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Ce que l'Esprit dit aux Eglise (5) Pas de Pactole pour Sardes

8 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 21 juin 2009
Matthieu V, 17 à 20
Galates II, 16 à 20
Apocalypse IIII, 1 à 6

« Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur». La menace touche certainement la riche Sardes là où ça fait mal. En effet, Sardes, c’est la vallée du Pactole, ce fleuve à la réputation d’être aurifère et dont Crésus avait tiré sa richesse. Implantée dans une ville riche, apparemment pas en bute au persécution (la lettre n’en fait aucune mention, en tout cas), sans hérésie apparente (toujours selon la lettre, il n’y a ni Nicolaïtes, ni Jézabel, ni faux juifs à Sardes), l’Eglise qui est à Sardes a tout pour elle, et c’est sans doute de là qu’elle tient sa réputation d’être vivante.
Hier comme aujourd’hui, une  communauté riche, versant une généreuse contribution locale, sans problème particulier, qui ne fait pas de vagues, c’est bien une communauté vivante, renommée. C’est même à cela qu’on les reconnaît : demandez à un président de conseil régional.
    Et pourtant, le message est clair : tu es mort.

Pourquoi Sardes, cette paroisse apparemment comme on en rêverait est-elle morte ? Pourquoi ses œuvres, si renommées ne sont-elles pas trouvées parfaites aux yeux de Dieu ? Est-ce là une condamnation des richesses du Pactole ? Non, le texte n’offre que peu d’allusion à la richesse de Sardes. Le problème est ailleurs. On peut identifier le problème grâce à ceux qui y résistent et grâce à l’adresse de cette lettre à l’Eglise qui est à Sardes, ceux qui portent le vêtement blanc. Le vêtement blanc dans l’Apocalypse, c’est le vêtement qui a été lavé dans le sang de l’agneau, c’est le vêtement de ceux qui sont en Christ. Et celui qui s’adresse à l’Eglise est présenté comme celui qui a les sept esprits et les sept étoiles. Sept, c'est-à-dire la plénitude, la plénitude de l’Esprit, la plénitude de la lumière, n’est ce pas la marque du Christ.
La mort de l’Eglise à Sardes c’est qu’elle ne vit pas de la présence de Jésus Christ.
Et du coup, elle peut-être aussi vivante qu’elle veut aux yeux des hommes, elle peut faire toutes les belles œuvres qu’elle veut, cela ne vaut rien. En effet, une œuvre peut être accomplie pour le Christ, en son nom, cela ne suffit pas. Christ seul est l’humain accompli, l’humain parfait, seules ses œuvres sont accomplies, parfaites (Jn IV, 34 et XVII, 4). Or, devant Dieu, soit une œuvre est parfaite, soit elle est nulle. Quand on veut accomplir la loi, si tout n’est pas fait, rien n’est fait.
Message trop dur ? Exigence désespérante ? Peut être, si nous n’avions pas le Christ qui vient pour nous, à notre place, et en notre faveur, accomplir ce qui doit être fait. Mais Christ est venu.

Et il vit bien en certains à Sardes. On retrouve ici, une notion chère à la Bible, Première et Nouvelle Alliance, une théologie du reste. Même quand tout semble perdu, il y a un reste, et c’est de ce reste que tout va repartir, c’est dans ce reste que va se manifester la fidélité de Dieu même là où l’homme est infidèle. Toutefois, la lettre à Sardes donne une précision sur ce reste. En effet, le reste est sur le point de mourir aussi. La communauté de Sardes les entraînera dans sa chute. Mais ce n’est certainement pas un appel à ces quelques uns à se désolidariser de la communauté : comment le pourraient-ils puisque c’est Christ qui vit en eux et que Christ accomplit son humanité en se faisant solidaire de l’humain jusque dans la chute et dans la mort ?
Le chrétien ne peut pas se désolidariser de la communauté, on n’est jamais chrétien tout seul. Il est parfois nécessaire de faire renaître la communauté, de la refonder ailleurs, mais jamais le chrétien ne peut prétendre vivre en Christ loin de ses frères et sœurs. Ceux qui à Sardes, vivent en Christ, n’ont pas d’autre choix, parce qu’ils vivent en Christ que de porter la communauté, de la sortir de la mort réelle dans laquelle elle a sombré.

Pour cela 4 ordres : veille ! souviens-toi ! conserve ! et repens toi !
Je commence par le dernier, le plus important peut-être et certainement le plus classique. Repens-toi. C’est un ordre un peu surprenant pour la communauté de Sardes qui semble bien n’avoir rien fait de mal. Il est facile à comprendre qu’une communauté doive se repentir de ses crimes ou des idolâtries. Mais aucun crime, aucune idolâtrie n’est reprochée à Sardes. Rappelez-vous, c’est la paroisse idéale. Mais si l’on se souvient que se repentir, c’est se convertir, et que se convertir c’est se retourner, alors les choses deviennent plus claires, la communauté de Sardes est appelée à se détourner d’elle-même pour se tourner vers son seul Seigneur Jésus Christ. Elle continuera sans doute à faire les mêmes œuvres, mais ce n’est plus dans ces œuvres, dans sa richesse qu’elle verra sa victoire et sa vie mais dans le seul Jésus Christ.
Ce Jésus Christ qu’elle a reçu et dont elle doit se souvenir. Souviens toi de ce que tu as reçu. Dans la Bible le souvenir n’est pas seulement un regard vers le passé, c’est un regard sur le présent. Souviens toi qu’il y a un Dieu, souviens toi qu’il te rejoint en Jésus Christ. C’est si facile de l’oublier, de le perdre de vue. Dans les moments où tout va bien, dans les moments de richesses, quand tu as décroché le Pactole, souviens toi que tout t’es donné, que tu n’as rien gagné par toi-même, et rends lui grâce. Souviens-toi aussi que puisque Christ vit en toi tu es solidaire de toute l’humanité. Dans ta richesse, souviens-toi et ouvre la main. Dans les moments où tout va mal, quand tu es à sec, à bout de forces, et à cours d’espoir. Souviens-toi que tu n’es pas seul, que Dieu en se détourne pas de toi.
Souviens-toi de ce que tu as reçu et conserve-le
Conserve c'est-à-dire ne va pas toujours à la recherche de nouveauté, ne te lance pas toujours vers d’autres sauveurs. Conserve c'est-à-dire ne cherche pas toujours le neuf pour le neuf, regarde ce que tu as. Peut-être devrions nous vous rappeler plus souvent que la Réforme, c’est avant tout un retour au source, se réformer pour un mouvement religieux, c’est revenir à l’origine. Nous sommes assoiffés de modernité et de changement mais tout ce que nous avons est dans ce témoignage vieux de 2000 ans, dans cette parole plus âgée que le temps, et que pourrions nous recevoir de plus ?
Veille ! C'est-à-dire ne t’assoupis pas sur tes richesses ou ne succombe pas à tes faiblesses. Veille ! Reste à l’écoute de la Parole de Dieu qui t’est adressée. Veille, reste actif et debout. Et de cette veille, Jésus nous a indiqué le moyen « Veillez et priez ». Veille non pas jusqu’au bout de tes forces, mais avec la force que Dieu te donne.

Frères et sœurs, c’est en Christ que nous vivons, c’est Christ qui vit en nous. Au cœur de notre monde : veillons et prions ; souvenons-nous de ce qui nous est donné pour ne pas nous désespérer et pour ne pas nous confier en nous-même ; conservons ce que nous avons reçu et pour le conserver, partageons-le. Convertissons-nous, détournons-nous de nous-même pour nous tourner vers celui qui seul est notre vie.

Amen

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