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Turquie tour (4) Colosse et Hiérapolis

8 Mai 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

28 avril

Konya-Pammukale

9h50

Un rapide survol  des Galates  (tout Galates en une heure : chapeau à Nicole !), une courte et bonne nuit de sommeil (j’ai enfin compris comment le groupe fonctionnait, ça aide) et nous voici lancé dans un trajet de 4h30 de car. Nous sortons des champs de cailloux pour découvrir des terres riches et fruitières. A côté des tracteurs, quelques scènes, pas si rares, d’agriculture à l’ancienne : un vieux paysan et son cheval, un âne tirant une charrue, un couple binant à la main…

22h30

Les apôtres cheminaient en direction de la ville et, avec eux, deux animaux qui, à leurs propres yeux, paraissaient des hommes. Du geste, Philippe signifiait au léopard de les guider sur le chemin de la ville. Arrivés au sommet de la montagne, ils regardèrent vers le bas et aperçurent, située sur le flanc, la ville vers laquelle le Seigneur les avait envoyés.

Acte treizième du saint apôtre Philippe.

Au cours de notre trajet de car, des haltes archéologiques. Antioche de Pisidie d’abord. Joli mais pas vraiment impressionnant. En fait, peu m’importe que Paul ait arpenté ces dalles de pierres que nous foulons à notre tour. En revanche c’est l’occasion d’échanger quelques mots « hors boulot » avec Umit.

Magnifique vue sur le lac Egredir : j’ai bien choisi mon côté du bus (en fait j’ai pas choisi, ceci expliquant sans doute cela, murmure le théologien qui sommeille en moi). Aussi attractif soit-il (le lac, pas le théologien), j’espère qu’ils ne saloperont pas trop le lieu pour développer le tourisme.

Et puis on est allé à Colosse. Alors ça c’est rigolo parce qu’à Colosse, il n’y a rien à voir. Umit en informe Nicole, notre organisatrice. Elle le sait, l’agence « Route des hommes » l’a déjà prévenue mais elle ne veut plus passer à côté de Colosse, elle veut voir ce coin éloigné de tout où Paul a tenu à aller. Pour s’apercevoir, en relisant la lettre aux colossiens quelques temps plus tard, que Paul n’a jamais mis les pieds à Colosse (sans doute parce qu’à Colosse, il n’y a rien à voir). Du coup, je m’arrête sur Colosse II, 1 Je veux, en effet, que vous sachiez quel grand combat je soutiens pour vous, pour ceux de Laodicée et pour tous ceux qui ne m’ont jamais vu, et ce verset me parle. Si Paul n’a jamais vu les colossiens alors, les colossiens c’est nous, nous tous qui sommes au bénéfice de son témoignage. Alors l’Eglise est une communauté qui jaillit et s’unit bien au-delà de la rencontre…

En fait, il n’y a pas rien à Colosse : il y a un tel, au milieu d’un très beau paysage.

Après, c’est Pammukale. Trop lourdement chaussé pour avoir envie de me tremper les pieds dans l’eau thermale, je profite de ce spectacle grandiose. Une de mes compagnes s’inquiète « mais s’il y a un tremblement de terre, tout ça disparaîtra. » Oui, cette merveille qui a mis 5 millions d’année à se former peut disparaître du jour au lendemain. En langage chrétien, ça se dit : Dieu seul est Dieu, Dieu seul est sûr.

En attendant que cette éphéméréité de 5 000 000 d’année disparaisse, avant qu’il ne reste rien des ruines et du splendide théâtre de Hierapolis, allez-y faire un tour. Je ne sais pas si les eaux sont aussi miraculeuses qu’on le dit mais le spectacle vaut le déplacement à lui seul.

Et puis, si vous y allez, essayez de lire les Actes de Philippe, un texte apocryphe du IV° siècle. C’est rigolo et le contraste avec les évangiles canoniques montre bien à quel point ces derniers s’inscrivent dans la vie réelle et pas dans un monde imaginaire.

A côté de cette splendeur, l’hôtel bien trop luxueux dans lequel nous allons passer la nuit me parît juste kitch. A part peut-être le buffet des desserts, désespérant tellement il offre de choix. Sur cette considération gourmande et déjà pleine de regret, je vais me coucher.

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