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Ce que l'Esprit dit aux Eglises (4) Nous, on a le Saint Esprit

1 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 14 juin 2009
I Rois XVIII, 21-40
Apocalypse II, 18 à 29

Qui est Jézabel de Thyatire ? Jean de Pathmos fait il référence à une femme qui, par son enseignement détourne les chrétiens ? C’est possible : nous ne devons pas oublier que dans l’Eglise primitive, des femmes peuvent sans doute tout à fait occuper des places de responsabilités, d’autorités et d’enseignement. Et qu’il n’y a rien de scandaleux à penser que parmi ces femmes, certaines ont été tout aussi incapables, néfastes même que certains de leurs homologues masculin. Il est donc possible que cette Jézabel soit une femme qui avait une grande influence sur la communauté à Thyatire.
Il est possible également que Jean de Pathmos ne vise pas une personne particulière mais que la référence à Jézabel concerne en fait toute une tendance de l’Eglise qui est à Thyatire. Jézabel est une « méchante » suffisamment marquante du Premier Testament pour que son nom ait été évoqué de façon symbolique. Jezabel, épouse du roi Achab, ennemie jurée du prophète Elie est la reine qui fait entrer le culte des Baals en Israël, au mépris du culte de YHVH. Jezabel, c’est l’idolâtrie, l’adoration de faux dieux. Et cela est encore souligné par la référence aux viandes sacrifiées aux idoles et à la prostitution (dans la Bible, la prostitution fait presque toujours référence à l’idolâtrie).
Mais de quelle idolâtrie l’Eglise qui est à Thyatire se rend-elle coupable ? La question se pose puisque Jean de Pathmos nous dépeint une Eglise à tout point de vue idéale : irréprochable dans sa foi, dans son amour, dans son service. Difficile, dès lors, d’imaginer qu’une telle Eglise puisse se tourner où même laisser certains de ses membres se tourner vers des dieux païens. L’idolâtrie est forcément plus insidieuse, moins évidente. Elle ne concerne pas non plus une question de doctrine : la foi de cette Eglise est connue et approuvée. Il faut donc se tourner vers une pratique courante dans le christianisme et reconnue comme chrétienne. Une pratique pourtant idolâtre. L’histoire du christianisme, la référence à Jézabel et quelques indices du texte lui-même peuvent nous y aider.
Ceux qui ne se sont pas prostitués sont ceux qui n’ont pas connu les « profondeurs »  de Satan, le verbe c’est ginwsxo, qui a donné la gnose. On sait bien qu’à ses débuts et à travers les époques, le christianisme a été le théâtre de bien des dérives mystiques, d’une tentation de vouloir, sans cesse, par l’extase connaître les mystères de Dieu. Il est tout à fait possible que la référence à Jézabel soit un rappel de l’extase des prophètes de Baal.  L’idolâtrie de Thyatire, qu’elle soit conduite par une femme ou qu’elle soit simplement une tendance de l’Eglise, me semble être dans cette prétention à posséder l’Esprit, à vouloir tout connaître des mystères de Dieu. Si l’Eglise de Pergame représente ce risque d’un point de vue intellectuel, l’Eglise de Thyatire, elle, représente le danger d’un point de vue mystique.
Et c’est pour cela que le messager vient à elle avec des yeux comme une flamme ardente, flamme toujours en lien avec l’Esprit : Dieu seul est celui qui sait qui est conduit par l’Esprit, il est le seul à sonder les reins et les cœurs. Ce n’est pas par toute sorte de test, de charismes que nous pouvons prétendre détenir l’Esprit Saint. Il n’y a pas de chiboleth, de mot de passe par lesquels nous pourrions faire la différence entre ceux qui sont inspirés et ceux qui ne le sont pas. Ou plutôt il y en a un seul : « Ce que vous avez, tenez-le ferme ». Ce qu’ont les fidèles à Thyatire, ce n’est pas leur appartenance à une Eglise vivante et forte, ce n’est pas leurs visions qui prouveraient qu’ils sont en lien avec l’Esprit, ce qu’ils ont, c’est l’assurance de la victoire de Jésus le Christ. Et cela leur suffit.

Mais, il n’y a pas seulement la dénonciation du risque et la prescription du remède dans la lettre à Thyatire, il y a aussi l’expression de la colère. Et dans cette expression de colère, il y a une double promesse : celle de la patience et celle du châtiment.
Il faut tout d’abord bien noter la patience dont Dieu fait preuve à l’égard de Jezabel : je lui ai laissé du temps pour se repentir. Dieu est celui qui laisse du temps : lent à la colère, prompt à la bienveillance dit l’Ecriture.
Et même lorsque sa patience est à bout, il maintient une bride à sa fureur, quant ç ses compagnons d’adultère, à moins qu’il ne se repente… Même quand la patience de Dieu a atteint ses limites, même quand sa colère a explosé, il reste une porte de sortie. Ce n’est pas la mort du méchant qu’il veut mais qu’il se repente et qu’il vive. Et ce, jusqu’au dernier moment.
    Mais ce temps de la patience a des limites. Il y a, nous dit ce texte un moment où Dieu frappe. Et bien aussi effrayante soit cette affirmation, j’y vosi encore une promesse. Affirmer que la patience de Dieu a ses limites, c’est dire que le mal aura une fin, que la capacité de nuisance verra son terme. Jézabel sera jetée sur un lit, c'est-à-dire qu’elle sera affaiblie, privée de son pouvoir de perdre les serviteurs du Christ. Ses enfants seront mis à morts, c'est-à-dire qu’elle aura aboutît à une impasse, qu’il n’y aura pas de résurgence de son idolâtrie. C’est bien une promesse pour ceux de Thyatire qui sont restés fidèles mais aussi pour ceux qui se sont perdus avec elle, puisque la repentance leur est toujours permise. C’est là un des messages essentiels de l’Apocalypse : le mal se voit poser une limite, il est vaincu, dompté, limité, bridé : que ce soit le mal extérieur, la grande puissance de César et de l’empire romain ou le mal intérieur aux Eglises, l’esprit d’idolâtrie et de division. Le mal est vaincu et déjà l’étoile du matin brille pour ceux qui croient, pour ceux qui ont les yeux ouverts, elle brille annonciatrice de l’aube d’un jour nouveau.

Frères et sœurs, aucune vision, aucune extase, aucun charisme, aucun succès de nos communautés locales ne nous assure que nous détenons l’Esprit. Tout ce que nous avons c’est une promesse : en Christ est la victoire. Cette promesse, tenons-là ferme.
Amen

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