à toi Nabal ! Que la paix soit sur toi et sur ta maison ! C’est David qui nous envoie. David qui a protégé tes bergers tout le temps qu’ils étaient au désert. David qui en ce jour de fête, te demande de partager et de nous donner à nous aussi de quoi faire la fête…

Partager… Donner.. Ces mots, Nabal les a en horreur. Partager… Donner… Et puis quoi encore ? Et Nabal fulmine : « David ? Qui est ce David ? un esclave en fuite ? Un Vagabond ? Un bandit ? Et il faudrait que je partage avec le premier étranger qui vient quémander à ma porte ? Jamais vous entendez ? Jamais ! Fichez moi le camps immédiatement ! » Et tandis que les envoyés de David repartent, blêmes de colère. Les serviteurs de Nabal sont consternés : dans le désert, aucun berger ne refuserait un peu d ‘eau et de pain au voyageur de passage. Dans le désert on accorde de l’eau à celui qui a soif, du pain à celui qui a faim même si c’est le pire ennemi. C’est la loi de l’homme face à la nature quand elle est impitoyable. Or, David et ses hommes ne sont pas des ennemis, toujours ils se sont montrés honnêtes et bons avec les bergers de Nabal. Et Nabal aurait largement de quoi partager sans que cela lui manque…

L’un des serviteurs court prévenir Abigaïl, la femme de Nabal, aussi belle que son mari est riche, aussi intelligente qu’il est stupide, aussi généreuse qu’il est cupide. « Abigaïl, ton mari est devenu fou ! Il vient de bafouer les lois les plus sacrées de l’hospitalité. Il a insulté David et chassé ses serviteurs alors que toujours, ils nous ont protégé dans le désert ! Maintenant, c’est sûr, David va se venger…

Alors Abigaïl se précipite. Elle prend 200 pains, réserve 5 brebis prêtes à rôtir, 2 outres de vins, 100 grappes de raisons et 200 gâteaux de figues. Elle appelle ses serviteurs pour faire charger le tout sur des ânes et leur ordonne : « Passez devant, je vous suis ! » Et tous partent dans la nuit, sans rien à Dire à Nabal…

Pendant ces préparatifs, les hommes de David sont arrivés au camp. Ils ont fait leur rapport à David et celui-ci est fou de rage. Il a traité honnêtement les bergers de Nabal, il les a protégés et voilà que Nabal l’insulte, le traite de brigand, d’esclave en fuite ! Eh bien cela va se payer dans le sang. « Que chacun prenne son épée dit-il  ses hommes, nous allons donner à Nabal ce qu’il mérite. »

Et David se met en marche à la tête de ses 400 hommes. Ce n’est plus David le fugitif qui se cache de Saül. Ce n’est plus le groupe de mercenaires qui protège les bergers de Nabal mais c’est une véritable expédition punitive, une troupe vengeresse qui s’avance dans la nuit. Au matin, il ne restera rien de la maison de Nabal

Mais, alors qu’ils gravissent la montagne, David et ses hommes voient une petite troupe venir à eux. Des gardes ? Des soldats ? Non, ils sont trop peu nombreux et ne portent aucune arme. Et c’est une femme qui passe devant pour venir à leur rencontre. C’est Abigaïl, la femme de Nabal, et elle est chargée de présents. Mais David sent encore l’injure lui brûler le visage et le cœur « esclave en fuite ! vagabond ! » Il faut que Nabal paye.

Mais voilà qu’Abigaïl se jette à ses pieds :

« Toi, David, que le Seigneur protège ! Toi qu’Il a choisi pour être le futur roi d’Israël. Voudras-tu te venger toi-même ? A cause de la folie de Nabaln deviendras-tu un assassin ? Seras-tu un monarque aux mains couvertes de sang, à cause d’un idiot et de ton idiotie. Le Seigneur te protège David, qu’il t’empêche de tomber dans le piège sans fin de la vengeance. Le Seigneur te protège David, qu’Il te libère de tous tes ennemis, même lorsque ton ennemi c’est toi » 

 

Alors, doucement, David rengaine son épée. Et il relève Abigaïl. « Tu es une femme merveilleuse ! » Grâce à toi, je ne me suis pas écarté du Seigneur. C’est le Seigneur qui t’a mise sur ma route pour m’empêcher de tomber dans le piège de la vengeance »

Pour terminer cette histoire, il me faut dire que Nabal est mort, étouffé par sa propre cupidité et que David a épousé Abigaïl. Une vraie fin de conte de fée. Mais ce qui est important, c’est que cette nuit là, ce n’est pas Nabal qu’Abigaïl a sauvé, mais par elle, Dieu a délivré David de sa colère. Par elle, Dieu a brisé l’infernale spirale de l’offense et de la vengeance. Laisser la vengeance à Dieu, c'est être libéré de nous-même et du mal qui nous a été infligé.

D'après I Samuel XXV

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Le coupable 21/06/2006 14:22

Pour la Norvège, tu attends quelque chose de la vengeance divine ? ;-)
(Oui, je ne sais pas pourquoi mais je viens de retomber par hasard sur ton article du 30 novembre 2005)

Eric George 21/06/2006 15:00

Je vieillis, moi, j'ai pas compris tout de suite de quoi il était question... Tu m'as fait peur espèce de Nabal ;o) ;op