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Les mercredis de Calvin (33) Libres vis-à-vis de notre liberté

19 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

La seconde faute aussi dont nous avons parlé est grande en plusieurs : comme si leur liberté ne leur était point sauve ni entière, si elle n’avait les hommes pour témoins, ceux-ci en usent imprudemment et sans discernement ; et par cet usage inconsidéré, souvent ils offensent leurs frères faibles.
On en peut voir aujourd’hui certains qui ne pensent pas bien garder leur liberté, s’ils n’en sont entrés en possession en mangeant de la viande le vendredi. Je ne les reprends point de ce qu’ils mangent de la viande : mais il faut rejeter de nos esprits cette fausse opinion, qu’on ait point de liberté si on ne la montre à tout propos. Car il faut estimer que par notre liberté nous n’acquérons rien devant les hommes, mais envers Dieu, et qu’elle est autant située en abstinence qu’en usage. Si quelqu’un a cette vraie intelligence, que ce lui soit tout un envers Dieu de manger de la viande ou des œufs, d’être vêtu de rouge ou de noir, cela lui est assez. Déjà la conscience est délivrée, à laquelle était dû le fruit de cette liberté. Bien donc qu’il s’abstînt de manger de la viande tout le reste de sa vie, et que jamais il n’usât que d’une couleur en ses vêtements, il n’en est de rien moins libre. Et même en cela il est libre, que d’une conscience libre il s’en abstient. Or telle manière de gens que nous avons dit, faillent très dangereusement en ce qu’ils ne tiennent compte de la faiblesse de leur frère, qui doit être si bien soulagée de nous, que nous ne fassions rien légèrement dont elle soit scandalisée.
Mais quelqu’un dira qu’il est quelquefois convenable de montrer notre liberté devant les hommes. Je confesse aussi ce point : mais il faut avec une grande diligence y tenir juste mesure, de sorte que nous ne négligions point d’avoir soin des faibles, que notre Seigneur nous a singulièrement recommandé
Institution chrétienne Livre III §19. 10


La deuxième erreur concernant la liberté d’après Calvin et une question très intelligente : est-ce vraiment être libre que de faire systématiquement ce qui est interdit ? Ne peut-on pas finir par être prisonnier de sa liberté ? Peut-être l’explication calvinienne du fait que le protestant « est un anarchiste qui traverse dans les clous » et c’est certainement une très bonne lecture du « Si quelqu’un te réquisitionne pour 1000 pas, fais en 2000 avec lui ».

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