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Morceaux d'été (3) Le parapente

1 Septembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Mon petit frère est fou. En soi, c'est pas très grave : j'ai eu  30 ans pour m'y habituer. Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est que ces derniers temps, j'ai pas mal tendance à le suivre dans ces drôles d'idées. Le périple en Mauritanie, c'était lui. L'idée de cette année, c'est donc un vol en parapente (avec moniteur, hein, je laisse à Matthieu le soin de voler de ses propres ailes)

Le parapente, c'est très, très chouette et puis c'est pas très dur à relire théologiquement. Forcément, c'est une  histoire de vent.

Tout d'abord, il y a  l'incroyable capacité de portance de cet air impalpable. Au sol, la voile n'est qu'un grand morceau de toile très souple complètement chiffonné. Et voila que le vent la soulève emportant 160 kilos d'Erics (je rappelle qu'on était deux). Et voilà qu'en vol, elle paraît plus rigide qu'une plaque de tôle. Plus solide et stable que la voile d'un bateau, que l'aile d'un avion. C'est drôle, plus l'intermédiaire entre l'air et nous est fragile, simple, mieux on sent cette force du vent. Et pourtant malgré cette solidité, ce n’est pas vraiment rassurant d’être ainsi suspendu dans les airs, on retrouve ce mélange étrange entre sérénité et inquiétude dans la foi : ce qui me tiens est solide mais je ne tiens qu’à cela…

Et puis, une fois en l'air, la perception du monde change. Pas parce qu'on voit le monde d'en haut, mais parce qu'on perd toute notion d'altitude et de vitesse. Je suis incapable de dire si on accélère, si on monte ou on descend, je vois juste qu'on est plus haut (ou plus bas) que deux minutes plus tôt. Bien sûr, cela ne signifie pas qu'on perde tout repère. Moi, je ne suis que passager. Eric, mon pilote tient les commandes, il teste le vent, il a ses propres repères. Quand j'étais petit on m'avait surnommé planeur. En fait c'est injuste pour ceux qui volent, tout comme il est injuste de penser que croire est un déni de lucidité. En effet, c'est justement là que je vois l'analogie avec la foi, le fait d'être porté par l'Esprit : on n'est pas déconnecté du monde, on est connecté autrement, on change de perspective et de perception et du coup, on change notre manière de conduire.

 

Je pourrais faire de mon incapacité à décrire l'expérience, un troisième parallèle : il est difficile d'exprimer une expérience de foi. Mais je vais m'arrêter là et me contenter de remercier Matthieu et Eric pour le vol.

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