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Une question d'étiquettes

31 Mai 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 31 mai 2009

Pentecôte

Baptême de Marc Hoogterp

Profession de foi de Franz-Enno Morel

 

Joël III, 1-2

Galates III, 26-29

Matthieu XXVIII, 16 à 20

Actes II, 1 à 13

 

Baptême et accueil à la cène. Deux gestes d’accueil par une communauté, deux moments de joie puisque c’est toujours une joie d’accueillir. Deux moments de questions pour Franz Enno bien sûr, mais aussi pour Aafke et Guillaume et puis pour chacun de nous : Mais au fait, que signifie être accueilli ? Que signifient ces gestes du baptême et de la Cène ? Si j’interrogeais Franz Enno, il saurait sans doute répondre que ces deux gestes nous renvoient à la mort et la résurrection de Jésus Christ, qu’ils nous disent que cette mort et cette résurrection sont une mort et une résurrection pour lui, pour moi, pour chacun de nous. Si j’interrogeais Guillaume et Aafke, ils nous diraient que c’est important pour eux de voir Marc accueilli au sein de la communauté, comme l’ont été Matthieu et Maryse.

Et ainsi, ils nous diraient que ces deux gestes le baptême et la cène sont des gestes d’amour, des gestes qui nous disent un amour qui va bien au-delà de l’accueil. En effet, c’est ce que nous rappelle cette fête de la Pentecôte et les textes bibliques que nous avons entendus ce matin. En effet, accueillir, c’est faire entrer dans un cercle, dans un groupe, c’est entourer. Or les textes que nous avons entendus ce matin parlent tous de frontière qui explosent, de cercles qui se brisent. Vos fils et vos filles, vos jeunes gens et vos vieillards, même vos serviteurs et servantes… Voilà ce que promet Joël ! Non seulement Dieu parle pour tous, mais il parle par tous ! De toutes les nations faites des disciples : Voilà la mission que Jésus confie à ses envoyés. Ne restez pas confiné dans votre sphère, dans votre pays, dans votre Eglise. Et Paul met le point final : il n’y a plus ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre, ni juif ni grec. Les grandes catégories de la société disparaissent.

 

Très bien mais qu’est ce que cela veut dire ? J’ai sous les yeux un arc en ciel d’étiquette. Vous avez accepté de jouer le jeu et d’arborer fièrement ce post it. Je les ai choisies colorées et les catégories qu’elles représentent sont assez soft. Nous savons bien que dans notre vie, nous portons des étiquettes bien moins légères, que ce soit au travail, dans notre famille, à l’école, parmi les amis, dans tous les cercles que nous fréquentons, y compris hélas, nos paroisses pratiquant, non pratiquant, calviniste, luthérien ou zwinglien, orthodoxe ou libéral…) . Que nous les arborions fièrement ou que nous en ayons honte, que nous en jouions ou que nous débattions avec, ces étiquettes nous collent à la peau, elles nous définissent aux yeux des autres et à nos propres yeux.

Eh bien Paul nous l’affirme. En Jésus Christ, ces étiquettes ne comptent plus. Même les catégories les plus décisives, homme ou femme, esclave ou homme libre, juif ou grec s’effondrent. En Jésus Christ il n’y a plus que des enfants de Dieu, des héritiers de sa promesse, des bénéficiaires de son amour.

 

Nous pouvons faire tomber nos étiquettes.

 

Mais là Franz Enno pourrait s’inquiéter. Allons –nous essayer maintenant de lui laver le cerveau, de lui faire perdre sa personnalité. Faire tomber les étiquettes c’est bien beau, mais être un homme protestant, un intellectuel désordonné, c’est aussi ce que je suis. Ce n’est pas toujours facile à supporter ni pour les autres ni pour moi-même mais c’est bien moi. Il n’y a plus ni homme  ni femme, ni juif ni grec, est-ce que cela signifie que nous allons tous être coulés dans le même moule, porter tous le même masque, parler d’une seule voix la même langue ? Le récit de la Pentecôte qui répond à cette angoissante question par une autre question « Comment les entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ? ». Tous ne parlent pas la même langue mais chacun reçoit dans sa langue, dans ce qu’il est. Avant tout, nous sommes enfants de Dieu mais nous restons bien nous-même.

 

Vous avez enlevé vos étiquettes, mais devant les yeux, j’ai toujours un arc en ciel de visages j’en connais certains, j’en découvre d’autres. Un arc en ciel d’histoires. Et dans cet arc en ciel, tous sont, comme moi, des enfants de Dieu, quels que soit ton âge, quelle que soit ton sexe, quelle que soit ton origine, quelle que soit notre relation, tu es, par Jésus Christ, enfant de Dieu et donc tu es, avant tout, par-dessus tout, de ma fratrie.

 

Voici l’Eglise que je souhaite à Marc et à Franz Eno. Une Eglise ou chacun peut être ce qu’il est dans la conviction sereine d’être avant tout, par-dessus tout enfant de Dieu. UNe Eglise où dans l'autre, quel qu'il ou elle soit, je vois avant tout un frère, une soeur. Voici l’Eglise que nous pouvons vivre, que nous devons vivre car c’est celle qui nous est donnée par Jésus le Christ notre Seigneur

 

Amen

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