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Les mercredis de Calvin (24) La sanctification (b) Le renoncement à soi

17 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

 

Ceci est aussi une grande vertu que nous étant quasi-oubliés nous-mêmes, pour le moins ne nous souciant de nous, nous mettions peine d’appliquer et d’adonner fidèlement notre étude à suivre Dieu et ses commandements. Car, quand l’Ecriture nous défend d’avoir particulièrement égard à nous, non seulement elle efface de notre cœur l’avarice, la cupidité de régner, de parvenir à grands honneurs ou alliances, mais aussi, elle veut extirper toute ambition, appétit de gloire humaine, et autres pestes cachées. Il faut certes que l’homme chrétien soit disposé de telle sorte qu’il pense avoir affaire à Dieu en toute sa vie. S’il a cette cogitation, comme il pensera de lui rendre compte de toutes ses œuvres, aussi il rangera toute son intention à lui, et la tiendra en lui fichée. Car quiconque regarde Dieu en toutes ses œuvres, détourne facilement son esprit de toute vaine cogitation. C’est le renoncement à nous-mêmes, que Christ requiert si soigneusement de tous ses disciples pour leur premier apprentissage : et quand le cœur de l’homme en est une fois occupé, premièrement orgueil, fierté et ostentation en sont exterminés, puis aussi avarice, intempérance, superfluité et toutes délices, avec les autres vices qui s’engendrent de l’amour de nous-mêmes.

Au contraire, partout où il ne règne point, ou l’homme se déborde en toute vilénie sans honte ni vergogne, ou bien, s’il y a  quelque apparence de vertu, elle est corrompue par une méchante cupidité de gloire. Car qu’on me montre un homme qui exerce la bénignité gratuitement envers les hommes, sinon qu’il ait renoncé à soi-même, selon ce commandement du Seigneur. Car ceux qui n’ont point cette affection, ont pour le moins cherché la louange en suivant la vertu. Même les philosophes (qui ont le plus combattu pour montrer que la vertu est à désirer à cause d’elle-même) ont été si fort enflés d’orgueil et de fierté, qu’on peut apercevoir qu’ils n’ont désiré la vertu que pour avoir matière de s’enorgueillir. Or tant s’en faut que les ambitieux qui cherchent la gloire mondaine, ou telles sortes de gens qui crèvent d’une outrecuidance intérieure, puissent plaire à Dieu, puisqu’il prononce que les premiers ont reçu leur loyer en ce monde, et que les seconds sont plus loin du royaume de Dieu que les publicains et les paillardes.

Toutefois nous n’avons pas encore clairement exposé de combien d’empêchements l’homme est retiré de s’adonner à bien faire, sinon qu’il se soit renoncé soi-même. Cela a été fort bien dit anciennement, qu’il y a un monde de vices caché en l’âme de l’homme ; et nous n’y trouverons autre remède, sinon qu’en renonçant à nous, et sans avoir égard à ce qui nous plaît, nous dirigions et adonnions notre entendement à chercher les choses que Dieu requiert de nous, et à les chercher seulement à cause qu’elles lui sont agréables.

Institution Chrétienne Livre III §7, 2

 

Ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi. Qui veut sauver sa vie la perdra. Le renoncement à soi-même dont parle Calvin n’est pas une ascèse où l’homme (encore) essayerait de se dominer ou de dominer son corps, c’est un dépouillement qui jaillit dans la grâce, Christ s’empare complètement de nous, tant que l’homme cherche son bien en lui-même, il continue à mettre des obstacles à son salut. Avoir Dieu pour seul but et pour seule source, c’est là et seulement là qu’est la vie de l’homme. Et c’est tellement contraire à ce que nous sommes…

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