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Les mercredis de Calvin (32) Le bling-bling des chaînes de l'esclave

12 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

La liberté chrétienne en toutes ses parties est une chose spirituelle, dont toute la force gît à pacifier envers Dieu les consciences timides, soit qu’elles soient tourmentées en doutant de la rémission de leurs péchés, soit qu’elles soient en sollicitude et crainte, à savoir si leurs œuvres imparfaites et souillées des macules de leur chair sont agréables à Dieu, soit qu’elles se sentent perplexes touchant l’usage des choses indifférentes. Par suite, elle est mal prise de ceux ou qui en veulent colorer leurs cupidités charnelles pour abuser des dons de Dieu pour leur volupté, ou qui pensent n’avoir point cette liberté, s’ils ne l’usurpent devant les hommes, et qui par là, dans l’usage qu’ils en font, n’ont nul égard à la faiblesse de leurs frères.

En la première matière, il se commet aujourd’hui de grandes fautes : car il y a peu de gens qui aient de quoi être somptueux, qui ne délectent en banquets, en habillements, et en édifices de grand appareil et de pompe désordonnée, qui ne soient bien aises, quant à ces choses, d’être vus entre tous les autres, et qui ne se plaisent à merveille en leur magnificence. Et tout cela se soutient et excuse sous couleur de la liberté chrétienne ! Ils disent que ce sont choses indifférentes, ce que je confesse, pour qui en userait indifféremment ; mais quand elles sont déployées avec pompe et orgueil, quand elles sont désordonnément abandonnées, elles sont maculées par de tels vices.
Ce mot de S. Paul discerne très bien les choses indifférentes : c’est que toutes choses sont pures à ceux qui sont purs, mais qu’aux souillés et infidèles il n’y a rien de pur puisque leurs consciences et pensées sont souillées (Tite 1 ; 15). Car pourquoi sont il maudits ceux qui sont riches, qui ont maintenant leur consolation, qui conjoignent possession avec possession, dont les banquets ont harpes, luths, tambourins et vin (Luc VI ; 24-25 Amos VI ; 1-6 et Es V ; 8) ? Certes, et l’ivoire, et l’or, et les richesses sont bonnes créations de Dieu, permises et même destinées à l’usage des hommes : il n’est en aucun lieu défendu ou de rire, ou de se rassasier, ou d’acquérir de nouvelles possessions, ou de se délecter avec des instruments de musique, ou de boire du vin. Cela est bien vrai : mais quand quelqu’un est en abondance de biens, s’il s’ensevelit en délices, s’il enivre son âme et son cœur aux voluptés présentes, et en cherche toujours de nouvelles, il se recule bien loin de l’usage saint et légitime des dons de Dieu.
QSu’ils ôtent donc leur mauvaise cupidité, leur superfluité outrageuse, leur vaine pompe et arrogance, pour user des dons de Dieu avec une conscience pure. Quand ils auront réduit leur cœur à cette sobriété, ils auront la règle du bon usage. Que cette tempérance défaille, les délices même vulgaires et de petit prix passeront mesure !
Institution Chrétienne Livre III §19. 9

Je comptais passer directement au deuxième mauvais usage de la liberté chrétienne tnat il me semble que l'appel de Calvin à la modération est connu. Et puis, je n'ai pas résisté à pouvoir placer ce titre. Quand le goût du luxe et de l'apparât révèle un esclavage profond...

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