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Sans feu ni lieu, signification biblique de la Grande Ville

26 Juillet 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

L'homme devant la ville est en présence d'une si parfaite séduction, qu'il ne se connaît littéralement plus lui-même, s'accepte émasculé, dépouillé de sa chair et de son esprit. Et ce faisant, il s'estime parfaitement raisonnable parce que la séduction de la ville est en effet rationnelle et qu'il faut bien obéir aux impératifs de la raison.

Loin de toute considération historico-critique, Ellul traite du thème de la ville à travers la Bible. Avec un pré-supposé de départ assez osé : il y aurait UNE théologie biblique de la grande ville. J'imagine que les spécialiste de l'exégèse auraient sans doute bien des choses à redire. Mais pour ma part, je trouve que ça fonctionne assez bien. Bien sûr, comme souvent Ellul est assez péremptoire dans ses affirmations mais de son étude de la ville il dégage une théologie du salut vraiment intéressante.

Dans la ville, l'homme cherche son salut à travers ses propres forces parce qu'il refuse Dieu. Ce faisant il s'empêtre dans une toile dont il est incapable de se sortir par lui-même. Avec le Temple de Jérusalem, les données changent puisque Dieu vient habiter à l'intérieur même de la ville, là où l'homme le refuse. Pourtant, cela n'empêche pas l'homme de continuer à se vouloir auteur de son propre salut et Jérusalem, malgré la présence de Dieu, reste la ville, oeuvre de la vanité humaine et condamnée à disparaître. En effet, la Bible annonce la destruction de toutes les villes humaines remplacées par la Jérusalem céleste : l'espace de stabilité et de sécurité que Dieu offre à l'hmme sans qu'il n'y soit pour rien.

Bien sûr, la thèse d'Ellul est bien plus profonde et riche que ce résumé maladroit et elle s'accompagne de certains excursus tout à fait intéressant : l'humour comme seule manière d'appréhender les oeuvres humaines, nécessaires et pourtant rendues inutile par la grâce est une piste de réflexion que je trouve tout à fait intéressante...

Sans jargon théologique, sans simplification extrême, un livre qui montre bien comment la Bible nous parle de nous.

J. Ellul : Sans feu ni lieu, signification biblique de la grande ville. Ed. La table ronde

P.S Mes lecteurs les plus perspicaces et attentifs auront remarqué une coïncidence entre cette note de lecture et ma trilogie de prédication sur la ville dans la Bible. Ils ont parfaitement raison...

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